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Antonio Casilli : “Le web ne désocialise pas plus qu’il n’hypersocialise, mais il reconfigure notre manière de faire société”

Antonio Casilli : “Le web ne désocialise pas plus qu’il n’hypersocialise, mais il reconfigure notre manière de faire société”
Par Hubert Guillaud le 08/09/10 | 5 commentaires | 5,434 lectures | Impression A l’occasion de la parution des Liaisons numériques, vers une nouvelle sociabilité ? (Amazon), aux éditions du Seuil, nous avons rencontré son auteur, le chercheur en sociologie, Antonio Casilli (blog). Dans ce livre très documenté, qui puise à la fois dans la richesse des savoirs académiques et dans une expérience et réflexion très personnelle, Casilli démonte trois mythes de l’internet : le réel et le virtuel ne sont pas distincts, mais imbriqués ; les traces corporelles sont un moyen d’exprimer et réaliser son autonomie, ses stratégies ; les TIC ne sont pas désocialisantes mais reconfigurent notre manière d’être en société. InternetActu.net : Pourquoi les ordinateurs ont-ils acquis une place aussi intime dans nos vies ? Antonio A. Pour les “enfants de l’ordinateur” des années 80, l’ordinateur a été l’occasion de s’autonomiser ou de resituer le rôle qu’ils avaient au sein de la famille. Antonio A. Related:  Bibliographie sur les réseaux sociaux

Comprendre le graphe social La recette de Facebook, la nouvelle vedette des sites sociaux, c’est le « graphe social » (social graph), expliquait en mai dernier le jeune Mark Zuckerberg, son fondateur. Le Graphe social désigne « le réseau de connexions et de relations entre les gens sur Facebook, qui permet la diffusion et le filtrage efficaces de l’information », traduisait à l’époque Francis Pisani. Le succès de Facebook est lié au couplage de la plate-forme et du réseau social, qui s’enrichissent l’un l’autre grâce à une intégration réussie, en séduisant utilisateurs et développeurs. En permettant de voir les relations entre les gens, en instaurant une confiance dans les applications recommandées par ses « amis », en bénéficiant du dynamisme de l’appropriation : le réseau filtre les informations qu’il vous propose. La carte des relations est-elle le territoire ? L’expression n’a pas que des admirateurs. En tout cas, le concept ne cesse d’être discuté. En attendant, l’idée fait réagir même au plus haut niveau.

Casilli, Antonio A. Associate professor, Digital Humanities, ParisTech, Paris. Researcher, Sociology, CEM-IIAC EHESS, Paris. Contact : antonio.casilli@ehess.frcasilli@enst.fr Tél. 01 40 82 75 25 - Fax : 01 40 82 75 40 Bio I’m an associate professor in Digital Humanities at Telecom ParisTech and researcher in sociology at the Edgar Morin Centre, School for Advanced Studies in Social Sciences (IIAC UMR8177, CNRS/EHESS, Paris). My main research foci are : computer-mediated communication and health behaviours ; digital cultures and critical digital humanities ; privacy, censorship, and freedom of expression online ; social network analysis and agent-based simulation for social science. From 2010 to 2013, I have been coordinating the international ANR-funded research project on ED-sufferers online communities (ANAMIA). In addition to several scientific articles, book chapters and edited volumes in French, English, and Italian (see complete list of Publications), I have authored or co-authored four books. Books Antonio A.

Comment identifier des leaders d’opinion sur le web ? Proposition d’une matrice La question du leader d’opinion est centrale à de nombreuses actions sur le web. Si certains parlent « d’influenceurs », il est nécessaire de souligner d’une part que le leader d’opinion n’existe pas en soi, qu’il s’agit d’une construction de l’organisation qui souhaite l’intégrer à ses stratégies. Et d’autre part de proposer des critères, et en l’occurrence une matrice, pour les identifier. Les réflexions présentées ici sont issues d’une communication réalisée avec Marie Haikel-Elsabeh et présentée l’année dernière lors du colloque M@rsouin. Et pour celles et ceux qui veulent gagner du temps, la matrice prêt à l’emploi est à la fin du billet (mais bon, mieux vaut lire un peu les détails). Le leader d’opinion existe-t-il vraiment ? Faisons tout d’abord une croix sur la traduction du terme anglais influential : l’influenceur. Mais qu’est-ce qu’un leader d’opinion ? Il existe de très nombreuses définitions du leader d’opinion (en gestion et marketing principalement). Au final…

Contre l'hypothèse de la « fin de la vie privée » 1La question de savoir si nos sociétés connaissent une érosion progressive de la vie privée est au cœur des conflits politiques et des débats intellectuels des dernières années. Face à l’essor de l’informatique ubiquitaire et des big data, des grandes plateformes du Web social et des dispositifs mobiles, l’opinion publique oscille entre postures apocalyptiques et enthousiasmes parfois calculés à l’annonce de la « fin de la vie privée » [Arthur 2012]. Quoique largement hypothétique, ce processus ouvre la voie à des abus tout autant de la part d'entreprises privées que des pouvoirs étatiques. De la découverte d’Échelon (2000) à l’affaire PRISM (2013), la mise en place d’un vaste complexe militaro-informatique, collectant des données personnelles de milliards d’utilisateurs de dispositifs numériques, ne fait plus de doute. 4Comme sur le lieu d'un crime, il vaut toujours la peine de revenir sur le moment où un mensonge a été prononcé en public. 1 M. [Elaboration de l'auteur.

