Idées reçues. Une certaine presse, sous une plume que j'aime lire chaque semaine, oppose à propos d'école, dans un discours trop banal pour tant de talent , "bienveillance" et "rigueur", "écoute" et "exigence", … associe "accueil" et "compromission", "évaluation positive" et "laxisme"… Et d'entendre des arguments éculés , mille fois entendus quand on cherche à s'opposer à tout changement, dans un désir névrotique de retour aux "supposées" bonnes valeurs du passé, dans l'espoir inconscient de s'épargner des efforts qu'une politique volontariste impose.
"Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on soigne la maladie ! " Et d'attendre le retour d'une école fantasmée qui n'a jamais existé, d'exiger un retour improbable des moutons égarés vers les valeurs de l'école qui sont sensées être universellement partagées. Une école immuable, immobile… dans une société en profonde mutation ! Une école se centrant sur la seule transmission des savoirs, renvoyant à la famille l'éducation de ses enfants ! Ou. Mobile Is Eating the World. Comment bâtir une école de la confiance dans une société de la défiance? Les historiens de l'éducation aiment le rappeler: certaines des évolutions les plus importantes du système éducatif doivent plus à la capacité du politique à amplifier un mouvement existant qu'à imposer sa volonté réformatrice.
Ainsi de l'obligation scolaire, qui était en bonne voie au moment des lois Ferry, ou de l'adoption du stylo bille, qui détrôna la plume par usage et non par circulaire. A contrario, certaines lois structurelles n'ont affecté les mentalités qu'à la marge. La création d'un baccalauréat professionnel n'a pas permis de hisser cette voie à égale dignité scolaire que les voies générales et technologiques ; de même l'obligation de produire des "projets d'établissements" est encore vécue, dans de nombreux cas, comme un impératif administratif de plus dans un univers qui n'en manque pas. Que penser, dans ce contexte, des chances de la volonté d'instiller plus de bienveillance à l'école, au collège et au lycée ? Le pédagogique rencontre le politique. Si l’école « n’enseigne plus », alors pourquoi la conserver ?
Metropolis, Fritz Lang Dans un billet récent et à fort impact puisqu'il lançait le sujet des journées de retrait de l'école motivés par la contestation de la soi-disant « théorie du genre », j'ai employé les termes de pédagogues, de « pédagogisme » et d'« antipédagogisme ».
J'ai même parlé d'un « catéchisme antipédago ». De quoi énerver beaucoup de monde. Mais qu'y puis-je si des groupes obscurantistes s'emparent, sur l'école, d'un discours rudimentaire qui certes préexistait à leur action mais où ils voient chaussure à leur pied ? C'est un constat. Le « pédagogisme », terme péjoratif, est un néologisme inventé par ceux qui voulaient disposer d'une étiquette dévalorisante à l'encontre de leurs adversaires pédagogues dans le débat sur l'éducation.
Un coup fumant. La révolution de l’enseignement.
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