L'UE et les agrocarburants, ça se complique. L'UE pourrait limiter la part des agrocarburants dans le bouquet énergétique du secteur des transports à 5 % à l'horizon 2020. Un moindre mal... La multiplication d’expertises à charge a semble-t-il fini par interpeller l’Union Européenne (UE), qui pourrait réviser ses objectifs initiaux. Qu’il semble loin, le temps où les agrocarburants étaient le must de l’avis des spécialistes et des associations de protection de l’environnement. ZE alternative pour émettre vraiment moins de gaz à effet de serre au volant, rouler « propre » sans pour autant investir dans une voiture électrique ou hybride. Et puis un nombre croissant d’études a montré que leur empreinte carbone était au bout du compte très supérieure à celle des combustibles traditionnels. En fait de panacée, les biocarburants de première génération, dont la responsabilité dans la crise alimentaire mondiale de 2007-2008 est établie, sont une catastrophe.
L’énergie durable, la vraie… On aimerait qu’il soit entendu. Economies de carburant : la technologie F1 pour les bus londoniens. Le verdissement des transports en commun londoniens se poursuit. Pas de panique : les célèbres bus à impériale ne vont pas soudainement rugir et battre tous les records de vitesse. Il est ici question, à terme, d’une économie de carburant de l’ordre de 30 % grâce à des roues qui stockent l’énergie cinétique. Conçus par Williams Hybrid Power, une filiale de la célèbre écurie de Formule 1 Williams, ces pneumatiques fabriqués en carbone seront montés sur six prototypes de bus parcourant les artères de la capitale britannique. Celle-ci met décidément les bouchées quadruples en matière de verdissement des transports, entre l’apparition prochaine de taxis à hydrogène – les premiers modèles devraient être mis en circulation à l’occasion des Jeux Olympiques d’été, qui débuteront dans un peu plus de trois mois -, celle l’an passé de bus à hydrogène et l’inauguration fin juillet 2010 du London Cycle Hire, homologue londonien du Vélib’ parisien qui connaît lui aussi un franc succès.
Produire de l’électricité avec de l’urine… c’est possible ! L’idée n’est pas ici de vous indiquer comment bricoler dans votre garage une batterie pour exploiter les deux litres et demi d’urine que tout adulte produit en moyenne chaque jour. Mais de prendre conscience que ce qui est, a priori légitimement, considéré comme un déchet peut être une ressource. Une bonne nouvelle sur le plan des énergies renouvelables et sur le futur du traitement des eaux usées. Si au niveau mondial ce sont chaque année près de six trillions et demi de litres d’urine qui sont produite par les êtres humains, ce sont près de vingt trillions de litres qui sont produits par les animaux d’élevage sur la même période. Et ceci n’est pas sans conséquences sur les écosystèmes, comme on peut le constater avec l’épineux problème des algues vertes en Bretagne dont la prolifération est directement liée à l’élevage porcin intensif dans la région. Crédits photos : flickr - Francisco Antunes / macaron*macaron(Est Bleu2007)
La France se dote d’un Observatoire des biocarburants. Officiellement lancé hier, l'Observatoire des biocarburants oeuvrera à la concrétisation de l'objectif fixé par la Commission européenne de 10 % d'énergies renouvelables dans le secteur des transports à l'horizon 2020 Sa création a été officialisée hier par les ministres de l’Écologie et de l’Énergie Nathalie Kosciusko-Morizet et Éric Besson.
Les Français les plébiscitent. Tous ne font cependant pas, loin de là, le distinguo entre les biocarburants de première génération – également appelés « agrocarburants » et dont l’empreinte écologique, dénoncée à maintes reprises dans ces colonnes, est en réalité très supérieure à celle des essences « standards » – et ceux de deuxième et troisième génération. Aussi n’est-il pas inutile de rappeler que ces derniers, à la différence de leurs aînés, présentent l’immense avantage de ne pas impliquer de changements d’affectation des sols dramatiques pour l’environnement et les populations, en plus de ne pas encourager la hausse des prix alimentaires.
