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Pourquoi l'interdit de l'inceste

24 octobre 2012

Pourquoi l'interdit de l'inceste

René Girard : l'interdit de l'inceste fondateur des sociétés traditionnelles pour prévenir les risques de conflits si les hommes désirent les mêmes femmes au sein du groupe social

-> mais lorsque le groupe devient une société ouverte, ou bien le tabou n'a plus lieu d'être, ne fait plus sens, ou bien il faut généraliser jusqu'à interdire toutes les unions !

... Et pourtant, l'inceste choque toujours, car intériorisé comme interdit moral fondamental, profondément dans l'inconscient collectif.

=> Le moral est structurant pour le social, préserve l'ordre social qui le fonde. -> Un ordre social produit une morale qui justifie des institutions garantes de cet ordre social. Mais les mutations sociales ne s'accompagnent pas toujours (même si c'est généralement le cas) d'une adaptation des normes morales.

+ l'interdit de l'inceste limite l'endogamie (mais ne la supprime pas : elle se maintient entre parents plus lointains, cousins, dans les petites communautés fermées comme certains villages ; + les expériences endogames peuvent séduire les adolescents inexpérimentés car elles permettent d'accédr à la sexualité sans s'exposer au delà du groupe qui nous connait et nous accepte).

+ Cet interdit prévient aussi l'appauvrissement génétique et donc les risques de maladies congénitales et de manque d'adaptation de l'espèce.

-> L'interdit provient-il [aussi] de là ?

Kant interdirait l'inceste car on ne saurait l'ériger en norme universelle. Et le fait est que si l'on l'autorise, pour un frère et une soeur qui d'un double consentement éclairé décideront d'avoir des relations sexuelles protégées, l'on risque fort de voir les pères abuser de leurs filles, les fils et les mères avoir procréer et le taux de handicaps congénitaux grimper dans la population. Pour autant, l'on ne saurait s'opposer à la volonté de deux adultes qui décident d'avoir entre eux des relations sexuelles. C'est là que joue la morale, comme auto-inhibition par intériorisation de l'interdit culturel, sur lequel il n'y a pas à légiférer.