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Comment Wikipédia a tué les encyclopédies papier

Comment Wikipédia a tué les encyclopédies papier
L'une après l'autre, les encyclopédies papier jettent l'éponge. Après Britannica en mars dernier, et Larousse qui était déjà passé au tout numérique sur ce créneau, Universalis a annoncé mardi 13 novembre qu'il arrêtait la diffusion de son édition physique. Près de 240 ans après l'achèvement du dernier volume du Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et D'Alembert, la France ne disposera bientôt plus d'aucun ouvrage papier collectif tentant de rassembler le savoir universel. Une révolution au pays des Lumières. L'éditeur français ne rend pas pour autant complètement les armes dans l'univers de l'imprimé. Une septième et ultime édition en 30 volumes est lancée. Hervé Rouanet, directeur général d'Universalis, explique les raisons du tournant stratégique pris par son entreprise : Arrivée des CD-ROMs La décision prise par Universalis d'arrêter son édition imprimée est en réalité l'aboutissement d'un long processus engagé depuis une vingtaine d'années. Related:  arguments contre wikipédia

Wikipédia : « 80% des enseignants ne sont pas outillés pour rechercher des savoirs sur internet » Depuis sa fondation en 2001, Wikipédia s’est imposée comme une référence pour les élèves du secondaire et les étudiants. Mais sa fiabilité est régulièrement pointée du doigt. Entretien avec Bruno Devauchelle, spécialiste des nouvelles technologies de l’information. Le site Wikipédia est devenu une source incontournable d’informations pour de nombreux élèves. Wikipédia est un objet vivant et c’est ce qui pose problème. Bruno Devauchelle Docteur en sciences de l’éducation, Bruno Devauchelle est professeur associé en ingénierie des médias à l’université de Poitiers, chargé de mission TICE à l’université catholique de Lyon et auteur de Comment le numérique transforme les lieux de savoirs (éditions FYP, janvier 2012). Les enseignants et les élèves sont-ils bien formés aux nouveaux outils numériques et à la méthodologie de recherche sur internet ? 80% des enseignants ne sont pas bien outillés pour rechercher des savoirs attestés sur internet et ils n’en sont pas conscients. Charles Centofanti

Wikipédia, le nouveau manuel scolaire mondial Recevez nos newsletters : Lancée en 2001, l’encyclopédie en ligne est devenue l’outil incontournable pour se documenter. Les trois quart des étudiants américains l’utilisent pour faire leurs devoirs. Adieu Britannica et autres dictionnaires. Désormais, les trois quarts des jeunes américains se servent de Wikipédia durant leurs études selon une enquête du Pew Research Center. L’encyclopédie communautaire et gratuite lancée en 2001 par Jimmy Wales est devenue la référence. Les plus studieux débutent par Wikipédia, avant de poursuivre leurs recherches. D’autres professeurs se montrent plus sceptiques. L’hégémonie de Wikipédia reflète aussi la migration massive des jeunes vers le savoir numérique. Pour le ministre de l’éducation des États-Unis, Arne Duncan, les manuels scolaires sont «obsolètes» et le passage au digital nécessaire. En France, une mission sur les manuels scolaires aété confiée en octobre 2011 par Luc Chatel ,alors ministre de l’Éducation nationale.

Dans les trous noirs de Wikipédia « Envoyé spécial » descend dans les entrailles de Wikipédia. Qui donc écrit dans la tentaculaire encyclopédie participative, source désormais quasi hégémonique du savoir mondial ? Et surtout, qui y manie la gomme et les ciseaux, et selon quels critères ? En France, ils sont plusieurs « patrouilleurs », qui consacrent du temps à y traquer les liens douteux, par exemple vers les sites pédophiles. Un de ses derniers coups de gomme en date : dans la page de Manuel Valls, il a supprimé une citation du ministre à Radio Judaïca à Strasbourg : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël. » « Totalement anecdotique », assure Langlais. « Quelqu’un comme Valls qui a une grande envergure, qui a fait des choses, prendre une citation sur une radio qui en plus n’est pas très connue, ça n’apporte pas grand-chose à l’article. » Les notices « nettoyées » de Balkany, Frêche... Quelques minutes plus tard, parole est donnée à notre confrère Jean-Marc Manach.

Ils sont contre Wikipédia Plusieurs universités américaines arborent depuis peu, dans leur médiathèque, un panneau qui présente le logo de Wikipédia affublé de la mention "Just say no to Wikipedia" (dites juste non à Wikipédia). Cette affiche a pour but d’inciter les élèves à ne pas se rendre sur l’encyclopédie libre pour leurs travaux universitaires, notamment à cause des imprécisions et des erreurs que l’on trouve dans les articles du site. La fiabilité mise en cause Malgré ses efforts, Wikipédia ne parvient toujours pas à se défaire de cette mauvaise image acquise avec le temps. Les professeurs et universités sont de plus en plus nombreux à dénigrer l’encyclopédie en ligne, à tel point que certaines écoles américaines incitent ouvertement leurs élèves à ne pas l’utiliser. Ces professeurs, lassés de la solution du "tout Wikipédia", préconisent donc un retour à des méthodes plus traditionnelles.

« Les fiches Wikipédia sont un tissu de mensonges rédigés par des crétins anonymes » Bien implantée dans le paysage internautique du haut de ses (presque) douze ans d'existence, Wikipédia est aujourd'hui plutôt bien vue. Rares sont encore les internautes ayant compris le principe de licence libre, qui permet de réutiliser à volonté le contenu de Wikipédia même pour un usage commercial, et les courageux qui ont déjà cliqué sur le bouton «Modifier» pour apporter leur petite pierre à l'édifice. Mais globalement, tout le monde a compris le principe de cette encyclopédie collaborative, gratuite, en perpétuelle évolution, et tout le monde salue la belle ambition de rassembler et partager sur Internet, dans toutes les langues, le savoir de l'humanité. Quelques professeurs vieux jeu interdisent encore à leur élèves la consultation de Wikipédia, et il subsistent des grincheux mal informés fustigeant les «dérives» d'un site où l'écriture sous pseudonyme permettrait à n'importe qui de dire n'importe quoi. Lire les réactions à cet article. Camille GÉVAUDAN

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