background preloader

Bernard Stiegler : « l’emploi salarié va devenir minoritaire »

Bernard Stiegler : « l’emploi salarié va devenir minoritaire »
Bernard Stiegler lors de son intervention au OuiShare Fest © OuiShare Bernard Stiegler est directeur du groupe de réflexion Ars Industrialis (Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit) et de l’IRI (Institut de Recherche et d’Innovation) qu’il a créé au sein du centre Georges Pompidou. Interview réalisée à l'occasion du OuiShare Fest, festival de l'économie collaborative, à Paris du 5 au 7 mai 2014. L’économie collaborative ne dessine-t-elle pas les contours de ce nouveau mode d’organisation du travail ? Michel Bauwens : « le peer-to-peer est l'idéologie des travailleurs de la connaissance »

Travail et automatisation : la fin du travail ne touche pas que les emplois les moins qualifiés Quel est le risque que votre emploi soit automatisé dans les prochaines années ? questionnait une récente étude (.pdf) réalisée par un économiste et un ingénieur d’Oxford et signalée par Martin Lassard sur Triplex. Pour les auteurs, Carl Benedikt Frey et Michael Osborne, 47% des postes décrits dans les nomenclatures professionnelles traditionnelles (soit environ 702 professions analysées) sont susceptibles d’être remplacées par des machines, des formes d’automatisation logicielles ou robotiques. Selon eux, cette évolution devrait se faire en deux temps, la première touchant principalement le secteur des transports et de la logistique, les emplois de bureaux et d’administration et les fonctions de production. Mais dans un second temps, l’automatisation devrait toucher des emplois dans les services, dans la vente et la construction notamment, du fait du développement de robots et logiciels capables de créativité et d’intelligence sociale. La généralisation de la déqualification

Bernard Stiegler : « Le marketing détruit tous les outils du savoir Texte publié intégralement dans la revue Soldes [1], que vous pouvez vous procurer dans l’une de ces librairies ou lors de l’événement organisé au Point éphémère à Paris le 24 mars (voir à la fin de l’article). Peut-on sortir de l’ère industrielle ? J’ai la conviction profonde que ce qu’on appelle humain, c’est la vie technicisée. Quand on appréhende les questions dans leur globalité, il est inconcevable de faire face à cette poussée démographique avec des moyens non industriels. D’où vient cette hégémonie du capitalisme financier ? En 1977, au moment du mouvement punk, c’est l’enclenchement d’une catastrophe annoncée. Comment s’opère cette destruction des savoirs ? Aujourd’hui, 180 millions de Chinois sont dépressifs et partout ailleurs les gens sont dépressifs. Le marketing triomphant… ? Ce qui s’est mis en place dans les années 1950 avec le développement des médias de masse, c’est le projet d’Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud. Le web, c’est l’ère industrielle de l’écriture.

Les intermittents de la colère Après l’occupation de l’Opéra Garnier, puis du Carreau du Temple à Paris, en mars dernier, une intervention lors du Forum de Chaillot sur l’avenir de la culture en Europe qui s’est tenu à Paris les 4 et 5 avril, les intermittents du spectacle se sont invités, le soir du jeudi 8, au « 20 heures » de France 2. Présenté par David Pujadas, le Journal télévisé a été aussitôt interrompu par la chaîne publique. En cause : l’accord sur l’assurance-chômage des intermittents du spectacle L’objet de ces opérations coups de poing, lancées à l’initiative de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) ? La signature de l’accord sur l’assurance-chômage, et notamment celle des intermittents du spectacle, conclu le 21 mars entre les organisations patronales et trois syndicats (la CFDT, la CFTC et FO), tandis que deux autres signifiaient leur opposition (la CGT et la CGC). « Ce sont les plus fragiles qui sont visés » La mort programmée des petites compagnies Défense de la CFDT

