
Contre l'Etat islamique, Hollande a eu raison trop tôt En 2013, le président français avait préconisé et préparé la participation de la France à une intervention aérienne contre Damas. Cela aurait peut-être évité que se crée un vide entre le pouvoir de Bachar el-Assad et l’opposition syrienne modérée –vide dans lequel les extrémistes se sont engouffrés. Obama avait alors refusé d'agir, il y est acculé aujourd'hui. Si la situation internationale n’était pas si grave et si François Hollande avait le loisir d’être d’humeur badine, il pourrait tirer une certaine satisfaction du changement de cap opéré par Barack Obama. Le président de la République avait en effet préconisé et préparé, en août 2013, la participation de la France à une intervention aérienne contre les forces du régime de Damas après que celui-ci avait utilisé des armes chimiques contre sa propre population. En 2013, l’ennemi et les cibles n’étaient pas a priori les mêmes qu’aujourd’hui. Aux Etats-Unis, aussi, la même critique, plus ou moins voilée, est adressée à Barack Obama.
VU DU MOYEN-ORIENT • Poutine se vengera sur la Syrie L'ensemble de la presse arabe s'accorde à lier les dossiers ukrainien et syrien, considérés comme deux piliers dans la stratégie du président russe. Courrier international 26 février 2014 | Partager : Pour le quotidien panarabe nationaliste Al-Quds Al-Arabi, "les dirigeants russes se sont employés à faire échouer les deux révolutions ukrainienne et syrienne. C’est pourquoi les révolutionnaires syriens ont vu dans la fuite de Ianoukovitch une victoire pour eux-mêmes. Certains d’entre eux ont même participé aux combats de rue à Kiev, brandissant côte à côte le drapeau syrien et le drapeau ukrainien." Or, estime le journal, "les Russes seront d’autant plus intraitables sur la Syrie qu’ils viennent de perdre en Ukraine". De son côté, le quotidien libéral libanais An-Nahar note : "On ignore dans quelle mesure l’incendie en Ukraine a contribué au vote à l’unanimité, le 19 février au Conseil de sécurité de l’ONU, d’une résolution autorisant l’acheminement d’aide humanitaire en Syrie.
VU DU MONDE ARABE • François Hollande courageux face à l'Iran La politique étrangère de la France est courageuse : François Hollande ne louvoie pas comme Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac avec l'Iran des mollahs, estime le site d'information panarabe. Un hommage au président français, plutôt rare de nos jours dans la presse internationale. 6 octobre 2014 | Partager : Est-ce l'éveil de la France ? Sous la présidence de Jacques Chirac, Paris cherchait à satisfaire les désiderata iraniens, au point que l'organisation des Moudjahidin du peuple [opposition iranienne islamique de gauche] subissait une répression inouïe, avec des assauts sauvages, des destructions de biens et des saisies d'argent [en 2003, le siège de l'organisation à Auvers-sur-Oise avait été perquisitionné et les dirigeants accusés de terrorisme].
IRAK • Jusqu’où iront les djihadistes Le 10 juin, le groupe djihadiste de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) s’est emparé de Mossoul, deuxième ville du pays, et poursuit son avancée dans le Nord et le Centre. Cette offensive, d'une envergure sans précédent, menace toute la région. 11 juin 2014 | Partager : Est-ce que les djihadistes vont occuper Bagdad ? Mossoul est tombée, ainsi que d'autres villes de la province de Ninive. L'armée se retrouve isolée C'est Nouri Al-Maliki qui est à blâmer. Au lieu de sérieusement combattre les groupes terroristes, il se sert du prétexte de lutte contre le terrorisme pour régler des comptes politiques. Que Maliki reste Premier ministre ou pas [son groupe parlementaire vient d'arriver largement en tête des élections législatives du 30 avril, mais aura du mal à constituer une coalition lui permettant d'atteindre la majorité absolue au Parlement], la lutte contre les organisations terroristes sera longue et douloureuse.
Comment le Qatar a perdu le Moyen-Orient Abou Dabi «Fini le bon temps», c'est ce que m'a dit fin février un diplomate en poste à Doha, comme un présage du séisme politique qui s'apprêtait à frapper le Qatar. publicité Le 5 mars, l'Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis (EAU) et le Bahreïn annonçaient dans un communiqué commun qu'ils rappelaient leurs ambassadeurs postés à Doha –un geste qui, de mémoire récente, fait atteindre à leur vieille rivalité avec le petit émirat pétrolier un niveau de gravité encore inédit. La manœuvre succède à trois ans de tensions croissantes entre le Qatar et d'autres pays du Golfe, un désaccord portant sur l'influence des Frères Musulmans et la meilleure manière de l’appréhender. Une vexation qui a sa source en Iran? Le retrait diplomatique des Etats du Golfe confirme par ailleurs la spectaculaire dégringolade du Qatar qui, il n'y a pas si longtemps encore, était considéré comme l'improbable figure de proue du Moyen-Orient. Youssef al-Qardaoui, figure gênante Le précédent avec l'Arabie saoudite
Les jihadistes instaurent un califat entre l'Irak et la Syrie Depuis l’offensive jihadiste lancée le 9 juin dans le nord et l’ouest de l’Irak, le l’expression clef « #SykesPicotOver » a fait son apparition dans la mouvance radicale présente sur le réseau social Twitter. Ce n’est pas un hasard : l’objectif de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) est de redessiner les frontières héritées des accords Sykes-Picot de 1916, lesquels ont modelé les pays du Moyen Orient tels que nous les connaissons actuellement. Héritier de l’organisation terroriste fondée par Abou Moussab al-Zarkaoui (qui bénéficia, pendant un temps, de la bienveillance du régime syrien), puis de l’Etat islamique en Irak, l’EIIL avait subi de gros revers infligés par les forces américaines, aidées par les tribus sunnites. Ainsi, l’EIIL a conquis de la majeure partie de la province de Raqa (nord), de larges parts de celle de Deir Ezzor (est), frontalière de l’Irak ainsi que certains secteurs de celle d’Alep (nord).
