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Bernard Stiegler : « l’emploi salarié va devenir minoritaire »

Bernard Stiegler : « l’emploi salarié va devenir minoritaire »
Bernard Stiegler lors de son intervention au OuiShare Fest © OuiShare Bernard Stiegler est directeur du groupe de réflexion Ars Industrialis (Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit) et de l’IRI (Institut de Recherche et d’Innovation) qu’il a créé au sein du centre Georges Pompidou. Interview réalisée à l'occasion du OuiShare Fest, festival de l'économie collaborative, à Paris du 5 au 7 mai 2014. L’économie collaborative ne dessine-t-elle pas les contours de ce nouveau mode d’organisation du travail ? Michel Bauwens : « le peer-to-peer est l'idéologie des travailleurs de la connaissance » Related:  Articles Best-of - synthétiques & représentatifs | B. StieglerLE TRAVAIL

Nous sommes au bout du modèle fordiste, il faut passer à un modèle contributif Bernard Stiegler est philosophe, théoricien de l’évolution des systèmes techniques. Il a découvert les modèles du libre de façon presque accidentelle, en tant que Directeur de l’INA. Initiateur et président du groupe de réflexion philosophique Ars industrialis créé en 2005, il dirige également depuis avril 2006 l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) qu’il a créé au sein du centre Georges-Pompidou. Les modèles ouverts, contributifs et collaboratifs sont de plus en plus nombreux, la contribution s’étend à de nouveaux territoires, comment interprétez-vous cette évolution ? Avant de répondre, il y a un préalable, reconnaître que tous les modèles ne sont pas équivalents. Facebook, c’est contributif, mais par certains aspects, c’est un modèle pire que son équivalent non contributif, je préfère presque TF1. C’est pour cela que je parle de pharmakon. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une typologie des modèles contributifs. Il y une explication, elle tient à l’écosystème, la macro économie.

Travail et automatisation : la fin du travail ne touche pas que les emplois les moins qualifiés Quel est le risque que votre emploi soit automatisé dans les prochaines années ? questionnait une récente étude (.pdf) réalisée par un économiste et un ingénieur d’Oxford et signalée par Martin Lassard sur Triplex. Pour les auteurs, Carl Benedikt Frey et Michael Osborne, 47% des postes décrits dans les nomenclatures professionnelles traditionnelles (soit environ 702 professions analysées) sont susceptibles d’être remplacées par des machines, des formes d’automatisation logicielles ou robotiques. Selon eux, cette évolution devrait se faire en deux temps, la première touchant principalement le secteur des transports et de la logistique, les emplois de bureaux et d’administration et les fonctions de production. Mais dans un second temps, l’automatisation devrait toucher des emplois dans les services, dans la vente et la construction notamment, du fait du développement de robots et logiciels capables de créativité et d’intelligence sociale. La généralisation de la déqualification

Qu'est-ce qui pousse les Français à devenir végétariens? Ils seraient un à deux millions de Français à avoir choisi ce régime alimentaire. Ils ont leurs restaurants, leurs magasins et depuis quatorze ans ils ont leur fête : la “Veggie Pride”. Elle existe aussi bien en France qu’en Italie ou en Grande-Bretagne. Elle réunit chaque année végétariens, végétaliens et vegans autour du même combat : “le refus de l’exploitation des animaux et leur défense”, explique Brigitte Gothière, porte-parole de l’association L214. Née en 2001 en France, la Veggie Pride vise à “sortir du placard afin de crier contre la souffrance animale”, raconte Brigitte Gothière. Le choix du végétarisme va plus loin dans les motivations. “Être végétarien est une conviction profonde liée au faite que l’animal est un être sensible comme l’humain. Selon un rapport de 2006 publié par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’élevage serait responsable de 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Changement dans le rapport à l’animal

