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DOSSIER : La bataille pour sauver la zone humide du Testet

DOSSIER : La bataille pour sauver la zone humide du Testet
Dans le Tarn, le projet de barrage de Sivens menace d’engloutir plus de trente hectares de forêts et de zone humide pour un gain économique dérisoire. La résistance ne cesse de monter depuis l’automne 2013. Au Testet, les pro-barrages tentent l’opération « Manche de pioche » et menacent Reporterre, Grégoire Souchay (Reporterre), 19 décembre 2014. À la ZAD du Testet, on n’oublie pas l’essentiel : on sème, Grégoire Souchay (Reporterre), 8 décembre 2014. Testet et Rémi Fraisse : les gendarmes mentent encore, Ben Lefetey, 4 décembre 2014. Éloge de la ZAD, Des Zadophiles non fanatiques de Nantes, Grenoble, Carcassonne et d’ailleurs, 27 novembre 2014. Le père de Rémi Fraisse : « J’ai fait un rêve, Rémi », 26 novembre 2014. Alternatives au barrage de Sivens : elles existent, bien sûr ! A l’université de Toulouse, un campement contre le barrage de Sivens et les violences de l’Etat, Grégoire Souchay (Reporterre), 20 novembre 2014. Drame au Testet : un mort. M. Source : Reporterre Related:  #OccupyZad/ TESTE - SIVENSBARRAGE DE SIVENS

ZAD du Testet : « Les arbres volaient au-dessus de nos têtes A environ 15 mètres de haut, le chêne qui m’accueille, ce jeudi 4 septembre, offre une vue imprenable sur le carnage. En bas, forces de l’ordre et bûcherons s’activent pour transformer la forêt en désert. Leur objectif : ratiboiser tout ça pour permettre la construction d’un barrage – un plan d’eau en découlera, permettant d’irriguer les cultures intensives de quelques agriculteurs locaux. Le but des militants de cette nouvelle Zone à défendre (Zad) : sauvegarder cette forêt et la zone humide qu’elle protège. La veille, le 5 septembre, nous sommes arrivés au Testet, à quelques kilomètres de Gaillac (Tarn), remplis d’énergie et le sourire aux lèvres. à pied, nous devons d’abord franchir huit grosses barricades construites par les Zadistes pour fermer cet accès aux véhicules et aux gendarmes. Les camarades que nous croisons ont l’air fatigué, triste, et, contrairement à la dernière fois où nous sommes passés, disent à peine bonjour. Vers 9 heures, nous entendons les premiers bûcherons.

Article offert : Barrage de Sivens: les alertes des écolos ont été ignorées Au moment où le ministère de l’écologie dévoilait officiellement le contenu d’un rapport d’experts très critique sur le projet de barrage de Sivens (Tarn), lundi après-midi, des manifestants bataillaient contre les forces de l’ordre à Albi, et des rassemblements se tenaient dans plusieurs dizaines de villes en hommage à Rémi Fraisse, 21 ans, mort dans la nuit de samedi à dimanche lors d’affrontements avec les gendarmes mobiles. Plus de 600 personnes ont ainsi manifesté dans le centre-ville de Nantes, pour dénoncer la « violence d'État ». Le drame tant redouté du côté de Notre-Dame-des-Landes s’est finalement produit dans la zone humide du Testet, occupée depuis des mois par des opposants au chantier. Cette tristesse s’est teintée d’indignation avec les témoignages de manifestants affirmant que Rémi Fraisse a pu être tué par un jet de grenade. Sur cet immense gâchis humain, écologique et économique, la ministre de l'écologie Ségolène Royal est jusqu’ici restée très discrète.

Testet : le rapport d'experts confirme les arguments des opposants au barrage Le rapport d’experts sur le barrage de Sivens constate la surestimation des besoins, la médiocrité de l’étude environnementale, la faiblesse du montage financier. Ce que disent, depuis des années, les opposants au barrage. La préfecture du Tarn a publié ce matin tôt le rapport d’experts commandé par la ministre de l’Ecologie à des experts. Il analyse le projet de barrage de Sivens. Télécharger le rapport ici : Rédigé par deux ingénieurs généraux des ponts, des eaux et des forêts, Nicolas Forray et Pierre Rathouis, il confirme très largement les arguments posés de longue date par les opposants : "L’estimation des besoins a été établie sur des données anciennes et forfaitaires (...) "La mission conclut à une surestimation des besoins de substitution de l’ordre de 35 % (...) "Le contenu de l’étude d’impact est considéré comme très moyen (...) Le rapport assure cependant qu’il faut poursuivre le chantier, quitte à affecter le barrage à d’autres usages et selon une autre gestion. .

Mort d'un coeur pur Il n'aura pas la légion d'honneur à titre posthume. Il est vrai qu'il ne pratiquait pas l'optimisation fiscale, les stock options, les retraites chapeau, le travail forcé en Birmanie, l'empoisonnement du delta du Niger ou des côtes bretonnes, la corruption à l'échelle continentale et le néocolonialisme capitaliste à la sauce Françafrique. Il n'aura donc pas le droit, non plus, aux condoléances serviles et kimiljonguiennes des ordures et des décombres qui contrôlent, certes de plus en plus mal, l'appareil politico-médiatique. Il s'appelait Rémi Fraisse, il avait vingt et un ans et il est mort pour empêcher un barrage de se construire et de perpétuer la vision délirante d'une agriculture productiviste qui, ailleurs en France, a déjà transformé des rivières en zones hautement toxiques et fait rôder notre fin dans nos canalisations. La manière dont l'enquête multiplie les circonvolutions pour expliquer sa mort rappelle un scénario que même Yves Boisset aurait trouvé caricatural.

Les eaux glacées du calcul égoïste -- SIVENS/TESTET : nouvelles mobilisations avant la grande manifestation des 25 et 26 octobre SIVENS/TESTET : nouvelles mobilisations avant la grande manifestation des 25 et 26 octobre « Sur la ZAD le calme du week-end a permis de constater l’avancée des travaux. Beaucoup de terrassement notamment à l’endroit de la digue mais le décapage de la majorité de la zone humide n’a pas commencé. « La « maison des druides » est devenue expulsable vendredi dernier avec condamnation des 3 occupants à 1500 € d’amende chacun. - Pour connaître les besoins et détails et/ou rendez-vous. « Cécile Duflot et Noël Mamère, députés écologistes, ont décidé de venir apporter leur soutien aux opposants ce lundi 20 octobre. « Les grévistes en sont en ce 20 octobre à 55 et 49 jours de grève. « Malgré les 5700 envois d’email à la Ministre, le courrier des personnalités vendredi, des contacts avec le Cabinet et des conseillers, aucune annonce de Ségolène Royal. Courrier personnalités Ségolène Royal « Merci aussi aux 300/400 personnes (pas tous les mêmes !) Préparatifs du week-end des 25/26 octobre Lire aussi :

EDITO - Un crime du pouvoir socialiste Le décès de Rémi Fraisse au Testet est le résultat d’un crime : celui des responsables socialistes qui ont piétiné la loi et la démocratie pour ne laisser d’autre issue que la violence. Le drame qui s’est déroulé près d’une rivière où, voici quelques semaines, s’épanouissait une forêt vivante, n’est pas un accident. C’est un crime. Nous ne pouvons assurer définitivement ici qu’une grenade ou un autre projectile lancé par les forces de « l’ordre » a touché mortellement le jeune Rémi Fraisse. Mais nous affirmons que la mort de ce jeune homme résulte de l’obstination criminelle de hauts responsables qui ont, contre l’évidence et en piétinant l’esprit de la loi, conduit à une situation où la seule issue était la violence, une violence savamment entretenue par une police à qui l’on a lâché la bride. Rappelons divers faits, amplement documentés par Reporterre et par les collectifs de sauvegarde de la zone humide du Testet : Ses auteurs - M. On peut revenir en démocratie. Illustration : Pixabay

Barrage de Sivens: un mort lors d'affrontements, selon les opposants - L'Obs Albi (AFP) - Un homme est décédé dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn), a annoncé la préfecture, les opposants affirmant que la mort est survenue "dans le contexte d'affrontements" avec les gendarmes. "Selon les premiers éléments que nous avons recueillis, la mort a eu lieu dans le contexte d'affrontements avec les gendarmes vers 02H00 du matin. Nous ne disons pas que les forces de l'ordre ont tué un opposant, mais un témoin nous a dit que le décès s'était passé au moment d'affrontements", a déclaré à l'AFP par téléphone Ben Lefetey, porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet de barrage. "Un témoin dit avoir vu quelqu'un s'effondrer lors d'affrontements et être enlevé par les forces de l'ordre", a ajouté M. "On n'en sait pas plus sur la cause de ce décès. Contactée, la préfecture n'a pas voulu faire de commentaire. - Des 'anarchistes' - M.

