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Mediator: les dessous d'un scandale sanitaire. Des morts par milliers.

Mediator: les dessous d'un scandale sanitaire

Un médicament peu efficace, prescrit par des médecins imprudents, voire incompétents. Des ministres amnésiques, une administration laxiste, des experts aux abonnés absents. Ce serait donc cela, le "meilleur système de santé au monde", comme le répètent à l'envi depuis des années nos responsables politiques? Un système qui laisse, pendant près de trente ans, des malades avaler un médicament que le reste du monde savait dangereux... Sans tomber dans le fantasme de la conspiration généralisée, le scandale du Mediator soulève tant de questions qu'on ne sait plus aujourd'hui quels mots employer: légèreté ou négligence, incompétence ou cynisme, erreurs involontaires ou mensonges délibérés?

Quelle est la responsabilité des médecins? Il serait, toutefois, un peu facile de s'en tenir là. Reste une question obsédante: pourquoi personne - ou presque - n'a-t-il rien vu? Que dire, enfin, des conflits de loyauté potentiels chez certains responsables en poste aujourd'hui? Servier, "client historique" de Nicolas Sarkozy. Le fondateur du plus grand laboratoire pharmaceutique français Jacques Servier est une bonne connaissance de Nicolas Sarkozy.

Servier, "client historique" de Nicolas Sarkozy

Très bonne, même. Dans l'enquête que Libération consacre ce jeudi au laboratoire ayant créé le Mediator, un proche de l'Etat va même jusqu'à reconnaître que Servier était un "client historique" du chef de l'Etat lorsque ce dernier était avocat d'affaires. Dès sa prestation de serment en 1981, il entre comme stagiaire et devient collaborateur de l'avocat Guy Danet. "Très vite, il travaille pour le compte de Servier, à l'époque un tout petit labo français", dévoile le quotidien. Nicolas Sarkozy gardera ce client privilégié tout au long de sa carrière d'avocat. En 1987, il créé son cabinet en s'associant avec deux autres avocats Arnaud Claude et Michel Leibovici. Fin 1990, le laboratoire fait appel à l'avocat d'affaires Nicolas Sarkozy au sujet de "son projet de créer une fondation". "La Nation vous est reconnaissante de ce que vous faites"

Médicament mediator: les mystères du Dr Servier. Comme chaque jour, depuis cinquante-six ans, à 8h précises, Jacques Servier arrive à son bureau, au siège du laboratoire qui porte son nom.

Médicament mediator: les mystères du Dr Servier

Pas de logo sur la façade impersonnelle de ce bâtiment sans âme, 22, rue Garnier, à Neuilly-sur-Seine. Aucun signe extérieur de richesse dans ces locaux modestes et datés. Mediator: "Plus grave que le sang contaminé" Ni "chevalier blanc" du monde de la santé ni pourfendeur de l'industrie pharmaceutique, Gérard Bapt est le premier homme politique à avoir réagi dans l'affaire du Mediator.

Mediator: "Plus grave que le sang contaminé"

Cardiologue, ce député PS est aussi membre de la commission des finances et président du groupe d'études sur la santé environnementale. A tous ces titres, il se trouve en première ligne: interpellation des pouvoirs publics, envois multiples de courriers à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), demande de création d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale, Gérard Bapt veut faire la lumière sur cette affaire. Pensez-vous que ce scandale soit comparable à celui du sang contaminé ou à celui de l'hormone de croissance?

Sur le plan sanitaire, il est beaucoup plus grave! Sous-entendez-vous par là que Servier aurait profité d'une complaisance particulière? Et du côté des partis politiques? Il sera capital pour comprendre ce qui n'a pas fonctionné dans les rouages administratifs. Qui est le député qui a lancé le scandale du Mediator? Il a la voix douce, le sourire timide et le profil d'un aigle - le goût du sang en moins: Gérard Bapt, député PS depuis 1997 à l'Assemblée Nationale, est l'homme politique qui, le premier, s'est publiquement inquiété du scandale du Mediator.

Qui est le député qui a lancé le scandale du Mediator?

Aujourd'hui, il semble à la fois étonné et ravi de cette nouvelle notoriété. "Quand j'ai lu cet été l'interview du Dr Irène Frachon dans Le Parisien, se souvient-il, j'ai trouvé ça tellement énorme que je l'ai contactée. Depuis, nous sommes restés en contact et je continue de la soutenir dans son combat. " De fait il publie, quelques semaines plus tard, une "Tribune libre" dans Le Monde fort remarquée et, depuis, il interpelle les pouvoirs publics, multiplie les courriers à l'Afssaps, qui est en première ligne dans cete affaire, soulève quelques beaux lièvres comme cet échange de mails membres de cette administration dans lequels ils parlent du Dr Frachon comme d'une femme "narcissique". "Erreur de casting" Il vaut mieux.