Lufthansa et Airbus ont lancé leur première liaison au biocarburant. Un Airbus A321 alimenté en biocarburant relie désormais Hambourg (Allemagne) à Francfort (Allemagne) quotidiennement Dès janvier prochain, sauf coup de théâtre, les compagnies aériennes n’auront plus le choix : elles vont devoir se plier à une nouvelle réglementation européenne qui consiste à acheter des permis de polluer pour pouvoir survoler le Vieux Continent. Histoire d’alléger le plus possible la facture, elles cherchent déjà les meilleures alternatives pour réduire leurs émissions de CO2. On l’a évoqué, Air France – KLM a annoncé il y a quelques semaines que deux cents vols effectuant la liaison entre Paris et Amsterdam (Pays-Bas) verront prochainement leurs réservoirs remplis à 50% par du kérosène et à 50% par de l’huile de friture. L’avionneur européen Airbus et la compagnie allemande Lufthansa, eux, ont lancé les premiers vols passagers quotidiens au monde alimentés en biocarburant.
Mieux vaudrait donc emboîter le pas du duo franco-néerlandais en optant pour l’huile de friture… Des quotas CO2 pour les avions ? La Chine menace Airbus. Air France – KLM : les avions de la ligne Paris-Amsterdam voleront à l’huile de friture. En novembre 2009, KLM expérimentait son premier vol approvisionné en kérosène alternatif. Dès septembre prochain, deux cents vols de la compagnie néerlandaise utiliseront de l’huile de friture comme carburant Dès janvier prochain, les compagnies aériennes devront se plier à une nouvelle règle instaurée par l’Union européenne (UE) : acheter des permis de polluer pour avoir le droit de voler dans l’espace aérien continental. On a vu que l’introduction du principe « pollueur-payeur » dans le secteur aéronautique fait grincer bien des dents mais les instances dirigeantes ne semblent pas disposées à reculer, en dépit de certaines menaces de représailles formulées en Chine et outre-Atlantique.
Les compagnies seront donc bien obligées de trouver de nouvelles alternatives et elles sont de plus en plus nombreuses à miser sur les biocarburants. Crédits photos : Wikimedia commons – Arpingstone / Joe Mabel. Bientôt des avions volant à l’eucalyptus ? La compagnie Virgin Australia a jeté son dévolu sur un kérosène élaboré à partir d'eucalyptus qui devrait faire son apparition dans les réservoirs à l'horizon 2014 On connaissait déjà les kérosènes alternatifs conçus à partir d’huile de friture, qui rempliront à partir de la rentrée prochaine les réservoirs d’avions KLM reliant Paris à Amsterdam (Pays-Bas), les essences mélangées à un « jus » de déchets organiques et les biocarburants à base de jatropha, plante très appréciée entre autres de la Lufthansa mais dont l’exploitation serait selon certaines associations de protection de la nature un vecteur majeur de déforestation.
Il faudra prochainement compter avec l’eucalyptus, essentiellement utilisé jusqu’ici en pharmacie, en phytothérapie et en confiserie, pour venir à son tour alimenter les gros-porteurs. Une usine de démonstration située à l’ouest de l’Australie devrait être inaugurée dès l’an prochain pour une production effective à l’horizon 2014. Les biocarburants sont ils LA solution pour l’Afrique? Aeromexico opère le premier vol transatlantique commercial alimenté en biocarburant. Pour la première fois un avion de la compagnie mexicaine Aeromexico a traversé l’Atlantique en ayant recours à un biocarburant Décidément du côté des compagnies aériennes, le recours aux biocarburants semble être devenu tendance.
Outre l’aspect « respect de l’environnement », elles espèrent surtout alléger le plus possible leurs charges. En effet, elles vont devoir se plier à de nouvelles règles afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) : dès janvier prochain, pour survoler le Vieux Continent elles devront acheter des permis de polluer et en Australie, une taxe carbone devrait bientôt être imposées aux gros pollueurs. Chacune y va donc de sa propre expérimentation, et étant déjà par exemple sur le coup. Mais pour l’heure, le recours au biokérosène est encore loin d’être rentable.
Crédits photos : flickr – Briyyz / Lawren 48.