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Comment la gauche et la contre-culture sont tombées dans le piège de l'utopie numérique

Comment la gauche et la contre-culture sont tombées dans le piège de l'utopie numérique
Pour l'historien Fred Turner, qui retrace la filiation entre les idéaux communautaires des années 60 et la vision d'un Internet comme espace de salut pour l'individu et le collectif, le pouvoir de fascination des réseaux est plus vivant que jamais et nourrit l'idéologie de l'économie numérique autant que les marges d'Internet. Selon lui, tant que la politique sera laissée de côté, aucun ordinateur ne changera le monde. L’historien américain Fred Turner, de passage à Paris pour donner deux conférences, revient sur sa thèse iconoclaste: selon ce chercheur qui enseigne au département des sciences de la communication de l’université de Stanford, tous les éléments de l’utopie numérique, qui voit dans l’avènement de la micro-informatique et des réseaux dématérialisés le moyen pour l’individu de s’émanciper d’une société hiérarchique, bureaucratique et aliénante, remontent à la contre-culture développée par les hippies de la côte Ouest dans les années 60. Fred Turner Jean-Laurent Cassely

http://www.slate.fr/story/95899/fred-turner-technologies

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Nicolas Carr : “Est-ce que Google nous rend idiot ?” En introduction à un dossier à paraître sur le papier contre l’électronique, il nous a semblé important de vous proposer à la lecture Is Google Making Us Stupid ?, l’article de Nicolas Carr, publié en juin 2008 dans la revue The Atlantic, et dont la traduction, réalisée par Penguin, Olivier et Don Rico, a été postée sur le FramaBlog en décembre. Dans cet article, Nicolas Carr (blog), l’auteur de Big Switch et de Does IT matter ?

Y a-t-il une place pour les numéros deux sur Internet? La mise en réseau de tout et de tous va accroître les inégalités pour une raison simple, très étudiée mais dont peu de gens ont conscience: elle favorise les «superstars» de l’économie dans tous les domaines et concentre le pouvoir en quelques «nœuds» du réseau. S’il est bien un mythe de l’Internet qui a la vie dure, c’est celui selon lequel sa forme de réseau décentralisé a aussi permis de décentraliser le pouvoir et de mieux le (re)distribuer. On prend alors l’exemple de l’artiste de l’ère Internet qui, depuis sa petite chambre et avec son petit ordinateur portable, va toucher un immense public en publiant sa musique, ses dessins ou son film sans l’entremise d’intermédiaires comme les éditeurs, et va donc court-circuiter plusieurs échelons de la chaîne de production des industries culturelles.

L'insurrection des citoyens, par Claude Julien (Le Monde diplomatique, septembre 1989) Regardez bien autour de vous. Le premier coup d’oeil vous révélera un peuple heureux. Heureux parce que libre. Comment développer et transmettre une culture numérique Une émission un peu particulière aujourd’hui, sans Thibault Henneton, sans lecture de la semaine, sans son. Mais enregistrée ce matin au Forum de Libération à Nancy avec une question « Comment développer et transmettre une culture numérique ? ». Derrière Internet, l'imaginaire hippie Des multiples biais par lesquels on peut aborder l’histoire d’Internet, celui de la contre-culture californienne des années 1960-70, en particulier celui du mouvement hippie, est le plus fascinant. Comment les ordinateurs conçus dans l’après-guerre, de mastodontes destinés à effectuer des calculs puissants aux fins militaires, ont-ils pu se transformer en outils de communication? Comment ces machines issues du MIT, puis des laboratoires universitaires de la côte Ouest, se sont-elles muées en viatiques de l’individualisme? Comment ces inventions ont-elles propulsé, dans leur sillage, la nouvelle économie capitaliste? Un professeur de Stanford, Fred Turner, remonte le fil dans un livre, Aux sources de l’utopie numérique, de la contre-culture à la cyberculture, et apporte un éclairage sur l’odyssée d’Internet. Steward Brand s’engouffre dans les orientations et les délires de sa génération, et participe aux multiples expériences qui jalonnent l’histoire de l’Internet.

