
Philosophie, religion, science et conscience - Dieu, Platon, Darwin et l'avenir Philosophie nouvelles technologies L'étude des nouvelles technologies pose deux types de problèmes à la philosophie. Un, elle reçoit des objets déjà élaborés dans d'autres disciplines (socio, psycho cognitive, histoire des techniques, sciences de l'information, etc...) et, les recevant tout faits, elle se contente trop souvent de leur ajouter un jugement moral (c'est bon, c'est mauvais - selon des critères flous) ou même un jugement prophétique (à la Virilio). Mais, second problème, il ne suffit pas non plus de dire que l'on doit commencer par maîtriser l'aspect technique de ces nouveaux objets, parce qu'alors on prend déjà position. En effet, cela revient à dire que seuls les "techniciens" de ces nouvelles technologies ont la possibilité d'élaborer des discours pertinents à leur sujet : or cela exclut d'emblée la masse des usagers (1 000 000 de sites Web, combien de micro-ordinateurs, combien de spectateurs d'images numériques, etc...). Où et comment doit-on tracer la frontière entre le technicien et l'usager ?
La philosophie de Heidegger Le mérite de Heidegger est de ne pas avoir délivré d'oeuvre ou de doctrine, mais des "chemins". Il a mis en épigraphe de ses oeuvres complètes la phrase : "Wege, nicht Werke" - "frayages, non ouvrages" comme a traduit quelqu'un qui voulait montrer que le français est capable de traduire Heidegger en mieux (cette traduction donne en effet une rime plus riche à l'original allemand). Ces chemins ouvrent ou frayent des perspectives inouïes sur l'histoire de la philosophie - et donc de l'Occident - dont Heidegger a compris la grandeur comme personne. On comprend en effet pourquoi Platon, Aristote, Descartes ou Hegel sont de grands penseurs. Mais d'où viennent ces déterminations? Jusqu'ici on est encore chez Aristote avec ses réflexions sur l'"étant". Platon est le premier à dire que l'être, la substance, l'idea est aei, "permanente". Quel rapport entre le domaine terrien et l'être pour Platon? Sein und Zeit, Etre et temps est le livre où Heidegger expose cette découverte.
Schmidt, Jünger et Heidegger Trois bonnes fées se seraient penchées sur Adolf.... On ne dira jamais assez combien les intellectuels, par leurs écrits, comme par leurs silences, influent sur le cours du temps. Lire cet article paru dans Le Monde. Plus près de nous, de bonnes fées, appartenant à l'intelligentzia française ont tout mis en œuvre pour modifier la Gauche au travers du PS et quasiment le transformer en un parti démocrate à l'états-unienne. Ce sont BHL, bien sûr, mais aussi, Althusser, Barthes, Castoriadis, Daniel, Foucault, Glucksmann, Furet, Rosanvallon, Sartre, Sollers et j'en oublie volontairement. (lire ou relire "Les Intellectuels contre la gauche" de Michael Christofferson. On remarquera, au passage, leur timidité de violette quant aux poursuites des USA contre les "siffleurs d'alertes", ces "indignés" qui mériteraient les honneurs et que l'Empire poursuit et torture en toute impunité. Mais chut ! Bien mieux ! L'irresponsabilité de chacun se porte bien.
Pour lire Platon/Conseils pour la lecture Un livre de Wikilivres. Ce chapitre propose des conseils pour aborder la lecture de Platon dans les meilleures conditions. Ces conseils ne sont pas des directives sur la manière de comprendre Platon (hormis les cas où Platon formule explicitement des exigences), mais des remarques qui ont pour but d'éviter des déconvenues au débutant. Par exemple, il serait peu judicieux de commencer à lire Platon par le Parménide, dialogue très abstrait dont la compréhension pose de gros problèmes à tous les commentateurs. Bien entendu, ces conseils ne sont pas des règles absolues, mais il peut être bon de les avoir à l'esprit, même si on ne veut pas les suivre. Quelles traductions choisir ? On peut d'emblée écarter toutes les traductions anciennes, c'est-à-dire les traductions qui ont plus de 100 ans. Parmi les traductions en français, les plus connues sont celles de Chambry, de Robin, de Diès et la dernière édition de Platon en poche. Faut-il apprendre le grec pour bien comprendre Platon ?
Métaphysique, quanta, littérature La science impressionne ! Ses résultats sont palpables. Les équations de la physique quantique, qui lancent des ponts efficaces vers la réalité, sont les bonnes. Le chat de ma voisine. Le chat de Philippe Forest. Le livre parle donc de chats mais aussi de science et de philosophie. L’histoire installe un homme dans un jardin qui regarde « comment tombe la nuit et la manière dont l’obscurité prend progressivement possession du monde – exactement comme l’avaient certainement fait tous les hommes depuis ce moment très improbable, cet instant hautement hypothétique, où les yeux avaient vu pour la première fois le soleil s’enfoncer derrière l’horizon et se laisser avaler par la terre, cherchant à discerner quelles réalités à peine perceptibles se dessinaient au sein de ce néant nouveau qui s’étendait devant eux à perte de vue. » Le chat de Schrödinger. Oui, mais le chat ! Philippe Forest commence son livre par la narration de la fable de Schrödinger. Le principe de non-contradiction. [1] Cf.
