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La disparition de la philosophie dialogue avec Michel Serres et Jankélévitch (1975)

La disparition de la philosophie dialogue avec Michel Serres et Jankélévitch (1975)
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Le sens enfoui du travail Le travail demande à être reconnu, à la fois présent et cache dans ce qu’il produit, a la fois souffrance et dévoilement. L’effort fourni par la philosophie pour penser le travail rencontre la difficulté constante à former un concept de travail qui ne se dissolve pas dans ce qui l’accompagne et ne se confond pas avec lui : la technique, l’acquisition des habitus nécessaires à la mise en œuvre des outils, l’invention de ces derniers, les rapports économiques et sociaux, etc. Le travail est en effet quelque chose d’irréductible à quoi que ce soit d’autre : une activité en temps contraint, faite par obligation sociale, caractérisant toutes les sociétés qui obligent au moins certains de leurs membres jour après jour à une tâche pour laquelle ils n’éprouvent pas d’attirance spéciale – et qui cependant est tenue pour indispensable à la survie de la collectivité puisqu’elle en assure la subsistance. Or comme tel le travail est apparemment très rarement convoqué sur la scène philosophique.

L'Internationale lettriste En 1951, au festival du cinéma à Cannes, Guy Debord, alors âgé de dix-neuf ans, rencontre le groupe lettriste d’Isidore Isou qui, sous les huées, projette un film intitulé "Traité de Bave et d’Eternité" ; un film composé de collages d’images récupérées, parfois détériorées, avec en bande sonore des poésies onomatopéiques et des monologues. L’oeuvre se situe dans une filiation du dadaïsme et du futurisme italien ; en particulier, dans celle de Kurt Schwitters et de son "Ursonate". Isou et les lettristes (Maurice Lemaître, Gil J. Wolman), reprenant la charge iconoclaste des dadaïstes et des premiers surréalistes, veulent porter à son terme l’autodestruction des formes artistiques. Un an plus tard, Debord projette son propre film, "Hurlements en faveur de Sade", reproduit préalablement dans l’unique numéro de Ion, revue du cinéma lettriste. De 1952 à 1954 paraissent quatre numéros de l’Internationale Lettriste ; suivent, de 1954 à 1957, vingt-neuf numéros de Potlatch.

Jankélévitch entre musique et philosophie Avec ces textes de circonstance, Jankélévitch livre une voie vers la compréhension de ses écrits sur la musique, non sans lien avec sa philosophie. Françoise Schwab a fait et continue de faire un travail d’une importance capitale pour la diffusion et la connaissance de l’œuvres – et de la personne – de Vladimir Jankélévitch. Après avoir édité un certain nombre de textes de circonstance permettant une compréhension plus complète de sa réflexion sur la Résistance, la mémoire, le judaïsme et l’Etat d’Israël, et tant d’autres textes importants, Françoise Schwab met à la disposition du public des textes inédits ou difficilement trouvables de Vladimir Jankélévitch sur des musiciens. Ces derniers ouvrent un chemin vers ses œuvres consacrées à la musique, œuvres par lesquelles il s’est acquis une certaine renommée. Une vie tout en musique Retraçant en filigrane son itinéraire au sein de l’histoire de la musique, cet ouvrage montre que Jankélévitch s’est tenu loin de la musique sérielle.

Dali : nécrologie Art et technique font-ils bon ménage? Le Bauhaus au cœur des débats contemporains | 40 degrés à Londres ou les Arts d’Outre-Manche « Art et technique, une nouvelle unité ! La technologie n’a pas besoin de l’art, mais l’art a vraiment besoin de la technologie » lance Walter Gropius, le fondateur de l’école du Bauhaus, slogan qui retentit d’autant plus dans une société qui cherche à légitimer ses productions artistiques à chaque crise économique. De quoi faire frémir les défenseurs de l’art pour l’art. Iwao Yamawaki. On ne peut néanmoins émettre que cette exposition ne rapporte que des traces d’un mouvement coupé de son dynamisme, cela étant dû à la nature même de cette école qui se voulait expérimentale et dont certaines créations étaient éphémères (carnavals et autres représentations vivantes ou encore matériaux récupérés d’œuvres antérieures pour en créer de nouvelles). Maîtres sur le toit d’un bâtiment du Bauhaus, c.1926 (1998). Eugen Batz, Effet spatial de couleurs et formes à partir du cours sur la théorie des couleurs de Wassily, Kandinsky, 1929, Tempera par-dessus crayon sur papier, Bauhaus-Archiv Berlin

Le Voyageur lu par Apollinaire Le 24 décembre 1913, à 11 heures, Ferdinand Brunot (et Madame), l’ingénieur délégué par Pathé : Ravenet, les écrivains Paul Fort, Guillaume Apollinaire, André Billy et André Salmon se retrouvent aux Archives de la parole pour une séance d’enregistrement. Guillaume Apollinaire dit et enregistre trois de ses poèmes : Le Voyageur, Le Pont Mirabeau et enfin Marie. Puis, d’après André Salmon qui relate la séance, "il s’écoute, non sans stupeur. Ses amis le retrouvent, mais il ne se reconnaît pas ! Il est en effet des organes profonds de perception auditive dont nous ne jouissons que grâce au phonographe [...] lorsqu’il nous renvoie cette propre voix qui étouffe, quand nous parlons, les dites perceptions profondes, trop délicates ; les voix intérieures eût dit Hugo qui eût aimé l’invention du professeur Brunot.

