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Agrégation d’histoire : gouverner en Islam entre le Xe et le XVe siècle

Agrégation d’histoire : gouverner en Islam entre le Xe et le XVe siècle

Jocelyne Dakhlia, Le divan des rois. Le politique et le religieux dans l'islam, Paris, Aubier, 1998, 427 p. 1Ce livre, remarquablement intelligent, nourri des suggestions d'auteurs occidentalistes comme Claude Lefort ou Arlette Farge (Dire et mal dire, l'opinion publique au XVIIIe siècle, 1992), aussi bien que de toutes les références arabisantes nécessaires, s'efforce de dégager, des textes relatifs principalement à l'histoire du Maghreb, une sorte d'idéal laïque du pouvoir qui s'exprime à travers les topoï relatifs à ce dernier contenus dans les traditions populaires, les contes, les chroniques, aussi bien que dans les traités sur l'art de gouverner, les Miroirs des princes. Ce corpus concerne donc une littérature aussi bien de cour que de rue, mais que l'on trouve aussi sous-jacent aux mémoires de serviteurs de pouvoirs plus récents (comme le tunisien Ibn Abî Dhiyâf au XIXe siècle) ou aux récits des observateurs occidentaux des pratiques politiques maghrébines à l'époque moderne. 4La pratique politique fait l'objet de la troisième et dernière partie ("Sultans et sujets", pp. 227-318).

Comptes rendus de lecture Historienne et anthropologue du Maghreb, actuellement directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Jocelyne Dakhlia mène une recherche au long cours autour de la place du politique dans l’Islam. Ses ouvrages abordent davantage des questions d’histoire politique que d’histoire sociale : L’empire des passions : l’arbitraire politique en Islam (Aubier, 2005), par exemple, interroge la dimension despotique du pouvoir en Islam. Il semble que l’objectif de l’historienne soit de parvenir à cerner, à décrire, à définir une véritable identité de l’Islam, de restituer leur véritable historicité aux sociétés musulmanes, dépourvue de tout préjugé. Le divan des rois est justement un ouvrage qui se confronte directement à une thématique chère à Jocelyne Dakhlia, le rapport entre le politique et le religieux.

Biblio - Gouverner en Islam (Xe-XVe) rançois Clément, Pouvoir et légitimité en Espagne musulmane à l'époque des taifas, Paris, l'harmattan, 1997. Pierre Guichard, Al-Andalus 711-1492. Une histoire de l'Espagne musulmane, Paris, Hachette, 2000 ( il faut avoir à l'esprit qu'il existe une controverse historiographique entre Pierre Guichard et Gabriel Martinez-Gros, notamment au sujet de l'interprétation des sources). -Julien Loiseau, Reconstruire la maison du sultan. Ruine et recomposition de l'ordre urbain au Caire ( 1350-1450), 2 volumes, Le Caire, IFAO, 2010. -Eric Vallet, L'Arabie marchande. Pour Ibn Khaldûn, ne pas oubliez l'ouvrage de Gabriel Martinez-Gros, Ibn Khaldûn et les sept vies de l'islam. Annales islamologiques 46 (Sylvie Denoix Dir ), 2012, L'exercice du pouvoir à l'âge des sultanats. - Mathie Eychenne, Liens personnels, clientélisme et réseaux de pouvoirs dans le sultanat mamelouk ( milieu du XIII-fin du XIV), Beyrouth, Presses de l'IFPO, 2013.

Liens personnels, clientélisme et réseaux de pouvoir dans le sultanat mamelouk (milieu XIIIe - fin XIVe siècle) Les conflits qui imprégnèrent l’histoire du Proche-Orient médiéval, des croisades aux invasions mongoles, rendirent nécessaire la présence de guerriers au cœur du pouvoir. Les Mamelouks, esclaves militaires, affranchis pour accéder au titre d’émir, gouvernèrent l’Égypte et la Syrie, à partir de 1250, avec le titre de sultan, et furent de ceux qui défendirent le monde musulman contre les périls du temps. En cela réside le difficile enjeu du présent ouvrage : saisir, de façon aussi fine que possible, au-delà de la distinction et des rapports de domination, les modalités de cette longue coexistence, et étudier, comprendre et restituer la complexité des interactions et des relations que Mamelouks et élites civiles et religieuses ont su tisser entre eux. Pour ce faire, cette étude se concentre sur le règne des sultans turcs (1250-1382), la Dawlat al-Atrāk.

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