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Le périurbain, France du repli

Le périurbain, France du repli
Il y a aujourd’hui une question périurbaine. Elle est en grande partie liée au succès que rencontre le Front national dans les territoires périurbains. Christophe Guilluy et Jacques Lévy, tous deux géographes [1], ont largement contribué à attirer l’attention sur cette question. Dans cet article, nous ne contesterons évidemment pas la réalité du vote en faveur du Front national, mais plutôt la réduction du vote périurbain au vote frontiste : s’il y a bien un vote plus marqué en faveur du Front national dans certaines communes périurbaines, ce constat ne peut pas être généralisé à l’ensemble des populations de ces communes et encore moins à l’ensemble du périurbain. Ce sont des ménages et des territoires bien particuliers qui sont concernés. Le périurbain n’est pas la France périphérique Nous ne ferons que quelques remarques sur les thèses de Christophe Guilluy, non qu’elles manquent d’intérêt, encore moins parce qu’il n’y aurait rien à y redire. Il n’y a pas un mais des périurbains Related:  Territoires, décentralisation et politique de la ville

«La France périphérique» de Christophe Guilluy: la géographie est un sport de combat Temps de lecture: 12 min Avec La France périphérique, publié à la mi-septembre, Christophe Guilluy reprend la croisade qu’il a entamée il y a plus de dix ans avec la publication de l’Atlas des nouvelles fractures sociales avec Christophe Noyé, et poursuivie en solo en 2010 avec un court essai, Fractures françaises, qui avait largement inspiré les termes du débat de la campagne présidentielle de 2012, comme la fameuse «fracture sociale» avait été au centre de celle de 1995. Depuis une vingtaine d’années, ce consultant spécialiste de l’analyse territoriale, géographe de formation, sillonne le pays de mission en conférence, en marge du milieu universitaire. Il est devenu en quelques années l’un des experts les plus écoutés des élus et de leurs collaborateurs dans les territoires, mais aussi l'un des auteurs les plus controversés dans les disciplines de la géographie et de la sociologie urbaines, ce qu'on appelle parfois les urban studies. Thèses connues, thèses nouvelles 3.Sur le périurbain

La France périurbaine a-t-elle été abandonnée Pour le géographe Christophe Guilluy, la France est coupée en deux. D’un côté, une « France métropolitaine », constituée des 25 plus grandes aires urbaines. De l’autre, la « France périphérique » : villes petites et moyennes, espaces ruraux, communes multipolarisées, espaces périurbains « contraints »… « Invisible et oubliée », cette France périphérique cumulerait les difficultés et serait le terreau du vote Front national, particulièrement fort dans ces zones. Mais cette thèse est loin de faire l’unanimité. Décryptage. Le périurbain, un territoire de relégation sociale peuplé de « petits Blancs » en souffrance ? D’un côté, une « France métropolitaine », constituée des 25 plus grandes aires urbaines (soit de Paris – 12 millions d’habitants – à Dijon – 380 000 habitants), comprenant « les zones denses des agglomérations et une partie des couronnes périurbaines ». Le 25 mars 2015, dans le cadre d’une interview donnée à la fondation Jean-Jaurès, il résumait sa thèse en ces termes :

Éducation prioritaire En juillet 2012, le mot d’ordre a été lancé par le nouveau ministre de l’Éducation Nationale : refondation. Les piètres performances de l’école française justifient pleinement celle-ci : les inégalités de réussite sont, en France, particulièrement dépendantes de l’origine sociale (2e place dans l’OCDE) ; les écarts de compétences entre les élèves faibles et forts sont importants ; la proportion d’élèves faibles est croissante ; plus d’un élève sur six sort de l’école sans diplôme. La France est aussi en première position pour les disparités régionales de qualification avec un écart de 27,2 points entre les régions de l’Alsace et de la Corse où 60,1 % des sortants de l’école sont au mieux diplômés du second cycle (Commission européenne, 2012). Autant dire que l’actuelle éducation prioritaire (EP), censée « donner plus à ceux qui ont moins », n’est pas à la hauteur des enjeux. Quels sont les principes qui doivent présider à une refondation réussie ? Cet essai en propose cinq. Conclusion

