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Les violeurs

Les violeurs
Parmi les mythes sur le viol, il y a l’idée que les violeurs sont des psychopathes, des malades mentaux. Bien pratique, cette idée fait du viol non pas un phénomène de société, mais un ensemble de faits divers isolés. Elle est bien sur démentie par de nombreux éléments concrets, à commencer par le nombre de viols par an en France (environ 75 000 d’après l’Observatoire National de la Délinquance, chiffre probablement sous-estimé puisque de nombreuses femmes ne parlent jamais du viol qu’elles ont subi), mais aussi par leur impunité (90% des femmes ne portent pas plainte, 98% des agresseurs ne seront jamais condamnés; de plus la plupart des viols sont requalifiés en agressions sexuelles). Il est difficile de mettre un chiffre là-dessus mais la majorité des femmes ont déjà subi une agression sexuelle. J’ai subi plusieurs agressions sexuelles dans ma vie ainsi qu’une tentative de viol, et cela n’a rien d’exceptionnel. Etc, etc. Un autre petit détour sur un forum. Ho oui, y a du niveau, là. Related:  ViolRape culturerape culture

La Parade des violeurs est le Silence des violées Il y a quelques jours, je me suis indignée, comme tant d’autres femmes avant moi, de ce qu’un site commercial et ses partenaires puissent s’enrichir en faisant l’apologie du viol, sans être inquiétés. Tant que nos échanges avec l’auteur de l’article étaient restés confidentiels et polis, notre indignation avait été méprisée par le site. Lorsque mon indignation s’est faite moins discrète et plus insolente, j’ai eu le droit à une réaction immédiate. Sept pages d’injures misogynes, pas moins, où deux des trois personnes interpelées se proposaient également de "d’élargir l’étroitesse de [mon]… esprit" (c’est à dire de mon vagin, puisqu’il s’agissait d’un sextoy). Un jeu de maux révélateur de l’état d’esprit de ces personnes en matière de respect de l’intégrité des femmes. L’un d’entre eux a fini par gazouiller de vagues excuses, juste après avoir essayé de me manipuler en message privé, pour sonder à quel point ses menaces de poursuites avaient pu m’intimider (ou pas). Like this:

Joystick : apologie du viol et culture du machisme Retour de Mar_Lard, pour un coup de gueule contre Joystick, un magazine de référence sur les jeux vidéo. (TRIGGER WARNING : Cet article contient des références explicites au viol et aux agressions sexuelles.) EDIT: le magazine Joystick a publié une réponse sur sa page Facebook. Laissez-moi vous conter une histoire. Hier, alors qu’en route pour visiter sa Mère-Grand elle attendait innocemment son train, la douce et pure @NeukdeSogoul s’aventura dans la forêt obscure du kiosque à journaux. Au lieu de se diriger immédiatement vers le rayon Féminins comme une bonne petite fille, elle s’est égarée du coté des magazines de jeux vidéo, la vilaine. Et elle fut édifiée. Comme elle sait que je kiffe la misogynie et encore plus dans mes jeux vidéo, elle m’a signalé le dossier en question. Donc on va en parler. Non, aujourd’hui on cause du climat toxique soigneusement perpétué par l’industrie, la presse et les communautés du jeu vidéo pour exclure nos vagins crados de leur joyeux petit club macho.

Toi aussi encourage le viol comme Kamal Dans « les violeurs« , je reprenais des passages d’un article écrit par un demeuré quelconque de la communauté des players (sortes de Poires sur le retour animés d’une queutardise à peine complexée); à ceci près que celui-ci a la particularité de gagner sa vie sur la frustration sexuelle de gamins probablement un peu idiots et terrorisés à l’idée d’être toujours puceaux à l’âge de 15 ans. Mais bref. L’article en question, je le rappelle, était sexiste et problématique à plusieurs niveaux, mais il l’était surtout parce qu’il incitait au viol d’une façon plus que claire. Je ne vais pas reciter les passages les plus choquants (j’en avais déjà cité pas mal dans « les violeurs », vous pouvez les lire en seconde partie de l’article). Je vais me contenter de résumer en quoi l’article était non seulement choquant, mais dangereux. Les conseils suivants étaient donnés: Ce texte a évidemment été dénoncé plusieurs fois comme incitant au viol et signalé au gouvernement, mais il est resté en ligne.

Parler du viol (2): un enjeu de pouvoir J’expliquais la semaine dernière pourquoi la critique féministe et l’alliance entre droit et militantisme sont nécessaires en ce qui concerne les procès pour viol. Je voudrais évoquer maintenant la façon dont on parle du viol, et plus précisément, la façon dont on le nomme et on le définit. Nommer ne sert pas seulement à désigner et à décrire: c’est aussi un enjeu de pouvoir et de domination. Le contraste est flagrant entre le silence des victimes et la profusion des discours tenus sur le viol. J’envisagerai des discours spécifiques: ceux qui cherchent à renommer et redéfinir le viol pour en nier la réalité. Le silence des victimes Dans King Kong Théorie, Virginie Despentes écrit à propos de son viol. Puis une intervenante a expliqué: "La plupart du temps, une femme qui parle de son viol commencera par l’appeler autrement." Nommer ou ne pas nommer le viol: un enjeu de survie, mais aussi un enjeu de contrôle et de domination. Que cela soit bien clair: ce chiffre sort de nulle part.

