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Travailler mieux pour vivre mieux

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir le juriste Alain Supiot et le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours pour tenter de savoir s’il est possible de changer le travail et changer la vie ! De gauche à droite : Alain Supiot et Christophe Dejours AC Lochard © Radio France Cela ne devrait pas exister, mais c’est la triste réalité : il existe des femmes et des hommes malades du travail, il se rencontre des épuisés de la vie qui n’ont plus le courage de résister au « management de la peur » et à la pression gestionnaire. Ceux-la ne supportent plus la dévalorisation de leur métier, ils ont honte de la malfaçon, ils regrettent le temps de la coopération entre collègues ; alors, ils se sentent inutiles, et perdent toute estime de soi. Or contrairement à ce qu’on pouvait attendre, les travailleurs qui se suicident sur leur lieu de travail sont rarement des sujets marginalisés. Ce ne sont pas uniquement les bras cassés qui se suicident au travail. Related:  Christophe DejoursAlain Supiot

Publications de Christophe Dejours sur Cairn ➜Recherche avancée Publications de Christophe Dejours diffusées sur Cairn.info Ouvrages L'évaluation du travail à l'épreuve du réel Critique des fondements de l'évaluation Coll. Présentation/Sommaire Le facteur humain Coll. Présentation/Sommaire Contributions d'ouvrages Le soin en psychiatrie, entre souffrance et plaisir Dans Le souci de l’humain : un défi pour la psychiatrie (ERES, 2010) Premières lignes Consulter 4 € La clinique du travail entre vulnérabilité et domination Dans Travail et santé (ERES, 2010) Premières lignes Consulter 4 € 3. Dans La quête de reconnaissance (La Découverte, 2007) Premières lignes Consulter 4 € Entre désir de travailler et psychopathologie du travail : le piège de l'évaluation Dans La psychanalyse, encore ! Premières lignes Consulter 4 € Le corps entre séduction et clivage Dans Résonances (ERES, 2004) Premières lignes Consulter 5 € Articles de revues Effets de la désorganisation des collectifs sur le lien... à la tâche et à l'organisation Résumé Consulter 4 € Disciplines

L'esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total - Alain Supiot. -- Bernard GENSANE Cet ouvrage - ce n’est pas si fréquent que cela - est dédié à la mémoire de Bruno Trentin, grand syndicaliste (à la CGIL qu’il dirigea) et homme politique communiste italien (né dans le Gers où son père Silvio, militant antifasciste, avait dû se réfugier), membre de la Résistance française. Cette dédicace réjouit et surprend un peu dans la mesure où Alain Supiot inscrit son analyse dans une optique réformiste : s’il pourfend de manière magistrale le capitalisme financier, il ne dénonce pas le capitalisme en tant que tel. C’est à Philadelphie, le 10 mai 1944, qu’a été proclamée la première Déclaration internationale des droits à vocation universelle. Cette déclaration stipulait que : a) le travail n’est pas une marchandise ; b) la liberté d’expression et d’association est une condition indispensable d’un progrès continu ; C’est à tout autre film que nous assistons depuis les années soixante-dix. Pour l’auteur, il y a quelque chose de fasciste dans le nouvel ordre économique mondial.

Portrait : Christophe Dejours En explorant les liens entre travail et souffrance psychique, le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours (a) a créé une nouvelle discipline et levé le voile sur les effets délétères de certains modes d'organisation et d'évaluation. Depuis son premier livre, Travail, usure mentale, publié en 1980, le psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours n'a cessé de dénouer les liens entre souffrance mentale et travail : " Quand, il y a trente ans, je défendais le concept de souffrance psychique, beaucoup ricanaient - les sociologues, qui le trouvaient trop chrétien, comme les syndicalistes, qui jugeaient ce terme petit-bourgeois. Or la souffrance est inévitablement au rendez-vous du travail. Le réfuter revient à faire un contresens théorique. Ce qui n'est pas joué, c'est le destin de cette souffrance Pour Christophe Dejours, tout commence en 1968. Travail, usure mentale est le fruit d'enquêtes de terrain et d'une confrontation entre psychanalyse, ergonomie et sciences sociales. (a)

