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La transparence a-t-elle des limites ?

La transparence a-t-elle des limites ?
Dans une très intéressante tribune publiée par The New Republic, l’éminent professeur de droit, Lawrence Lessig, fondateur du Centre pour l’internet et la société à l’école de droit de Stanford, revient sur cette « nouvelle objectivité que constitue la transparence des données », comme la définissait David Weinberger. Une transparence revivifiée par ce mouvement pour la libération des données publiques dont les projets de la Sunlight Foundation , de data.gov ou de Apps for Democracy sont les nouveaux emblèmes. Mais qu’est-ce que la transparence implique ? Est-elle aussi légitime que semblent nous le dire ses partisans ? Ne risquons-nous pas d’entrer dans une nouvelle ère où la transparence risque plus de devenir une tyrannie qu’une vertu ? « Incontestablement, la transparence est devenue une valeur commune à tous les partis. Peut-on être contre la transparence ? « Comment pourrait-on être contre la transparence ? Tyrannie de la transparence ou tyrannie de la vertu ? Related:  Développement local

Données publiques : une nouvelle économie des services publics en débat C’est une ordonnance du 6 juin 2005, transposition d’une directive européenne du 17 novembre 2003, qui modifie la loi du 17 juillet 1978 en créant un droit de réutilisation des données publiques. Il s’agit de permettre aux citoyens, aux acteurs économiques, aux chercheurs, de se saisir de données publiques pour produire… ce qu’ils jugent utile : un site sur l’activité de chaque député, une cartographie interactive des lieux accessibles aux personnes handicapées, la disponibilité en temps réel des vélos en libre-service à Rennes, ou à Bordeaux, le recensement de la biodiversité à Montpellier, ou les faits de criminalité par quartier à New York. Et tout ce qui n’est pas encore imaginé. Avec, d’un côté le développement des technologies du web et du web mobile et, de l’autre, la masse considérable de données produites ou collectées par les administrations, le potentiel, économique et social, est jugé énorme. 1 – Qu’est-ce qu’une donnée publique réutilisable ? Focus Sommaire du dossier

Vers La richesse des réseaux | InternetActu.net Les Presses universitaires de Lyon viennent de faire paraître la traduction française de La Richesse des réseaux de Yochaï Benkler, ce spécialiste des sciences politiques, professeur à la Harvard University, codirecteur du Centre Berkman pour l’internet et la société. Nous vous proposons à cette occasion de découvrir cet ouvrage, qui fait déjà figure de classique, en publiant sa longue introduction qui à l’avantage de donner un réel aperçu des modalités de l’argumentation de Yochaï Benkler… Pour lui, l’enjeu de la société de l’information repose tout entier sur la transformation du mode de production de l’information, de la communication et de la connaissance. L’émergence de l’économie de l’information en réseau nous permet de faire davantage “pour et par nous-mêmes”. Elle réorganise en profondeur l’espace public et vient contrarier l’hégémonie de la production marchande et propriétaire que nous connaissions dans la sphère de la production du savoir, de l’information et de la culture.

Les dangers de l'ivresse ideologique Dans un essai publié vendredi dernier, Lawrence Lessig, prend ses distances avec le mouvement pour la Transparence et le Gouvernement 2.0, tel qu'il semble prendre le chemin, aujourd'hui.« Like the decision to go to war in Iraq, transparency has become an unquestionable bipartisan value. »« Comme la décision de faire la guerre à l'Irak, la Transparence est devenue une valeur bipartite qui ne supporte pas la contestation. »De la part d'un juriste, les termes employés ne sont jamais innocents, et signale de la part de l'administration, du corps politique, ainsi que des associations de soutien à ce mouvement telles que la Sunlight Foundation, un aveuglement dangereux.

