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Bibliothèques à travers le monde

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Vols de livres en bibliothèque : un effet direct de la précarité. Au Canada, le vol de livres en bibliothèque publique cesse d’être une anecdote de comptoir. Plusieurs établissements signalent une hausse des disparitions d’ouvrages, sur fond de renchérissement du livre et de précarité accrue d’une partie du public. Un constat qui touche un point sensible : quand l’accès gratuit devient plus difficile à préserver dans la vie quotidienne, la bibliothèque absorbe une part croissante des tensions sociales.

Dans plusieurs villes, les professionnels décrivent une situation inédite par son ampleur, rapporte CBC News. Les livres les plus touchés ne sont pas nécessairement les plus rares ou les plus coûteux, mais souvent des titres récents ou très demandés, notamment dans les domaines pratiques, éducatifs ou liés à la vie quotidienne. Cette évolution modifie la perception même du vol en bibliothèque, longtemps considéré comme marginal. Les bibliothécaires interrogés établissent un lien direct avec la hausse du coût de la vie. Crédits photo : mel_88 CC 0. Refuser de censurer coûte son poste à une directrice des bibliothèques. Selon NewsChannel 5, ces titres ont été jugés « inappropriés » par la majorité du conseil, qui a invoqué des thèmes liés aux identités LGBTQ+, mais aussi à l’« empowerment » féminin, à la diversité, aux sorcières ou à la justice sociale. Aucun titre précis n’a été rendu public à ce stade.

Luanne James avait officiellement signifié son refus quelques jours plus tôt. Dans un courriel adressé au conseil, elle expliquait être « professionnellement et éthiquement tenue de défendre le Premier Amendement » et estimait que l’ordre de relocalisation constituait une discrimination fondée sur les points de vue exprimés dans les livres. Elle a aussi dénoncé une entorse à la procédure interne de réexamen des ouvrages et soutenait que restreindre l’accès à des documents dans une bibliothèque publique portait atteinte au droit à l’information de la communauté. Une affaire symptomatique Un conflit aux implications juridiques PEN America dénonce une censure Le débat local est profondément divisé. Allemagne : Berlin stoppe l’extension de la Bibliothèque nationale à Leipzig.

Le projet concernait un cinquième bâtiment d’extension à Leipzig. Son coût total attendu dépassait 100 millions d’euros, avec un calendrier de réalisation envisagé entre 2027 et 2032. L’enjeu n’avait rien d’ornemental : il s’agissait d’accueillir des entrées physiques nouvelles ainsi que des fonds plus anciens, dont certains ne sont pas aujourd’hui conservés dans des conditions climatiques jugées suffisantes. Autrement dit, l’affaire touche au cœur matériel d’une bibliothèque nationale : stocker, protéger, transmettre. Le gouvernement, lui, défend une autre hiérarchie des urgences. Dans sa communication officielle, Wolfram Weimer, ministre d’État à la Culture et aux Médias, explique qu’une réforme de la loi sur la Deutsche Nationalbibliothek est en préparation, afin de mieux prendre en compte l’évolution des marchés des médias, l’essor de la numérisation et la praticabilité du dépôt légal.

Le paradoxe allemand tient tout entier là. Crédits photo : Leipzig.de. Rome : les 40 000 livres pour enfants d'une bibliothèque historique menacés. À Rome, les murs ne tremblent pas, ils encaissent : en revanche, une promesse vacille... À quelques enjambées du Campo de’ Fiori, dans le Palazzetto Specchi, pierre Renaissance et silence épais, 40.000 livres pour enfants se retrouvent actuellement sur la ligne de front. La Biblioteca Centrale Ragazzi, installée là depuis 1987, n’est plus seulement une adresse : elle est devenue un symptôme de ce que l'État déserte ses prérogatives, comme le dévoile La Repubblica. Derrière la question du lieu, c’est la place même des enfants et de la lecture, dans un centre historique saturé de flux, de loyers, de passages, qui se joue.

On pourrait croire à une affaire technique : un bâtiment, des contraintes techniques, des travaux impératifs. En réalité, le lieu est amplement reconnu, décrit comme un centre spécialisé pour les 0-16 ans, niché via San Paolo alla Regola, au cœur du Municipio I. La réponse ne se joue pas dans les chiffres, mais dans les usages. Crédits photo : Biblioteca Centrale Ragazzi. Sicile : les pompiers sauvent 400 livres rares d’une bibliothèque au bord du gouffre. Ce 25 janvier, le sol s’est affaissé, entraînant des fissures de la chaussée et l'effondrement de maisons entières : un glissement de terrain a ouvert à Niscemi (province de Caltanissetta, Sicile) une cicatrice béante, longue d’environ 4 kilomètres. Les infrastructures n'auront pas opposé de résistance : une portion de route a été emportée, les bâtiments se sont effondrés et lees véhicules stationnés ont achevé leur chute une dizaine de mètres plus bas.

