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David Graeber : « La façon la plus simple de désobéir à la finance, c'est de refuser de payer les dettes »

David Graeber : « La façon la plus simple de désobéir à la finance, c'est de refuser de payer les dettes »
Basta ! : A quel moment dans l’histoire le crédit est-il apparu ? Qu’est-ce qu’une dette ? David Graeber [1] : La dette est une promesse, qui a été pervertie par les mathématiques et la violence. En quoi quantifier une dette est-elle un problème ? Quantifiable, la dette devient froide, impersonnelle et surtout transférable : l’identité du créancier n’a pas vraiment d’importance. Au contraire, le « remboursement de la dette » est devenu un dogme moral... La dette a été transformée en une question d’arithmétique impersonnelle, en l’essence même de l’obligation morale. Devenue dogme moral, la dette justifie les dominations les plus terribles. Vous citez l’exemple de la mafia... Parler de dette devient un moyen pour décrire des relations inégales. La monnaie, qui permet de quantifier précisément la valeur d’une dette, apparaît d’ailleurs dans les situations de violence potentielle. Il y a aussi une inversion : le créancier semble être devenu la victime. Absolument. C’est incroyable ! A lire : Related:  DETTEde la DETTE... odieuse ! ♚Démocratie / Democracy

Comment les banques ont profité de la crise grâce aux garanties d'Etat LE MONDE | • Mis à jour le | Par Marie Charrel Entre 200 et 300 milliards d'euros par an : c'est l'avantage financier que les banques européennes ont tiré des garanties implicites que leur ont fournies les Etats pendant la crise, selon une étude réalisée par l'expert financier indépendant Alexander Kloeck à la demande des eurodéputés du groupe écologiste. « C'est l'un des graves dysfonctionnements révélés par la crise et il n'a pas encore été traité », s'alarme le député européen belge (Groupe les Verts-Alliance libre européenne), Philippe Lamberts. Publiée lundi 27 janvier, cette étude pourrait relancer les débats sur le sujet, alors que Michel Barnier, le commissaire européen au marché intérieur, s'apprête à présenter, mercredi 29 janvier, son projet de séparation des activités bancaires, visant à mieux réguler le secteur. En 2010 et 2011, la question de ces garanties implicites agitait la classe politique européenne. Ensuite, la garantie implicite crée des distorsions de concurrence.

La course à l’abîme ou comment comprendre la crise des finances publiques de la France « Quitte à être pessimiste, autant savoir pourquoi » Oscar Wilde Les prélèvements augmentent, la croissance stagne, les déficits s’accumulent, les dettes s’envolent. Essayons d’y voir clair en rendant accessible au travers de l’amoncellement de données disparates et de la complexité des flux ce qui demeure réservé à quelques spécialistes. . - Le PIB (produit intérieur brut) C’est la richesse produite par le pays en une année, en langage technocratique la somme de toutes les valeurs ajoutées créées par les agents économiques, hors l’économie souterraine qui par définition échappe à toute mesure. -l’activité des agents économiques privés -L’activité des administrations -Le solde du commerce extérieur. L’évolution du PIB mesure l’enrichissement (ou l’appauvrissement) de la nation. - Le budget de l’Etat Celui-ci retrace les seules opérations de recettes et dépenses de l’Etat central. - La dépense des administrations publiques (ou dépenses publiques) - Les prélèvements obligatoires 1. . . 2. .

Dette publique japonaise : le gouvernement à la croisée des chemins La situation économique mondiale, marquée par l'importance des dettes publiques des États, est relativement inquiétante mais également assez particulière. On observe effectivement, depuis la crise économique de 2008, un nombre très élevé de pays ayant connu une hausse significative de leur niveau d'endettement par rapport au produit intérieur brut (PIB). Ce phénomène, plutôt caractéristique du 21e siècle, illustre assez bien la situation d'interdépendance économique des États résultant de la dernière phase de mondialisation. Le cas de la dette japonaise est particulièrement intéressant à cause de l'importance de celle-ci, représentant présentement environ 245% du PIB, ainsi que du niveau d'inquiétude plutôt bas qu'elle suscite (1). Dans un premier temps, nous nous attarderons aux détails et particularités de la dette japonaise et, dans un deuxième temps, aux solutions proposées afin d'améliorer la situation. La dette japonaise mise en perspective « Abenomics » : la solution ?

