Misère de l’information sur l’Europe des mobilisations sociales. L’information sociale a rarement vocation à faire la « une » des titres de presse et des journaux télévisés.
Pour être médiatisées, les mobilisations sociales doivent « faire l’évènement », soit par leur ampleur, soit par leurs conséquences parfois spectaculaires (violences, notamment). Ce qui est valable pour la France l’est a fortiori pour les mobilisations sociales dans d’autres pays d’Europe. Plusieurs poids, et plusieurs mesures Une comparaison, même partielle, du retentissement médiatiques des différentes mobilisations sociales qui se sont déroulées en Europe depuis un an, nous livre un premier enseignement : toutes ne se valent pas au regard de la hiérarchisation de l’information par les médias dominants.
« Crise des dettes » ? « Notre hymne à la rigueur », par les experts médiatiques. L’été 2011 est marqué par un nouveau coup de massue sur les marchés financiers.
La dette des États-Unis a été rétrogradée, par l’une des agences de notation [1], de la note AAA à AA+, faisant craindre un risque de défaut de paiement auprès des investisseurs. Après la Grèce, c’est le prolongement de la « crise des dettes ». En France, l’inquiétude grandit, bien que la salutaire note AAA soit conservée. Le gouvernement français, pour réduire le déficit du budget de l’État propose alors de mettre en place un plan, que l’on dit « de rigueur ». Mais pour les médias, la dette est un sujet complexe. Ces économistes qui monopolisent (toujours) les débats. Ainsi que nous l’avions déjà développé ici-même, depuis de nombreuses années, les sujets « économiques » inondent les médias.
Régulièrement confrontés à la complexité de ces thèmes, les journalistes préfèrent déléguer leurs traitements à des experts (toujours les mêmes), universitaires pour la plupart – mais pas toujours les plus compétents –, dont les engagements extra-scientifiques sont méconnus ou dissimulés. Pour les journalistes, l’expert appelé à la rescousse doit répondre à plusieurs critères : efficacité (il doit être bref et concis), disponibilité (il doit habiter en Île-de-France) et orthodoxie (il doit être partisan de l’économie de marché). Les trois critères sont essentiels... et presque toujours vérifiés. Le talent ne semble pas toujours nécessaire pour devenir un « bon client ».
Las ! Quand François Lenglet annonçait 30 ans de croissance heureuse. Nous sommes le 30 mai 1995, deux semaines après l’élection de Jacques Chirac.
François Lenglet, grand pédagogue de l’économie dominante, n’est pas encore le merveilleux télé-évangéliste que tout le monde connaît. Il sévit toutefois déjà à L’Expansion, dont il deviendra rédacteur en chef en 1997. L’Expansion, un titre au demeurant formidable pour ce dévot de la croissance qui, à l’époque, décide de ressortir les vieux cycles de Kondratiev du garage à vélos. Les avancées du débat autour des «Imposteurs de l’économie» Pour l’auteur que je suis, c’est évidemment une grande satisfaction : mon livre sur « Les imposteurs de l’économie » a eu l’utilité démocratique que j’espérais, celle de susciter un très large débat sur le rôle des économistes, sur leur indispensable indépendance, sur le nécessaire pluralisme de la recherche ou encore sur les menaces de privatisations rampantes qui pèsent sur l’Université.
Débat parfois chaotique ou mouvementé, mais dans tous les cas de figure utile. Je voudrais donc ici donner mon point de vue sur les premiers échanges auxquels le livre a donné lieu. Patrick Cohen, champion toutes catégories. «Les imposteurs de l’économie» bouscule les économistes médiatiques. Economistes en conflit d'intérêts : que faire ? Au sujet de la déontologie des économistes. Certains experts économistes sont-ils sous l’influence de grands groupes privés industriels ou financiers ?
Sont-ils de ce fait vraiment honnêtes dans leur discours ou en situation de conflit d’intérêts ? Ces "experts" sont-ils vraiment compétents et seraient-ils aussi crédibles si leurs activités annexes étaient mieux connues ? N’ont-ils pas eu une part de responsabilité dans l’incapacité générale à prévoir la crise financière ? Pour tout savoir (ou presque) sur les réponses apportées à ces questions, j’ai regroupé dans un journal personnel sur Scoop.it! Intitulé "Indépendance des économistes" quelques références à des articles et documents utiles dont voici la synthèse : Historique La déontologie de certains économistes fait donc l’objet de débats passionnés. Les imposteurs de l’économie En France, un ouvrage récent de Laurent Mauduit (journaliste à Mediapart) "Les imposteurs de l’économie" (mars 2012) vient de relancer le débat.
Le débat depuis le début de la crise financière Like this: Les économistes sont-ils des imposteurs ? Dans son livre les Imposteurs de l'économie (Ed.
