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Langues de bois #1 - Faire de la pédagogie

Langues de bois #1 - Faire de la pédagogie
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EXCLUSIF : le chapitre sur les tribunaux d'arbitrage #CETA traduit en français Le 13 août dernier, une chaîne de Télévision allemande a publié la version « quasi-finale » et pour l’instant confidentielle de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (dit CETA). Cette fuite, désormais disponible sur le site de la Quadrature du Net, intervient une semaine après la discrète annonce de la fin des négociations. Les deux parties doivent tenir une conférence de presse fin septembre, événement qui devrait permettre la publication du projet d’accord. Les premières réactions ont aussitôt souligné la présence au sein du texte d’un chapitre relatif à la protection des investissements (ISDS) alors même que l’inclusion des tribunaux d’arbitrage semblait compromise. L’Allemagne et la France s’y disaient opposées, et une consultation publique, dans le cadre des négociations avec les États-Unis, mettait souvent en avant la frilosité du public à son endroit. Pour un historique des négociations UE-Canada, je vous renvoie à mon article publié au printemps dernier.

David Van Reybrouck : «Les élections n’ont jamais été conçues pour être démocratiques» «Nous méprisons les élus, nous vénérons les élections.» Ainsi parle David Van Reybrouck (1), dans un essai récemment paru, Contre les élections. Né en 1971 à Bruges, David Van Reybrouck s’évertue avec un incontestable talent à démontrer «la fatigue de la démocratie occidentale», mais il propose un remède : au lieu de rendez-vous rituels où la population est conviée à déposer un bulletin de vote en faveur de tel ou tel candidat, il défend l’instauration d’un tirage au sort de citoyens qui se verraient légitimés à changer des lois. «Le fonctionnement de nos démocraties use les gens à un rythme effrayant. La démocratie se porte mal. La méfiance des citoyens vis-à-vis de la politique et des grandes institutions est le signe le plus inquiétant. J’ai écrit ce livre en grande partie parce que la Belgique a connu une crise, restant sans gouvernement pendant un an et demi. En vérité, les élections n’ont jamais été conçues pour être une procédure démocratique. Dessin Yann Legendre

Terrorisme, l'arme des puissants, par Noam Chomsky (Le Monde diplomatique, décembre 2001) Il nous faut partir de deux postulats. D’abord que les événements du 11 septembre 2001 constituent une atrocité épouvantable, probablement la perte de vies humaines instantanée la plus importante de l’histoire, guerres mises à part. Le second postulat est que notre objectif devrait être de réduire le risque de récidive de tels attentats, que nous en soyons les victimes ou que ce soit quelqu’un d’autre qui les subisse. Si vous n’acceptez pas ces deux points de départ, ce qui va suivre ne vous concerne pas. Si vous les acceptez, bien d’autres questions surgissent. Commençons par la situation en Afghanistan. Mais revenons au 11 septembre. Depuis près de deux cents ans, nous, Américains, nous avons expulsé ou exterminé des populations indigènes, c’est-à-dire des millions de personnes, conquis la moitié du Mexique, saccagé les régions des Caraïbes et d’Amérique centrale, envahi Haïti et les Philippines - tuant 100 000 Philippins à cette occasion. Appui à des régimes brutaux

[Democratie Participative] Compétences et fonctions de l’animateur A l’heure actuelle, la plupart des personnes jouant un rôle d’animateur du dialogue territorial n’ont pas suivi de formation spécifique. En revanche, certains animateurs ont suivi des stages sur la conduite de réunions, sur la gestion patrimoniale ou plus rarement sur la gestion des conflits et la médiation. La compétence est donc principalement liée aux qualités personnelles de l’animateur, et à l’expérience acquise dans l’animation de groupes de travail ou lors de conflits déjà vécus. Indépendance, neutralité ou équité ? Premier élément : l’indépendance de l’animateur est d’abord conditionnée par l’origine de son intervention. toutes les parties (ou tout au moins les principales) l’ont sollicité ; la demande vient d’une autorité reconnue par les parties en présence (la préfecture, par exemple, ou le maire) ; la compétence de l’animateur est connue et reconnue (notamment, sa capacité à préserver son indépendance et sa neutralité). L’animateur

