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« Les biens communs nous offrent davantage de liberté et de pouvoir que ne le font l’État et le marché

« Les biens communs nous offrent davantage de liberté et de pouvoir que ne le font l’État et le marché
La notion de « biens communs » attire de plus en plus l’attention et l’intérêt de divers acteurs du changement social. Qu’il s’agisse d’écologie, de défense des services publics, de culture ou de technologie, les biens communs – ou, plus simplement, les « communs » – ont pour principal attrait de dessiner une alternative pratique aux logiques de commerce et de contrôle, mettant l’accent sur la coopération et le partage, et redonnant du pouvoir et de l’autonomie aux simples citoyens. La notion de « biens communs » est invoquée à propos de choses très différentes entre elles, depuis la gestion collective des ressources naturelles jusqu’à Linux et Wikipedia, en passant par la préservation des traditions indigènes, les services et infrastructures publics, les coopératives et l’économie solidaire, les jardins partagés et les AMAP… Difficile parfois de trouver un fil conducteur. Basta ! Pourquoi est-il utile de réfléchir à ce qu’il y a de commun entre les communs ? Photo : CC Bindalfrodo

http://www.bastamag.net/Les-biens-communs-nous-offrent

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La France populaire décroche Les inégalités de revenus augmentent depuis une quinzaine d’années. Alors que les 10 % les plus riches touchaient en moyenne six fois plus que les 10 % les plus pauvres en 1998, ils perçoivent désormais 7.5 fois plus. L’indice de Gini a encore plus de sens que les valeurs extrêmes de la distribution des revenus, car il mesure l’écart entre la distribution des revenus à tous à tous les niveaux et, une situation d’égalité. En clair : il synthétise l’état des revenus à chaque niveau. Plus il est proche de zéro, plus l’égalité est grande. La renaissance des communs 1Nous saluons l’effort d’Hervé Le Crosnier et de Matthieu Calame d’avoir suggéré la production de cet ouvrage et sa traduction en français. C’est qu’en effet, si la question des « communs », ces biens utilisés et partagés par une communauté, est une question économique déjà ancienne puisqu’elle est inhérente au libéralisme, la question de l’accès aux ressources – matérielle et immatérielles - communes prend un nouveau tour avec la crise écologique mondiale. Rappelant l’acharnement avec lequel, depuis la publication de la fameuse « Tragédie des communs », essai de Hardin publié en 1968 et inspiré d’un texte de… 1832, l’économie libérale s’évertue à prouver les vertus d’une privatisation et d’une marchandisation de tout ce qui peut l’être, la nation de commun mérite d’être élargie, par delà la nature, à un ensemble de pratiques sociales qui peuvent être considéré dorénavant comme des ressources pour des sociétés résilientes.

Les très hauts revenus s’envolent En 2011, les 0,01% les plus riches (environ 6 000 personnes) gagnaient – avant impôts et prestations sociales, pour une personne seule – au minimum 243 000 euros de plus qu’en 2004, selon l’Insee. Cette augmentation représente une hausse de 42,8 % et l’équivalent de l’ensemble de ce que touche un salarié au Smic en dix-huit années de travail. Chaque année, ces 6 000 personnes reçoivent au minimum (il s’agit du seuil d’entrée dans la tranche) ce qu’un salarié au Smic peut espérer recevoir en soixante année de travail ! Au cours de la même période, le revenu qui partage la population en deux (revenu médian) a augmenté de 1 400 euros (+ 7,7 %). Le seuil inférieur des 1 % les plus riches a progressé de près de 10 000 euros et celui des 0,1 % de 48 400 euros. Les revenus des plus aisés dépendent pour beaucoup des rendements de capitaux placés sur des marchés financiers, fortement volatils à court terme.

Le jour où l’espace a cessé d’être un bien commun… Plusieurs sites de presse comme Rue89 ou Slate se sont faits aujourd’hui l’écho d’une nouvelle que j’ai trouvée particulièrement glaçante : Barack Obama a promulgué la semaine dernière une loi (HR 2262) qui va autoriser des compagnies privées à s’approprier les ressources naturelles figurant dans l’espace extra-atmosphérique. La portée de ce texte est potentiellement énorme et peut-être que dans un siècle, on citera encore la date de son adoption comme un des événements majeurs de l’histoire de l’Humanité. Car on peut considérer ce 25 novembre 2015 comme le jour où l’espace cessa d’être un bien commun, par l’effet d’une décision unilatérale des Etats-Unis d’Amérique. L’espace comme bien commun

Le capitalisme, voilà la « source du mal », écrit Einstein Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement.

