Espagne, Grèce et Chypre au menu d'un Eurogroupe chargé. L'espoir d'une coalition pro-austérité en Grèce ne rassure pas. Par Dina Kyriakidou et Stephen Brown ATHENES/BERLIN (Reuters) - La perspective d'un gouvernement favorable aux mesures d'austérité en échange d'une aide internationale en Grèce n'a apporté qu'un bref soulagement sur les marchés financiers, les partenaires européens d'Athènes la saluant avec prudence et l'Allemagne posant les limites à d'éventuelles concessions.
Les partis politiques grecs soutenant le plan d'aide internationale se sont attelés lundi à la tâche de former un gouvernement majoritaire au parlement au lendemain de leur victoire aux élections législatives. Après le blocage institutionnel provoqué par le précédent scrutin du 6 mai, le succès des conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) sur la Coalition de la gauche radicale (Syriza), hostile à l'austérité mais arrivée deuxième, écarte à court terme le risque d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Le secrétaire d'Etat allemand aux Finances, Steffan Kampeter, a estimé qu'il ne fallait pas pressurer Athènes outre-mesure. Face à Merkel, Hollande ne doit pas jouer le SPD ! Grèce : la victoire de l’austérité. (Le parti grec Nouvel démocratie a remporté les élections législatives dimanche - CHINE NOUVELLE/SIPA) Il y a trois semaines, je parlais d’une possible victoire de la gauche radicale.
Finalement, c’est le parti de droite, la Nouvelle démocratie, qui vient de remporter de peu les élections législatives en Grèce. Les Grecs ont préféré la clarté vis-à-vis de l’euro plutôt qu’une remise en question des plans européens. Le supplice de l’euro va durer Si trois-quarts des Grecs ne supportent plus les plans d’austérité européens, le même pourcentage souhaite conserver la monnaie unique et c’est sur ce dilemme que s’est fondé le résultat des élections législatives de dimanche. La Nouvelle démocratie a très bien su jouer des ambiguités de la gauche radicale en parlant «d’un choix entre la monnaie unique et le cauchemar d’un retour à la drachme».
Une sortie de l’euro repoussée Du même auteur L’histoire de la monnaie unique en Grèce est un immense gâchis. Quel aveuglement provoque cette Europe ! Grèce : les électeurs offrent un répit à l’euro. La victoire de la Nouvelle démocratie en Grèce, dimanche, permet d’éviter le conflit majeur qu’aurait provoqué l’arrivée au pouvoir de Syriza, qui refusait les plans d’austérité.
Si l’euro gagne quelques semaines de calme à court terme, pas sûr que cela change la donne au final. Un gain à court terme Depuis plus de deux ans, l’Europe cherche à gagner du temps. Dans le cas où Tsipras aurait gagné les élections, alors, il se serait rapidement trouvé dans une situation où il aurait fallu trancher : soit laisser la Grèce ne peut plus appliquer les plans de la troïka, soit la pousser en dehors de la zone euro en suspendant l’aide internationale. Le second choix semblait déjà acté tant des officiels avaient indiqué que finalement, ce n’était pas un drame que la Grèce quitte la monnaie unique.
Mais là, tout est plus simple. Le principal foyer de l’incendie économique qui touche l’Europe est circonscrit, pour un moment. Une perte à moyen terme Du même auteur L’euro a gagné du temps. L’Amérique latine, un modèle pour l’Europe en crise ? Les BRICS donnent des leçons de bonne gestion à l'Europe. François Hollande a les mains libres. Oui, mais l'esprit ?