Usages de Wittgenstein. De la sociologie à la linguistique, en passant par l’économie ou les sciences cognitives, la référence à Ludwig Wittgenstein dans les sciences humaines est massive.
Comment s’y retrouver dans des emprunts parfois contradictoires ? Décryptage. Vous avez sans nul doute croisé son nom au détour d’une lecture. Avec son parfum Vienne 1900 mâtiné d’une élégance toute britannique, Ludwig Wittgenstein n’est plus l’apanage de quelques philosophes érudits. Il est devenu un auteur auquel il est de bon ton de faire référence dans les sciences humaines, le comble du chic étant d’arriver à placer dans l’argumentation quelques-uns de ses intrigants concepts tels « jeux de langage », « suivre une règle », « air de famille », « forme de vie », « présentation synoptique », ou « grammaire ». L’utilisation de Wittgenstein dans les sciences humaines ne laisse pas de poser problème.
Un auteur « chic et obscur » ? Alors, simple effet de mode qu’un article sur la question ne ferait que renforcer ? Pierre Bourdieu : L'opinion publique n'existe pas, 1972. Exposé fait à Noroit (Arras) en janvier 1972 et paru dans Les temps modernes, 318, janvier 1973, pp. 1292-1309.
Repris in Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, 1984, pp. 222-235. e voudrais préciser d'abord que mon propos n'est pas de dénoncer de façon mécanique et facile les sondages d'opinion, mais de procéder à une analyse rigoureuse de leur fonctionnement et de leurs fonctions. Ce qui suppose que l'on mette en question les trois postulats qu'ils engagent implicitement. Toute enquête d'opinion suppose que tout le monde peut avoir une opinion ; ou, autrement dit, que la production d'une opinion est à la portée de tous. Quitte à heurter un sentiment naïvement démocratique, je contesterai ce premier postulat. On fait très souvent aux sondages d'opinion des reproches techniques. Une analyse statistique sommaire des questions posées nous a fait voir que la grande majorité d'entre elles étaient directement liées aux préoccupations politiques du « personnel politique ».
L'expérience de la boîte. Dans le dernier billet, au milieu de mon énervement - pour lequel je ne m'excuserais que lorsque sera reconnue l'indécence des attaques contre le genre - j'ai proposé ma traduction de l'expérience de la boîte qu'utilise Michael Schawble dans son introduction à la sociologie (j'ai une passion coupable pour les introductions à la sociologie, j'en fais la collection).
Je me suis dit qu'elle méritait peut-être deux ou trois explications pour ceux qui voudraient en faire usage auprès de leurs proches. Je complète donc ici l'argumentaire qu'elle recouvre. Pour faire l'expérience que je vais décrire, nous aurions besoin d'une paire de nouveau-nés, des vrais jumeaux. Nous aurions aussi besoin d'une grande boîte dans laquelle un des jumeaux pourrait vivre sans aucun contact avec un autre être humain. La boîte devrait être telle qu'elle lui fournirait à boire et à manger, et évacuerait les restes, de façon mécanique. L'humour est une chose trop sérieuse... Lui : Wah, hé, faut que je te montre un truc, tu vas trop te marrer.
C'est un test dans le dernier Consoles +, c'est trop bon. Moi : ... Lui : Tu ris pas ? ...pour être laissée à des rigolos. Moi : Tagazok, gars. .
Moi : Ah, ben, ça tombe bien, je me suis justement retiré dans un fjord perdu de la Norvège pour réfléchir au sens des propositions humoristiques. Lui : ... Moi : Bon, d'accord, je suis juste occupé à ré-exploser Ganondorf. C'est quoi le problème ? Lui : J'ai discuté avec mes potes, et ils sont pas convaincus par ton truc.
Tu vois, il y a une référence à l'homosexualité. Lui : D'accord, on retrouve bien le décalage non ? Lui : Tu es sûr que c'est un bon exemple ? Lui : Et le fait qu'on ne "le pense pas", ça ne peut pas être un élément qui modifie le sens de la proposition alors ?