
Vers l'eau technologique ? On veut nous faire croire que l’eau n’est plus ce qu’elle est. La rupture a commencé autour de 1992. Pour la première fois, les pouvoirs économiques et politiques des « pays du Nord » ont affirmé — et fait admettre par la communauté internationale — que l’eau devait être considérée essentiellement comme un « bien économique » d’après les principes de l’économie capitaliste de marché [1]. Sur cette base, la Banque mondiale — l’un des inspirateurs et promoteurs de ce changement — a élaboré et imposé à travers le monde, à partir de 1993, le modèle qui devait permettre, selon elle, de « gérer » de manière optimale les ressources hydriques de la planète. Sous l’impulsion notamment du Partenariat mondial de l’eau (Global Water Partnership, GWP), les principes de la GIRE sont devenus la ligne directrice de la plupart des gouvernements des cinq continents [3]. Trois d’entre elles méritent d’être combattues avec force et persévérance. Eau et valeur économique
AUSTRALIE • Facture salée pour de l’eau douce Confrontée à la sécheresse, l’Australie mise sur le dessalement de l’eau de mer pour accroître ses ressources en eau. Mais ce choix s’avère coûteux et irrite les écologistes, écrit le New York Times. L’Australie se remet à peine du plus long épisode de sécheresse de son histoire : dix ans de dessèchement, aggravés, d’après le gouvernement, par le phénomène du réchauffement climatique. Les cinq plus grandes villes d’Australie ont donc décidé de consacrer plus de 10 milliards d’euros à la construction d’usines de dessalement capables de transformer chaque jour des millions de litres d’eau de mer en eau potable. Le principe du dessalement de l’eau de mer suscite toutefois de vives protestations ainsi qu’un certain mécontentement populaire. Dans cette région, la sécheresse a duré de 2000 à 2009 et le réservoir du principal bassin de retenue, Wivenhoe, est même descendu jusqu’à seulement 16 % de sa capacité. D’autres villes ont fait le même pari. Norimitsu Onishi Repère
Main basse sur l’eau des villes, par Marc Laimé Si 95 % des services d’eau et d’assainissement dans le monde demeurent régis par la puissance publique, les « majors » du secteur – trois français sur les quatre plus grands groupes mondiaux (voir « Trois sœurs ») – cherchent à assurer leur emprise sur des marchés en voie de privatisation. Des choix contestés par des millions de citoyens sur la planète. A tel point que Veolia a édité une sorte d’argumentaire pour tenter de répondre à ses détracteurs altermondialistes – une première. Tout juste dépassée par le Chili, puis l’Angleterre et le pays de Galles, qui ont totalement privatisé, la France apparaît comme pionnière de la participation des entreprises privées dans la gestion de l’eau. Huit habitants sur dix y sont desservis par un opérateur privé, neuf sur dix dans les grandes agglomérations. La possibilité pour les communes de déléguer la gestion des services d’eau remonte au milieu du XIXe siècle. Or les besoins sont énormes. Taille de l’article complet : 3 742 mots.
info - n377a1 -- Dessaler l'eau de mer sans saler la facture Les premiers systèmes d'évaporation et de condensation utilisés pour le dessalement n'utilisaient qu'une faible partie de l'énergie mise en jeu lors de l'évaporation de l'eau de mer. En effet, la vapeur d'eau ainsi produite gagnait un condenseur alimenté en eau froide. Cette eau se réchauffait, mais l'énergie ainsi transférée était le plus souvent perdue car sa température trop faible la rendait inutilisable. Afin de limiter ce " gâchis " thermique, une nouvelle génération d'évaporateurs multiples effets a vu le jour. Cette technologie, qui utilise plusieurs unités d'évaporation et de condensation montées les unes à la suite des autres avec des pressions décroissantes, permet de réutiliser plusieurs fois la chaleur latente de condensation. L'évaporateur du LSGC présente plusieurs cellules associées en série et en parallèle de manière à obtenir le chevauchement des zones d'évaporation et de condensation. * Unité propre de recherche du CNRS.
Marc Laimé - Les eaux glacées du calcul égoïste Le boom attendu des usines de dessalinisation Cette technique pose le problème de la saumure qui est le plus souvent rejetée en mer au risque de perturber les écosystèmes. Si la dessalinisation des eaux de mer ou saumâtres est un passage obligé pour de très nombreux pays frappés de pénurie, le problème écologique posé par la saumure reste entier. Autrement dit, cette eau extrêmement concentrée en sel que les usines rejettent après avoir extrait l'eau douce. En moyenne, l'eau de mer contient 35 grammes de sel par litre et l'eau saumâtre de 1 à 10 grammes. Dans un document pédagogique, Suez Environnement souligne « que les écosystèmes sensibles sont perturbés tant que la température et la salinité ne sont pas revenus à moins de 1 ° Celsius et 1 gramme par litre d'écart. » Ce retour à la normale peut être relativement rapide. Un enjeu réel de recherche L'autre problème est lié à la saumure produite par les usines qui traitent des eaux saumâtres et qui se trouvent à l'intérieur des terres.
Pesticides dans l'eau du robinet : les instructions du ministère de la Santé La Direction générale de la santé vient de définir de nouvelles modalités de gestion des situations de dépassement des limites de qualité pour les pesticides dans l'eau du robinet. Présentation. Lorsque la présence de pesticides est mise en évidence une première fois à une teneur supérieure à la limite de qualité, le résultat doit immédiatement être confirmé sur un second échantillon. Lorsque le dépassement d'une limite de qualité est confirmé et que la personne reponsable de la production ou de la distribution d'eau a mené une enquête pour en déterminer la cause, des mesures correctives doivent être mises en œuvre. « L'objectif est en effet de limiter l'exposition de la population le plus rapidement possible et de rechercher le retour à une situation de conformité dans les plus brefs délais », précise le ministère de la Santé. Le responsable doit d'ailleurs assurer immédiatement auprès des consommateurs une information assortie de conseils. Mesures correctives Plan d'actions
La désalinisation dans le monde L'eau de mer représente 97% de la réserve totale d'eau sur Terre tandis que la majorité de la population est concentrée sur les littoraux. Ainsi, dans les régions du monde les plus arides, on fait de plus en plus le choix de dessaler l'eau de mer pour répondre aux besoins en eau douce. Cette opération consiste à retirer le sel de l'eau salée par différentes techniques, de façon à la rendre propre à la consommation et aux usages agricoles. Ainsi, environ 1% de l'eau potable mondiale est fournie par les 12.500 usines de désalement installées dans 120 pays, soit environ 35 millions de m3/jour (chiffres 2006). Ceci permet l'approvisionnement de 140 millions de personnes. L'essentiel (60 %) des installations se situent : - dans les pays méditerranéens (Turquie, Egypte, Maroc, Tunisie..) - en Asie occidentale (Moyen-Orient : Iran, Irak, Arabie Saoudite..). Les derniers chiffres de la F.A.O (Aquastat - Janvier 2001) donne la répartition suivante par pays : - d'Israël (voir ci-dessous), En France :
L'eau : Pour une culture de la responsabilité: Amazon.fr: Antoine Frerot, Angel Gurria