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Gaël Giraud: Le jésuite qui tient tête aux banques

Gaël Giraud: Le jésuite qui tient tête aux banques
Les catholiques regroupent décidément des sensibilités très différentes. Il y a ceux qui défilent contre le mariage pour tous et puis il y en a d'autres. Et, parmi ces derniers, un qui pose beaucoup de problèmes à ce gouvernement social-libéral. Il s'appelle Gaël Giraud. Marianne : Vous n'êtes pas ce que l'on peut appeler un néolibéral. Gaël Giraud : C'est exact. C'est cependant pour une autre raison que le ministère de l'Economie et des Finances ne vous aime pas. G.G. : A l'origine, il y a l'excellent engagement du candidat Hollande à séparer les banques de crédit des banques de marché afin de protéger les Français des turbulences des marchés financiers. En pratique, la loi Moscovici-Berger [Karine Berger, rapporteuse du projet de loi, l'a défendu bec et ongles] «contraint» les banques à filialiser au plus 1,5 % de leurs activités de marché. En décembre 2012, j'ai pris l'initiative d'écrire un rapport pour éclairer les parlementaires sur le projet de loi. G.G. : En partie, oui. Related:  Pour l'économieProjet CX - P2P (03) Dematerialization Agri etc

Le monde enchanté de François Hollande (1) Voici ma chronique complète de Politis avec les liens qui répond aussi à l'article de Hubert Huertas Jérôme Gleizes Avec François Hollande, nous sommes dans la pensée magique, celle qui provoque les catastrophes politiques comme lors des années 1920. Après avoir découvert la croissance performative où la seule énonciation de celle-ci suffit à sa réalisation, il vient d'inventer la génération spontanée de capital en réhabilitant la loi de Say dans sa conférence de presse du 14 janvier : « L'offre crée sa demande ». Or, une politique conjoncturelle de l'offre, ni d'ailleurs de la demande, ne peut réussir s'il n'existe pas une production potentielle préalable et des capacités de production inutilisées. La désindustrialisation s’accélère depuis 2008 (2). Le mirage immobilier : Si la France ne décroche pas, c'est grâce à l'immobilier dont la valeur continue de progresser au détriment du capital industriel (3). À ce stade, cette politique est plus qu'irrationnelle.

Réforme bancaire : comment le gouvernement s'est écrasé devant le monde de la finance Les banquiers peuvent dormir tranquilles. Ce n’est pas le gouvernement socialiste qui viendra mettre de l’ordre dans les dérives du capitalisme financier. C’est une retraite en rase campagne que s’apprêtent à sonner le Parlement et le gouvernement avec la réforme du secteur bancaire, discutée à l’Assemblée nationale à partir du 12 février. Face à la faiblesse du projet dévoilé en novembre par le ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, on nous promettait des amendements pour « muscler » la loi. Pourquoi faut-il « séparer » les banques ? Pourquoi une loi sur les banques ? Pour reprendre le contrôle sur la finance, François Hollande avait fait une promesse [1] : les banques de dépôt et les banques d’affaires seraient séparées. Ces « banques mixtes » seraient plus solides, affirment leurs dirigeants, qui ne veulent pas entendre parler de séparation. Comment le contribuable subventionne la spéculation Le principal défaut des banque mixtes ? Agnès Rousseaux

L’économie malade de ses modèles L’économiste Gaël Giraud, coordinateur de la traduction de l’ouvrage «L’Imposture économique», suggère une remise en cause radicale des fondements scientifiques et mathématiques de l’économie «orthodoxe». Il nous explique pourquoi. Chef économiste à l’Agence française de développement et directeur de la chaire « Énergie et prospérité », vous avez coordonné la traduction de l’ouvrage de l’Australien Steve Keen, L’Imposture économique, parue aux éditions de l’Atelier. Vous partagez avec lui, qui avait annoncé l’imminence d’une crise financière dès 2005, sa remise en cause radicale des fondements de l’économie néoclassique. Celle-ci s'appuierait sur des modèles qui sont tellement éloignés de toute réalité qu’ils ne peuvent rien prévoir ni rien expliquer. Vous pensez qu'il est possible d'anticiper les crises futures ? File d'attente devant un distributeur de billets à Athènes, le 27 juin 2015. Quelles conséquences ces approximations ont-elles en matière de politique économique ? M. À lire :

Pour Hollande, la « finance a été maîtrisée ». Vous étiez au courant ? Il y a d’abord une pause, une seconde qui paraît bien longue. Aller chez Jean-Jacques Bourdin sur BFM, c’est bien sûr jouer la carte du dialogue musclé. Mais là, on sent que le Président est désarçonné par la simplicité de la question : « Franchement, vous avez combattu la finance ? » Et puis le buste se redresse. « Nous avons taxé les bonus bancaires, il y a une séparation des activités spéculatives et des activités de dépôt. Voilà ce qu’il reste de l’« esprit du Bourget ». La taxe sur les transactions financières (TTF) En attendant l’Europe C’est un marqueur de gauche, qu’on assimile souvent à la taxe Tobin. A cette occasion, il moque les efforts consentis par Nicolas Sarkozy pour instaurer une TTF en France. Au sein de la majorité socialiste, certains entendent toutefois durcir le dispositif. Mais le gouvernement freine les ardeurs parlementaires. « Attendons la mise en place d’une taxe européenne », claironne Bercy. Serpent de mer européen Le plafonnement des bonus bancaires

