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Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, les vrais centres de décision de l’Union européenne ne se limitent pas aux sièges de la Commission, du Conseil, du Parlement et de la Cour de justice. Il faut y ajouter trois villes allemandes : Francfort, où est installée la Banque centrale européenne (BCE) ; Berlin, d’où s’exprime la chancelière allemande, Mme Angela Merkel ; et Karlsruhe (Land de Bade-Wurtenberg), qui abrite le Tribunal constitutionnel fédéral. A différentes reprises, et quitte à désespérer Bruxelles, la cour de Karlsruhe a mis des grains de sable dans l’application de traités européens. Ainsi, il a fallu attendre novembre 1993 pour que le traité de Maastricht entre en vigueur : alors qu’il avait été ratifié au cours de l’année 1992 partout sauf en Allemagne, il a fait l’objet d’un recours suspensif devant le Tribunal, qui ne fut pas levé avant le 12 octobre 1993.
« L’argent n’a pas d’odeur », pas plus qu’il ne laisse de trace. C’est en somme ce que répond Christian Noyer lorsque le gouverneur de la Banque de France est interrogé sur l’utilisation que les banques font des sommes déposées sur leur livret A et Livret de développement durable (LDD). Depuis 2008, en même temps qu’elles obtiennent la banalisation de la distribution du Livret A, jusque là réservée à la Poste, à l’Ecureuil et au Crédit Mutuel, elles peuvent au surplus conserver une partie des milliards que les Français placent sur leur produit d’épargne préféré. Légalement, elles peuvent donc conserver jusqu’à 35% de ce pactole qui atteint fin 2008, 264 milliards d’euros : une aubaine en ces temps de disettes de cash. Mais il existe une contrepartie.
Selon les informations du député européen Europe écologie - Les Verts Pascal Canfin, le gouvernement français veut éviter de contraindre les rémunérations des dirigeants des banques françaises. En contradiction avec les demandes du G20 et de la loi européenne qui réclament que les parts fixes et variables des rémunérations soient « équilibrées », il a laissé la porte ouverte à une distribution sans limite de la part variable. Une mesure aux conséquences doublement dommageables. Oui, je la maintiens. La transposition et l'application de la directive par la France sont clairement en contradiction avec l'esprit et la lettre de la directive. D'ailleurs, le cabinet de Christine Lagarde s'est gardé de faire une réponse précise sur le fond.