La politique de la ville en France et en Grande-Bretagne Comparant les programmes de développement social et de régénération urbaine des quartiers défavorisés en France et en Grande-Bretagne, Patrick Le Galès soulignait en 1995 le décalage entre le volontarisme affiché par les gouvernements et la réalité d’une politique de la ville qui, dans les deux pays, apparaissait « à la fois comme importante, légitime, domaine d’activisme de la part du Gouvernement, avec des essais de rationalisation mais en même temps bricolée, peu importante financièrement, velléitaire, incohérente, avec des initiatives sporadiques, des effets d’annonce et une forte sensibilité à la crise et aux médias [1] ». Trois ans plus tard, les gouvernements de Tony Blair et de Lionel Jospin semblaient démentir cette analyse en initiant d’ambitieux programmes de régénération de quelques dizaines de quartiers emblématiques de l’exclusion socio-spatiale, qui ont été prolongés et étendus par la suite dans le cadre de vastes plans nationaux de réduction des écarts territoriaux.

(20+) Guilluy: «Le concept de France périphérique est souvent mal interprété» L’Insee a publié cette semaine une étude sur la pauvreté en France, montrant que les personnes vivant sous le seuil de pauvreté (moins de 990 euros par mois) étaient bien plus nombreuses dans les villes qu’en zone rurale. Libération avait considéré que cette étude contredisait les travaux de Christophe Guilluy, auteur de France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaire. Dans un texte envoyé à la rédaction, Christophe Guilluy conteste cette interprétation et estime que son concept de «France périphérique» est souvent mal compris. «Je ne conteste aucun chiffre de l’Insee concernant les taux de pauvreté dans les villes-centres et le périurbain, d’ailleurs à aucun moment, je n’ai dit, ni écrit que le taux de pauvreté dans le "périurbain" était plus élevé. «L’espace métropolitain comprend les 25 aires urbaines les plus peuplées, cet espace comprend les zones denses des agglomérations et leurs couronnes périurbaines.

La haine de la ville : « Paris et le désert français » de Jean-François Gravier Recherches La haine de la ville par la perte de son pouvoir mondial, à une recherche de l'identité, à la nostalgie; et ces fameuses «racines» qu'il faudrait retrouver pour reconstruire ces «repères», toujours perdus. C'est ainsi que la période entre les deux guerres, grande époque d'angoisse et de doute, a connu un développement étonnant du régionalisme : les romans et les films de Pagnol, les ouvrages de Jean Giono, de Guéhenno, d'Henri Pourrat, prix Goncourt en 1941, exaltent la «vraie vie» des paysans, la valeur du «terroir» (avant la Grande Guerre, Péguy parlait de la «glèbe») et condamnent sans appel la grande ville. Le développement depuis trente ans de différents mouvements écologiques a peut-être contribué à renforcer ces tendances, encore que les contradictions y soient si fortes qu'il n'est pas facile de démêler les courants qui les animent 34. L'enseignement de la géographie Aujourd'hui encore, la grande ville n'est pas jugée sereinement. 34. 35.

Réponses politiques à la crise économique Ce que les commentateurs politiques nomment couramment la « grande récession » (Great Recession) de 2008-09 est la crise économique la plus grave subie par les pays capitalistes avancés de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord depuis les années 1930 [1]. Selon les données de l’OCDE, le PIB étasunien a reculé de 3.9% entre la fin 2007 et la fin 2009. En comparaison, la contraction économique fut plus sévère au Royaume-Uni (5.5%), moins prononcée en France (-2.8%), et à peu près identique en Allemagne (-4.0%). La croissance de 2010 fut faible comparée à la reprise économique survenue au lendemain des récessions dans la période de l’après-guerre. Comme nous le rappelle presque quotidiennement la presse, les problèmes de la dette souveraine liés aux déséquilibres mondiaux (global imbalances) pèsent sur la croissance, surtout dans les pays de la zone euro. La résurgence du Keynésianisme ? L’idée la plus répandue est que l’ère du Keynésianisme toucha à sa fin au début des années 1980.

