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Contre le masculinisme. Petit guide d'autodéfense intellectuelle

Contre le masculinisme. Petit guide d'autodéfense intellectuelle
Cette brochure se veut un outil « d’autodéfense intellectuelle » : nous proposons ici quelques pistes pour identifier les discours et les pratiques de ce mouvement réactionnaire que l’on nomme le masculinisme, de manière à pouvoir mieux les repérer et les « démonter ». Pour nous, tout a commencé à Grenoble, un soir de janvier 2011, où nous nous sommes retrouvé.e.s quelques potes à la projection d’un documentaire intitulé « Des hommes en vrai » [1] ; projection organisée par la mairie de Grenoble et en présence des membres du Réseau Hommes Rhône-Alpes (voir la partie 1). Nous avons été atterré.e.s par ce que nous avons vu et entendu ce soir-là, et nous avons alors décidé de réagir. Nous avons commencé à mieux nous informer sur « le masculinisme » et à mettre en place un travail de veille. Quelques mois plus tard, nous avons organisé une soirée publique, histoire de diffuser de l’information et de partager nos analyses. Le texte se découpe en quatre parties.

http://lagitation.free.fr/?article163

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Les « vérités » d’Eric Zemmour : les femmes diluent-elles le pouvoir ? Si les contradicteurs d’Eric Zemmour ont tellement de mal avec lui, c’est qu’il part toujours de faits observables et peu contestables. Auxquels il fait ensuite dire ce qui lui convient. Il y a quelques semaines, cette interview par Ruth Elkrief a pas mal circulé sur les réseaux sociaux et donné lieu à quelques réactions (le blog des Martiennes, les Nouvelles News). Eric Zemmour y énonce une série de « vérités » : « Il y a un lien entre pouvoir et virilité, les hommes ont inventé le pouvoir », « le pouvoir est masculin » et il ne manque pas de préciser, que, bien entendu, il y a des exceptions et des femmes qui ont accédé au pouvoir en utilisant des valeurs masculines. Qu’y a t-il à redire à ça ?

« Femmes contre le féminisme » : décryptage d'un paradoxe À l’heure où nous publions ces lignes, la page Facebook « Women Against Feminism » avoisine les 5 000 « J’aime ». Reprises par BuzzFeed, les photos « témoignages » de jeunes femmes auto-proclamées « anti-féministes » sont en train de circuler sur les réseaux sociaux, et de nouveaux soutiens affluent en continu sur la page Facebook. Ma première réaction en découvrant ces témoignages anti-féministes relevait de l’exaspération profonde, doublée d’un faceplam. Il suffit de lire les textes proposés par ces jeunes femmes pour se rendre compte qu’elles n’ont clairement rien compris au féminisme. « Je n’ai pas besoin du féminisme car je ne veux pas que mon genre soit politisé » (on a remplacé les visages de ces filles par des chats pour des raisons d’anonymat) Mais ton genre EST politisé, là est bien le problème, justement, et surtout aux États-Unis, où de nombreux projets de lois touchent aux droits à l’avortement et à la contraception.

Les hommes et les femmes ont-ils des cerveaux différents ? Le Monde.fr | • Mis à jour le | Propos recueillis par Lucie Soullier En distinguant l'identité sexuelle du sexe biologique, les études de genre affirment que la nature ne suffit pas à faire des hommes et des femmes. Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherche à l'Institut Pasteur a travaillé sur la plasticité du cerveau. Le cerveau du fœtus se forme-t-il différemment, au cours de la grossesse, selon que l'enfant à naître est une fille ou un garçon ? Catherine Vidal : Non, il n'y a pas de différence anatomique entre les cerveaux des fœtus filles et garçons. Les gènes qui permettent de construire les hémisphères cérébraux, le cervelet et le tronc cérébral sont en effet indépendants des chromosomes X et Y.

Quelques mecsplications Le "mescplication", charmante traduction de l'anglais "mansplaining" proposée par @celinelt, fait débat sur la toile. Ca a commencé par une discussion sur Twitter qui a donné lieu à un billet sur le (très bon) blog Ça fait genre. L'article a déchaîné les passions sur la toile, j'ai vu passer plein de tweets du style : "et alors les hommes n'ont pas le droit de s'exprimer sur le féminisme ?" Je ne sais pas si le monsieur incriminé dans le post a effectivement fait du mansplaining, et j'avoue que je m'en fous. Ce n'est pas le sujet. Une comparaison entre misandrie et misogynie On pourrait croire à première vue que les deux se valent. Que toutes les formes de violence sont équivalentes, injustifiées et injustifiables. Et que la misandrie est tout aussi dommageable que la misogynie.

mansplaining Hier, Sophie Gourion, une féministe que j’apprécie et que je suis sur Twitter, a eu un long débat à propos du marketing genré. Elle a écrit, il y a quelques mois, un article pour Slate sur cette stratégie "qui consiste à segmenter l’offre produit en fonction du sexe","une façon indirecte de démultiplier les intentions d’achat, deux produits sexués devant ainsi se substituer à un seul produit mixte au sein d’un ménage". Une des personnes avec qui elle discutait n’y voyait pas de sexisme et, surtout, pas un sujet de préoccupation pour les féministes; d’où ce tweet (écrit par un homme):

L’insidieuse infiltration du masculinisme en travail social Une formation en travail social, ainsi qu’une brève immersion dans la pratique sont suffisantes pour observer une présence assez marquée des discours masculinistes au sein de la discipline. Il semble que ce domaine, pour diverses raisons, soit un terreau assez fertile à l’expansion de la mobilisation masculiniste. C’est, en soi, assez inquiétant. Garde des enfants - Les pères ont-ils raison de se plaindre ? Éléments de réponse à la lumière de recherches récentes. Depuis quelques années, et de façon très spectaculaire récemment, des groupes de pères séparés ou divorcés, notamment Fathers 4 Justice, protestent contre les supposés préjugés du « système judiciaire » à leur endroit, lesquels, en favorisant indûment la mère dans l’octroi de la garde, les empêcheraient de maintenir une relation significative avec leurs enfants et de jouer leur rôle de pères auprès de ceux-ci. Voyons ce que diverses données, provenant de l’étude de 800 dossiers judiciaires de Montréal et de Saint-Jérôme, analysés en 2001, et d’interviews récentes auprès d’avocates et d’avocats, nous apprennent à cet égard. Très majoritairement des ententes

Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Le genre et la parole. Partie 1 : l’occupation de l’espacePartie 2 : le temps de parole et le choix des sujets de conversation Partie 3 : l’expression de la colère Nous avons vu que les hommes – ou du moins les personnes masculines – occupaient plus d’espace que les personnes féminines. Nous allons voir maintenant comment se répartit le temps de parole entre les genres. Je vous renvoie d’emblée à cet article très intéressant « La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation » de Corinne Monnet. « Féminisme , ce gros mot Je suis toujours un peu surprise et atterrée devant la réaction de mon entourage dès que le mot « féminisme » – ou pire « féministe » – surgit dans une conversation. « Oh mais le féminisme, c’est dépassé ! » « Les féministes ? Tu veux parler de ces vieilles aigries hystériques qui braillent pour des droits qu’elles ont déjà ? » « Moi je suis anti-féministe, il y a des choses plus importantes. » « Non mais les féministes elles veulent juste castrer les mecs. » « Elles servent à rien, elles devraient pas être aussi extrémistes. » Pourtant toutes ces petites phrases proviennent de femmes.

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