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Mahomet, une image très sensible

Mahomet, une image très sensible
Liberté d’expression contre respect des croyances religieuses ? Depuis une trentaine d’années, le débat fait rage entre l’Occident et l’Orient musulman. Pourquoi la figure de Mahomet provoque-t-elle de si fortes polémiques ? «C’est une des figures sacrées de l’islam, presque l’équivalent du Christ, pointe le chercheur et psychanalyste Fethi Benslama. L’islam interdit-il de représenter Mahomet ? «Il n’y a que la représentation de Dieu qui est interdite», répond Tareq Oubrou, le grand imam de Bordeaux. Comment les polémiques ont-elles commencé ? Tout au long des siècles, elles ont émaillé les relations entre l’Occident chrétien et l’islam. L’islam est-il la seule religion concernée par les polémiques sur la critique des religions ? Sûrement pas ! La liberté de critiquer les religions régresse-t-elle dans le monde ? Related:  L'image, une expression controverséeTravailLe terrorisme, l'intégrisme, la laïcité

Cette liberté de caricaturer qu'exècre l'islam radical Si l'islam s'est progressivement affranchi de l'interdit de représentation, la liberté de dérision reste une barrière inexpugnable entre Occident et islam radical. La caricature, le dessin, l’humour, la dérision sont tout ce qu’exècre le militant radical islamiste. Pour lui, les coups de crayon de Charlie Hebdo sont devenus le symbole même de l’attentat contre la religion et un insupportable blasphème. En 2006, la publication de caricatures de Mahomet, reproduites à partir d’un journal danois, avait enflammé le monde musulman. Ce rejet de la caricature –devenue dans nos démocraties libérales une forme éminente de la liberté d’expression– s’explique, en partie, par la détestation ancienne, profonde, viscérale de l’islam pour tout phénomène de représentation. «Révolution iconique» Cette circulation d'images pieuses est le début d'une «révolution iconique» qui a survécu jusqu’à aujourd’hui. Acide de la discussion publique Alors, respecter les croyances? Henri Tincq Partagez cet article

Gilles Kepel : "en visant Charlie Hebdo, les assassins savaient que ce serait plus ambigu" chez certains musulmans Pour Gilles Kepel, la mobilisation des musulmans de France aux manifestations de dimanche a été relativement faible. "Daech a visé Charlie Hebdo parce que c’est un enjeu conflictuel" explique le politologue et spécialiste de l'islam. "Pour une partie de nos compatriotes musulmans, Charlie Hebdo est le journal des caricatures de Mahomet et c’est ça qui a suscité un certain nombre de phénomènes de rejet au 'Je suis Charlie'" . L’idée, affirme Gilles Kepel, également professeur à Science Po, "c’est qu’en visant les caricaturistes de Charlie Hebdo les assassins savaient qu’il y aurait une immense émotion du côté français et européen, en revanche il savait aussi que ce serait plus ambigu parmi un certain nombre de personnes musulmanes, qui sont bien sûr opposées à la violence, mais qui ne se solidarisent pas avec les caricatures qu’elles considèrent comme attentatoire avec leur dignité."

La France face au terrorisme - Le Point.fr « On n’a pas le droit de nier un affect qui s’exprime. » Michel Tozzi, chercheur, reposait la question d’un cadre à la réflexion et au débat, dans la classe et au-delà. Daniel Mercier lui répond. L’alternative dont parle Michel Tozzi est celle entre : la morale déontologique, régie par la logique de principes absolus non négociables : ici, le principe est que la liberté d’expression n’aurait de limite que l’atteinte à la personne humaine, comme par exemple l’incitation à la haine vis à vis de l’autre, le racisme, l’antisémitisme... Les morales déontologiques elles-mêmes savent désormais qu’elles sont impraticables dans l’absolu et admettent de très nombreuses dérogations à la règle. Cependant, sur le plan d’une éthique personnelle et collective (mais n’est-elle pas ultimement personnelle ?) Daniel Mercier, le 22/01/2015 Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques Débattre en classe Revue n°401 - fevrier 2002 Pourquoi débattre en classe ? Esprit critique, es-tu là ?

