Les sept péchés capitaux de la télé : La gourmandise (6/7) LE MONDE TELEVISION | • Mis à jour le | Par Renaud Machart Il y a trente ans, les émissions culinaires se comptaient sur les doigts de la main : la plus célèbre et mémorable d’entre elles fut « La Cuisine des mousquetaires », lancée au printemps 1983 sur France 3 Aquitaine, trente ans après la pionnière du genre « Art et magie de la cuisine », présentée en 1954 par le chef Raymond Oliver et Catherine Langeais. On y voyait la rabelaisienne Maïté Ordonez tabasser avec gourmandise des anguilles géantes sous les yeux horrifiés de sa discrète comparse, Micheline Banzet.
A partir de là, la nourriture, sous toutes ses formes, ne cessera de venir allécher le téléspectateur, offrant à une foule d’animateurs et de journalistes une renommée trois étoiles. En 1984, Jean-Pierre Coffe éructe ses premières mercuriales contre la malbouffe (« C’est de la m… ! En 2001, Julie Andrieu offre à Téva son premier programme culinaire, « Tout un plat ». Les sept péchés capitaux de la télé : la luxure (5/7) LE MONDE TELEVISION | • Mis à jour le | Par Daniel Psenny C’était le dimanche 21 janvier 1961. Ce soir-là, la première chaîne de télévision (la seule existante à l’époque) diffusait L’Exécution, un téléfilm en noir et blanc de bonne facture signé Maurice Cazeneuve racontant la mise à mort après la guerre d’un collaborateur avec l’ennemi. Au générique défilait la fine fleur des acteurs de la nouvelle génération télévisuelle des années 1960.
On y trouvait également une illustre inconnue, Nicole Paquin, chanteuse d’une vingtaine d’années dans un groupe de rock’n’roll dont seuls quelques amateurs de ce genre musical balbutiant dans la France du général de Gaulle connaissaient l’existence. Or, c’est elle qui, le lendemain, fit la « une » de tous les journaux. Sacro-saint film du dimanche soir La polémique autour de cette « séquence scabreuse » eut un grand retentissement. Scènes jugées érotiques ou perverses Pour autant, les barrières ne sont pas toutes tombées en même temps. Les sept péchés capitaux de la télé : la colère (4/7) Les sept péchés capitaux de la télé : l'envie (3/7)
Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Véronique Cauhapé Qu’ils firent envie, dès leur apparition, ces téléviseurs qui, à la fin des années 1940, trônaient dans les salons cossus de quelques privilégiés. Qu’ils firent envie, mais Dieu qu’ils étaient chers ! Très chers même, au point de donner à leurs rares et heureux propriétaires le sentiment d’appartenir à une élite. Et les autres ?
Mais l’image, que diable ! Michel Drucker a 10 ans et demi et fait partie de ceux-là, rue de la Gare à Vire (Calvados), ainsi qu’il le raconte dans son livre (cosigné avec Gilles Verlant) Les 500 Emissions mythiques de la télévision française (Flammarion) : « Je reviens de l’école, je m’arrête, je vois ce meuble énorme et encombrant. L’envie ne lâche plus désormais les Français.
Objet de consommation, la télévision n’échappera pas à l’essor économique des « trente glorieuses ». Rendre le cerveau du téléspectateur disponible, justement, certaines chaînes vont s’y employer avec entrain. Et la polémique. Les sept péchés capitaux de la télé : l’avarice (2/7) LE MONDE TELEVISION | • Mis à jour le | Par Joël Morio Et si l’avarice était le péché mignon de la télévision ? Un vice qui aurait aussi ses vertus. Jadis prodigue, le milieu a appris ces vingt-cinq dernières années à devenir économe, jusqu’à en devenir pingre. Avec la multiplication des chaînes et un marché publicitaire en berne, les diffuseurs comptent leurs sous. L’histoire récente de la télé a montré qu’il faut être plutôt fourmi pour survivre. Dans les années 1980, l’argent coule à flots, ou presque. Après des débuts chaotiques, Canal+ se révèle très rentable en à peine cinq ans. La décennie 1990 se poursuit dans un certain faste, mais, imperceptiblement, les temps changent. C’est l’arrivée au milieu des années 2000 de la TNT (télévision numérique terrestre) qui va définitivement mettre les télés au régime sec et faire de l’avarice un mode de gestion.
La chaîne d’info ouvre en 2005 sous les sarcasmes. Un juste retour des choses après des années de débauche ? Les sept péchés capitaux de la télé : l’orgueil (1/7) LE MONDE TELEVISION | • Mis à jour le | Par Alain Constant Et le septième jour, profitant d’un repos bien mérité, Dieu alluma la télé. Au fil des heures et des programmes diffusés, il put constater que l’orgueil, premier des sept pêchés capitaux – qui avait coûté cher à Adam et Eve –, cet appétit désordonné de sa propre excellence, cette « admiration de soi fondée sur l’admiration qu’on croit inspirer aux autres » comme le définissait Bergson, était particulièrement développé chez celles et ceux qui officiaient à l'écran. Grâce à sa télécommande divine qui faisait défiler les années à grande vitesse, Dieu constata que, de Léon Zitrone à Thierry Ardisson, la télé française était bien le royaume des orgueilleux.
Animateurs, commentateurs, présentateurs, pseudo-experts et même héros de séries, rares étaient ceux à l’abri du pêché d’orgueil. Moi, moi et rien que moi ? Je suis au centre, je le mérite, et tout tourne autour de moi ? L’avis des philosophes et chercheurs rejoint-il la réalité ? Les sept péchés capitaux de la télé : la paresse (7/7) LE MONDE TELEVISION | • Mis à jour le | Par Olivier Zilbertin Je me présente : je suis la paresse. Ne dites pas que vous ne me connaissez pas, j’ai les noms. Une jolie liste d’ailleurs. Croyez-moi, mon carnet de rendez-vous est plus couronné et médaillé que le Who’s Who et Le Bottin mondain réunis. C’est vrai, j’ai mauvaise réputation, mais je m’en fiche car j’ai des amants à gogo et une foule de prétendants.
On y arrive : moi, ce qui me fait totalement craquer, c’est la séance télé. Le sport, d’accord. Le moment où nous nous comprenons le mieux, la télé et moi, c’est quand même à l’heure de la sieste. Je ne suis pas dupe et ne tire pas toute la couverture à moi. Il faut dire aussi que le paresseux devant sa télé est insaisissable et inconstant. Dans une société où l’on valorise l’activité, le travail, la motivation, la productivité, il n’est pas très étonnant au fond que l’on me dénigre.