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Mondialisation : regards de géographes

Mondialisation : regards de géographes
La mondialisation bouleverse tout : la notion de citoyenneté comme les rôles des États ou les échelles de l’espace… La géographie se doit de repenser ces concepts. Éclairages. Une jeune femme de l’ethnie Tamang, accrochée à une immense balançoire, s’envole vers le ciel himalayen… Cette image semble flotter hors du temps. Elle évoque les jeux traditionnels de l’Asie orientale, et plus largement les sociétés locales au cadre spatial limité à un fragment de la surface de notre planète. Mondialisation : la relecture des géographes Cette mondialisation tamang s’effectue dans le cadre plus large de la mondialisation du Népal. Nous sommes tous des Tamang Cet ouvrage se situe dans la filiation d’un livre publié en 1992, Le Monde : espaces et systèmes, conçu par trois géographes, Marie-Françoise Durand, J. L’invention du MondeUne géographie de la mondialisation

Les espaces de la mondialisation, héritages et dynamiques Les espaces de la mondialisation, héritages et dynamiques L'existence d'un niveau géographie mondial, d'éléments de société à l'échelle du Monde, est un fait aujourd'hui omniprésent. On nomme ""mondialisation"" sa construction. La mondialisation avant la mondialisation La mondialisation a commencé bien avant la Révolution industrielle et la colonisation, avec les flux commerciaux, les migrations religieuses et les échanges matrimoniaux transfrontaliers… Mais comment est-on passé de cette mondialisation archaïque à la globalisation moderne ? La mondialisation n’est pas une idée neuve. Nous pouvons repérer une continuité des formes de mondialisation et des principes qui la sous-tendent depuis l’Antiquité classique jusqu’au début de la période moderne. D’importants changements politiques et économiques se sont produits durant cet intervalle, mais les plus importants bouleversements ont pris place à partir du xviie siècle.C’est en effet à ce moment que, grâce aux nouveaux réseaux culturels et économiques des systèmes esclavagistes et à l’argent du Nouveau Monde, une partie du monde atlantique entrait dans le début de la mondialisation capitaliste.

Qu'est-ce que le capitalisme ? Alors que le capitalisme semble régner sans partage sur tous les recoins de la planète, les historiens débattent comme rarement sur sa genèse. Depuis que des chercheurs ont entrepris de réviser de fond en comble l’histoire économique des contrées non européennes, c’est une nouvelle histoire du capitalisme qui se profile. Les travaux d’histoire globale ont remis sur le tapis la question des origines du capitalisme en montrant que nombre de ses ingrédients constitutifs peuvent être repérés bien avant le XVIe siècle, tant en Europe qu’en Asie, qu’il s’agisse de l’existence de marchés développés, du système de crédit, de contrats salariaux, de l’impérialisme (1)… Ce courant de recherche prolonge en ce sens la vision de Fernand Braudel, pour lequel le capitalisme se définit comme un ensemble de pratiques présentes dans de multiples sociétés, à de multiples époques (2). La quête rationnelle du profit Raison de plus pour rappeler en quoi consiste la spécificité du capitalisme. (1) Voir P.

Les racines chinoises de la mondialisation Cet encadré est issu de l'article « Nous n'avons plus d'antipodes » Depuis le néolithique, la population humaine n’a cessé d’augmenter et de se diffuser, dynamique qui ne pouvait, sauf catastrophe, que déboucher sur l’émergence d’un niveau mondial. La mise en relation des différentes sociétés préexistantes nécessitait de grands voyages maritimes. Jusqu’au xve siècle, c’est l’inverse qui s’est produit : la plus grande partie de l’humanité est interconnectée par des voies terrestres (routes de la Soie et leurs prolongements) et de cabotage (Méditerranée, routes des Épices du golfe d’Aden aux mers de Chine). Les Européens étaient-ils les mieux situés pour devenir les initiateurs de ces « découvertes » ? En 1433, un coup d’arrêt brutal est donné à cet effort, coûteux même pour l’empire du Milieu. On peut difficilement ne pas s’interroger sur ce qu’aurait été le monde s’il avait résulté de découvertes orientales et non occidentales.

