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Renault : retour sur une affaire embarrassante. L'informateur anonyme, impliqué dans l'affaire d'espionnage présumé chez le constructeur automobile, aurait touché une somme d'argent importante en échange de ses recherches. Avec cette dernière révélation du Canard enchaîné, l'affaire devient encore plus embarrassante pour Renault. 250 000 euros ! C'est la somme qu'a touché l'informateur de Renault pour transmettre des informations incriminant les trois cadres licenciés, selon le Canard Enchaîné dans son édition du 9 mars.

L'avocat du constructeur automobile français, Me Jean Reinhart a confirmé. L'informateur secret attendrait encore 200 000 euros et en réclamerait même jusqu'à 900 000 euros pour apporter des preuves écrites des accusations. Une information qui pourrait à nouveau déstabiliser la stratégie de Renault. Escroquerie ou Espionnage?

Acte I - Certitudes et accusation Scène 1 - L’affaire s’ébruite Tout commence le mercredi 5 janvier, date où le licenciement des trois cadres (3 janvier) est communiqué à l’AFP. Acte III. Six chantiers pour relancer Renault. ENQUÊTE Le choc provoqué par la fausse affaire d'espionnage donne au constructeur une occasion de rebattre les cartes. Pour retrouver sa capacité d'innovation et reprendre une place centrale au sein de l'alliance. Ce sera sans doute une assemblée générale ordinaire assez... extraordinaire. Le 29 avril, quand Carlos Ghosn prendra la parole pour « vendre » ses résultats à l'ensemble des actionnaires de Renault, chacun de ses mots sera analysé à la loupe, décortiqué pour y déceler une inflexion, même imperceptible.

Adulé au Japon, le super-manager sauveur de Nissan est tombé de son piédestal suite à la rocambolesque fausse histoire d'espionnage qui a ébranlé la galaxie Renault. Hypermédiatisée, cette affaire n'est en fait qu'un symptôme d'une crise beaucoup plus profonde. Depuis des années, Renault est mal dans sa peau. Ses troupes, aujourd'hui démotivées, marchent à la paranoïa et à la peur. Face à ce traumatisme, l'affaire pourrait se révéler salutaire.

L'usine de Cléon ? La calandre. Renault revoit sa gouvernance. ANALYSE Conséquence de la fausse affaire d'espionnage qui a touché Renault en ce début d'année 2011, Patrice Pélata n'est plus le numéro 2 du constructeur automobile depuis avril dernier. Son remplacement reste encore à préciser aujourd'hui.

Et l'Etat français, actionnaire à 15%, semble espérer maintenant un changement clair au sein du groupe. "Le ministre (de l'industrie, ndlr) veut voir Renault s'inscrire dans une réelle perspective de croissance, avec une stratégie industrielle qui correspondent aux attentes du gouvernement", indique-t-on dans l'entourage d'Eric Besson, ministre de l'Industrie. Derrière ce message, quelles sont les attentes ? De sources proches du dossier, on estime que Renault avait été un peu mis de côté par rapport à Nissan, au sein de l'alliance ces derniers temps.

Carlos Tavares, directeur de la zone Amériques de Nissan, et qui fait figure de favori pour succéder à Patrick Pélata, a bien été reçu par Eric Besson. La sécurité de Renault renouvelée. Suite à la fausse affaire d'espionnage qui a secoué Renault en début d'année, une nouvelle organisation a été dévoilée vendredi. Deux nouveaux managers arrivent dans le groupe Renault pour redorer l'image de son service de sécurité interne. Eric Le Grand dirige à présent le service, avec le titre de directeur de la prévention et de la protection. Il était depuis 2004 directeur de la sécurité et de la sûreté à La Poste et avait travaillé auparavant chez PPR.

Un inspecteur général a également été nommé, pour contrôler le travail du service. Il s'agit de Jean-Marc Berlioz, ancien conseiller au ministère de l'Intérieur. Il sera rattaché directement au PDG du groupe, Carlos Ghosn. Renault compte également mettre en place une direction de l'éthique, mais les personnes qui la gèreront ne sont pas encore choisies. L'ancien responsable de la sécurité, Dominique Gevrey, a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

Renault devient plus international que PSA. ANALYSE Il y a encore huit mois, tous les analystes pariaient sur PSA plutôt que Renault pour l’année 2011, alors affecté par une affaire d’espionnage présumé. Mais la marque au losange performe sur l’ensemble de ses segments et affiche une croissance importante par rapport à son concurrent.

A l’occasion de la présentation de ses résultats le 27 octobre, Renault affiche une progression de son chiffre d’affaires de 11,9% au troisième trimestre, à 9,74 milliards d’euros, dont 9,3 milliards pour sa seule branche automobile (+12%). Une performance due en partie à un nouveau record de ventes dans le monde, avec 632 500 unités écoulées. Les ventes progressent donc de 6,7% sur un marché mondial en hausse de 3,7%. Par comparaison, son homologue PSA Peugeot Citroën annonce des ventes mondiales en retrait de 4,5% (hors éléments détachés), à 787 917 unités. Axé sur le Brésil et la Russie Difference de mix produit Un positionnement que son concurrent français n’a pas choisi.

Aucun pronostic pour 201. Renault en moins bonne situation que PSA sur l'année. [ACTUALISE] - D’après les chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) le 1er décembre, ce sont avant tout les immatriculations de voitures de marques françaises qui marquent le pas. Dans un marché en recul de 7,6% par rapport au mois de novembre 2010, les groupes PSA Peugeot Citroën et Renault voient leurs ventes fondre de 11,5% au total, à 100 825 unités. Dans le détail, le groupe PSA enregistre une chute plus importante, à -15,4%, à 53 280 immatriculations. C’est notamment la marque Peugeot qui voit ses ventes reculer le plus fortement, à -23,4% soit 27 378.

Le groupe PSA Peugeot Citroën a récemment annoncé un plan d’économies de 800 millions d’euros, entraînant de fortes restructurations dans les effectifs français et européen pour 2012. Le patron du groupe, Philippe Varin, annonce suite à la publication de ces données que le groupe s'attend en effet à une année 2012 en quasi stagnation dans l'automobile dans les pays européens. " Renault : Carlos Tavares prévoit "une tempête" pour 2012. Le directeur général du constructeur anticipe un contexte tendu, avec un marché automobile en contraction.

Dans un entretien au Parisien publié mercredi, il prévient que des mesures d'économies sont possibles. "Nous allons affronter une tempête. Les marchés européens et français vont être orientés à la baisse", annonce Carlos Tavares, n°2 de Renault. "Selon l'ampleur de la crise, nous pourrions être amenés à rééchelonner certains investissements. Mais pour le moment ce n'est pas le cas" précise-t-il.

Un élément important : Carlos Tavares estime que Renault est actuellement "mieux armé qu'en 2008". "L'entreprise s'est désendettée, nos liquidités sont plus fortes que dans le passé et notre niveau de stock est relativement bas. " Le groupe Renault ne rencontre pas encore de difficultés d'accès au crédit. Les premières mesures d'économies ont déjà été mises en place.