Jankélévitch face à "l'élite cagoularde des beaux quartiers" La semaine dernière, j’essayais de brosser, à ce micro, un portrait de Georges Bernanos en psychologue de la lâcheté, en clinicien du déshonneur. Je faisais notamment allusion aux passages où l’écrivain catholique dénonçait la _« muette conspiration des lâches »qui avait fondé selon lui l’esprit de Vichy. Or pour Bernanos, cet esprit capitulard était d’abord le fait des élites, des élites démissionnaires. En 1942, il écrivait, je cite : « C’est l’aristocratie, la haute et la moyenne bourgeoisie française, qui vient de se rallier à la Nouvelle Europe »,_ l’Europe nazie. Or, au lendemain de cette chronique, je suis tombé sur un passage où le philosophe Vladimir Jankélévitch salue précisément la façon dont Bernanos brocardait la trahison des élites françaises.

Rencontre avec Salvador Dali - Vidéo Ina Bernard Stiegler : « Le marketing détruit tous les outils du savoir » Texte publié intégralement dans la revue Soldes [1], que vous pouvez vous procurer dans l’une de ces librairies ou lors de l’événement organisé au Point éphémère à Paris le 24 mars (voir à la fin de l’article). Peut-on sortir de l’ère industrielle ? J’ai la conviction profonde que ce qu’on appelle humain, c’est la vie technicisée. Quand on appréhende les questions dans leur globalité, il est inconcevable de faire face à cette poussée démographique avec des moyens non industriels. D’où vient cette hégémonie du capitalisme financier ? En 1977, au moment du mouvement punk, c’est l’enclenchement d’une catastrophe annoncée. Comment s’opère cette destruction des savoirs ? Aujourd’hui, 180 millions de Chinois sont dépressifs et partout ailleurs les gens sont dépressifs. Le marketing triomphant… ? Ce qui s’est mis en place dans les années 1950 avec le développement des médias de masse, c’est le projet d’Edward Bernays, le neveu de Sigmund Freud. Le web, c’est l’ère industrielle de l’écriture.

D.A.F. de Sade Sade reste un auteur dérangeant deux siècles après sa mort en 1814. « Divin marquis », « grand seigneur méchant homme », et autres épithètes sont autant de masques qui révèlent des facettes de l’écrivain et philosophe mais peuvent aussi égarer ses lecteurs... De nos jours, la pornographie la moins soutenable est accessible en un clic, pornographie dont l’étymologie [1] révèle bien ses accointances avec le monde d’un nihilisme moderne par lequel, selon Gianni Vattimo, tout est réduit à sa valeur d’échange. Et pourtant Sade dérange... Dans sa magnifique biographie en trois tomes sur Donatien de Sade — Sade vivant (1986, 1989 & 1990) — J.-J. Pauvert rappelle : « tout se passe au fond comme si depuis près de deux cents ans un siècle, puis l’autre avaient inventé deux manières inverses et successives de se débarrasser des questions que pose l’œuvre de Sade en travestissant son personnage. Il serait bien présomptueux d’affirmer que le présent dossier a pour but de faire lire Sade autrement.

Jankélévitch ou la vertu Jankélévitch explore de dilemme de nos choix moraux, qui nous imposent bien souvent de se privilégier soi-même ou de privilégier autrui. Et il le résout dans une morale de l’amour. Après une belle préface de Marcel Brisebois, ancien étudiant de V. Jankélévitch, qui replace le Traité des vertus dans l’ensemble de l’œuvre du philosophe et musicologue , J. L’alternative Son point de départ est le suivant : l’homme est confronté à la nécessité de faire des choix qui n’engagent pas seulement sa personne, et ces choix, sous leur forme la plus radicale, sont toujours des choix entre se privilégier soi-même et privilégier autrui. J. Dans le cadre de la philosophie de Jankélévitch, il s’agit d’une morale de l’intention. Jankélévitch distingue à partir de là le « Quod » de l’intention, son effectivité du « Quid ». Le cheminement du vertueux J. La première vertu étudiée par Jankélévitch est le courage, car « par le courage tout commence.

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