La politique de la ville : Repères Vers une nouvelle réforme de la Politique de la Ville Après les élections présidentielles du printemps 2012, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé l’engagement du gouvernement dans une nouvelle étape de la Politique de la Ville. Jusqu’à présent les politiques mises en œuvre ont révélé leurs limites, en particulier sur le plan de l’amélioration des conditions de vie des habitants concernés, qui restent confrontés à de lourdes difficultés sociales, accentuées par une crise qui les touchent particulièrement. Face à la persistance des inégalités territoriales, une nouvelle étape de la Politique de la Ville est donc engagée afin de renforcer la mobilisation des politiques publiques et des programmes spécifiques en faveur des quartiers urbains défavorisés. Cette réforme résulte en grande partie d’une concertation nationale (« Quartiers : engageons le changement ! Ces décisions s’articulent autour de cinq axes qui correspondent aux engagements formulés par François Lamy.

Liens faibles, choix forts : les urbains et l’urbanité Dans le texte auquel il m’a été proposé de réagir, largement consacré à la critique de mes travaux, on peut regretter quelques formules un peu désobligeantes et, plus encore, le fait que les auteurs Éric Charmes, Lydie Launay et Stéphanie Vermeersch (C, L & V) semblent se référer pour l’essentiel à des articles publiés dans des médias généralistes et destinés à une large audience. Ils ont plutôt négligé mes productions scientifiques (Lévy, 1994 ; 1999 ; 2008 ; 2009 ; Allemand, Ascher & Lévy, 2004), ce qui fausse un peu les termes du débat. Non que j’aie quoi que ce soit à renier de ce que j’écris pour le grand public ; il faut simplement prendre en compte, quand on souhaite réfuter ce type de textes, le genre particulier auquel ils appartiennent, qui exige de la concision et de la fluidité et donc, parfois, quelques raccourcis vis-à-vis d’un modèle argumentatif développé. Le périurbain entre variable et concept Les périurbains sont des urbains.

Difficultés et principes de base d'un enseignement de la « géographie de la France » a - D’abord, la programmation de la disparition de l’État et de la nation Reprenons le programme de 1re S : 1 - Qu’est-ce que l’Europe ? On s’interroge sur les fondements de l’identité européenne… S’il y est question de l’identité européenne, notons que ce programme ne nous dit rien sur les fondements de l’identité nationale. 3 - Le fait régional : une région en France ou dans un autre État de l’Union européenne[…]1 - Les réseaux urbains et de communication : en s’appuyant sur deux exemples nationaux (la France et un autre pays européen), on montre comment des réseaux urbains de types variés, animés par des métropoles, organisent inégalement les territoires. On constate ainsi un déficit de réflexion fondamentale sur ce que serait la France en tant que nation. Mais ce déficit porte aussi sur l’État : Au collège, les programmes de 1995 ont ainsi privilégié les grands ensembles continentaux plutôt que les États. G. b - Ensuite, l’organisation de la (co)production d’un savoir éclaté I. 3.

Dossier - Les enjeux et les voies du redressement productif Dossier - Les enjeux et les voies du redressement productif [mercredi 08 mai 2013 - 09:00] L’industrie suscite depuis quelque temps un fort regain d’intérêt. La crise financière a mis à mal les promesses de la société post-industrielle et l’industrie est aujourd’hui reconsidérée, comme moyen de préserver des emplois et de rééquilibrer la balance commerciale. Mais le diagnostic et les recommandations diffèrent selon les auteurs. Pierre-Noël Giraud et Thierry Weil s’inscrivent, par exemple, plutôt dans la première veine, et Gabriel Colletis plutôt dans la seconde. Il était intéressant, selon nous, de permettre au lecteur de se faire sa propre idée en donnant à voir les positions des uns et des autres. Gabriel Colletis a accepté de répondre à nos questions à propos de son dernier livre, qui date d’il y a quelques mois, que nous mettons ainsi en parallèle avec une critique du livre que viennent de faire paraître Pierre-Noël Giraud et Thierry Weil Au sommaire de ce dossier : - "Réindustrialiser.

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