"La mort de Rémi Fraisse pourrait mettre le feu aux poudres" Plus de cinq mille personnes ont manifesté ce week-end dans le Tarn leur opposition au barrage de Sivens. Au cours d’affrontements avec la police, un jeune homme de 21 ans, Rémi Fraisse, a trouvé la mort. D’après Mediapart, il venait de passer son BTS en environnement et était botaniste bénévole à Nature Midi-Pyrénées, une association affiliée à France Nature Environnement (FNE). Le silence assourdissant de Manuel Valls et François Hollande suite à cette mort tragique a renforcé les critiques à leur égard. Que pensez-vous du silence de l’Etat suite à la mort de Rémi Fraisse lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens samedi 25 octobre ? Erwan Lecœur – Cette affaire rappelle beaucoup celle de Notre-Dame-des-Landes, et d’autres avant elle. Est-ce que ce traitement politique et médiatique, qui insiste sur la violence qui serait du côté des contestataires, fait partie selon vous d’une guerre psychologique menée contre eux ? Propos recueillis par Mathieu Dejean

Conflit de pouvoirs : pour Rémi Fraisse -- Arié Alimi Casseur, djihadiste vert, ecoloterroriste…. Le discours du gouvernement ou de certains syndicats agricoles s’est établi et n’a cessé de monter en puissance. D’abord pour tenter de nier l’existence même des origines de sa mort. Rappelons-nous que dans les premiers moments, on ne parlait que d’un corps découvert dans la foret. Alors pourquoi pendant deux jours, ce silence assourdissant, pourquoi cette absence de réaction du parquet, du gouvernement, pourquoi le refus de dire cette vérité que l’on connait depuis le début ? Y a-t-il attitude plus basse et plus veule ? Pourquoi ne pas assumer ses responsabilités et dire : nous l’avons tué. Je suis désolé de dire cela, je ne suis qu’avocat. Ce n’est pas qu’un drame ou une tragédie qui s’est nouée autour de Rémi.

Après le drame de Sivens : "Une société qui refuse la conflictualité se condamne à l'affrontement" - L'Obs La mort de Rémi Fraisse sur le site du barrage contesté de Sivens porte un éclairage brutal sur les Zad, (les Zones d'aménagement différé renommées Zones à défendre par les opposants qui les occupent). De l'aéroport Notre-Dame-des-Landes au stade Décines-Charpieu près de Lyon, ces points de crispation voient éclore de nouvelles formes de contestation. Le philosophe, psychanalyste et ancien résistant guévariste Miguel Benasayag propose une analyse de ces mouvements complexes. Ce qui surprend dans des conflits comme celui de Sivens, c'est que les opposants viennent d'horizons très divers. Quel regard portez-vous sur cette composition hétéroclite ? - Je crois que ce type de conflit agit comme le point de convergence de toute une série de mécontentements qui sont de trois ordres différents. Ce qui se passe dans ces conflits représente-t-il un phénomène nouveau ? - En fait, il y a peu d'idées, peu de programmes. Comment expliquez-vous la présence massive de jeunes dans ces mouvements ?

Une ZAD s'est installée durant la nuit en plein Rouen Plutôt que par des défilés et des bris de vitrines, une cinquantaine de personnes ont choisi d’exprimer pacifiquement leur colère en installant un campement au centre de Rouen. Ils y ont passé la nuit, et créent la première Zad urbaine du pays. Rouen, témoignage A Rouen, les manifestations en hommage à Rémi Fraisse, mort sur la ZAD du Testet, ont pris mardi soir 4 novembre un tournant original. Mais peu avant l’arrivée, les organisateurs officiels se font dépasser par les événements. Assis en cercle les manifestants discutent de la suite à donner à leur action. Rythmant cette veillée militante et festive, des véhicules déposent du matériel de construction et de camping, un réchaud à bois, de la nourriture et de quoi la faire chauffer. Dans un joyeux brouhaha de coups de marteaux, de discussions animées et d’airs de guitare, deux nouvelles cabanes viennent s’ajouter à la première ainsi qu’un salon couvert avec canapé et tables. Source et photos : Emmanuel Daniel pour Reporterre.

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