Pourtant, aucune victime n’a été signalée : les autorités locales avaient procédé à l’évacuation préventive d’environ 1600 habitants, et les comptes rendus officiels consultés ne font état ni de morts ni de blessés liés à l’effondrement partiel des bâtiments ou à l’opération de sauvetage des ouvrages. Au plus près du front de glissement, une bibliothèque municipale se trouve en surplomb direct : une partie de la structure reste suspendue au-dessus du vide, dans un secteur décrit comme « zone noire ». Comprendre : ne pas s'approcher.

Frederick Wiseman, ami des bibliothèques publiques ! Le réalisateur Frederick Wiseman est mort le lundi 16 février 2026 à Cambridge (Massachusetts). Catherine Blangonnet-Auer, directrice de la rédaction de la revue Images documentaires, chargée de 1987 à 2004 des acquisitions du Catalogue national de films documentaires pour les bibliothèques à la Direction du livre et de la lecture, puis à la Bpi (2005-2010), évoque quelques souvenirs et la place toute particulière que l’œuvre de Wiseman a tenu dans ce catalogue. Ma première rencontre avec Frederick Wiseman a eu lieu en 1979 alors qu’il avait été invité à faire partie du jury du festival Cinéma du réel, aux côtés d’Assia Djebar, Joris Ivens, Jean Rouch et Colin Young. À la Bpi, l’année précédente, j’avais découvert ce cinéaste, déjà connu aux États-Unis mais encore peu en France, lors de la première édition de l’événement où nous avions programmé Welfare (1976).

Je me souviens à quel point ce film nous avait impressionnés. Une pelouse remplace de la bibliothèque : des travaux enflamment le campus. À Istanbul, sur le campus nord de l’université Boğaziçi, une pelleteuse a effacé un repère : le bâtiment longtemps présenté comme un cœur documentaire du site. La destruction du volume, puis l’aménagement provisoire du terrain en espace vert, déclenchent une controverse qui dépasse l’architecture et se fixe sur une inquiétude très concrète : où se trouvent les collections, et dans quel état ? Selon le quotidien turc Sözcü, des universitaires engagés dans la contestation de la direction nommée à la tête de Boğaziçi décrivent un déménagement désordonné.

Ils évoquent des livres « dispersés », transférés entre dépôts et le campus de Kandilli, avec une partie stockée dans des espaces qu’ils disent insuffisamment protégés de l’humidité, pour un ensemble qu’ils estiment à environ 800.000 ressources. L’établissement répond par une mise au point. Un bâtiment “à risque“ L’histoire du lieu nourrit la charge symbolique. Le débat se cristallise aussi sur l’ampleur du patrimoine documentaire. Portugal : plus de 250 bibliothèques frappées par les tempêtes. La photographie reste mouvante. Selon Bruno Eiras, sous-directeur général de la DGLAB, la pluie continue déclenche de nouveaux incidents et ralentit la remontée d’informations : les contacts avec les bibliothèques ne se font pas au rythme souhaité, ce qui complique une synthèse immédiatement à jour.

L’essentiel, pourtant, se dessine : une vague de sinistres simultanés, avec des priorités à arbitrer et des collections à sécuriser. Le gros des dégâts Dans huit cas sur dix, les signalements portent sur des infiltrations, des petites inondations ou des effets externes au bâtiment : pannes d’électricité, difficultés de télécommunications, accès entravés. Malgré tout, la continuité de service tient souvent. Les cas les plus graves Les atteintes les plus lourdes concernent notamment Alcácer do Sal, Santarém, Leiria, Caldas da Rainha, Pombal et Marinha Grande.

À lire - Tempête Kristin : ces bibliothèques portugaises qui ont basculé en mode survie Priorité ? Crédits photo : Euronews. 9 leçons des bibliothèques danoises. La loi sur les bibliothèques Pendant longtemps, la différence la plus notable entre les bibliothèques françaises et danoises a résidé dans l’existence d’un cadre légal. Le Danemark dispose en effet d’une loi sur les bibliothèques depuis 1920, fruit d’une longue tradition d’éducation populaire, perméable très tôt au concept de public library né aux États-Unis. La France s’est, pour sa part, dotée d’une loi bien plus tard, en 2021 seulement, soit plus d’un siècle après. Avec ce texte, peut-on dire que la France s’est rapprochée du modèle danois ?