Actualités - Liberté de conscience, liberté d'expression : outils pédagogiques pour réfléchir avec les élèves Comment parler d'un drame de l'actualité aux élèves ? Quelques principes Moduler son attitude pédagogique selon l'âge des élèves : à l'école maternelle, du début à la fin de l'école élémentaire, au collège...Accueillir l'expression de l'émotion des élèves, sans sous-estimer, y compris chez les très jeunes enfants, leur capacité à saisir la gravité des situations ;Rassurer les élèves : l'école est un espace protégé ; l'évènement s'est déroulé dans un lieu et un temps circonscrit, même si les média en parlent et diffusent plusieurs fois les images ;Etre attentif au « niveau de connaissance » que les élèves ont de l'évènement : certains élèves peuvent n'en avoir aucune connaissance ; d'autres ne disposer que d'éléments partiels, voire erronés, provenant de sources variées. Pour aller plus loin : Aborder un événement collectif violent Quelques repères pour agir à l'école primaire Aujourd'hui, le périmètre touché est beaucoup plus important. Distinguer les situations S'appuyer sur le collectif

Vidéos djihadistes : YouTube et Dailymotion dans le collimateur Alors que la France sort tout juste d'une terrible semaine et d'un mouvement historique autour de Charlie Hebdo, de nombreuses questions émergent. Les sites comme YouTube ou Dailymotion sont de plus en plus pointés du doigt, car ils hébergent régulièrement des vidéos djihadistes, qui restent en ligne quelques heures ou quelques jours, le temps qu'elles soient supprimées. Certains réclament que ces sites internet soient obligés de contrôler (et donc de censurer) leurs contenus a priori, et non a posteriori comme c'est le cas actuellement. S'il n'est pas certain que le gouvernement s'aventure sur ce terrain, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve réfléchiraient à renforcer la responsabilité des intermédiaires, c'est-à-dire des plateformes comme Twitter, Facebook, YouTube ou Dailymotion, sur lesquelles ces contenus sont mis en ligne. Mais ce n'est pas simple : sur YouTube, 300 heures de vidéo sont mises en ligne chaque minute, ce qui interdit toute vérification humaine systématique.

La liberté d’expression oui ! Mais jusqu’où La question de la liberté d’expression agite la société. Les « jusqu’où ? » ont même parfois conduit dans les classes à des « oui mais... » qui ont ébranlé les enseignants. Michel Tozzi, chercheur, repose un cadre à la réflexion et au débat, dans la classe et au-delà. la réponse de Daniel Mercier Dans tous les débats que j’ai animés avec des adultes et des adolescents dans la période, il revient systématiquement la question de la liberté d’expression et de ses limites… La liberté d’expression est la possibilité effective de dire, d’écrire ce que l’on pense, de créer (dessin, film etc.) ce que l’on veut, sans la censure d’un pouvoir (politique, religieux…). La loi actuelle est-elle satisfaisante ? NB : Ne pas réduire, à cause des événements, la question de la liberté d’expression à la question religieuse. La méthode Tozzi pour la discussion à visée philosophique : La réponse de Daniel Mercier Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques Éduquer à la citoyenneté.

De « Charlie » à Dieudonné, jusqu'où va la liberté d'expression ? « Pourquoi Dieudonné est-il attaqué alors que “Charlie Hebdo” peut faire des “unes” sur la religion ? » La question revient souvent. « Pourquoi Dieudonné est-il attaqué alors que Charlie Hebdo peut faire des “unes” sur la religion » ? La question est revenue, lancinante, durant les dernières heures de notre suivi en direct de la tuerie à Charlie Hebdo et de ses conséquences. Elle correspond à une interrogation d'une partie de nos lecteurs : que recouvre la formule « liberté d'expression », et où s'arrête-t-elle ? 1. La liberté d'expression est un principe absolu en France et en Europe, consacré par plusieurs textes fondamentaux. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi », énonce l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789. « Toute personne a droit à la liberté d'expression. 2.

Terroristes islamistes : "C'est la même mécanique que pour les nazis" De passage à Bordeaux vendredi pour la parution de son dernier livre "Les âmes blessées" (Odile Jacob) et la commémoration de la rafle des juifs, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a participé à l’émission "Point de vue" sur TV7 Bordeaux (à voir aussi sur le site de TV7). Il y a longuement commenté l’actualité, le dramatique attentat de Charlie Hebdo et la prise d’otages de Vincennes. En voici les principaux extraits. Comment expliquez-vous une telle violence au nom d’une religion ? Cela s’est déjà vu dans le passé. C’est un peu la théorie du complot ? Ce n’est pas une théorie. Que faire aujourd’hui ? On peut faire de cette tragédie une solidarité ou un massacre. Ces terroristes sont donc formatés et ne sont pas fous ? Ce ne sont pas des fous, ni des monstres. En disant cela vous déresponsabilisez aussi ces terroristes ? C’est un risque. Est-ce la même mécanique dans la tête d’un nazi et d’un fondamentaliste islamiste ? Oui, clairement.

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