Le “commun” : un principe au cœur des mouvements sociaux Les mouvements sociaux apparus à l’échelle du monde depuis le début des années 2000 ont remis l’idée du “commun” au cœur des luttes politiques alternatives. En partant de ce foisonnement militant, le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval prolongent leur critique du néolibéralisme en définissant une nouvelle pensée du commun. Un exercice d’imagination politique salutaire, invitant au dépassement du capitalisme et à la réappropriation collective des biens et services. Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ? Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ».

Passé et présent des biens communs Ouverture et enclosure Dans son film documentaire, Les Glaneurs et la glaneuse (2000), Agnès Varda revisite la pratique traditionnelle du glanage dans la France d’aujourd’hui. Son voyage à travers le pays à la recherche de déchets et d’objets de rebuts variés commence justement par la terre et par les tonnes de pommes de terre trop peu uniformes pour la vente en supermarché. En fouillant le tas de légumes imparfaits, elle trouve rapidement la première des pommes de terre en forme de cœur qui deviendra le symbole de son film et de sa suite, Les glaneurs et la glaneuse : deux ans après en 2002. Des grappes de raisin à l’art du collage, des pommes aux installations, Varda juxtapose avec fluidité nos usages de ressources tangibles et plus intangibles – ce qui « tombe entre les mots », comme le viticulteur et psychanalyste Jean Laplanche le dit poétiquement de son œuvre. Le film de Varda me servira ici de point de départ pour explorer les deux processus parallèles d’ouverture et d’enclosure.

L'essence du néolibéralisme, par Pierre Bourdieu (Le Monde diplomatique, mars 1998) Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit — plus exceptionnellement — par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main-d’œuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ? Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable.

« Mais en quoi les biens communs concernent-ils les bibliothèques ?   Retours… Mardi 6 octobre 2015, l’Espace multimédia gantner, antenne de la Médiathèque départementale du Territoire de Belfort a accueilli la journée d’étude sur les biens communs. Cette journée s’inscrivait dans la programmation du Festival francophone « Le temps des communs » Une conférence, des témoignages d’expériences en bibliothèques et des ateliers… L’Espace Multimédia gantner propose sur son blog, une interview des intervenants Lionel MAUREL, conservateur à la Bibliothèque d’Histoire internationale Contemporaine (Université Paris X), Thomas FOURMEUX, assistant multimédia à la BM d’Aulnay-sous-Bois et Dorothée NEGRELLO, responsable de la Médiathèque André Besson (Plaine Jurassienne, Chaussin). L’ABF Franche-Comté remercie les intervenants, les animateurs, l’espace multimédia gantner pour leur contribution à la réussite de cette journée. :) Des liens ressources glanés lors de ces échanges :

La «libération fiscale», propagande fantaisiste du libéralisme C’est le marronnier des ultralibéraux. Leur petite fête nationale, qu’ils ont eux-mêmes créée, et dont ils se repaissent jusqu’au ridicule. Comme chaque année en été, un pseudo institut économique, relayé en exclusivité par la presse de droite, célèbre ainsi «le jour de libération fiscale», date censée illustrer de façon symbolique le moment de l’année où le contribuable français cesse de «travailler pour l’Etat». Et où il peut enfin disposer pleinement de ses revenus.

Repenser les biens communs Depuis la Révolution française, la propriété se définit comme un droit fondamental de l’homme et comme le corollaire nécessaire de toute liberté individuelle réelle. Dans Repenser les biens communs, la propriété constitue d’abord, au gré de contributions rassemblant professeurs de droit public, privé et historiens des institutions, l’objet juridique au travers duquel un des plus grands défis que l’humanité aura à affronter dans les années à venir est abordé. Celui de la raréfaction ou de l’altération de ressources, notamment naturelles, alors même que de nouvelles, plus immatérielles, sont apparues, comme Internet, sans avoir été suffisamment pensées. L’absolutisme de la propriété privée, défendu silencieusement par les grands groupes économico-financiers, réduit considérablement les chances de remporter ce défi, et s’oppose à la notion de « biens communs ».

Imposture du capitalisme moral, par Yvon Quiniou (Le Monde diplomatique, juillet 2010) Ne serait-il pas temps de moraliser le capitalisme ? Au plus fort de la crise, l’interrogation a été formulée par nos dirigeants, M. Nicolas Sarkozy en tête, c’est-à-dire par ceux-là mêmes qui se livraient auparavant à une apologie inconsidérée du libéralisme censé représenter la « fin (heureuse) de l’histoire ».

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