… Absolument pas ! Et cela saute aux yeux lorsqu’on examine les deux textes. La loi française, dite loi Robert, détaille longuement le rôle et les missions des bibliothèques, mais derrière une profusion de principes, elle comporte très peu de contraintes : les plus notables sont l’accès libre et la consultation gratuite, qui sont des obligations pour le moins élémentaires. Brésil : 6000 bibliothèques… et pourtant la lecture reste hors de portée. Dans la salle, le débat avait rapidement glissé du « combien » vers le « comment ».

Cristian Brayner, alors sous-secrétaire du patrimoine culturel du District fédéral, tranche : « Près de 95 % des municipalités disposent de bibliothèques… le défi consiste à les qualifier, en garantissant un budget propre et des espaces adaptés. » Le réseau existe, certes, mais la qualité varie brutalement d’un territoire à l’autre. Brayner ciblait alors un point très concret : une partie des bibliothèques occupe des locaux adaptés, donc contraints. « Ils n’ont pas été construits pour accueillir des bibliothèques : nous rencontrons donc des problèmes très sérieux. » Derrière ce constat, une réalité prosaïque : rayonnages insuffisants, salles trop petites, absence d’espaces de travail, confort précaire, horaires rabotés. La bibliothèque, un droit qui se gagne au quotidien La Commission parlait aussi « services ». Les indicateurs nationaux rendent cette urgence tangible. Crédits photo : jorono CC 0. Usagers et écrivains “sauvent” la grande bibliothèque de Melbourne.

À Melbourne, une colère calme a traversé les salles de lecture comme un courant d’air froid : une grande bibliothèque ne se pilote pas à la manière d’un produit d’appel. En décembre 2025, la Bibliothèque d'État du Victoria a retiré une proposition de réorganisation après une mobilisation d’auteurs, de chercheurs, de lecteurs et de personnels.

Le dossier dépasse l’organigramme : il oppose une bibliothèque centrée sur la recherche et la médiation humaine à une bibliothèque-vitrine, calibrée pour l’expérience et la fréquentation. Selon plusieurs médias australiens, la proposition prévoyait 39 suppressions de postes et une réduction des bibliothécaires référents, de 25 à 10. Les mêmes articles évoquent l’externalisation de fonctions informatiques et la diminution d’équipements accessibles aux usagers. Pour les opposants, la ligne implicite ressemblait à un basculement : moins de médiation humaine, plus d’expériences numériques conçues pour l’attractivité, rapporte le Guardian.

Un appel aux bibliothécaires pour documenter les destructions à Gaza. Reading in Gaza s’est constituée comme une réponse immédiate à la destruction massive d’équipements culturels et éducatifs dans la bande de Gaza. Le projet part d’un constat simple : les bibliothèques, archives et lieux du savoir figurent parmi les cibles invisibles des conflits armés, alors même qu’ils jouent un rôle central dans la transmission, la mémoire collective et la reconstruction intellectuelle des sociétés. L’initiative entend documenter ces destructions de manière rigoureuse, en produisant des données vérifiables, exploitables et accessibles, afin de sortir ces pertes culturelles de l’angle mort médiatique et institutionnel. Deux profils de bibliothécaires recherchés Dans ce cadre, Reading in Gaza lance un appel ciblé à destination de bibliothécaires, autour de deux types de compétences : Bibliothécaires spécialisés dans le numérique ou l’ingénierie documentaire, en mesure d’accompagner la conception d’une architecture numérique dédiée.

Modalités de participation. 250 000 livres menacés : l’humidité menace une bibliothèque historique en Italie. La fermeture de cette bibliothèque historique n’a pas été décidée sur un coup de tête. Le système bibliothécaire de Pavie a informé les usagers que la Bonetta observerait une « fermeture temporaire pour entretien et désinfection des locaux ». Avec une réouverture qui serait communiquée ultérieurement. Même si aucune annonce publique récente ne corrige cette information, les démarches politiques et administratives menées ces derniers mois montrent que le dossier ne stagne pas totalement. L’édifice, installé dans l’ancien Stabilimento di Belle Arti Malaspina, conserve un patrimoine de livres rares, manuscrits, incunables et fonds spécialisés d’une valeur inestimable.

Selon les registres municipaux et le recensement patrimonial, la bibliothèque gère environ 200 000 volumes, dont plusieurs milliers d’œuvres anciennes d’un intérêt historique majeur. Des fonds assurés, mais des travaux encore à venir Patrimoine menacé, opinion publique mobilisée Réflechir l'avenir des bibliothèques historiques. La bibliothèque du futur existe déjà : elle est à Shenzhen, en Chine. Sur le site nord de la Shenzhen Library, inauguré en décembre 2023, l’innovation est visible dès l’entrée. Oubliez les longues files d’attente : ici, les livres retournés ne passent plus d’abord par des rayons humains. Ils sont pris en charge par un système robotisé de tri, capable de gérer des flux massifs de documents et d’accélérer la remise en rayon et la redistribution vers les antennes locales.