Le débat sur les origines du capitalisme Pendant l’essentiel du 20e siècle, la question des origines du capitalisme a opposé schématiquement une école marxiste et une école d’inspiration weberienne. Pour la première, ancrée dans l’analyse des luttes sociales, les contradictions propres au mode de production féodal furent déterminantes d’une évolution originale, connue de la seule Europe occidentale, à l’exception peut-être du Japon [Dobb et Sweezy, 1977 ; Brenner, 1976 ; Meiksins-Wood, 2002 ; Bihr, 2006]. Cette opposition traditionnelle a été largement bousculée par l’apparition de l’histoire globale en tant que discipline à la fin du siècle dernier. Celle-ci a fondamentalement introduit l’idée d’une genèse largement exogène du capitalisme européen. Cette « détermination externe » a pris trois visages au sein de l’histoire globale. L’histoire globale n’a pas pour autant discrédité les théories d’une genèse interne du capitalisme européen. BAECHLER J. [1971], Les Origines du capitalisme, Paris, Gallimard. FRANK A.

Une grande divergence, La Chine, l’Europe et la construction de Beaucoup de nos élèves, ou de nos contemporains, semblent ancrés dans la certitude que l’Inde du XVIIIe, l’Égypte (on songe à l’époque de Méhémet Ali) ou la Chine des Qing ne pouvaient atteindre le niveau de développement des Européens de l’époque. Le livre que voici s’attache justement à faire un sort aux stéréotypes bien ancrés à travers une comparaison entre la Grande-Bretagne, voire l’Europe, et la Chine, en particulier la région de Shanghai. De façon significative, en octobre 2009, l’historien Michel Margairaz (Paris I), présentant les problématiques de l’histoire économique du monde britannique [1], évoquait la sortie imminente de cette traduction de Pomeranz, aussitôt après avoir souligné l’importance, en leur temps, des travaux de David Landes ou d’Eric Hobsbawm. « Le livre de Pomeranz va sortir », disait Michel Margairaz. Pomeranz, la Global et la World History Pour ceux qui ne le connaissent pas, Kenneth Pomeranz enseigne à l’université de Californie. © Clionautes

Cinq siècles et deux mondialisations… L’histoire se répète-t-ell À partir de quand peut-on parler de mondialisation ? Pour François Gipouloux, spécialiste de l’économie chinoise et auteur de La Méditerranée asiatique (1), la première mondialisation est celle qui, au 16e siècle, voit l’établissement de connexions commerciales à l’échelle du globe, liant les destins économiques de l’Europe, de l’Asie et des Amériques à travers des réseaux marchands. Et cette première mondialisation, estime-t-il, si elle se réalise à la faveur de l’expansion européenne, résulte surtout de l’attraction exercée par la Chine. Conséquence : la mondialisation contemporaine, dont il estime qu’elle s’amorce à partir de 1985, serait en fait une « remondialisation ». Et celle-ci placerait, à nouveau, la Chine au cœur du commerce mondial. Gipouloux signe une habile synthèse de l’histoire du commerce de ces six derniers siècles et nous invite, avec les nombreux auteurs dont il cite et met en relation les travaux, à décentrer le regard. Le commerce contre l’État

Nouvelles perspectives historiographiques sur le monde britanniq Le dossier Coordination : Clarisse Berthezène, Robert Boyce et Marie ScotClarisse Berthezène, Marie Scot Ce numéro spécial d’Histoire@Politique s’inscrit dans l’actualité académique française. La mise au programme de l’agrégation externe d’histoire d’une question intitulée « Le monde britannique 1815-1931 » a suscité la parution de nombreux manuelsdestinés à introduire le public français à la complexité de l’objet envisagé et aux débats historiographiques qu’il a suscités parmi les historiens. Nous proposons ici une contribution légèrement décalée. Ce numéro n’a pas pour vocation d’offrir un panorama exhaustif des très nombreux champs de recherche qui s’articulent peu ou prou à la question. À la croisée de la New Imperial History et de la World-GlobalHistory, l’histoire du monde britannique propose un parcours jalonné de multiples révolutions historiographiques. En témoigne la vitalité de l’histoire intellectuelle revisitée par l’approche impériale et transnationale. Notes : Edward W. P.

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