Pirates du cerveau : des pensées à portée de casque. Des électrodes fichées sur un bonnet et vous voilà pilote d'un vaisseau spatial de jeu vidéo.
Mais aussi victime potentielle d'un piratage cérébral. A moins que cette technologie ne serve à traiter votre dépression... LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | • Mis à jour le | Par Yves Eudes - Genève, envoyé spécial Pour jouer au jeu vidéo Space Race ("course spatiale"), pas besoin de clavier, de joystick ni de capteur de mouvement. Il suffit de se concentrer, le vaisseau spatial glisse dans la nuit étoilée par la seule force de la pensée. Plus les neurones travaillent, c'est-à-dire plus ils échangent d'informations, moins ils émettent d'ondes cérébrales alpha, un signal inhibant émis lors des phases de repos, très facile à capter avec un casque électroencéphalographe (EEG) standard. Au début, rien ne se passe, mais, peu à peu, le joueur parvient à s'abstraire de son environnement réel et à s'imaginer aux commandes d'un engin volant à grande vitesse.
On peut aussi inverser les paramètres. Le pudibond internet : qui contrôlera les algorithmes. Evgeny Morozov (@evgenymorozov), l'auteur de Net Delusion (qui prépare un livre intitulé Pour tout sauver, cliquez ici : la folie du solutionnisme technologique) a publié une très intéressante tribune sur le site du New York Times intitulée "Vous ne pouvez pas dire ça sur l'internet".
Il y explique que l'hyper-tolérance née de l'ouverture et de la contre-culture de la Silicon Valley masque souvent une façade bien plus conservatrice qu'elle ne s'en donne l'air. Les normes obsolètes et pudibondes de la Valley s'imposent discrètement sur des milliards d'utilisateurs du monde entier. Le véhicule de cette nouvelle pudibonderie repose dans les algorithmes qui "déterminent automatiquement les limites de ce qui est culturellement acceptable". Et Morozov de dresser une liste d'exemples que nous avons tous entraperçus.
En 2010, le magazine hacker 2600 a publié une liste noire de termes que Google n'identifie volontairement pas. Nos réputations sont de plus en plus à la merci des algorithmes. Le Web et les nouveaux Experts où quand le sucre attire les mouches. Toiture végétalisée « NEOPHYTO. Bidouilleurs de l’extrême. Les Hackers n'aiment pas qu'on leur fixe de limites techniques.
Ils se projettent toujours vers la prochaine limite, pour la franchir, explique Hannes Gassert, animateur de cette ultime session de la conférence Lift qui se déroulait à Genève les 22 et 24 février 2012. Pour conclure sa conférence, Lift invitait trois fauteurs de troubles, trois explorateurs, trois bidouilleurs qui appliquent leurs comportements de hackers au monde réel. eToy : détourner notre perception de la réalité Michel Zai est le fondateur et président d'eToy Corporation, un collectif artistique suisse né en 1994, qui se présente comme une entreprise qui n'a pas d'autre objectif que de faire de l'art en détournant les modes de management et de communication des entreprises d'aujourd'hui. eToy est une entreprise dont l'objectif est d'ouvrir de nouveaux espaces à l'art contemporain, de produire plus d'art, explique Michel Zai dans sa présentation (.pdf).
eToy est une société. La fusion nucléaire pour tous !