
Oradour-sur-Glane Profession rescapé Il vit au milieu de ses ruines. Il les arpente, il les connaît. Il les commente, il en transmet le souvenir aux gens qui viennent les voir. Elles l’entourent, elles sont devenues sa raison d’être. Robert Hébras, 86 ans, impeccablement habillé d’un costume et de mocassins noirs, avance doucement dans ce qui reste de son village d’Oradour-sur-Glane, dans la Haute-Vienne. Oradour : plus de 300 000 visiteurs par an. Ses souvenirs pourraient être des cauchemars. Cet après-midi de juin 44, la troisième compagnie du 1er bataillon du régiment Der Fürher de la division blindée SS Das Reich a rassemblé les hommes dans une grange, les femmes et les enfants dans une église. Un récit factuel et sans pathos Oradour, à vingt-cinq kilomètres de Limoges, c’est d’abord une longue rue droite, traversée par des rails - celles du tramway qui menait à Limoges -, et des ruines. Car Robert «fait la visite» mieux que quiconque. Comment survivre à une telle histoire ? Des ruines entretenues Photo Claude Pauquet.
Affiche rouge L’Affiche rouge est le nom donné à une affiche de propagande anticommuniste et antisémite allemande tirée à 15 000 exemplaires à partir de mi-février 1944 et placardée dans des villes et villages de France, lors d'une vaste campagne de propagande baptisée « L'armée du crime », présentant les Juifs comme globalement responsables d'une série d'attentats « terroristes » réalisés par des résistants communistes. Cette campagne de propagande, lancée du 18 au 24 février 1944, sous l'occupation allemande, visait à soutenir la théorie du complot d'un « judéo-bolchévique », en montrant une prétendue responsabilité des Juifs dans la délinquance et le terrorisme, et de supposés liens avec le communisme, afin de valoriser la condamnation à mort le 17 février 1944 de 23 résistants communistes, en majorité juifs, fusillés par les Allemands quatre jours après et appelés Groupe Manouchian-Boczov-Rayman puis dix ans plus tard « Groupe Manouchian », du nom de son commissaire militaire Missak Manouchian.