Principe de précaution contre responsabilité individuelle. Il est trop tôt pour se prononcer sur le bilan de la commission Attali, mais parmi ses premières propositions figure, ô excellente surprise, l'abandon du principe de précaution. La commission affirme, à juste titre, que ce principe est un frein à la croissance. Il est bien plus que cela: un nouvel élément de déliquescence des dernières bases libérales de notre droit. Pendant des siècles, le principe juridique de la responsabilité personnelle a été l'instrument central de la prévention des risques collectifs : toute personne qui a mal évalué les risques de ses actions doit compenser les dommages que celle-ci aura pu causer.
Par cette procédure de bon sens, le principe de responsabilité place par définition la prévention du risque entre les mains d'individus qui doivent assumer les conséquences de leurs actes. "l'Etat, en charge d'appliquer le droit, est le premier à vouloir s'exonérer de ses fautes" Note initialement écrite pour l'institut Turgot en juillet 2006. L'homme précautionneux. Le principe de précaution : gangrène de la création architecturale, par Odile Decq. Ces rêves concouraient à l’idée, alors répandue, que nous irions, tous, toujours plus loin, plus vite, que l’évolution du monde nous permettrait d’inventer et de nous affranchir des contraintes les plus dures de la vie.
Ce qui est arrivé. Plus tard, j’ai vu poindre le nez du TGV avec lequel j’ai fini le chantier de la Banque Populaire de l’Ouest. La mobilité et les développements techniques allaient de pair avec l’accroissement des libertés individuelles et collectives afin que chacun puisse décider de son propre destin. Devenue architecte, j’ai appliqué la réglementation en vigueur en ayant la possibilité d’en parler avec les gardiens de son application, bureaux de contrôle, services de prévention incendie, services d’urbanisme des villes, etc. Je ne parle pas d’un monde imaginaire, idéalisé, mais après d’âpres, voire difficiles négociations, nous pouvions aboutir. Les hasards de la commande et de la vie m’ont éloignée, un temps, de la France, sans en être vraiment partie.
Odile Decq. Le principe de pr?caution dans le monde. Ulrich Beck. Les métamorphoses du principe de précaution. Né avec la société du risque, le principe de précaution est d'abord un concept philosophique lié à la question de la responsabilité. Médiatique plus que juridique, il est souvent invoqué, mais reste rarement appliqué. Le rôle des institutions et des responsables politiques n'est-il pas d'anticiper l'évolution de phénomènes potentiellement catastrophiques en essayant d'en éradiquer les causes ou, tout au moins, d'en réduire les effets néfastes ? Ce comportement politique serait l'application active du « principe de précaution » introduit dans le droit international depuis le Sommet de la Terre de Rio (1992) : lorsqu'apparaissent un ou des phénomènes aux effets potentiellement graves ou irréversibles et dans un contexte d'incertitude scientifique sur ces phénomènes, il faut agir pour réduire les risques sans attendre d'avoir levé cette incertitude.
Mais différentes conceptions de la portée normative de ce principe peuvent être défendues. ''Démocratie terrifiante''