David Graeber : « Le système capitaliste a terminé sa course. » Depuis quelques semaines, David Graeber est dans tous les esprits : c’est lui qui est derrière l’essai paru à la rentrée et traduit en 14 langues au sujet des bullshit jobs, ces métiers à la con, inutiles de l’aveu même de ceux qui les pratiquent. Mais Graeber est surtout un anthropologue qui a étudié au prisme de sa discipline le problème de la dette dont on parle tant aujourd’hui. Qu’est-ce que la dette, au fond ? Pourquoi est-elle le mal premier du monde néolibéral ? Pourquoi le troc originel est-il un mythe ? C’est un thème récurrent de l’anthropologie. Quelle est la fonction de ce mythe dans les civilisations fondées sur l’échange et la dette, comme le monde capitaliste ? C’est une utopie où la dette n’existerait pas. Serait-il alors possible d’opposer deux principes d’organisation sociale dans les sociétés archaïques, celui du don et celui de la dette ? Cela s’appelle don ou cela s’appelle dette selon les contextes. C’est une longue histoire et un phénomène fascinant. Ah !

Les grandes banques françaises profiteraient de l’équivalent d’une subvention de 48 milliards ! Les banques européennes bénéficient d’un « soutien » de 200 à 300 milliards d’euros par an, grâce à la garantie implicite que les États leur fournissent. L’équivalent de 1,5% du PIB européen ! Et près de deux fois le budget annuel de l’Union européenne ! Telle est la conclusion d’une étude réalisée par l’expert financier indépendant Alexander Kloeck, à la demande des eurodéputés écologistes. Cette garantie implicite concerne principalement les banques « mixtes », qui combinent deux types d’activités au sein d’une seule entité juridique : banques de dépôts, elles gèrent l’épargne des particuliers ou des entreprises, et leur octroient des prêts ; banques d’affaires, elles interviennent sur les marchés financiers. En cas de faillite bancaire, les États sont garants « en dernier recours » des dépôts des épargnants. Réformer le secteur bancaire Lire l’étude ici (en anglais).

Mais pourquoi voulez-vous payer vos dettes? Anthropologue et économiste américain, David Graeber enseigne à la London School of Economics. A 52 ans, c'est aussi un militant altermondialiste qui a participé activement au mouvement Occupy Wall Street. Son livre «Dette. 5000 ans d'histoire» a eu un grand retentissement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Il vient de paraître en France aux Editions Les Liens qui libèrent. Le Nouvel Observateur Dans votre livre, «Dette. 5000 ans d'histoire», vous contestez l'idée, persistant à travers les siècles, que l'incapacité à s'acquitter d'une dette soit immorale alors que l'histoire et les religions nous enseignent que payer ses dettes est une obligation impérieuse. David Graeber La dette est une promesse faite par un débiteur à un créancier. Ce livre est parti d'une discussion à Londres avec une avocate de gauche à propos de l'intervention du FMI à Madagascar, d'où je revenais. La plupart des textes religieux évoquant cette question disent que la morale est affaire de dettes à honorer.

La « dette perpétuelle », pour alléger le fardeau des Etats: intéresser les créanciers à la réussite économique du pays LE MONDE | • Mis à jour le | Guillaume Sarlat Depuis trente ans, confrontés au tassement de la démographie et de la productivité, les pays développés ont utilisé la dette publique pour soutenir le pouvoir d’achat et la croissance. De ce fait, la dette publique a atteint un niveau sans précédent hors périodes de guerre : 110 % du PIB en 2014, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour les pays développés. La suite de l’histoire semble désormais écrite, sans alternative possible : un désendettement lent, douloureux et chaotique. Rappelons pourquoi la situation actuelle est préoccupante. L’Etat français devra refinancer en 2014 100 milliards d’euros de dettes qui arrivent à échéance et 140 milliards d’euros en 2015 ; les intérêts de la dette représenteront près de 50 milliards d’euros en 2014. Cette situation n’est pas tenable.

David Graeber « Il faut enlever les chaînes de l’imagination, sinon ce sera pire » En remontant 5 000 ans d’histoire de la dette, vous avez repéré des cycles. Quels sont-ils ? David Graeber. Avant de répondre à votre question, je veux expliquer ce qui m’a conduit à réaliser ce travail. Dans la théorie économique, tout commence par le troc. C’est ensuite que viennent la monnaie, et enfin le crédit. Dans ces cycles, pourquoi les religions jouent-elles un rôle déterminant ? David Graeber. Vous démontrez qu’à « chaque fois qu’un conflit ouvert a éclaté entre classes sociales, il a pris la forme d’un plaidoyer pour l’annulation des dettes »… David Graeber. Si les dettes sont si simples à annuler, pourquoi sont-elles un outil au service des puissants ? David Graeber. Prenons un exemple concret. Pourquoi ? David Graeber. D’où viennent ces déficits ? David Graeber. L’abandon de l’indexation du dollar sur l’or ? David Graeber. Depuis, n’avez-vous pas l’impression que les 1 % qui détiennent les richesses ont réussi à faire croire que le système ne pouvait changer ? David Graeber.