Jean-Claude Gawsewitch), le journaliste de Mediapart Laurent Mauduit dénonce la «monopolisation» du débat économique par «une vingtaine d'experts», sujets aux conflits d'intérêt ou à une pensée unique libérale. Un réquisitoire déjà dressé par le documentaire les Nouveaux Chiens de garde ou un récent article du Monde diplomatique. Libération.fr a fait réagir les économistes Patrick Artus (chef économiste de Natixis, professeur associé à Paris-I et administrateur de Total) et Dominique Plihon (professeur à Paris-XIII, président du conseil scientifique de l'association Attac). Les petits business des économistes médiatiques dévoilés dans un livre.
« Les Imposteurs de l’économie » (éd.
Jean-Claude Gawsewitch) est un livre qui a été écrit pour éclabousser, un objectif réussi. Son auteur, Laurent Mauduit, journaliste économique et confondateur de Médiapart, s’en prend à une petite communauté jusque-là préservée des regards trop inquisiteurs : les économistes, du moins ceux qui vivent à Paris et sont des habitués des médias. Laurent Mauduit montre au fil de son livre comment le monde de la finance « a réussi son OPA sur celui des économistes », tissant de nombreux liens avec ces derniers, et minant, selon lui, leur indépendance.
Le paradoxe du gruyère et le courage de la serpillère. C’est encore une chronique de l’évêque du néolibéralisme de BFM TV, j’ai nommé M.
Nicolas Doze, qui a déclenché chez moi cette nouvelle crise de "merde-mais-quel-tissus-de-conneries-faut-que-je-démonte-ce-truc-sur-mon-blog" (sorte d’urticaire fulgurant, localisé au niveau du cortex et qui ne peut se soigner qu’en grattant les touches de mon clavier). Faut dire que je cherche les emmerdes à écouter de temps en temps cette chaine de damnés. C’est chaque fois pareil. C’est vrai quoi, je le sais pourtant que BFM est au libéralisme ce que KTO est au catholicisme. Fondapol, Dominique Reynié et les Questions-BiBi. Lorsque vous parlez aux assidus de la Télé, nul ne saurait dire ce qu’est Fondapol , le Think Tank de l’UMP.
Par contre, citez Dominique Reynié , créateur de ce « laboratoire d’idées » (dont la seule idée fixe est de faire réélire Sarkozy) et vous aurez votre réponse : oui, ce Dominique-là, oui, oui, est parfaitement connu. Et pour cause, l’insipide et benêt Yves Calvi en a fait un des invités les plus invités de son émission «C dans l’Air». Qu’on en juge : depuis janvier 2012, ce cher Dominique est passé huit fois sur des sujets aussi divers que Sarkozy/ la Civilisation/ les écrits politiques/ Florange/ La Campagne française/ la Terreur et, ce 28 mars, Mélenchon. Élie Cohen, l’unique économiste de France. “C’est une crise particulière, c’est une crise financière” E. Cohen le 12 août 2011 sur France Inter Incarnant parfaitement la crise, E. Cohen, économiste, membre du conseil d’analyses économiques, est en rotation permanente dans les grands médias depuis que les marchés frôlent l’apoplexie.
Economie : Marc Touati, expert simplificateur. (Marc Touati dans Arret sur images - capture d'écran dailymotion) C’est une révélation passée à peu près inaperçue, que j’ai découverte en visionnant l’une des excellentes émissions de Daniel Schneidermann sur Arrêt sur Images. Il recevait Jean-Luc Mélenchon - qu’on ne présente plus - et Marc Touati, économiste, dans un face à face qu’au cinéma on qualifierait de légende sur la situation de la Grèce. Non seulement le débat était passionnant, mais il était de très bonne tenue, bien que les deux hommes soient aussi opposés qu’on peut l’être. Une émission comme on aimerait en voir tous les jours à la télévision en prime time. Daniel Schneidermann chahute un peu Marc Touati lors de la présentation des invités sur son rôle d’expert préféré des médias. Un expert médiatique : Christian de Boissieu, économiste engagé… dans la finance.
Pour les journalistes, l’expert appelé à la rescousse doit répondre à plusieurs critères : efficacité (il doit être bref et concis), disponibilité (il doit habiter en Île-de-France) et orthodoxie (il doit être partisan de l’économie de marché). Les trois critères sont essentiels… et presque toujours vérifiés. Le talent – caractéristique évidemment subjective, nous y reviendrons – ne semble pas toujours nécessaire pour devenir un « bon client » [1]. Le réalisateur de "Les nouveaux chiens de garde" sur France 3. Les liaisons dangereuses. Dans Le Monde du 5 septembre 2009, Frédéric Lemaître signe un papier « La crise remet en cause le savoir et le statut des économistes ».