Les grandes banques françaises profiteraient de l’équivalent d’une subvention de 48 milliards ! Les banques européennes bénéficient d’un « soutien » de 200 à 300 milliards d’euros par an, grâce à la garantie implicite que les États leur fournissent. L’équivalent de 1,5% du PIB européen ! Et près de deux fois le budget annuel de l’Union européenne ! Telle est la conclusion d’une étude réalisée par l’expert financier indépendant Alexander Kloeck, à la demande des eurodéputés écologistes. Cette garantie implicite concerne principalement les banques « mixtes », qui combinent deux types d’activités au sein d’une seule entité juridique : banques de dépôts, elles gèrent l’épargne des particuliers ou des entreprises, et leur octroient des prêts ; banques d’affaires, elles interviennent sur les marchés financiers. En cas de faillite bancaire, les États sont garants « en dernier recours » des dépôts des épargnants. Réformer le secteur bancaire Lire l’étude ici (en anglais).

amazon Liêm Hoang Ngoc : « Le gouvernement prépare un champ de ruines pour la gauche » Député européen sortant (il n’a pas été reconduit par le PS), l’économiste Liêm Hoang Ngoc ne décolère pas contre le tournant pris par sa famille socialiste depuis plus d’un an. Avec le politologue Philippe Marlière (ancien blogueur de Rue89), il a fondé un club visant à fédérer la gauche du PS, « Les Socialistes affligés ». Liêm Hoang Ngoc et Philippe Marlière organisent ce samedi un colloque où sont invités plusieurs personnalités engagées contre l’austérité, qu’il s’agisse d’experts ou de dirigeants du PS, d’EELV ou du Front de gauche (voir encadré). Cinq questions posées ce samedi matin à Liêm Hoang Ngoc. Quelques invités Experts : Michel Husson (Fondation Copernic), Xavier Timbeau (OFCE)... Front de gauche : Clémentine Autain, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon... Europe-Ecologie : Julien Bayou, Pascal Durand, Eva Joly... Gauche du PS : Gérard Filoche... Rue89 : Dans quelques heures, vous lancez le premier colloque des « socialistes affligés ». Nous appelons donc à changer de cap.

Comment jeter les banquiers voyous en prison, en dix leçons - Crise financière Imaginez en France 20 000 agents de l’Etat chargés d’enquêter sur les crimes économiques, cherchant des preuves, interrogeant des témoins, fouillant dans les moindres recoins des archives des banques, plaçant en détention provisoire PDG, dirigeants ou traders. Plus de secret bancaire, accès illimité à toutes les informations. Un seul objectif : faire condamner les responsables de la crise financière. Science-fiction ? C’est pourtant la voie choisie depuis quatre ans par l’Islande, avec des moyens à la mesure de ce petit pays de 320 000 habitants. Octobre 2008. Quatre ans et une Assemblée Constituante plus tard, l’Islande a retrouvé quelques couleurs. 1 - Enquêter sur les crimes financiers Première étape : établir les responsabilités. 2 - Donner à la justice des moyens conséquents 3 - Lever le secret bancaire 4 - Punir les délinquants en col blanc Une fois les enquêtes menées, reste à faire aboutir les procédures judiciaires. 5 - Faire le ménage dans l’oligarchie administrative et politique

amazon François Hollande : « Moi Président des banques, des multinationales et des marchés Jusqu’où ira François Hollande ? Chaque limite franchie en appelle une autre. Plus vite, plus haut, plus fort. La devise des Jeux Olympiques semble même bien faible pour décrire l’activité frénétique du président dans sa tentative désespérée pour plaire chaque jour un peu plus au Medef et « rassurer les marchés ». Cette semaine, François Hollande a décidé de remanier son équipe de conseillers. Le grand vent du changement soufflerait-il sur l’Élysée ? Exit, donc, Emmanuel Macron, brillant associé-gérant de la banque Rothschild, devenu en 2012 conseiller économique et secrétaire général adjoint de l’Élysée. Ayrault et Valls n’ont pas fait assez de cadeaux aux entreprises Personne n’est responsable des dérives et scandales dans lesquels se fourvoie son employeur. Il y a deux semaines, Laurence Boone y publiait une tribune virulente, intitulée "Arrêtons le massacre !" Les attentes des marchés Mais « qu’attendent donc les marchés ? Le taux de profit plutôt que l’emploi ? @AgnèsRousseaux

La régulation bancaire au pistolet à bouchon Ce sera sans doute la perle de la crise. Karine Berger, députée socialiste, rapporteure du projet de loi dit de « séparation » et de « régulation » des activités bancaires, reprenant la parole en commission des finances après les exposés de MM. Chifflet, Oudéa et Bonnafé, respectivement président de la Fédération bancaire française, président de la Société Générale et directeur-général de BNP-Paribas : « Vos trois exposés laissent paraître que vous n’êtes pas réellement gênés par ce projet de loi ; j’en suis à la fois étonnée et ravie » [1]… Qu’elle en fût uniquement étonnée n’aurait trahi qu’une charmante simplicité d’esprit. Qu’elle en soit au surplus ravie ne laisse plus le moindre doute quant au côté où elle se tient. Régulateur bancaire « 68/365 I want a shiny toy gun », de ganesha.isis sur Flickr (photo en creative commons). Mais au fond de quoi s’agit-il ? Tout au marché « Les activités de marché comme le cochon (tout est bon) » Ne pas rompre avec nos amis les « hedge funds »

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