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Philippe Meirieu : "Une école qui libère et qui unit"

Philippe Meirieu : "Une école qui libère et qui unit"
D'abord instituteur puis professeur de philosophie et de Lettres, Philippe Meirieu est aujourd’hui professeur des universités en sciences de l’éducation à l'université LUMIERE-Lyon 2. Engagé à plusieurs reprises dans des chantiers importants de l’Éducation nationale, il a beaucoup travaillé sur le collège, le lycée et la formation des enseignants. Parmi ses derniers livres : Faire l’Ecole, faire la classe (ESF éditeur, 2009), Lettre aux grandes personnes sur les enfants d’aujourd’hui (Rue du Monde, 2011), Pédagogie : des lieux communs aux concepts-clés (ESF éditeur, 2013), Le plaisir d’apprendre (Autrement 2014). Une version refondue et actualisée de sa Lettre à un jeune professeur sort en librairie le 10 septembre. Pour Ventscontraires.net, il accepté de répondre à quelques questions. > Première partie Instruire ou éduquer : quelle doit être, selon vous, l’ambition de cette école ? Je ne crois pas que l’on puisse opposer ces termes ni, a fortiori, que l’on ait à choisir entre eux. Related:  Réforme du collègePédagogues...

Le gai savoir Ce qui me frappe dans l’étalage médiatique de certaines réactions d’intellectuels et journalistes aux projets de programmes de collège (et d’école, qu’on oublie), c’est la conception bien triste du savoir qui s’en dégage. Il faudrait forcément souffrir pour atteindre le Walhalla du Savoir. On enfantera dans la douleur, il faut passer par une longue phase fastidieuse d’ennui avant de commencer à approcher les Saints Savoirs. Pourtant, si on reprend les théories de la motivation, notamment exposées par des chercheurs comme Roland Viau, on se rend compte que pour se motiver à apprendre, ce qui est nécessaire pour apprendre donc (mais il est vrai que nos intellectuels cités s’intéressent plus à ce qui est enseigné qu’à ce qui est réellement appris), il y a pour l’essentiel deux leviers. Le premier, c’est le sens. Le second grand facteur de motivation, c’est le sentiment de compétence. Il faut jouer sur les deux registres. avant de se coucher et entendu des musiques variées et riches.

éducation vie Scolaire - fiche de lecture de "Motivation et réussite scolaire" d'Alain Lieury et Fabien Fenouillet Chapitre 3 : l' apprentissage du découragement Sur le planpsychologique, l'apprentissage du découragement ou la résignation apprise s'expliquepar le fait que l'individu n'arrive plus à faire la relation entre ce qu'ilfait et les résultats de sonaction, d'où la perte de motivation, et un comportement passif. De nombreusesrecherches américaines sur la résignation apprise en milieu scolaire ont montréla genèse de cette résignation. Barbara Licht et Carol Dweck précisent que les enfants ne tombentdans l'échec que lorsque la tâche est difficile. Elles expliquent notammentpourquoi les enfants orientés vers la résignation apprise n'aiment pas lesmathématiques. Leur échec est lié aux nombreux changements d'unités deconnaissance entre le primaire et le secondaire, ce qui rendraitl'apprentissage plus difficile. Agnès Florin et Stéphane Erlich, chercheurs français,ont eux démontrés l'importance de ce phénomène dans l'échec scolaire ensituation réelle. Chapitre 5 : compétence et autodétermination

Philippe Meirieu : "Chaque histoire éducative est singulière" Dans votre livre, vous évoquez la "vraie réussite" des enfants. Que voulez-vous dire ? La vraie réussite est parfois loin du chemin tracé par les parents, les grands-parents pour leur enfant ou petit-enfant. Elle s’oppose également aux clichés fondés sur la réussite scolaire, la conformité à un certain nombre de canons esthétiques, la possession de richesses. Aujourd’hui, les parents, les pédagogues, la société doivent préparer l’enfant à réussir ses apprentissages scolaires, son projet de vie et le rôle qu’il jouera dans un monde meilleur, un monde qui a besoin de lui. Par quoi cette "vraie réussite" passe-t-elle ? Par l'accès à l'autonomie, c’est-à-dire, pouvoir penser librement et avoir la force d'agir, sans oublier la motivation. Vous parlez de l’importance du sentiment d’être "issu de" et "libre de". L'enfant a un nom qui indique la filiation dans laquelle il s'inscrit et un prénom qui marque la différence qu'il y apporte. Comment aider nos enfants à réussir

La réforme du collège est une nécessité C'est aujourd'hui que le Conseil Supérieur de l'Éducation doit émettre son avis sur la réforme du collège. Ce dossier révèle, depuis quelques jours, les profondes fractures qui traversent les milieux éducatifs. Hostile ou favorable à la réforme, chacun radicalise son discours, chacun campe sur ses positions, et la situation semble se figer, autour de points de crispation parfois un peu étonnants, surtout aux yeux de quiconque ne fréquente pas les établissements scolaires de façon quotidienne. Je suis, pour ma part, tout à fait favorable à cette réforme, qui apporte incontestablement certaines réponses aux maux dont souffre notre collège, et je suis fatigué d'un débat dans lequel la mauvaise foi, la peur et le conservatisme masquent parfois, malheureusement, une conception passéiste inconsciente de nos institutions scolaires. De quoi s'agit-il en quelques lignes ? Et puis ? La réforme du collège mettrait à mort les langues anciennes. Les EPI seraient des "gadgets pédagogiques".

Philippe Meirieu : L’autorité de tous les dangers Invité avec François Miquet-Marty, directeur de « ViaVoice », le 7 novembre dernier, par le quotidien « Libération », dans le cadre de son Forum « Libertés chéries », nous devions débattre de la question « L’autorité est-elle dépassée ? ». François Miquet-Marty, en bon connaisseur de la réalité sociologique française, a souligné que les Français étaient, aujourd’hui, en demande d’autorité sur un plan général - dans la famille, l’école, la ville, la politique - en même temps qu’ils vivaient de plus en plus mal l’autorité des lois et des règles. Se construit ainsi, à l’ère de l’individualisme triomphant, une ambivalence fondamentale à l’égard de ce que l’on nomme, de manière trop globale et facile, « l’autorité de l’Etat » : nous voulons qu’elle nous protège toujours plus, tout en refusant qu’elle empiète sur nos libertés. L’autorité politique n’est pas l’autorité éducative Craignons donc, plus que tout, la « demande d’autorité » qui émerge massivement aujourd’hui. Philippe Meirieu

Mais jusqu’où reculeront-ils ? Le point Jules-Ferry Il en va ainsi de tout débat sur l’école, quel qu’il soit. Au-delà des propositions qui sont faites, dans quelque domaine que ce soit, au-delà des réformes avancées pour la refonder enfin — le mot a du sens —, il persiste un argument ultime et définitif qui vérifierait une sorte de loi Jules-Ferry à l’image de la loi Godwin relative au débat sur Internet. Ainsi, il convient d’attribuer illico un point au premier qui prononce la phrase si merveilleuse et censée clore toute discussion : « C’était mieux avant ! ». Ah ! Ah non, les travaux personnels encadrés ou TPE, ça existe toujours, j’avais oublié ! Cette sentence « C’était mieux avant ! Tenez, à chaque fois qu’on sollicite les interactions avec ceux qui daignent m’écouter, j’ai beau avoir prévenu, il y a toujours quelqu’un dans la salle pour me dire, m’asséner plutôt, d’une manière ou d’une autre, que « c’était mieux avant ! Eh bien non. Une école qui reste inégalitaire et en décalage avec son temps Alors ? 1. 2. 3.

Site de Philippe MEIRIEU : L'EDUCATION EN QUESTIONS 26 films de 13 minutes chacun... Chaque film croise les apports d'une grande figure de la pédagogie avec les questions que se posent au quotidien les praticiens de notre temps. Repères historiques, questions philosophiques et travaux pédagogiques avec des élèves tissent ainsi un "paysage réflexif" qui permet de s'interroger sur les grandes questions de l'éducation et la manière de les affronter aujourd'hui à la lumière de l'histoire de la pédagogie... Ainsi, dans chaque film, on "entre" dans l'oeuvre d'un ou d'une grande pédagogue (sans prétendre, bien sûr, être exhaustif), on voit travailler des maîtres et des élèves sur des thématiques qui se réfèrent à leurs apports et on s'interroge sur les principaux défis éducatifs... Outils d'information, de culture, de réflexion, chaque film est aussi un outil de formation qui peut être utilisé dans le cadre d'une réflexion individuelle ou collective. Attention ! Cliquez sur le nom de l'auteur pour visionner le film

Philippe Meirieu : « Instituer » le collège et lui donner une véritable identité : il est grand temps ! La réforme du collège dont les principes ont été annoncés la semaine dernière par la ministre et dont les modalités techniques sont aujourd’hui en discussion a fait naître beaucoup d’espoirs et, comme souvent, engendré de vives inquiétudes. Inquiétudes habituelles, mais légitimes, sur les moyens qui lui seront affectés, puisqu’il n’est pas certain que les 4000 postes annoncés suffisent ni que l’on puisse recruter facilement les enseignants pour les pourvoir. Inquiétudes sur le travail en équipe nécessaire des enseignants et les conditions de sa mise en œuvre. Inquiétudes sur l’accompagnement et la formation de ces équipes. Donner corps aux dispositifs On ne peut que se réjouir, tout d’abord, du développement des temps d’ « accompagnement pédagogique » au sein du collège et par les professeurs eux-mêmes. Il faut donc se réjouir de cette « ré-internalisation » et espérer qu’elle réussisse. Il en est de même pour les « entrainements pratiques interdisciplinaires ». Récapitulons :

Pédagogie Montessori : les ressorts d’un engouement qui dure La pédagogie Montessori est depuis quelques années l’objet d’un véritable phénomène de mode en France. On ne compte plus les « coffrets » Montessori, les ouvrages sur des activités à faire à l’école ou à la maison, ni même les nouvelles écoles privées « alternatives » ou les formations utilisant le nom de Montessori. Comment faire la différence entre les démarches sérieuses et le simple marketing, l’effet d’aubaine ou encore les contenus politiquement ou idéologiquement orientés ? Une pédagogie de la liberté Maria Montessori (1870-1952) est connue pour être une des premières femmes médecin d’Italie. L’une des particularités de la classe Montessori est de fonctionner sur la liberté de mouvement et de travail des enfants. Pour les plus grands, le projet prend beaucoup de place, mais il n’est jamais dicté ni encouragé par l’adulte, qui ne planifie rien à leur place. Rendre les savoirs concrets C’est une autre raison de la liberté donnée aux enfants dans ces classes. Pas de label

socle commun de connaissances, de compétences Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser Entretien croisé avec Philippe Meirieu, pédagogue et essayiste et Marcel Gauchet, historien et philosophe. Dans quelle mesure l'évolution de nos sociétés ébranle-t-elle les conditions de possibilité de l'entreprise éducative ? Marcel Gauchet : Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic : on demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... A priori, famille et école ont la même visée d'élever les enfants : la famille éduque, l'école instruit, disait-on jadis. Aujourd'hui, la famille tend à se défausser sur l'école, censée à la fois éduquer et instruire. Philippe Meirieu : Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l'immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Dans quelle mesure le face-à-face pédagogique est-il bouleversé par cette nouvelle donne ? P. M. L'idée d'humanité s'est dissociée de l'idée de culture. M.

Qu'apprendront les élèves de 6 à 16 ans à la rentrée 2016 ? Découvrez le socle commun de connaissances de compétences et de culture Le socle commun de compétences, de connaissances et de culture est publié au bulletin officiel. Il concerne les élèves de six à seize ans et sera mis en œuvre à partir de la rentrée scolaire 2016. Découvrez les détails et les enjeux des domaines qui constituent ce socle commun. Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture couvre la période de la scolarité obligatoire, c'est-à-dire de six à seize ans. Il correspond pour l'essentiel aux enseignements de l'école élémentaire et du collège qui constituent une culture scolaire commune. L'élève engagé dans la scolarité apprend à réfléchir, à mobiliser des connaissances, à choisir des démarches et des procédures adaptées, pour penser, résoudre un problème, réaliser une tâche complexe ou un projet, en particulier dans une situation nouvelle ou inattendue. Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture est constitué de cinq domaines : Infographie : passez votre souris sur les ronds pour accéder aux contenus vidéos

Dix raisons de saluer les projets de programmes d’école et collège | Enseigner au XXI siècle Les projets de nouveaux programmes de « l’école du socle commun », c’est-à-dire des trois cycles qui vont du CP à la classe de troisième sont désormais en ligne. J’ai participé activement et de façon passionnante à leur élaboration (pour le cycle 4) et je me réjouis globalement de leur teneur. Je voudrais d’abord donner dix raisons pour justifier cet assentiment, puis je voudrais revenir sur divers commentaires qui m’ont été faits concernant les langues anciennes, mais aussi les langues vivantes. Voici mes dix points positifs : La façon dont ont été élaborés ces programmes : transparence, concertation, expertise, puis consultation. Le triptyque est intéressant à plus d’un titre. Les attendus, sous forme de compétences à acquérir ; on se centre sur l’élève qui apprend L’équilibre entre la spécificité disciplinaire et les croisements de disciplines La recherche du sens (exemple du français) Le refus de l’encyclopédisme : les priorités, les choix, la responsabilité Les continuités

Journée de la fraternité : Quelle pédagogie pour vivre ensemble ? Les pratiques pédagogiques peuvent-elle lutter contre les pesanteurs sociales et instaurer le vivre ensemble ? La Journée de la fraternité à l'Ecole, organisée par le Café pédagogique, réunit la fine fleur des mouvements pédagogiques pour indiquer des pratiques pédagogiques qui encouragent la collaboration et permettent de dépasser les rôles sociaux. Animée par Gilbert Longhi, la table ronde réunit Agnès Baranger, enseignante du mouvement Icem Freinet, Pascal Diard, profeseur d'histoire-géographie du GFEN, Philippe Goémé, enseignant des micro-lycées, formateur Espe et membre de l'Observatoire international de l'éducation et de la prévention, Sabine Gessain, enseignante Freinet. Ils sont épaulés et interpellés par de nombreux intervenants dans la salle représentant de nombreux courants pédagogiques. Se découvrir soi pour accepter les autres Enseignante dans une école populaire de Paris, Agnès Baranger pratique le "message clair" et le "théâtre forum". François Jarraud

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