Petits arrangements bruxellois entre amis du bisphénol A Bye-bye, bisphénol A. D’abord interdit dans les biberons, bientôt retiré des contenants alimentaires, le produit chimique le plus célèbre des années 2000 semble en voie de disparition. Mais quid du bisphénol A dans les lunettes ou la coque des smartphones ? Et des phtalates, des PBDE et des PFOA, ces substances dont le nom fait postillonner ? Portrait-robot des suspects A Bruxelles, où les ministères s’appellent « directions générales », la DG Environnement doit établir une liste de critères scientifiques qui permettront de dresser le portrait-robot des suspects. Parce que les perturbateurs endocriniens interagissent avec le système hormonal, les plus vulnérables sont les fœtus humains, façonnés par le jeu des hormones lors des neuf mois de grossesse. Un vieux goût de tabac Très vite, une première attaque paraît dans une revue scientifique. Pressions et mauvais coups Car la DG Environnement maintient son cap. Les mois passent et elle ne plie toujours pas. Déluge d’e-mails Le b.a.

La Sagesse collective Un groupe de citoyens ordinaires, sans compétence particulière, est-il capable de prendre de meilleures décisions qu’un petit groupe d’experts ? La folie des foules redoutée par Le Bon ou Schumpeter ne peut-elle pas, sous certaines conditions, céder la place à une sagesse des grands nombres ? Quels mécanismes permettent de décrire le fonctionnement de la sagesse des foules ? Sous quelles conditions donne-t-elle les meilleurs résultats ? Telles sont les questions qui forment le cœur de ce dossier consacré à la sagesse collective, issu d’un colloque organisé en mai 2008 au Collège de France par Jon Elster et Hélène Landemore. Si la compétence des experts est un ingrédient important d’une bonne décision collective, de récents travaux tendent à souligner l’importance au moins aussi grande de la diversité cognitive : c’est la variété de points de vue, même limités, sur une question donnée qui fait la qualité de la décision globale. Lu Hong & Scott E. David Estlund, « Democracy Counts.

Petit guide de l’anthropocène : Changeons le système, pas le climat ! | Plateforme pour des ÉTATS GÉNÉRAUX du pouvoir citoyen Les pays ayant débuté leur industrialisation au 18e et 19e siècles sont responsables de près des trois-quarts de la concentration actuelle de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Toutes les sociétés industrielles et productivistes, à l’Est comme à l’Ouest, ont fortement accru leurs émissions après la Seconde guerre mondiale. Plus récemment, la globalisation économique et financière, le libre-échange débridé et la montée en puissance de pays qui empruntent la voie du développement productiviste et consumériste entretiennent cette augmentation. La modification profonde et durable de notre planète, et en particulier du climat, du fait de l’activité humaine amène de nombreux scientifiques à considérer que nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique, qualifiée d’anthropocène. Nous vivons les effets des dérèglements climatiques À ce jour, la température mondiale moyenne a augmenté de 0,8°C par rapport à l’ère préindustrielle. Nous vivons à l’heure de la transition Conclusion À lire

Choisir ses chefs Recensé : Jean-Claude Monod, Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? Politiques du charisme, Paris, Seuil, collection « L’ordre philosophique », 2012. 320 p., 21 €. « Point de chef ! » : ainsi Jules Vallès résumait-il la confusion des derniers jours de la Commune de Paris. Mais ses paroles rendaient un son atroce : Vallès fuyait la colère des insurgés parisiens, qui lui réclamaient des ordres ; car l’absence de chefs, c’était la certitude du massacre [1]. « Point de Chef », redit Jean-Claude Monod (sans se référer à Vallès) dans les premières pages de son essai Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? Jean-Claude Monod nous invite ainsi à réexaminer le lien aperçu par Max Weber entre démocratie et charisme. « L’assujettissement actuel du politique à la logique du marché » (p. 213) n’invalide pas ce diagnostic : il montre au contraire que l’anonymat du marché et des bureaucraties peut servir des formes de domination et d’impunité tout aussi destructrices que les transes de la démagogie.