Bernard Stiegler : « Le marketing détruit tous les outils du savoir Texte publié intégralement dans la revue Soldes [1], que vous pouvez vous procurer dans l’une de ces librairies ou lors de l’événement organisé au Point éphémère à Paris le 24 mars (voir à la fin de l’article). Peut-on sortir de l’ère industrielle ? J’ai la conviction profonde que ce qu’on appelle humain, c’est la vie technicisée. Quand on appréhende les questions dans leur globalité, il est inconcevable de faire face à cette poussée démographique avec des moyens non industriels. D’où vient cette hégémonie du capitalisme financier ? En 1977, au moment du mouvement punk, c’est l’enclenchement d’une catastrophe annoncée. Comment s’opère cette destruction des savoirs ? Aujourd’hui, 180 millions de Chinois sont dépressifs et partout ailleurs les gens sont dépressifs. Le marketing triomphant… ? Ce qui s’est mis en place dans les années 1950 avec le développement des médias de masse, c’est le projet d’Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud. Le web, c’est l’ère industrielle de l’écriture.

L'urgence de tout repenser, entretien avec Bernard Stiegler En mars dernier, nous avons tendu notre micro au philosophe Bernard Stiegler dans les locaux parisiens de l’Institut de recherche et d’innovation qu’il dirige. Le logiciel libre, ses licences, le domaine public, les biens communs : autant de sujets qui intéressent hautement Bernard Stiegler. Mais pour lui, toutes ces problématiques s’inscrivent dans un cadre beaucoup plus vaste, qu’il est urgent de prendre à bras le corps : la révision totale de l’organisation de notre société. L’économie de la contribution Bernard Stiegler considère le logiciel libre comme la matrice de l’économie de la contribution ; c’est en effet une activité industrielle qui ne prive plus les gens de leur savoir mais au contraire développe des savoirs, individuels et collectifs, dans un processus de déprolétarisation. Par ailleurs, la numérisation est en train d’engendrer une automatisation colossale, bien plus importante que celle que l’on a connue par le passé. Aller au delà du choix des licences libres Pharmakon

Les intermittents de la colère Après l’occupation de l’Opéra Garnier, puis du Carreau du Temple à Paris, en mars dernier, une intervention lors du Forum de Chaillot sur l’avenir de la culture en Europe qui s’est tenu à Paris les 4 et 5 avril, les intermittents du spectacle se sont invités, le soir du jeudi 8, au « 20 heures » de France 2. Présenté par David Pujadas, le Journal télévisé a été aussitôt interrompu par la chaîne publique. En cause : l’accord sur l’assurance-chômage des intermittents du spectacle L’objet de ces opérations coups de poing, lancées à l’initiative de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) ? La signature de l’accord sur l’assurance-chômage, et notamment celle des intermittents du spectacle, conclu le 21 mars entre les organisations patronales et trois syndicats (la CFDT, la CFTC et FO), tandis que deux autres signifiaient leur opposition (la CGT et la CGC). « Ce sont les plus fragiles qui sont visés » La mort programmée des petites compagnies Défense de la CFDT

Bordeaux et Barcelone, capitales de l’eau intelligente ? Sous la pression des normes et règlementations, en raison de l'évolution des tarifs de l'énergie, grâce à l'impulsion des collectivités, pour répondre aux attentes des consommateurs ou pour s'adapter aux effets du changement climatiques… bref, dans un contexte de mutation sociétale générale, Suez Environnement et sa filiale Lyonnaise des eaux, font évoluer leur modèle économique. Le modèle du délégataire payé uniquement sur le nombre de m3 consommés a vécu ou est en train de disparaître. "Aujourd'hui, notre modèle a changé. Nous sommes un acteur d'une consommation maîtrisée de la ressource en eau. De fait, nous mettons en place des innovations, des services qui vont dans le sens d'une baisse des consommations. "Cela va dans le sens de l'histoire, même si cela modifie notre modèle économique. "L'eau intelligente", un marché en croissance de 14% par an Bordeaux capitale R&D de Lyonnaise des eaux

