"Maison de l'histoire de France", suites et luttes. Alors que le Ministre de la Culture et son entourage multiplient les discours rassurants et oecuméniques sur le projet de "Maison de l'histoire de France", l'intersyndicale des archives continue la lutte sur le site même pour défendre les missions des archives. Le débat doit continuer et il convient de ne pas se laisser endormir par les mots apaisants qui laisseraient la droite néo-nationale bâtir son histoire à elle.
Rendez-vous samedi prochain aux archives pour une journée de débats. IntersyndicaleCFDT CFTC CGC CGT Archives de France Le 12 septembre 2010, le président de la République, NicolasSarkozy, a annoncé, pendant sa visite à Lascaux que la « Maison del’Histoire de France sera créée dans les prochains jours » et qu’il a retenu« comme siège de cette nouvelle institution le site des Archivesnationales », à Paris dans le Marais. À PARTIR DE 10H30HÔTEL DE SOUBISE60 rue desFrancs-Bourgeois 75003 Paris (Métro Hôtel de Ville ouRambuteau)- ENTRÉE LIBRE - 14H00 – 15H00 : débat.
La correction du statut des Juifs par Pétain. Je voudrais faire le point sur les remarques, fort diverses, des historiens les plus en vue sur le document exhumé dimanche 3 octobre 2010 (anniversaire présumé -faussement- du statut de 1940). Elles se distribuent suivant un arc-en ciel, à partir de Klarsfeld lui-même, qui estime qu'on tient là une "preuve définitive" que Pétain a durci le statut et était le plus antisémite de la bande hôtelière thermale.
(pour les liens, voir ici : ) -Serge Klarsfeld ... %C3%A9mite Citation: En quoi ce document peut-il nuancer la connaissance qu’a le grand public français du maréchal Pétain? -Robert Paxton ... 981_23.php trouve le document "absolument sidérant"Citation: Change-t-il fondamentalement votre vision du maréchal Pétain ? -Jean-Pierre Azéma ... chy-franceCitation: -Henry Rousso ... Deux étés. Cet été nous renvoie à un autre, celui de juin 40, sous le même ciel bleu et le même chaud soleil jouant à cache-cache avec les mêmes nuages. Nous avons suivi jour après jour, sur une double page du «Monde», le désastre absolu, la débâcle d'un pays qui vacille dans la stupeur et dans la honte. Aux premières loges du cortège inouï de l'exode où tout un peuple prend le chemin du renoncement, le ventre vide, la gorge sèche et le cœur en charpie. Des âmes mortes en perdition, traumatisme ineffaçable.
De cette vision dantesque, Eric Alary a dressé tout à point le plus juste des tableaux dans «L'Exode un drame oublié» (Perrin). Il ne faudrait pas manquer pour autant un petit récit à la première personne, écrit à chaud dès le mois de juillet 40, et qui éclaire d'une lumière frisante l'aventure d'une famille prise dans la tourmente : «Sur les routes avec le peuple de France», de Marguerite Bloch (chez Claire Paulhan), la femme du journaliste et écrivain communiste Jean-Richard Bloch.
National, paternel et mythique. Un livre sur de Gaulle, un de plus. Mais lisons celui-ci. Il est d'un historien britannique et les historiens britanniques ont un regard souvent avisé sur la civilisation française. Lisons-le plus encore parce qu'il porte un regard neuf sur son sujet, en s'interrogeant sur la construction du mythe gaullien. C'est sans doute en admirateur que Sudhir Hazareesingh aborde le portrait qu'il dresse du «dernier grand Français» (il n'est pas pour rien par ailleurs un spécialiste de Napoléon Bonaparte), mais en admirateur qui sait manier l'ironie et s'en tient le plus possible à des faits, même si ceux-ci sont avant tout d'ordre symbolique : des mots, des gestes, des fêtes.
Pour cerner le mythe, l'auteur va largement puiser aux fonds des Archives nationales et de la Fondation Charles de Gaulle mais tout autant à un corpus nouveau, l'énorme courrier que de Gaulle reçut au fil des ans et qui est désormais accessible. Pourquoi les idées fausses sur le nazisme et la Seconde Guerre m. Que les totalitarismes rouge et brun étaient solidaires pour se partager le monde, que la France a été désarmée de 1919 à 1939 par l’effet d’un pacifisme bêlant et généralisé, que le patronat du monde entier avait confié à l’Allemagne ses intérêts, que la planète, gangrenée d’antisémitisme sous toutes les latitudes, abandonnait d’un cœur léger les Juifs à leurs bourreaux nazis, que le commandement américain avait laissé exprès les Japonais attaquer Pearl Harbor, qu’aucun communiste ne luttait contre aucun Allemand avant le 22 juin 1941, que le procès de Nuremberg était une simple « justice de vainqueurs »… Cette catégorie de préjugés hante le café du Commerce, les mauvais romans ou une presse qu’on peut qualifier de « tabloïd ».
Elle n’est pas admise dans toute sa crudité au débat historique proprement dit, elle doit à l’entrée se vêtir de nuances, se maquiller de conditionnels et s’orner de points d’interrogation. A l’inverse, le projet hitlérien est terriblement réaliste.