Pierre Rabhi : « Si nous nous accrochons à notre modèle de société, c'est le dépôt de bilan planétaire » -- Agnès Rousseaux, Ivan du Roy Basta ! : Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menace vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ? Pierre Rabhi [1] : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ? La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Peut-on se passer de l’industrie et du progrès technologique sur une planète qui comptera bientôt 9 milliards d’êtres humains ? Notes
Proust et la «franc-maçonnerie de lettrés» «Rares sont les écrivains qui n’aient pas été aussi de grands lecteurs», écrit Anka Muhlstein. Exact – mais aucun n’entremêle comme Proust la littérature, la lecture et la vie: «La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature.» Bien sûr, c’est d’abord une affaire d’enfance: asthmatique, insomniaque, fils à maman, le petit Proust lisait comme un forcené. C’était presque son unique plaisir – un plaisir douloureux, qui lui tirait des flots de larmes; un peu trouble aussi: le livre que lui lisait tendrement sa mère, n’était-ce pas l’incestueux François le Champi, où le héros finit par épouser la protectrice de son enfance ? Non seulement Proust avait tout lu, et tout retenu selon ses amis, (c’était un virtuose de la citation), mais il a beaucoup théorisé la lecture, l’équivalent pour lui d’une «conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés». Tout cela est bel et bon, mais pas très original.
Banquet avec Onfray Un entretien avec Michel Onfray paru dans le numéro 890 de Marianne daté du 9 mai 2014. Propos recueillis par Antoine Louvard. Michel Onfray : « Certains livres sont des poisons » "On a tué au nom de la Bible, du Talmud, du Coran, du Contrat social, du Capital, de Mein Kampf, du Petit Livre rouge, de la Critique de la raison dialectique..." Après s'être consacré à une contre-histoire de la philosophie, Michel Onfray s'attaque à la littérature. Marianne : D'où vous vient ce projet de faire une contre-histoire de la littérature ? Michel Onfray : D'abord, j'aime assez les gros chantiers. La contre-histoire de la philosophie se proposait un chantier vaste : vingt-cinq siècles de philosophie dans les marges, en dehors des institutions, avec le souci d'une relative exhaustivité. La contre-histoire de la littérature s'avère plus modeste : une œuvre par siècle, le Moyen Age étant réduit à un seul ouvrage. Marianne : Comment définissez-vous ce phénomène de dénégation ?
Gaia, la Terre mère, est-elle obligée d'aimer ses enfants ? - Idées Sous-estimé en France, le penseur Bruno Latour est une star à l'étranger, où il développe l'une des théories les plus avant-gardistes sur l'avenir de la terre : celle de Gaia, un système complexe, fini et capable de s'autoréguler. Qui pose la question de la survie non-plus de la planète mais des humains. La scène se passe en février dernier, dans la très vieille et vénérable université d'Edimbourg. Bruno Latour est sociologue, anthropologue, philosophe, reconnu en France, mais un peu en catimini. L'une des conférences de Bruno Latour aux Gifford Lectures à l'université d'Edimbourg La terre : un être vivant capable de s'autocontrôler ? Gaia, la déesse, Terre mère redoutable et toute-puissante de la Grèce archaïque, fleure bon les romans de l'écrivain de science-fiction Isaac Asimov, le new age et les néopaganismes. Un écosystème autorégulé à la surface de la Terre, somme de tous les autres écosystèmes en interaction Un nouvel âge géologique : l'anthropocène Vers les “humanités scientifiques”
La nature et l'artifice Sous la direction de S. Mazauric et P. F. Raison et Passions des Lumières mardi 17 septembre 2013, Florent Guénard Si l’on en croit Cassirer, il faut chercher l’unité de la pensée des Lumières dans une conception spécifique de la raison : autrefois conçue comme siège des vérités éternelles, celle-ci est désormais pensée moins comme une forme de possession que comme une forme d’acquisition. Lire la suite dans le document ci-joint. Article publié dans Raison et Passions des Lumières, sous la direction de Simone Mazauric et Pierre-François Moreau, Paris, L’Harmattan, 2013, p. 187-198.
L’effet que cela fait d’être Thomas Nagel ! L’essentiel de Mind and Cosmos Thomas Nagel, professeur à l’Université de New-York, est connu dans le monde philosophique, et au-delà, pour ses nombreuses contributions en éthique, épistémologie et philosophie de l’esprit. Son article « What is it like to be a bat », traduit en Français sous le titre « Quel effet cela fait d’être une chauve-souris ? » aura été lu, étudié, discuté, commenté par toutes les personnes qui, de près ou de loin, cherchent à en savoir plus long au sujet de notre vie mentale. L’argument exposé dans son célèbre article soutenait, pour le dire vite, que les phénomènes de la conscience ne sont véritablement connaissables que par les individus qui en font l’expérience. Voici un bref exposé des positions soutenues plus en détail dans mon livre « Mind and Cosmos: Why the Materialist Neo-Darwinian Conception of Nature Is Almost Certainly False » publié par Oxford University Press l’année dernière. Il existe deux manières de résister à cette conclusion et chacune d’elle se décline en deux versions.
Cicéron philosophe Cicéron d’abord et avant tout philosophe : ce fut, pendant de longs siècles, la vulgate enthousiaste que partagèrent entre eux les humanistes de la Renaissance, puis Montesquieu, Burke, Hume ou Mills. Dans la première moitié du XIXe siècle, l’érudition allemande lance une opération de déstabilisation contre Cicéron. Obsédés par le « génie supérieur » des grecs et, pour ce qui concerne les Romains, par la stature universelle de Jules César dont l’image correspondait si bien aux aléas politiques de l’Allemagne désunie, les historiens Drumann et Momsenn furent sans pitié pour Cicéron. Ils mirent à bas l’idole cicéronienne, lui contestant toute profondeur et lui reprochant de s’être inspiré de la philosophie grecque jusqu’au plagiat, Hegel sonnait le glas du maître d’Arpinum en le déclassant au rang de vulgarisateur de son Histoire de la philosophie. Pendant des décennies, il n’y eut personne ou presque pour reconnaître la stature philosophique de Cicéron.