Comprendre les réseaux personnels CC Galería Gráfica de Redes Personales Les réseaux personnels sont les personnes avec lesquelles nous entretenons les relations les plus suivies, qu’il s’agisse de liens faibles (voisins, collègues) ou plus forts (famille, amis proches). Au début des années 1950, John Barnes, un ethnologue britannique qui étudie un village de pécheurs norvégiens, se rend compte qu’il n’arrive pas à comprendre la vie sociale en la référant seulement à des groupements stables : familles, paroisses, groupes professionnels (pêcheries, conserveries). Il décide alors de s’intéresser aux relations interpersonnelles, ce qui le conduit, en 1954, à proposer une première définition du réseau social : « J’imagine une série de points qui seraient, pour certains d’entre eux, reliés par des lignes. CC Kevin Dooley Bibliographie indicative Barnes J. Étudier les réseaux Stanley Milgram Pour étudier cette structure sans limite, ils imaginent différentes stratégies. CC Martin Grandjean Que sait-on des réseaux personnels ?

Le web social comme levier de développement professionnel | Le web social, un levier de développement professionnel? Plusieurs définitions et caractéristiques du développement professionnel incluent la notion de « l’école » (Dionne 2003; Canton, 1996) dans sa nature « locale ». Dans le cadre de ce projet, cet aspect ne sera pas considéré, puisque les caractéristiques d’un environnement numérique et social – dans ce cas-ci, certains outils du web social – permettent de sortir des frontières géographiques, voire disciplinaires. Dans les formes de développement professionnel recensées par St-Pierre et Lison (2009), on note que les activités les plus souvent effectuées sont ponctuelles : participation à des journées ou à des ateliers pédagogiques et à des congrès. En 1997, le Conseil supérieur de l’éducation affirmait que les enseignants devaient bénéficier de nouveaux lieux d’échanges dans lesquels ils pourraient se regrouper avec des intervenants d’autres établissements qui vivent une problématique commune. Réseau et communauté : des structures aux caractéristiques différentes Les types de communautés

Étude du petit monde Le « phénomène du petit monde » (appelé aussi effet du petit monde également connu sous le vocable « paradoxe de Milgram » car ses résultats semblent contraires à l'intuition) est l'hypothèse que chacun puisse être relié à n'importe quel autre individu par une courte chaîne de relations sociales. Ce concept reprend, après l'expérience du petit monde, conduite en 1967 par le psychosociologue Stanley Milgram, le concept de « six degrés de séparation ». Celui-ci suggère que deux personnes, choisies au hasard parmi les citoyens américains, sont reliées en moyenne par une chaîne de six relations. En revanche, après plus de trente ans, le statut de cette idée comme description de réseaux sociaux hétérogènes reste une question ouverte. Expériences menées par Milgram[modifier | modifier le code] L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Critiques[modifier | modifier le code] En 1998, Duncan J.

Retour sur "réseaux et communautés" Bon l’activité est finie, il ne reste plus que les traces. Sur l’animation du cours qui a duré trois heures, je ne sais trop quoi en penser. J’en ressorts assez frustré. En premier lieu, 3 heures, c’est vraiment trop peu pour ce sujet aussi bien en terme de contenu qu’en terme d’interaction avec les étudiants ; deuxièmement s’il faut que je continue à faire des diaporamas, il faut s’en échapper lors de l’animation et proposer des activités. J’en avais prévues, mais elles étaient là pour illustrer le cours. J’aurais du faire l’inverse, faire des exercices et à partir de là, proposer des règles. Le fil directeur du projet était de partir d’un existant supposé, l’appartenance des étudiants à des réseaux sociaux. A partir de cet a priori initial, j’ai posé comme problématique le rapport entre réseau social et communauté. J’avais prévu le cours avec un avant et un après, matérialisé dans un blog, réseaux et communautés. WordPress: J'aime chargement… Sur le même thème

Réseaux ou communautés On parle beaucoup de réseaux aujourd’hui en confondant souvent avec le terme de communauté. Pourtant les deux termes ne sont pas équivalent. Fred Cavazza, en s’appuyant sur les réseaux sociaux issu du web social met en avant une première distinction d’usages : publier n’est pas dialoguer et il propose ce schéma parlant : Le premier cas est celui de la communauté où il montre qu’il y a interaction, sous la forme d’une conversation. Le forum est la fonctionnalité essentielle de l’interaction défini comme l’échange de trois messages : premièrement, le message initial, ensuite la réponse à ce premier message et enfin le feed back, c’est à dire la confirmation de réception de la réponse ; et éventuellement bien sûr l’enchaînement de la discussion. C’est de cette interaction et de la qualité des échanges que vont se construire de nouvelles connaissances. En accord avec lui, le réseau est nécessaire à une communauté mais ne peut pas se confondre pas avec elle.