Peut-on être anonyme sur le Net ? Du mot « anonyme » et des notions aussi mal comprises d’appellation et d’identifiabilité en marge de la révélation de l’identité de Noisette Sociale. Notions abordéesNotion abordée : Le niveau d’identifiabilité d’une personne décrite par un ensemble d’informations ne résulte pas nécessairement de l’usage ou non d’identificateurs. Un fait divers presque banal sur le Web, dont voici la version de la journaliste Josianne Massé de Branchez-Vous ! : « Noisette Sociale a blogué sous un pseudonyme pendant deux ans. (…) Au milieu d’un conflit entre blogueurs, sous la forme d’un commentaire anonyme, la véritable identité de Noisette Sociale a été dévoilée. Évidemment, l’incident a reçu moult échos dans la blogosphère. « Je me demande quoi penser de quelqu’un qui blogue de façon anonyme, pis qui ferme son blog parce qu’on l’a reconnu. » « Peut-on vraiment espérer demeurer anonyme ? En effet. En fait, le mot « anonyme » même est source de confusion, comme l’attestent plusieurs dictionnaires.

C'éclair ! L'efficacité au quotidien : des conseils pour la gestion du temps et le développement personnel L’ouverture des données publiques, et après Tous ceux qui, comme nous dans le cadre du programme Réutilisation des données publiques de la Fondation internet nouvelle génération, s’engagent en faveur de l’ouverture et de la réutilisation des données publiques, en espèrent des résultats féconds en termes de qualité de vie, de cohésion sociale, d’innovation et de croissance. Mais les choses pourraient se passer tout autrement. Nous devons commencer à penser aux conséquences de l’ouverture des données, pour nous assurer qu’elles soient majoritairement positives. Ceux qui militent en faveur de l’ouverture des données publiques (ou non, d’ailleurs) et de leur réutilisation par les citoyens, les chercheurs et les entrepreneurs, espèrent qu’il en sortira quelque chose de bon. Ils ont sans doute une idée différence de ce qu’est ce « quelque chose », et de ce que « bon » veut dire : je peux considérer qu’il est bon de créer de la valeur marchande à partir de données publiques gratuites, alors que d’autres ne le penseront pas. Bifurcations

Yochaï Benkler : Dépasser l’analyse de la topologie des réseaux Par Hubert Guillaud le 02/06/09 | 9 commentaires | 8,122 lectures | Impression Comment construire de nouvelles approches et de nouvelles formes d’observation pour comprendre comment se transforme la politique à l’heure de la participation dans les environnements en réseaux ? Telle était le fil directeur de la foisonnante conférence (voir les slides de sa présentation) qu’a donné Yochaï Benkler à l’occasion de l’inauguration du MediaLab de Sciences Po la semaine dernière (voir également les objectifs du laboratoire). On ne présente plus vraiment Yochaï Benkler, professeur à la Harvard University, codirecteur du Centre Berkman pour l’internet et la société, spécialiste des sciences politiques à l’heure d’internet et auteur du renommé La richesse des réseaux, dont la traduction en français est attendue pour les prochains mois. Image : Yochaï Benkler lors d’une conférence à Harvard en mars 2009 par Jean-Baptiste Labrune sur Flickr. Dépasser les observations de structures Hubert Guillaud

Les intégristes de la transparence Beaucoup de voix s’élèvent pour exiger la totale transparence des données gouvernementales. Je me suis souvent positionné dans le camp de ces intégristes de la transparence avant d’aboutir à une position plus nuancée. J’ai déjà insisté sur le fait que la transparence totale pour un individu, une entreprise, ou même une communauté open source, n’était pas la panacée, du moins dans une première phase. Cette obscurité qui favorise les mutations créatrices peut favoriser des mutations pernicieuses. Donc imaginons qu’un cinquième pouvoir s’installe, qu’ils prennent de l’importance, un pouvoir fait d’individus… il ne pourra pas être totalement transparent car chacun des individus ne pourra pas l’être sous peine de se banaliser. Nous devons avoir un droit à la transparence. Lorsque tout tend à passer du côté du visible, comme c’est le cas dans notre univers [La sexualité par exemple], que deviennent les choses jadis secrètes ? Il faut donc jouer de la lumière et de la pénombre. Notes

L'avenir libre de Bernard Stiegler ou gratuit de Jacques Attali Un titre un peu caricatural pour un billet qui met simplement en parallèle deux récentes et intéressantes interviews vidéos, la première de Jacques Attali, la seconde de Bernard Stiegler. Choisis ton camp camarade ? Pas vraiment, parce que les deux intellectuels n’abordent pas exactement le même sujet, bien qu’il soit à chaque fois question de l’avenir de nos sociétés (on remarquera qu’ils citent tous deux Wikipédia mais pas avec le même dessein). Jacques Attali La gratuité - Dans le cade de l’émission Conversation d’avenirs sur Public Sénat22 décembre 2009 - URL d’origine de la vidéo Bernard Stiegler