Je ne veux plus lire : "Je refuse d'être une victime" La grande majorité des témoignages que j'ai reçus dans "Je connais un violeur" m'ont touchée, je voulais faire de mon mieux pour soutenir les victimes. Mais pas tous. J'ai aussi reçu quelques messages hostiles, heureusement très rares, et certains d'entre eux étaient emblématiques d'une haine des victimes de viol largement répandue. Entendons-nous, vous avez peu de chances d'entendre quelqu'un vous dire "je hais les victimes de viol, je détesterais en avoir pour voisines, ou que mes enfants aillent dans la même école qu'elles". De façon beaucoup plus pernicieuse, j'ai lu de nombreuses manifestations de rejet et de haine du statut même de victime. J'ai reçu le témoignage d'une jeune femme qui avait échappé à une tentative de viol et qui m'a écrit : "Je n'ai pas été violée car je connais mes droits et je ne suis pas une victime". Ainsi il y aurait des victimes nées, faibles par essence, qui seraient fatalement et le plus naturellement du monde la proie d'un agresseur.

Poire le violeur : quand « séduire » devient « faire céder » Céder n’est pas consentir.Nicole Claude-Mathieu Apprendre à séduire, quelle brillante idée. Vous vous souvenez? J’avais parlé de Poire, le nice guy, le pauvre mec qui n’avait pas confiance en lui, qui voulait séduire mais qui ne savait pas faire, qui se plantait lamentablement, et qui accumulait la frustration et la rancœur jusqu’à haïr l’objet de son désir. Ha les femmes, toutes des salopes. Veulent même pas sortir avec moi. Et puis il avait reçu des conseils, à droite, à gauche, il avait lu, il s’était dit: maintenant je n’ai plus envie d’être un loser. Poire devint Poire le player. Et puis… Voilà. Comment un petit mec timide devient un agresseur sexuel? C’est ce que je voudrais expliquer ici. J’ai expliqué dans Poire le player comment les erreurs de Poire qui le mènent à s’enfoncer dans ses problèmes au lieu de les résoudre: pour résumer, le risque qu’il court, c’est de ne pas changer de paradigme. Il croit que quand on couche avec une fille, on lui arrache quelque chose. Le consentement?

LES « BESOINS SEXUELS » : UN MYTHE AU MASCULIN L’idée d’un « besoin sexuel », principalement reconnu aux hommes, n’est pas tout à fait dépourvue de fondement biologique. En réalité, tout être humain - de tous les genres, donc - éprouve ce que nous appellerons des « besoins excréteurs ». Il doit vider, ou vidanger, à intervalles plus ou moins réguliers sa vessie (hommes & femmes), ses intestins (hommes & femmes), son appareil génital (hommes & femmes). S’agissant d’un être de sexe biologique masculin, il vide donc régulièrement sa vessie (il pisse), ses intestins (il chie), et ses couilles (il éjacule). Ces besoins excréteurs ne sont pas traités exactement de la même manière par la société. Certes, faire tenir sa verge par autrui pendant la miction peut être l’objet de jeux érotiques, de fantasmes, et de plaisanteries (« Tu veux que j’te la tienne ? Comme la plupart des hommes (et des femmes), je recours fréquemment à la masturbation afin d’évacuer la liqueur séminale qui engorge mes organes. La réciproque Impérieux, comme le désir

PUA: Quand un site de drague incite au viol HB, CZ, BL, DLV, ces abréviations ne vous disent peut-être rien. Jusqu’à hier, je n’avais absolument pas connaissance de cette communauté de « séducteurs professionnels » qui échangent sur le net conseils et tactiques pour mettre à coup sûr une fille dans leur lit. Ces coachs en vie sexuelle promettent de transformer n’importe quel boutonneux asocial en serial tombeur à grand coups d’abréviations à la sauce ricaine. La recette miracle ? Là où la méthode dépasse le stade de l’élucubration rigolote c’est lorsqu’elle incite ses adeptes au viol afin d’arriver à leurs fins comme l’a brillamment relevé la blogueuse Dike dans ce billet. Ainsi, la page intitulée "Comment bien baiser : les 3 secrets du hard SEXE" postée sur le site Seduction By Kamal constitue une incitation sans ambiguïté au viol et à la violence envers les femmes. Extraits choisis (je vous renvoie vers le billet de Diké pour lire la totalité des citations): "Montrez-lui qu’elle n’a pas vraiment le choix" "Imposez votre puissance".

Décider que c' est pas arrivé... J' ai eu mes premiers rapports sexuels à pas douze ans. Une nuit entière, des viols et des violences, ils étaient deux. A cette époque là, les gens me donnaient facilement 16/18 ans. En résumé, j' avais une vie à la con. J' ai donc été au concert, et j' y ai plus que jamais fait ma grande. C'est dans ce contexte là que les choses ont dérapé. Il y a beaucoup de choses dont on ne parle jamais au sujet du viol. Sur le chemin pour rentrer chez moi, des milliers de choses me passaient dans la tête. J' ai passé une bonne partie de l' après midi seule dans la salle de bain, complètement sidérée, à soigner mes blessures une par une. Je ne savais pas mettre de mots sur ce qu' il venait de se passer. Quand mes parents sont rentrés ce soir là, j' ai fait comme si tout allait bien. Et finalement, assez rapidement, décider que c' était pas arrivé est devenu possible.

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