Guerre Iran-Irak : la CIA renseignait Saddam Hussein, malgré les armes chimiques Dans les années 1980, Washington a fourni des renseignements à Bagdad sur des préparatifs d'offensives iraniennes sachant pertinemment que l'Irak y répondrait par des attaques chimiques, révèle le magazine Foreign Policy. Quel a été le véritable jeu des États-Unis durant la guerre Iran-Irak (1980-1988)? S'appuyant sur des documents déclassifiés de la CIA et des témoignages d'anciens hauts gradés, le magazine américain Foreign Policy soutient que Washington savait dès 1983 que Saddam Hussein n'hésitait pas à recourir à des bombardements de gaz sarin ou tabun (gaz neurotoxique encore plus puissant que le gaz sarin) face aux troupes iraniennes. Deux substances létales qui sont interdites par le Protocole de Genève, ignoré par l'Irak, mais ratifié par les États-Unis dès 1975. La CIA renseignait l'Irak sur des préparatifs d'offensives iraniennes pendant le conflit, sachant pertinemment que Bagdad y répondrait par des attaques à l'arme chimique, révèle le magazine.
Il faut refuser de regarder les images des mises à mort Ce n'est pas seulement une question de dignité des victimes ou de «jouer le jeu des djihadistes»: c'est qu'elles ne nous laissent psychiquement le choix qu'entre deux positions possibles, victime ou bourreau. Ecrit à l'occasion de l'assassinat par l'Etat islamique des deux journalistes (James Foley et Steven Sotloff) et du travailleur humanitaire (David Haines), cet article a été mis à jour ce 24 septembre, après l'annonce, par les médias, de l'exécution d'Hervé Gourdel, Français enlevé en Algérie le 21 septembre. L'information n'est pour le moment pas confirmée par les autorités françaises mais serait relayée, à l'instar des cas précédents, par une vidéo. Ces derniers jours, les images des décapitations des personnes assassinées par l'État islamique ont provoqué de multiples réactions quant à leur diffusion. Certains estiment qu’il s’agit d’informer le public, d’autres qu’elles permettent d'opérer une prise de conscience quant à la réalité de l’Etat islamique. Vincent Magos
Iran, la destruction nécessaire | Les raisons-prétextes de l'Occident Depuis 1979 et la Révolution islamique, l’Iran se trouve dans une situation géopolitique inconfortable. Mis au ban des nations par les Occidentaux, saigné par une guerre de 8 ans avec l’Irak soutenu de l’extérieur, mis dans l’Axe du mal par les néoconservateurs sous George W. Bush, asphyxié par des sanctions économiques et des embargos, infiltré et déstabilisé par des services de renseignements étrangers, allié à la Syrie et au Hezbollah, accusé de vouloir « rayer Israël de la carte », depuis plus d’un demi siècle l’Iran lutte pour préserver son indépendance dans des conditions périlleuses. L’auteur avance et développe des faits et des arguments à l’appui de cette prédiction, qu’il conclut à chaque fois d’une courte phrase en forme de leitmotiv : « C’est pourquoi l’Iran sera détruit ». Les fausses raisons de l’animosité du système envers l’Iran Les raisons de la destruction de l’Iran, selon l’auteur, ne sont pas celles avancées dans les grands médias commerciaux.
Les frappes aériennes contre l'EI seront peut-être plus efficaces qu'on ne le pense L'histoire montre que sans troupes au sol, les bombardements n'ont guère de résultat. Mais l'histoire ne se répète pas toujours. La guerre aérienne du président Obama contre des cibles terroristes en Syrie a commencé, plus tôt et plus profondément qu’on aurait pu s’y attendre. Le passé nous enseigne que les frappes aériennes n’ont généralement que peu d’effets, à moins d’être associées à des assauts par des troupes au sol, ce que les Etats-Unis se refusent à faire et que les «rebelles syriens modérés» ne sont pas encore capables de réaliser. La difficulté: l'Etat islamique n'est pas un Etat Les analystes qui dénoncent les limites des forces aériennes font souvent référence, entre autres, aux guerres contre l’Allemagne nazie, l’Irak de Saddam Hussein et l’Afghanistan des talibans. Tel n’est pas le cas de l’EI, qui s’il se qualifie d’Etat et aspire à contrôler les zones qu’il occupe, n’en possède ni les mécanismes de gouvernement ni les institutions politiques. L'enjeu est aussi politique