Tout autour de moi Innovation et société : pour élargir l'analyse des effets territoriaux de l'innovation Comme nous venons de le voir, les travaux de Schumpeter et de Veblen constituent des antécédents importants pour l’élaboration d’une analyse qui enchâsse l’innovation dans le social. Mais ce sont les économistes dits « évolutionnistes » qui complètent leur œuvre en proposant une vision globale de l’innovation. Pour ce courant, l’innovation est un processus (Freeman et al., 1982), un « processus qui transmet des impulsions, en reçoit, raccorde les idées techniques nouvelles et les marchés » (Le Bas, 1995), un processus de résolution de problèmes, un processus d’apprentissage qui met en jeu des connaissances, des savoirs, des compétences, des savoir-faire, des capacités et des aptitudes (Winter, 1987). 2.1 - L’effet cyclique de l’innovation Selon les économistes évolutionnistes, le processus d’innovation est situé dans une organisation, une entreprise, ce qui les rapproche de la vision schumpeterienne (Dosi, 1988). Le potentiel dynamisant d’une innovation n’est donc pas éternel.

Quatre voies du datajournalism Le datajournalism ou journalisme de données, peut difficilement se résumer à un type de contenus ou à un type de démarche. Il requiert des compétences spécifiques, selon l'usage qui en est fait. J’ai eu l’impression, ces derniers jours, de répéter plusieurs fois la même chose à des personnes différentes (ce qui est un vrai plaisir quand il s’agit de datajournalism). D’où l’idée d’articuler ici ces quelques éléments récurrents. Photo CC par Ian-S sur Flickr Finalement, le datajournalism ou journalisme de données, peut difficilement se résumer à un type de contenus ou à un type de démarche. 1-COMPRÉHENSION : le datajournalism permet de mieux comprendre le monde. Pour cette visualisation des succès au box office américain depuis 1986, l’équipe du nytimes.com a particulièrement travaillé sur la forme des courbes, et leur couleur. Le datajournalism, c’est de la visualisation d’information. La datajournalism ne pourra donc pas se passer des compétences d’un interaction designer.

Communication comparée : relance.gouv.fr (FR) et recovery Passant tranquillement devant un arrêt de bus, je tombe sur une publicité m'encourageant, en bon citoyen français, à me rendre sur relance.gouv.fr pour en "savoir plus" sur la relance qui est actuellement en œuvre en France. Peut-être avez-vous, vous aussi, vu cette publicité? Perso, je m'attendais à trouver un site avec plein d'infos, plein de moyens de "sentir" la relance, et pourquoi pas m'impliquer près de chez moi? Voici ce que j'ai découvert en tout cas: - Assez excité par l'introduction du ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de relance, je cite: "Ce site est le vôtre. - Je tombe donc sur le site web avec un player tv qui renvoie vers relance.tv: je click un peu sceptique, car la télé n'a jamais été un moyen très interactif d'information, mais bon : du coup, j'ai droit à un clip d'intro sur le projet du TGV est (hum, mais on n'avait pas déjà décidé de lancer ce projet à l'époque où la France n'était pas en crise? Pourquoi être aussi critique?

L’intelligence collective à petite échelle Qu’entend-on généralement par « intelligence collective » ? Pour le monde du web, la messe est dite : c’est le produit émergent de l’interaction entre plusieurs milliers, voire millions d’individus, certains ne partageant avec les autres qu’une quantité minimale de leur réflexion (c’est la théorie du surplus cognitif chère à Clay Shirky, comme il l’a développe dans on livre éponyme ou chez TED). Et bien entendu, c’est le web lui-même qui est le média de choix de cette intelligence collective. Cette définition repose sur certains postulats, pas toujours explicites : Plus on est de fous, plus on rit. Pourtant, il existe une autre approche de l’intelligence collective, bien plus ancienne que le net ou le web : la « fusion » entre quelques esprits, le plus souvent seulement deux, pouvant aboutir à une explosion inattendue de créativité. La dynamique d’un couple créatif La nature du leadership au sein de ces couples est également difficile à déterminer.

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