Pharmacologie du Front National - Un livre de Bernard Stiegler. • Ars Industrialis Quatrième page de couverture : Lorsqu'une société souffre d'une façon qu'elle ne parvient pas à expliquer ni à soigner, elle se met à persécuter un bouc émissaire – et c'est d'abord en ce sens que nous parlons d'une « pharmacologie du Front National ». Extrait (p. 53) : « Quant à nous qui venons aujourd'hui, c'est à dire après l'effondrement de cette calamiteuse aventure planétaire néoconservatrice et ultralibérale également appelée « mondialisation » , qui aura planétarisé l'immonde, et dont l'idéologie domine encore, et même comme jamais, la tâche qui s'impose est de reconstruire un savoir-vivre, et avec lui des savoir-faire et des savoirs théoriques – le savoir-vivre contemporain devant être issu, dans nos sociétés, et pour autant qu'elles sont encore policées, de la polis grecque, et constituer en cela la nouvelle forme historique de la citoyenneté. Extrait (p. 35) : L'avis d'un lecteur : Introduction

Notes sur Stiegler : Amateur d'art / consommateur d'art - Culture / Ordinaire Blog B. Stiegler est un des chercheurs français (philosophe) qui théorise les pratiques amateur (amatrices, non ?), ou encore ce qu'il appelle "l'amatorat". Ses questions et problématiques croisent donc largement celles de ce blog. Cette conférence s'articule assez clairement autour d'une opposition entre deux modèles, deux manières d'articuler figure de l'amateur et société industrielle, deux économies, deux manières de penser : 1) Le modèle du consumérisme culturel (de la prolétarisation). 2) Le modèle du logiciel libre, (l'économie de la contribution). Ces deux modèles, s'ils permettent des interprétations de l'Histoire, ne correspondent pas pour autant à des périodes historiques précises ni même successives. 0) Boite à outils : (cc/studiocurve) Ces deux modèles articulent, de manière radicalement opposée, des thématiques communes. • Les technologies de l'esprit : ce sont des technologies cognitives et culturelles, dénomination que B. Pour en savoir plus sur le vocabulaire de B. Conclusion

Intermittents, en 2003 déjà Retour sur l’été 2003 et les derniers soubresauts d’un serpent de mer de la vie sociale française. À la base de cette crise estivale de 2003, dont tout le monde craint la répétition cette année, on trouve la renégociation des annexes VIII et X de l’Unédic, relatives au régime des intermittents du spectacle. Remise en cause du régime des intermittents Le 26 juin 2003, le Medef et trois syndicats minoritaires signaient un protocole d’accord sur la modification de ces annexes, dans le but de ramener à l’équilibre financier l’assurance-chômage. Début juillet, le ministre de la Culture du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Jean-Jacques Aillagon, annonce qu’il reconnaîtra l’accord. Avignon annulé, 30 millions d’euros de perte… Pour la première fois de son histoire, le Festival d’Avignon est annulé, avec des conséquences financières évaluées à 30 millions d’euros, faisant réaliser à quel point la culture a un impact important en termes de produit intérieur brut (PIB). De maigres avancées

Larry Page : l'histoire inédite du vrai fondateur de Google Vous connaissez le parcours de Steve Jobs et de Mark Zuckerberg. Mais, connaissez-vous celui de Larry Page, le créateur de Google ? Un jour de juillet 2001, Larry Page décida de virer tous les chefs du projet Google. Tous. Cela faisait cinq ans que Larry Page, alors étudiant de 22 ans diplômé de Stanford, avait eu une idée au beau milieu de la nuit. Ce que Larry Page écrivit cette nuit-là devint la base d'un algorithme qu'il appela PageRank et qu'il utilisa pour alimenter un nouveau moteur de recherche Web appelé BackRub. En juillet 2001, BackRub fut renommé en Google. Comme dans la plupart des start-up, les fondateurs de Google géraient en direct les ingénieurs. Il décida que des changements étaient nécessaires. D'après "I'm Feeling Lucky", témoignage de Douglas Edwards sur les premières années de Google, la directrice des ressources humaines, Stacey Sullivan, une femme austère qui porte la frange, pensait que le plan de Larry Page était dingue. Larry Page ignora ses conseils. "Zut !

prendre la mesure de cette phrase : Il est extrêmement urgent de réinventer l’édition à travers une « politique industrielle des technologies de l'esprit » by grekos Jul 11

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