De la communauté à l’écume : quels concepts de sociabilité pour le « web social » ? 1Pendant longtemps, les outils et machines ont été pensés comme faisant partie d’une catégorie comprise comme essentielle, la technique, dont les qualités pourraient peut-être varier sur le plan du phénotype – les objets affichent visiblement des formes et fonctions fort différentes – mais découleraient en fin de compte d’un même génotype, la tekhnè, la façon de faire efficace. Pour connaître le rôle que jouent les objets techniques dans et pour la société, il suffirait de comprendre la technique, de manière abstraite – ce qui dispense, fort à propos, de regarder de plus près, d’ouvrir la boîte noire. Or, depuis que Simondon a déclaré la différence entre diode et triode digne de réflexion philosophique, l’école essentialiste a perdu du terrain et les différents déterminismes reculent au profit de perspectives théoriques et méthodes empiriques qui conçoivent la technique comme hétérogène, de natures différentes. 3Premièrement, l’internet repose sur une base technique malléable.

Web2.0 et Communauté – Partie 3/3 L'origine du concept de communauté et ses différents types. a) La notion de communauté La communauté est un fait social nécessaire chez les hommes. « Le concept de communauté est un terme polysémique utilisé en sociologie pour désigner diverses situations sociales. […] R. Une communauté prend un sens différent selon les contextes, les cadres culturels et les angles d’attaques des sociologues. Emile Durkheim, dans Communauté et société selon Tönnies, creuse la génétique de la communauté et l’oppose à la société. Néanmoins, s’il y a des définitions différentes, il existe un cadre commun à toutes les communautés, un présupposé de base. Une étude universitaire d’Alain Gressierévouqe quatre points qui font office de synthèse sur la définition de communauté : - Plus de 100 définitions possibles Hillery G A (1955) "Definitions of community; Areas of Agreement", Rural Sociology - « Depuis plus de 50 ans les sociologues ont défini et redéfini le concept de communauté » Welman B.

Vers une vie privée en réseau « Quand je signais mes mails avec mon identifiant et mon mot de passe, ce n’était pas seulement de la provocation : ma sécurité est basée sur le fait que je sauvegarde mes données, pas sur un secret qui risquerait – si je le croyais protégé – de m’être préjudiciable. » — Laurent Chemla Pionnier de l’internet et auteur des « Confessions d’un voleur« , livre incontournable (et téléchargeable gratuitement) pour qui veut comprendre les valeurs (et l’histoire) de l’internet tel qu’il s’est développé dans les années 90, Laurent Chemla a une conception somme toute particulière de la vie privée. Les professionnels de la sécurité savent également qu’il se trouvera toujours quelqu’un de plus compétent qu’eux, disposant de plus de moyens ou de temps, et qu’aucun système n’est sécurisable à 100 %. On sait, d’autre part, que la sécurité des logiciels libres -dont le code source est librement consultable- est a priori plus fiable que celle des logiciels propriétaires, dont le code est un « secret« . .

Réseaux contre hiérarchies, liens faibles contre liens forts Pour le New Yorker, Malcolm Gladwell (blog) a rédigé une brillante mise au point sur les différences entre l’activisme en ligne et l’activisme réel, dans un article intitulé “Petit changement : pourquoi la révolution ne sera pas twittée” où il montre les limites des organisations en réseaux comparés aux structures hiérarchiques classiques. Pour accomplir sa démonstration, Malcolm Gladwell nous plonge dans l’histoire politique des Etats-Unis, pour nous aider à mieux comprendre comment, politiquement, les différences de structuration de la contestation induisent des effets qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Démonstration. Le lundi 1er février 1960, vers 16h30, 4 étudiants étaient assis au comptoir du Woolworth, un bar du centre-ville de Greensboro, en Caroline du Nord. 4 étudiants en première année d’un collège noir à proximité. Ezell Blair a alors demandé à la serveuse une tasse de café. Image : Les 4 de Greensboro : Ezell A. Nous sommes loin de Greensboro. Pour Jillian C.

Pourquoi la conversation l’emportera. Les reconfigurations de l’information Gaza, photo Banksy 2015. En apparence, peu de choses ont changé. En dépit des prédictions échevelées des gourous de la Silicon Valley, l’amateurisme n’a pas remplacé le journalisme. La presse a suivi le déplacement des financements publicitaires et a investi le web, mais les institutions du journalisme et leur vision du monde semblent encore solidement installées. Mais cette façade cache de profondes reconfigurations du rapport à l’information. La culture LOL Qu’une part de plus en plus importante de la population s’éloigne des sources autorisées, leur préférant le people, la culture LOL, les vidéos sur YouTube ou la conversation sur les réseaux sociaux ne relève pas seulement du renouvellement des techniques de communication depuis l’introduction d’internet. Quand la critique restait à sa place, comme du temps du Petit Rapporteur (TF1, 1975-1976) ou de Nulle Part Ailleurs (Canal +, 1987-1997), elle pouvait être tolérée comme un signe de santé d’un système acceptant sa caricature.

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