Qu'en est-il du signe chez Ferdinand de Saussure ? Le titre de cet article risque d’étonner : pourquoi parler, parmi les linguistes, de Saussure exclusivement ?
Pour me justifier, je dirai seulement que la réflexion de Saussure sur le signe s’impose pour trois raisons, également déterminantes. Elle se distingue, d’abord, par sa structure, de la plupart des innombrables théories du signe qui ont été formulées avant et après lui. Elle se caractérise, ensuite, dans son extension, par le fait qu’elle affecte non seulement les langues, mais aussi tous les autres objets pourvus de signification : le signe linguistique n’est que l’une des classes du signe sémiologique. Elle trouve enfin une spécificité supplémentaire, du point de vue de son influence, par le rôle qu’elle a joué, après coup, dans le développement de la linguistique, la création de la sémiologie/ sémiotique et l’évolution de plusieurs autres sciences humaines : qu’il suffise d’évoquer ici, entre de nombreux autres, les noms de Claude Lévi-Strauss et de Jacques Lacan.
Freud et l'autonymie. Langage et inconscient chez Freud : représentations de mots et représentations de choses. Nous sommes en 1891.
Freud n’a encore que 35 ans. Il est alors, selon ses propres termes, « l’auteur de travaux d’histologie et d’anatomie du cerveau [1] Cette précision est extraite de la « Notice autobiographique »... [1] ». L’ouvrage qu’il publie en 1891 cherche à décrire « l’appareil de langage » dans le cadre d’une critique de la théorie, alors dominante, de la localisation des fonctions psychiques – dont il retient cependant, comme on verra plus bas, certains résultats. Ce qui est particulièrement intéressant du point de vue qui nous intéresse, c’est la volonté affichée par le jeune médecin de « séparer autant que possible le point de vue psychologique du point de vue anatomique » (p. 122). C’est en effet en ce point de sa réflexion qu’apparaît la notion de « représentation de mot [2] Je signale que parmi les historiens de la psychanalyse... [2] ».
Schéma psychologique de la représentation de mot 1. 2. Où en est l’inconscient dans cette réflexion sur l’appareil de langage ? Michel Arrive : Linguistique et psychanalyse. Hjelmslev et Martinet : correspondance, traduction, problèmes théoriques. C’est un exercice toujours instructif de commencer la lecture d’un livre de mémoires par l’index des noms de personnes.
C’est ce que j’ai fait, dès leur publication, pour les Mémoires d’un linguiste. Cela m’a amené à la double constatation suivante : 1 / Parmi les linguistes de la génération de Martinet, celui qui est le plus fréquemment cité par lui est Jakobson. Hjelmslev vient en seconde position, à égalité d’occurrences avec Troubetzkoy, assez loin devant Benveniste. Si on étend l’enquête à tous les linguistes, toutes générations confondues, Hjelmslev conserve sa seconde place, devant Saussure et Chomsky, à condition toutefois de mettre hors concours le très petit nombre des parents, amis ou élèves les plus proches (par ex. 2 / On sait que Martinet – il le reconnaît volontiers – n’a l’habitude de " ménager ", c’est son mot, personne.
À partir de 1928, et notamment en 1932 et 1933, Martinet fait de fréquents séjours au Danemark. 1 / La prise en compte de la substance.