BALLAST L’université populaire doit l’être vraiment Texte inédit pour le site de Ballast Effectuer un détour par l'histoire des universités populaires afin de proposer, pour ici et maintenant, quelques pistes de réflexion et d'action en matière d'éducation et de démocratisation des savoirs : telle est l'ambition du présent texte. Contre un enseignement « ultraspécialisé, inoffensif, hors-sol, excluant tous rapports sociaux et toute visée critique au nom de la sacro-sainte objectivité », il loue une éducation articulée entre l'esprit et le corps et place le débat au centre de ses dispositifs. Au 36 rue Marceau, à Montreuil, une histoire de la dignité humaine et ouvrière est née.

De l’intelligence artificielle aux humanités numériques Milad Doueihi est historien des religions, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques à l’université Laval au Québec. Il a publié Pour un humanisme numérique (Seuil, 2011), La grande conversion numérique (Seuil, 2011), Solitude de l’incomparable, Augustin et Spinoza (Seuil, 2009), Le Paradis terrestre : Mythes et philosophies (Seuil, 2006), Une histoire perverse du cœur humain (Seuil, 1996). Il prépare un nouveau livre sur le concept d’intelligence. Jean-Gabriel Ganascia est informaticien et philosophe, spécialiste d’intelligence artificielle et de sciences cognitives, professeur à l’université Pierre et Marie Curie (UPMC) et chercheur au LIP6.

Stewart Brand : aux sources (troubles) de la (belle) utopie C’est une somme, sur une sommité. Un ex-hippie, devenu cowboy nomade, converti dans les affaires, la politique ; un homme qui, depuis les années 60, a façonné la contre-pensée américaine et un peu notre vie : Stewart Brand. Voici l’interview fleuve d’Hervé Le Crosnier, chercheur, éditeur, pionnier numérique, qui a assuré la supervision éditoriale de l’édition française. Discussion avec Bernard Friot : Loi Travail, infra emploi et salaire à vie Retrouvez la vidéo liée à cet article en cliquant sur le lien suivant : Espaces marx (EM) : Pourquoi es-tu mobilisé contre la loi Travail ? Parce que je suis mobilisé depuis plus de trente ans contre la dérive qu’elle continue. Le numérique est-il le conte de fées du XXIe siècle S’il avait vécu en 2015, le petit chaperon rouge n’aurait jamais mis les pieds, pour de vrai, dans une forêt pour visiter sa grand-mère alitée. Il se serait connecté via Skype ou Viber pour prendre de ses nouvelles. Quant à faire passer la galette et le petit pot de beurre, quelques électrodes dans la bouche de mère-grand auraient suffi, selon le principe de la sucette numérique, les ‘’Digital Lollilop’’ développées par l’université de Singapour. Pour autant, le trajet, fut-il virtuel, aurait-t-il été sans danger ?

Petite histoire illustrée du web design De 1989 à 2014, revivez les grandes étapes du design web, avec ses grandeurs et ses décadences. Une série d’illustrations retrace de manière saisissante les modes adulées puis souvent délaissées par les web designers. La préhistoire – 1989 Le web n’existe pas, les écrans sont noirs avec quelques pixels monochromes. Les tableaux – 1995 Si vous codiez à l’époque des premiers navigateurs (web), vous mettiez des tableaux dans des tableaux, eux-mêmes imbriqués dans d’autres tableaux.

Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre, par Marylène Patou-Mathis (Le Monde diplomatique, juillet 2015) Sur la question de la violence chez les humains, deux conceptions radicalement opposées s’affrontent. Le philosophe anglais du XVIIe siècle Thomas Hobbes pensait que la « guerre de tous contre tous » existait depuis l’aube des temps (Léviathan, 1651). Pour Jean-Jacques Rousseau, l’homme sauvage était sujet à peu de passions et a été entraîné dans « le plus horrible état de guerre » par la « société naissante » (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755).

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