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Travailler mieux pour vivre mieux

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir le juriste Alain Supiot et le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours pour tenter de savoir s’il est possible de changer le travail et changer la vie ! De gauche à droite : Alain Supiot et Christophe Dejours AC Lochard © Radio France Cela ne devrait pas exister, mais c’est la triste réalité : il existe des femmes et des hommes malades du travail, il se rencontre des épuisés de la vie qui n’ont plus le courage de résister au « management de la peur » et à la pression gestionnaire. Ceux-la ne supportent plus la dévalorisation de leur métier, ils ont honte de la malfaçon, ils regrettent le temps de la coopération entre collègues ; alors, ils se sentent inutiles, et perdent toute estime de soi. Or contrairement à ce qu’on pouvait attendre, les travailleurs qui se suicident sur leur lieu de travail sont rarement des sujets marginalisés. Ce ne sont pas uniquement les bras cassés qui se suicident au travail.

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Publications de Christophe Dejours sur Cairn ➜Recherche avancée Publications de Christophe Dejours diffusées sur Cairn.info Ouvrages L'évaluation du travail à l'épreuve du réel Critique des fondements de l'évaluation Coll. Sciences en questions (Editions Quæ, 2003) L'esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total - Alain Supiot. Cet ouvrage - ce n’est pas si fréquent que cela - est dédié à la mémoire de Bruno Trentin, grand syndicaliste (à la CGIL qu’il dirigea) et homme politique communiste italien (né dans le Gers où son père Silvio, militant antifasciste, avait dû se réfugier), membre de la Résistance française. Cette dédicace réjouit et surprend un peu dans la mesure où Alain Supiot inscrit son analyse dans une optique réformiste : s’il pourfend de manière magistrale le capitalisme financier, il ne dénonce pas le capitalisme en tant que tel. C’est à Philadelphie, le 10 mai 1944, qu’a été proclamée la première Déclaration internationale des droits à vocation universelle. Cette déclaration stipulait que : a) le travail n’est pas une marchandise ;

Portrait : Christophe Dejours En explorant les liens entre travail et souffrance psychique, le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours (a) a créé une nouvelle discipline et levé le voile sur les effets délétères de certains modes d'organisation et d'évaluation. Depuis son premier livre, Travail, usure mentale, publié en 1980, le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours n'a cessé de dénouer les liens entre souffrance mentale et travail : " Quand, il y a trente ans, je défendais le concept de souffrance psychique, beaucoup ricanaient - les sociologues, qui le trouvaient trop chrétien, comme les syndicalistes, qui jugeaient ce terme petit-bourgeois. Or la souffrance est inévitablement au rendez-vous du travail. Le réfuter revient à faire un contresens théorique.

Alain Supiot. Grandeur et misère de l'État social. Il y a deux ans, j’ai rendu compte dans les colonnes du Grand Soir du livre d’Alain Supiot L’esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total. Dans ce fort ouvrage, l’auteur expliquait en quoi le nouvel ordre économique mondial avait quelque chose de fasciste. Le choix : souffrir au travail n'est pas une fatalité Rares sont ceux qui contestent encore les conséquences néfastes des méthodes de travail généralisées au sein des entreprises depuis les années 1990, notamment de l'évaluation individuelle des performances. La mise en concurrence sans limite entre salariés et la solitude qu'elle engendre font souffrir, parfois jusqu'à la mort : la multiplication des suicides en est devenue le sinistre symptôme. Mais ce constat s'accompagne bien souvent d'un certain fatalisme, qui fait comme un écho aux mots de Margaret Thatcher, « il n'y a pas d'alternative ».

L'internationnalisation du droit "L'internationalisation du droit", Dialogue entre Mireille Delmas-Marty et Alain Supiot le mardi 19 juin 2012 à 18h00 dans l'amphithéâtre Simone Weil (rdc). Jusqu'à une période récente le Droit se présentait en Europe comme un pavage de Droits nationaux. Chacun d’eux constituait un système clos sur lui-même et possédait, avec le droit international privé, son propre outil (national) de communication avec tous les autres. Ce tableau a beaucoup changé durant ces trente dernières années. Certes le tropisme national continue de dominer l’étude du Droit, mais il a perdu de sa force pour des raisons à la fois internes et externes à l’Europe. Internes avec l’emprise désormais considérable d’un droit élaboré hors des cadres nationaux, essentiellement par la Commission européenne, la Cour de justice de l’Union et, dans une faible mesure, la Cour européenne des droits de l’Homme.

Christophe Dejours: «Chacun est seul, plus personne ne se parle» Christophe Dejours est psychiatre et professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Avec les équipes de son laboratoire, il a poursuivi, en deux lieux, son étude sur la souffrance au travail. Dans le service de réanimation d’un hôpital en région «Le turnover y est impressionnant et des soignants ont connu des épisodes de décompensation. Dans une bouffée délirante, une médecin a ainsi menacé les infirmières, convaincue qu’elles empêchaient le chef de service de lui avouer son amour. Elle est morte d’un anévrisme un mois plus tard.

Haro sur le code du travail, par Alain Supiot Billet invité. Version longue de la tribune publiée dans Le Monde Bayrou s’est récemment livré sur les plateaux de France 2 à un numéro de cabaret qui n’honore pas le débat politique. Pour illustrer le fait que, selon lui, tous les malheurs de la France viennent de son incapacité à se réformer, il a d’abord sorti de son sac un mince opuscule présenté comme « le code du travail suisse ». Puis il en a sorti un gros volume présenté comme le code du travail français, qu’il a jeté rageusement sur la table sous les applaudissements d’un public conquis par cette démonstration de la vraie cause de nos malheurs. Le pavé qu’il a exhibé était « le nouveau code du travail annoté » des éditions fiduciaires.

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