Alain Supiot. Grandeur et misère de l'État social. -- Bernard GENSANE Il y a deux ans, j’ai rendu compte dans les colonnes du Grand Soir du livre d’Alain Supiot L’esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total. Dans ce fort ouvrage, l’auteur expliquait en quoi le nouvel ordre économique mondial avait quelque chose de fasciste. Il citait Hitler, pour qui « Les richesses, par la vertu d’une loi immanente, appartiennent à celui qui les conquiert. Depuis, Alain Supiot a été nommé professeur au Collège de France, et avec Grandeur et misère de l’État social, il nous offre sa leçon inaugurale. Une des thèses de Supiot est que, lorsque le droit social disparaît, la solidarité s’évanouit. Pour Supiot, l’État social ne saurait être un simple « compartiment du droit » : il doit constituer l’État contemporain. La crise systémique frappe l’État de plein fouet car ses ressources sont amoindries tandis que ses charges ne cessent d’augmenter. Paris : Collège de France/Fayard, 2013

Le choix : souffrir au travail n'est pas une fatalité Rares sont ceux qui contestent encore les conséquences néfastes des méthodes de travail généralisées au sein des entreprises depuis les années 1990, notamment de l'évaluation individuelle des performances. La mise en concurrence sans limite entre salariés et la solitude qu'elle engendre font souffrir, parfois jusqu'à la mort : la multiplication des suicides en est devenue le sinistre symptôme. Mais ce constat s'accompagne bien souvent d'un certain fatalisme, qui fait comme un écho aux mots de Margaret Thatcher, « il n'y a pas d'alternative ». Ce livre, fondé sur diverses enquêtes de terrain, s'inscrit en faux. Psychiatre, psychanalyste, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, Christophe Dejours est titulaire de la chaire Psychanalyse-Santé-Travail et directeur de recherche à l'université Paris V.

L'internationnalisation du droit "L'internationalisation du droit", Dialogue entre Mireille Delmas-Marty et Alain Supiot le mardi 19 juin 2012 à 18h00 dans l'amphithéâtre Simone Weil (rdc). Jusqu'à une période récente le Droit se présentait en Europe comme un pavage de Droits nationaux. Chacun d’eux constituait un système clos sur lui-même et possédait, avec le droit international privé, son propre outil (national) de communication avec tous les autres. Ce tableau a beaucoup changé durant ces trente dernières années. Cette internationalisation du Droit soulève de nombreuses questions, concernant notamment le statut des droits de l'Homme, l'inscription territoriale des lois, la souveraineté nationale ou la nature du droit européen. Ce sont ces questions qui feront l'objet d'un dialogue entre Mireille Delmas-Marty et Alain Supiot, puis d'un débat ouvert avec les auditeurs de cet entretien.

Christophe Dejours: «Chacun est seul, plus personne ne se parle» Christophe Dejours est psychiatre et professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Avec les équipes de son laboratoire, il a poursuivi, en deux lieux, son étude sur la souffrance au travail. Dans le service de réanimation d’un hôpital en région «Le turnover y est impressionnant et des soignants ont connu des épisodes de décompensation. «Une logique marchande a gagné l’hôpital, les services des hôpitaux français sont mis en concurrence. «Le prélèvement d’organes sur des patients déclarés morts constitue aujourd’hui une source de "tarification" pour un hôpital. Dans un centre d’appels d’une entreprise privatisée «Un salarié s’est suicidé, un autre a fait un arrêt cardiaque sur son lieu de travail. Restaurer la convivialité «Cet hôpital et ce centre d’appels révèlent le pire que j’ai vu en quarante ans de recherche.

Haro sur le code du travail, par Alain Supiot Billet invité. Version longue de la tribune publiée dans Le Monde Bayrou s’est récemment livré sur les plateaux de France 2 à un numéro de cabaret qui n’honore pas le débat politique. Je pourrais donc vous refaire le numéro en exhibant par exemple un « code du travail » allemand (i.e. une compilation savante des textes applicables aux relations de travail) richement commenté _ par exemple le « Arbeitsrechts-Handbuch: Systematische Darstellung und Nachschlagewerk für die Praxis » qui compte 3034 pages dans son édition 2013. Rendre aux mots leur sens serait un premier pas dans la restauration d’un débat public digne de ce nom.

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