Cette avancée s’inscrit dans la lignée des technologies déjà expérimentées au Bao’an Library où des robots intelligents ont commencé à « digérer » les retours de livres à haute cadence — près de 2 000 volumes par heure selon certains rapports, indique 21 Jingji. Ce n’est pas un gadget. C’est une transposition des technologies logistiques largement adoptées dans les entrepôts (similaires à celles d’Amazon ou d’Alibaba) à l’univers culturel. La bibliothèque devient, en quelque sorte, une usine du livre — mais une usine au service du lecteur plutôt que du profit. Un modèle exportable ? La plus grande bibliothèque de la NASA a fermé ses portes, et Trump n’y est pas pour rien.

MARIO TAMA / Getty Images via AFP La plus grande bibliothèque de la NASA a fermé ses portes, et Trump n’y est pas pour rien. Photo d’illustration. La NASA a fermé ce vendredi 2 janvier la plus importante de ses bibliothèques de recherche, située au centre spatial Goddard, dans le Maryland. Avec ses 100 000 ouvrages, revues et documents scientifiques, elle constituait depuis des décennies un outil central pour les ingénieurs et chercheurs de l’agence spatiale américaine. Certains ouvrages vont devoir être jetés. La disparition de cette bibliothèque s’inscrit dans un mouvement plus large de restructuration et de coupes budgétaires accélérées sous l’administration Trump, comme le souligne le New York Times.

Ces derniers mois, le centre spatial de Goddard, principal complexe de vols spatiaux des États-Unis, a subi une réduction drastique de ses effectifs. Ce vendredi, le centre spatial a donc également dû tirer un trait sur sa bibliothèque. En outre, cette fermeture n’est pas un cas isolé. La justice défend les bibliothèques face à la tronçonneuse de Trump. Rio de Janeiro dévoile sa future Bibliothèque des Savoirs. Entre pressions, contrôle et liberté dans les bibliothèques aux États-Unis et en France : comment promouvoir et préserver leur rôle démocratique dans la société ?

En croisade contre une bibliothèque immorale, Dieu vole les livres LGBT. Communiqué de l'ABF : Soutenons les bibliothèques et les bibliothécaires palestiniens. États-Unis : 1,4 million $ pour défendre les bibliothèques de la censure. Au Québec se trouve la meilleure bibliothèque du monde. Muntpunt, la bibliothèque qui s’adapte à sa ville : immersion dans un modèle bruxellois innovant - Bibliothèque publique d'information - Centre Pompidou (professionnels) OBA Next : la bibliothèque post-COVID s’invente à Amsterdam. Gaza : une levée de fonds pour les bibliothécaires et leurs familles. États-Unis : les bibliothèques dans la tourmente.

Trump limoge Carla Hayden, directrice de la Bibliothèque du Congrès. Censure : les 10 livres les plus contestés aux États-Unis en 2024 - Livres Hebdo. L’ADBU, le consortium Couperin et l’EPRIST s’associent dans un communiqué de soutien au mouvement « Stand Up for Science » – ADBU. Librarians in UK increasingly asked to remove books, as influence of US pressure groups spreads | Libraries. États-Unis : une nouvelle étape dans l'attaque trumpiste des bibliothèques. Parti pris : Ne détournez pas le regard par R. D. Lankes. Soutien au monde du savoir et de l’information aux États-Unis. À la Bibliothèque nationale de France, la grève se prolonge. Une bibliothèque au coeur des tensions USA / Canada. Trump élimine l’agence dédiée au financement des bibliothèques et musées, qu'il juge « inutile » Le combat d'une bibliothécaire contre la censure. Les plus belles bibliothèques du monde : des merveilles architecturales.

États-Unis : LGBT, des lettres exclues des bibliothèques. Les bibliothèques publiques sont-elles condamnées ? Aux États-Unis, le retour de Trump inquiète les bibliothécaires. Amanda Jones, une bibliothécaire contre la censure. La situation des bibliothèques universitaires françaises par rapport aux autres pays européens. La bibliothèque publique de l'année se trouve à Beijing. La censure des livres, nouveau front dans les guerres culturelles aux États-Unis | France Culture. Deux exemples de reconversion des lieux de culte en bibliothèque à Québec - Bibliothèque publique d'information - Centre Pompidou (professionnels)

Une vingtaine de bibliothèques romaines vont fermer (pour longtemps) Aux frontières de l’Ukraine, se reconstruire malgré tout. La bibliothèque Gabriel García Márquez à Barcelone.