Pharmacologie du Front National - Un livre de Bernard Stiegler. • Ars Industrialis Quatrième page de couverture : Lorsqu'une société souffre d'une façon qu'elle ne parvient pas à expliquer ni à soigner, elle se met à persécuter un bouc émissaire – et c'est d'abord en ce sens que nous parlons d'une « pharmacologie du Front National ». Extrait (p. 53) : « Quant à nous qui venons aujourd'hui, c'est à dire après l'effondrement de cette calamiteuse aventure planétaire néoconservatrice et ultralibérale également appelée « mondialisation » , qui aura planétarisé l'immonde, et dont l'idéologie domine encore, et même comme jamais, la tâche qui s'impose est de reconstruire un savoir-vivre, et avec lui des savoir-faire et des savoirs théoriques – le savoir-vivre contemporain devant être issu, dans nos sociétés, et pour autant qu'elles sont encore policées, de la polis grecque, et constituer en cela la nouvelle forme historique de la citoyenneté. Extrait (p. 35) : L'avis d'un lecteur : Introduction

Intermittents, en 2003 déjà Retour sur l’été 2003 et les derniers soubresauts d’un serpent de mer de la vie sociale française. À la base de cette crise estivale de 2003, dont tout le monde craint la répétition cette année, on trouve la renégociation des annexes VIII et X de l’Unédic, relatives au régime des intermittents du spectacle. Remise en cause du régime des intermittents Le 26 juin 2003, le Medef et trois syndicats minoritaires signaient un protocole d’accord sur la modification de ces annexes, dans le but de ramener à l’équilibre financier l’assurance-chômage. Début juillet, le ministre de la Culture du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Jean-Jacques Aillagon, annonce qu’il reconnaîtra l’accord. Avignon annulé, 30 millions d’euros de perte… Pour la première fois de son histoire, le Festival d’Avignon est annulé, avec des conséquences financières évaluées à 30 millions d’euros, faisant réaliser à quel point la culture a un impact important en termes de produit intérieur brut (PIB). De maigres avancées

Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014 : régime général, annexe 4 et annexes 8 et 10 L’analyse fouillée de la nouvelle réglementation révèle qu’elle touchera tous les chômeurs. Le croisement des différentes règles qu’elle instaure va fabriquer une machine infernale d’exclusion et de fragilisation, qui poussera chacun à accepter de travailler dans la plus grande précarité, à prendre tous les petits boulots qui se présenteront. Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014 concernant les chômeurs du régime général, les intérimaires, les salariés victimes d’un licenciement injustifié, les intermittents du spectacle et les chômeurs seniors. Pour mémoire, 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France. Comme précédemment en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Italie, nous assistons au processus européen de démantèlement de l’assurance chômage et de précarisation des salariés. Nous, chômeurs au régime général, Rappelons que, aujourd’hui, 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés. Nous, intérimaires, La liste des bénéficiaires de l’annexe 4 changera.

Nouveau différé d’indemnisation Le versement de l’allocation ne débute pas immédiatement à l’inscription auprès de Pôle emploi. Plusieurs délais et différés peuvent intervenir avant le début de l'indemnisation par l'Assurance chômage. À quoi correspondent-ils ? Le principe des différés L’allocation chômage (ARE) est destinée à compenser la perte de salaire pendant une période de chômage : c’est un revenu de remplacement. Si le salarié perçoit de son employeur une indemnité compensatrice de congés payés, c’est un revenu qui ne peut être cumulé avec un revenu de remplacement. Comme ces indemnités constituent un revenu, elles donnent lieu au calcul de différés. C’est pourquoi le versement de l’allocation n’est pas immédiat, les différés décalent le point de départ de l’indemnisation. Un délai d'attente de 7 jours est systématique, sauf s’il a été appliqué dans les 12 mois précédents. Quand commence le versement de mes allocations chômage ? A savoir Les différés d’indemnisation ne diminuent pas la durée d’indemnisation.