Les 400 qui ruinent la France… et les 100 qui pourraient la relever Les solutions pour sortir notre économie de l’ornière sont connues. Reste à vaincre l’opposition de tous ceux qui profitent du système. S’il y a un bêtisier 2013 qui ne fait pas rire les conseillers de Bercy, c’est celui des renoncements successifs du gouvernement. Un festival ! Cela a commencé en mars : la seule évocation d’une rationalisation des transports sanitaires, qui coûtent une fortune à la Sécu, a provoqué une thrombose de la région parisienne par des milliers de taxis décidés à ne pas voir grignoté ce juteux gagne-pain. Mesure reportée. Abonnez vous à l'édition digitale

L’ "État-nation est un outil de domination (ou de contrôle) et de conquête " Texte rédigé en 1908 [" l'idée de NATION est intimement liée à une époque précise du développement moderne. Les intérêts marchands de la bourgeoisie, les courants démocratiques, la culture populaire - tels sont les aspects typiques de la société bourgeoise." " la quintessence de l' « IDÉE NATIONALE » bourgeoise moderne réside en ce que, aux yeux de la bourgeoisie de chaque pays, sa propre nation, sa « patrie » est destinée par nature à servir de marché pour ses produits, comme s'il s 'agissait d'un patrimoine exclusif, accordé par le dieu Mercure. La bourgeoisie capitaliste a besoin en outre, pour bien se développer, de nombreuses autres conditions : un militarisme fort, garant de l'inviolabilité de sa « patrie » en même temps qu 'instrument pour lui ouvrir le marché mondial ; ensuite, une politique douanière appropriée, des formes adéquates d'administration des communications, de la justice, du système scolaire et de la politique financière. L’Etat-nation et le prolétariat Like this:

Climat: «Le temps des compromis est terminé» | Nicolas Bérubé | Changements climatiques Q: Votre nouveau livre, This Changes Everything, est un cri de ralliement pour la lutte contre le réchauffement climatique, et aussi un grand ras-le-bol envers les politiciens, dont les promesses ne se sont pas concrétisées. R: Le temps des mesures volontaires, des partenariats, des discours, des promesses - c'est fini. Depuis que les gouvernements ont commencé sérieusement à parler de s'attaquer aux changements climatiques, en 1990, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 61%. Des études crédibles montrent que la fenêtre pour éviter les pires dégâts se refermera en 2017... Il faut passer à l'action et c'est la société qui doit se mobiliser. Q: Pendant plusieurs années, des environnementalistes ont cherché à convaincre des géants comme ExxonMobil de faire une transition vers les énergies renouvelables, une démarche qui a échoué, dites-vous. R: Il y a trois ans, j'ai reçu un rapport britannique qui avait été préparé pour les marchés financiers.

Elinor Ostrom ou la réinvention des biens communs Première femme à obtenir un Prix Nobel d’économie (en 2009) pour ses développements sur la théorie des communs [1], Elinor Ostrom est décédée ce mardi 12 juin, à l’âge de 78 ans. Chercheuse politique infatigable et pédagogue ayant à cœur de transmettre aux jeunes générations ses observations et analyses, elle avait, malgré sa maladie, continué son cycle de conférences et la rencontre avec les jeunes chercheurs du domaine des communs au Mexique et en Inde. Récemment encore, elle exprimait son sentiment d’urgence à propos de la conférence Rio+20 qui se déroule actuellement [2]. La théorie des biens communs, ou plus précisément des « communs », suivant le terme anglais commons, qui est plus général et moins focalisée que la traduction française actuellement utilisée, a connu plusieurs périodes : les études historiques, l’analyse du fonctionnement des communs naturels et la construction des communs du numérique. Leçons de l’histoire De la tragédie à l’écologie Les communs du numérique

IDÉES • Le néolibéralisme fait ressortir ce qu'il y a de pire en nous Les convulsions économiques des 30 dernières années ont marqué les comportements humains. Le système néoliberal récompense les personnalités psychopathes et a modifié notre éthique, ainsi que nos personnalités. Nous avons tendance à considérer nos identités comme des entités stables et largement séparées des influences extérieures. Après des décennies de recherche et d'observations pratiques, je suis néanmoins convaincu que l'évolution de notre environnement économique a radicalement modifié nos valeurs, mais aussi nos personnalités. Déjà abonné ?

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