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Histories des partis

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La longue marche de Jean-Luc Mélenchon. C’est une scène parmi d’autres, samedi 7 mai à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Jean-Luc Mélenchon, à l’estrade, tourne la tête vers Olivier Faure pour dire qu’il se permet de lui emprunter une expression : « Emmanuel Macron n’a pas de mandat. » Derrière ces politesses, un dialogue renoué entre l’ex-socialiste et sa famille d’origine, forcée de reconnaître que son plus fracassant dissident a réussi.

Il y a treize ans, Jean-Luc Mélenchon quittait le Parti socialiste (PS). Ses soutiens, grands adeptes des métaphores, ne cessent de le répéter : c’est le temps des tempêtes, et le vent peut vite tourner. Qui aurait cru, en effet, que le PS finirait par se retrouver sur la ligne mélenchonienne ? Autre adage : ce qui compte, c’est d’être les derniers à rester debout quand tous les autres s’effondrent. Lire notre récit : Article réservé à nos abonnés Législatives 2022 : comment les partisans de l’accord avec LFI ont réussi à emporter l’adhésion du PS. Le socialisme se réinvente en Europe : les réponses à vos questions. Evidemment, au regard des évolutions récentes de certaines partis sociaux-démocrates, on peut légitimement se poser la question de l’identité socialiste.

Mais rien n’est jamais fixé par avance : par exemple, les travaillistes britanniques, à la fin des années 1990, étaient pour en finir avec l’identité historique du parti (la « troisième voie » de Tony Blair). Mais il y a eu un tournant à gauche avec Jeremy Corbyn, qui, à son tour, a été marginalisé dans le parti. En Allemagne, la direction actuelle du SPD est plus à gauche qu’Olaf Scholz (le futur chancelier), qui n’avait pas réussi à prendre le parti. En Espagne, ceux qui au PS ne voulaient pas s’allier avec Podemos ont été marginalisés. A propos des demandeurs d’asile, il ne faut pas idéaliser une « bonne » période antérieure où les socialistes (et d’ailleurs communistes) auraient été inconditionnellement pour la libre circulation et le droit d’asile.

Stéphanie Roza, Razmig Keucheyan et Jean-Numa Ducange. Les Républicains avancent 30 propositions pour une « relance économique durable » Les députés Les Républicains (LR) Jean-Louis Thiériot (Seine-et-Marne) et Nicolas Forissier (Indre), qui copilotent depuis février un groupe de travail sur les entreprises, dévoilent, dans le Journal du dimanche (JDD) daté du 6 juin, le plan de la droite « pour une relance économique durable ». Au menu de ce livret, 30 propositions en faveur de l’entrepreneuriat et de l’innovation, dont notamment la baisse de 30 milliards d’euros des impôts de production ou l’inscription dans la Constitution d’une « règle d’or de stabilité fiscale ».

Leur philosophie : « Autant de liberté que possible, aussi peu d’Etat que nécessaire », écrivent-ils. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Peur sur Les Républicains : la droite en pleine crise existentielle Pour « restaurer la compétitivité de nos entreprises dans la mondialisation », le groupe de travail recommande de baisser de 30 milliards d’euros les impôts de production, « en plus des 10 milliards promis par le gouvernement ».

Le Monde. « Islamo-gauchisme » : histoire tortueuse d’une expression devenue une invective. La page Wikipédia est bardée de messages d’alerte : « Cet article présente des problèmes graves. » « Cet article semble faire la promotion d’une idée ou d’une idéologie. » « Cet article adopte un point de vue régional ou culturel particulier. » Ils en disent au moins autant sur le concept que les maigres informations qui les suivent : quand il est question « d’islamo-gauchisme », la suspicion est de mise. C’est le sociologue Pierre-André Taguieff qui, le premier, aurait utilisé le terme en 2002, dans La Nouvelle Judéophobie (Mille et une nuits, 2002). Celui-ci a alors, selon l’auteur, une valeur descriptive, et désigne une convergence entre intégristes musulmans et groupes d’extrême gauche, à la faveur d’ennemis communs. « Que, mise à toutes les sauces, l’expression ait eu par la suite la fortune que l’on sait, je n’en suis pas responsable », écrivait-il dans Libération le 26 octobre.

La gauche et l’islamisme : retour sur un péché d’orgueil. Analyse. Au lendemain de l’attentat contre Samuel Paty, quand a refait surface une vidéo où un prédicateur islamiste, Abdelhakim Sefrioui, appelait à la mobilisation contre le professeur, certains militants d’extrême gauche ont reconnu ce visage. Ils se sont souvenus du temps où ils avaient eu maille à partir avec Sefrioui et ses compagnons. Non sans nostalgie, ils ont repensé aux manifestations propalestiniennes au cours desquelles le service d’ordre de telle ou telle organisation anarchiste ou trotskiste était encore assez vigoureux pour expulser du cortège ces partisans du djihad liés à l’ex-humoriste Dieudonné et à l’extrême droite radicale.

Et puis ils ont songé à ce moment pivot, autour de 2010, où il avait fallu admettre que le rapport de forces avait changé : sur le pavé parisien, désormais, la vieille garde révolutionnaire était trop faible pour maîtriser les islamistes. L’espoir algérien Or ce renversement des équilibres dans la rue avait une signification plus vaste. Il y a cent ans, lors du congrès de Tours, naissait le Parti communiste français. Le 25 décembre 1920 s’ouvrait le 18e congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO, Parti socialiste), à Tours, au cours duquel la majorité des adhérents décidait d’adhérer à l’Internationale communiste (Komintern), fondée à Moscou par Lénine. Le Parti communiste français était né. Cent ans après, le PCF, qui a connu son apogée après la seconde guerre mondiale, s’est réduit comme peau de chagrin au fil des décennies malgré une bonne implantation locale.

Après avoir alimenté les rangs de la résistance, le PCF est l’un des premiers partis de France au lendemain de la guerre (800 000 encartés à la fin de 1946), quand il intègre le gouvernement du général de Gaulle à des postes-clés (fonction publique, Sécurité sociale...). Article réservé à nos abonnés Lire aussi Au Parti communiste, des divergences autour de la stratégie présidentielle La faute aux ouvriers qui préférent se tourner vers le Rassemblement national, estiment certains. . « Parti révolutionnaire » « La dislocation du PS s’est jouée sur un temps long, impliquant ceux qui prétendaient incarner l’héritage de François Mitterrand » Chronique. Certains anniversaires tombent plus mal que d’autres. La célébration du 10 mai 1981 qui marqua, il y a quarante ans, la victoire de François Mitterrand et l’installation de l’alternance sous la Ve République renvoie inévitablement à la situation actuelle de la gauche « divisée et sans idées », ainsi que le déplore Jean-Christophe Cambadélis.

Rien n’est à enlever dans le constat éploré que dresse l’ancien premier secrétaire du PS dans Le Journal du dimanche : « Le total [de la gauche] dans les intentions de vote est le plus faible depuis cinquante ans. Jean-Luc Mélenchon ne conçoit l’unité que derrière sa radicalité. Les écologistes sont obsédés par l’idée de devancer les socialistes, qui soutiennent mollement Anne Hidalgo. La gauche se prépare à faire de la figuration à la présidentielle et refuse de bâtir un accord aux législatives, ce qui annonce plusieurs candidatures dans chaque circonscription, menant inéluctablement à sa marginalisation », constate-t-il. 21 avril 2002.