Repenser la place du travail | Notes d'Actu | L'actualité Aux prises avec un patron pratiquant le management par la terreur et le mépris, elle a commencé par se battre. Avant de négocier son départ. Pour elle, il est devenu urgent de « garder un certain détachement par rapport au travail, de rééquilibrer ses valeurs, faire également des choses pour soi et sa famille ». Les « parcours de vie » qui jalonnent l’enquête réalisée par Catherine Viot sont souvent axés sur une remise en question de l’entreprise : chômage de longue durée, double occupation, création d’une très petite entreprise, activité artistique, passage d’un statut de cadre à un métier manuel indépendant… Ce n’est pas anodin. Retrouver les justes mesures « Entre excès et absence, amour et désamour, le travail peine à occuper sa juste place. Sur quel terrain se joue le match ? Neuf emplois sur dix étant aujourd’hui salariés, qui dit « travail » dit « entreprise ». A commencer par la définition spatio-temporelle de l’entreprise. Redonner du sens Néanmoins, quelques pistes s’ouvrent.

« Le droit au travail, c'est un non-sens » (Albert Paraz) | Noël Godin Pour circuler sur mon lieu de travail, je devais me munir d’un badge en plastique, afin d’ouvrir des portes en verre, fermées pour cause de sécurité. Le badge était grand comme une carte bancaire, on le glissait dans son portefeuille, et lorsqu’on rencontrait une porte automatique nous refusant le passage, nous devions sortir cette carte, effleurer un oeil magnétique, qui produisait un bref bip comme seuls les yeux magnétiques en sont capables. Alors coulissaient les deux pans de vitre avec une furtive élégance. Il nous semblait ainsi pénétrer un couloir de modernité, le coeur chauffé par un sentiment d’exquise appartenance, de studieuse protection. Le temps a fait cependant son oeuvre, en consacrant un peu de lui même à ruiner la jeunesse des portes automatiques, et l’enthousiasme logistique à les entretenir. Il a dû y avoir un rongeur ou un chat trouvant la mort dans les longs conduits peuplant les murs, et les ouvertures avaient dû être bloquées pour aérer les aérations.

François Jarrige : "Et si on imaginait une société où le travail serait libérateur ?" | Special Guest Pour circuler sur mon lieu de travail, je devais me munir d’un badge en plastique, afin d’ouvrir des portes en verre, fermées pour cause de sécurité. Le badge était grand comme une carte bancaire, on le glissait dans son portefeuille, et lorsqu’on rencontrait une porte automatique nous refusant le passage, nous devions sortir cette carte, effleurer un oeil magnétique, qui produisait un bref bip comme seuls les yeux magnétiques en sont capables. Alors coulissaient les deux pans de vitre avec une furtive élégance. Je me demandai parfois ce que Louis XVI aurait pensé de ces étranges serrures, les clefs devenues des rectangles mous, débloquant le verrou par la force des ondes, ces portes si transparentes, et lavées avec tant de diligence chaque jour qu’il avait fallu faire machine arrière et apposer de grands cercles rouges au niveau du nez, afin d’éviter les collisions accidentelles dans la solitude des corridors. La seule porte semblant tenir bon fut celle qui conduisait à mon bureau.

Dans les lycées et les facs, grève générale contre la loi Macron Nous, membres du Mouvement Inter Luttes Indépendant, avons rédigé un tract appelant la jeunesse à se mobiliser aux côtés des travailleurs le 9 avril, contre la loi Macron. Nous appelons à organiser des comités de mobilisation - ou pas - pour bloquer nos facs, nos lycées, les routes et à converger sur la place de la Nation pour 11h. Le 10 décembre 2014, Emmanuel Macron, ministre de l’économie a proposé au conseil des ministres le projet de loi pour la croissance et l’activité : la loi macron. Le texte comportant 106 articles est une preuve de plus que le parti socialiste n’est qu’un rouage dans la machine capitaliste et libérale. Quels sont les principaux changements avec cette loi ? • Le gouvernement semble vendre le travail du dimanche sur la base du volontariat, mais nous savons que l’élargissement des zones touristiques, internationales, commerciales ne permettrons pas aux salarié-e-s de choisir sous le joug des patron-ne-s. En quoi la jeunesse va-t-elle être confrontée à cette loi ?

prendre la mesure de cette phrase : Il est extrêmement urgent de réinventer l’édition à travers une « politique industrielle des technologies de l'esprit » by grekos Jul 11

Related: