background preloader

BTS-Travail et bien être

Facebook Twitter

Faut-il travailler pour être heureux ?

Les sociologues Christian Baudelot et Michel Gollac ont analysé les résultats d'une enquête réalisée par l'Insee. Quel bilan peut-on dresser des 35 heures?

Les entreprises, les salariés et l'État ont-ils su tirer profit des lois Aubry votées en 1998 et 2000 ? « La direction a annoncé l'accord qu'elle va signer avec la Cfdt et FO sur les 35 heures. Alors déjà, ils (les travailleurs) ont appris qu'ils étaient en fait à 36h30, vu qu'il y a une demi-heure de temps de pause par jour. Tu ne comprends pas ? 5 fois 30 minutes, ça fait 2h30. 39 heures moins 2h30 égale 36h30. Selon le sociologue François Dubet, l’école française s’intéresse au bonheur.

Non parce que c’est un bien en soi, mais parce qu’un élève heureux est censé apprendre mieux. Autrefois, le bonheur scolaire n’était pas au centre d’un projet éducatif basé sur la rigueur de la discipline et des apprentissages. L’école devait socialiser, éduquer, elle devait aussi « dresser » les récalcitrants. Toute la rhétorique conservatrice reste profondément attachée à cette représentation quand elle dénonce les pédagogies actives, le « laxisme » et le déclin de l’autorité des savoirs et des maîtres. Ce modèle ascétique et autoritaire ne tient plus aujourd’hui, et la question du bonheur scolaire a changé de nature. Le poids du « malheur » Nous avons un autre rapport à l’idée de bonheur conçu comme un droit à l’épanouissement de chacun ici et maintenant, dans la famille, au travail et à l’école.

Le bonheur fut longtemps la propriété intellectuelle des philosophes.

Depuis peu, les sciences humaines et les sciences naturelles se sont emparées du sujet et tentent de déterminer ce qui favorise objectivement le bien-être. • Santé « Quand la santé va… » Cette vérité est si banale que l’on ose à peine l’énoncer. Elle n’est pas digne d’être prise en compte par la philosophie. Nous vivons dans une société qui cherche à bannir la douleur physique de son horizon. . • Rick Harrigton, Stress, Health and Well-Being, Wadsworth Cengage Learning, 2012. • Relations sociales [ lire la suite... ] Bonheur/malheur, jouissance/souffrance, émancipation/aliénation… Pourquoi les ambivalences dont le travail est porteur prennent-elles aujourd’hui un tel relief ?

Il semble que les nouvelles formes de management aient dans ce phénomène une large part de responsabilité. « L’homme occupé est un homme heureux », affirmait Claude Helvétius à la fin du XVIIIe siècle, fustigeant ainsi les riches oisifs dévorés par l’ennui. C’est en effet l’une des innovations des Lumières que d’avoir associé le bonheur au travail. L’étymologie du terme pourtant – tripalium : instrument de torture – n’augurait pas un tel devenir quant à la qualification de l’activité laborieuse des êtres humains !

C’est d’ailleurs ce qui ressort des enquêtes européennes auprès de travailleurs [ lire la suite... ] Certains métiers, bien que peu considérés socialement, suscitent beaucoup de passion : réparer des motos ou s’occuper de pylônes électriques.

Rencontre avec ces professionnels qui aiment leur travail. Len Greenham est un vieux maroquinier qui vit dans le Nord de l’Angleterre. Jeune homme, il a appris à préparer les peaux de chèvres pour que le cuir puisse être utilisé en reliure et dans la fabrication de sacs à main ; un ensemble d’opérations délicates et difficiles auxquelles il a, comme son père et son grand-père avant lui, donné toute sa vie. Cette vie, il ne la regrette pas, mais il sait que la reliure est une activité trop coûteuse pour que sa société puisse poursuivre ses activités en Grande-Bretagne. Dans les entreprises ou les administrations, il existe une violence banale, quasiment invisible et quotidienne : brimades, petites humiliations, conflits larvés enveniment les relations.

Si le bonheur au travail peut se rencontrer (en cherchant bien, on peut le croiser, déposé ici ou là, dans l’amour du métier, quelques relations de qualité, la symbolique que charrie l’activité…), c’est d’abord la violence ordinaire perpétrée par les uns et les autres, sur les uns et les autres que je croise le plus souvent lors de mes interventions dans les organisations. On travaille pour trois raisons fondamentales : gagner sa vie, exister socialement et faire des choses qui nous intéressent.

Mais chacune de ces motivations a ses revers, poussant chacun tantôt à s’engager tantôt à fuir. Le lundi matin, pourquoi se lève-t-on pour aller au travail plutôt que de rester au lit ? La réponse tient en quelques mots. Le travail a fait l'objet au cours de ces dernières années de nombreux débats, notamment sur la question de savoir s'il demeure une valeur centrale dans la société contemporaine.

Cet ouvrage apporte une pierre dans le jardin de ces discussions. Fondé sur une enquête extensive et agrémenté de multiples témoignages, il explore par le menu les facettes multiples et contradictoires du travail tel qu'il est vécu par les acteurs. Lorsqu'on lui demande ce qui lui importe le plus pour être heureux, un Français sur quatre évoque le travail de façon directe ou indirecte. Les auteurs montrent cependant que d'un groupe social à l'autre, les rapports au travail sont fort différents.