Pensez vous qu’une sortie de l’euro provoquerait l'augmentation de notre dette ? Cette question est un non-sens économique. Le problème de fond, avec ou sans euro reste le même. Certains prétendent que l'euro nous protège de la crise, en ayant une inertie plus grande que les monnaies nationales. Cet argument a vécu. Depuis l'existence de l'euro (qui remonte, techniquement, à avant 2001, les structures des monnaies nationales ayant été ancrées les unes aux autres dès Maastricht), lorsque le monde a connu une croissance, l'europe était plusieurs points en dessous, lorsque le monde a été en période de ralentissement, l'europe a été plusieurs points en dessous. Constat factuel sur des données historiques. Il faudra de toute façon régler le problème de la dette, et pour cela, en payer le prix (récession obligatoire, dans ou hors euro, de même magnitude). Une autre donnée qui n'arrange rien à la situation : la croissance est directement corrélée à l'accroissement de la quantité d'énergie disponible, de manière forte. il y a 10 mois

Agences de notation : la fin de l'hégémonie occidentale ? On les appelle les « Big three ». Les trois grandes agences de notation qui se partagent 90% du marché : Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. Leur avis est scruté, analysé, commenté, comme l'a montré la dégradation de la note souveraine de la France par S&P, en fin de semaine dernière. Une agence chinoise, Dagong, tente de se faire sa place. Et elle conteste la vision "occidentale" des trois agences. La domination du « Big three » a-t-elle vécu ? La scène ressemble à un banal séminaire d’entreprise. Comme son nom ne l'indique pas, cette nouvelle agence de notation est détenue par Dagong, une institution financière chinoise, alliée pour l'occasion à sa cousine russe RusRating et la petite structure américaine Egan-Jones. Aujourd'hui, ce sont les pays endettés qui mettent les notes ! L’agence chinoise s’est faite connaître en s’attaquant à la note du trésor américain, dégradée de AAA à AA, avec perspective négative. Dominique de Villepin est président du conseil consultatif de l’UCRG.

Ces pays qui ont dit non à la dette Face à l’endettement massif qui menace différents pays du monde, dont la zone euro, peut-on dire non à la dette ? Par Charles Sannat. Avec l’annulation de la dette de la Tunisie par la France, le sujet revient sur le tapis : est-il possible d’annuler la dette ? Si oui, comment procéder ? Comment s’en sont sortis les pays qui ont dit non à la dette ? La dette est un problème monétaire La dette publique regroupe l’ensemble des dépenses (emprunts) de l’État, collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement (comme la Sécu et certaines entreprises publiques). La Grande-Bretagne arrive en tête des pays les plus endettés par ménage et par établissement financier. Dette publique par État membre de la zone euro à la fin du troisième trimestre 2012 Au 23 janvier 2013, la dette publique de la Grèce s’élevait à 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB. Le cas typique des États-Unis qui vivent à crédit Qui a dit non à la dette ? Comment venir à bout de la dette ? Et la Grèce ?

David Graeber, La démocratie aux marges 1Ce petit ouvrage, qui résulte de questionnements nés à la faveur de l’engagement de l’auteur dans des mobilisations altermondialistes, explore les liens entre anarchisme et démocratie à la lumière d’une distinction entre conceptions dominantes, et normatives, de la démocratie et pratiques démocratiques. C’est en se basant sur des exemples diversifiés – tels les « communautés des frontières à Madagascar ou dans l’Islande Médiévale, les bateaux de pirates, les communautés de commerçants de l’Océan Indien » ou encore ces « institutions fédérales iroquoises [qui] pourraient bien avoir eu une influence sur la Constitution des États-Unis » – que l’anthropologue David Graeber invite à rompre avec les conceptions dominantes de la démocratie. 2Cette rupture opère en plusieurs étapes, présentées sous forme de « thèses » dans l’introduction. 1 Samuel P. 3Samuel P. 4 Benedict Anderson, L’imaginaire national.

L’agonisante fiction de la dette publique | Frapper monnaie L’une des premières choses qu’expliquent les néochartalistes, et en particulier moi-même sur ce blog, est que la dette publique est principalement une coquille vide, qui s’explique par le fonctionnement intrinsèque de nos monnaies. J’écrivais dans mes derniers billets que les cercles officiels commencent à mesurer l’ampleur de leurs erreurs. Le voile se déchire en effet, lentement, avec une accélération sensible depuis la crise. William Mitchell attire notre attention sur un billet de Gavyn Davies sur le site du Financial Times dont voici la traduction. L’assouplissement quantitatif a démontré à tous les politiciens qu’il est possible de financer les déficits publics simplement en créant de l’argent, un fait qui était devenu obscurs dans les économies développées lors des précédentes décennies. Si le néochartalisme parvient à une masse critique déniant au mythe libéral sa légitimité usurpée, alors il s’effondrera. Like this: J'aime chargement…

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