L'effet magique du péage de Saint-Arnoult. A chaque fois que je prends ma voiture pour partir un peu en vacances en province, cher lecteur, il y a un moment que je trouve absolument fascinant, je dirais même plus, magique.
A un endroit précis de notre beau territoire, se produit un phénomène tout à fait étonnant que je voudrais te conter. Ces derniers jours, j'étais parti avec la Privilégiée dans nos belles régions, histoire de nous aérer un peu, de nous cultiver et surtout de réapprovisionner notre cave en vins bien choisis, directement chez le producteur, ce que nous ne manquons jamais de faire. Nous adorons que le vigneron nous fasse goûter ses différents cépages, nous raconte ses aventures de l'année et nous initie à de nouveaux plaisirs gustatifs.
Vendredi soir, nous prîmes donc l'autoroute, la n°11 pour être précis, et nous roulâmes doucement pour retrouver notre bonne vieille ville bourgeoise du 9-3. Et puis, Sarkozy passa par là et réussît la seule grande transformation de ses multiples mandats. Les Gorges du Tarn : un espace touristique saturé. Durant nos vacances, nous avons eu l'occasion, avec la Privilégiée, de descendre les gorges du Tarn.
Je ne sais pas, cher lecteur, si tu as déjà eu l'occasion de te rendre dans ce coin-là, mais on nous en avait vanté la beauté et la nature préservée. Le Tarn s'enfonce entre deux Causses entre la Lozère et l'Aveyron. La vallée, très encaissée, forme un paysage particulièrement agréable à regarder. Les guides conseillent de le faire en canoë, mais nous n'avions pas le temps de le faire, et nous avons donc décidé de le faire en voiture, pour nous faire une idée. Evidemment, cet endroit est très beau, mais alors, quel engorgement ! Vu le site, on peut comprendre cet amas de touristes, mais cela ne suffit pas.
En clair, bien au-delà de la fréquentation, les gorges du Tarn sont devenues une espèce de zone touristique totale, sans que le site n'ait réellement la capacité d'accueillir tout cela. "Nous, on n'est pas socialiste." Le 1er mai, alors que je venais de me mettre dans la file de ma boulangerie favorite pour acheter notre pain quotidien, le client se trouvant devant moi voulut se montrer sympathique à l'égard de la caissière et lui déclara, avec un ton plaintif : "Ah, vous, vous êtes obligée de travailler le 1er mai.
" La réponse de la commerçante fut cinglante : "Ah non ! Nous, on n'est pas socialiste ! " Il y a de quoi être interloqué, car lorsqu'on vient chercher son pain, on ne s'attend pas à ce que la marchande vous balance ses idées politiques à la figure, d'autant plus dans une commune où 60% de la clientèle a voté à gauche lors des dernières élections. C'est déjà un certain mépris à l'égard des autres salariés de la boulangerie qui auraient peut-être bien aimé rester au lit ce jour-là et profiter d'un beau jour férié, mais qui ont préféré rester au travail pour payer les traites ou pour permettre à leurs enfants de partir en vacances. Mano Solo est mort.