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Les licences libres aux portes de la révolution

Les licences libres aux portes de la révolution
Rendre les moyens de production aux travailleurs : douce utopie ? Pourtant, dans le monde des licences libres, les exemples concrets et aboutis existent bel et bien, qui pourraient bien faire émerger une économie des communs. Voire davantage si affinités. Dans une chronique précédente, j’avais pris parti dans le débat à propos de la clause Non-Commerciale des Creative Commons, dont certains réclament la suppression à l’occasion du passage à la version 4.0 des licences. Je défendais l’idée que cette clause devait être maintenue, dans l’intérêt même de la Culture libre, notamment parce que la notion de Non Commercial est importante pour espérer parvenir un jour à une légalisation des échanges non marchands, seule solution pour mettre fin à la guerre au partage qui sévit actuellement. C’est un point crucial [...] Son approche est sensiblement différente de celle qui a présidé à la création des licences libres dans le secteur du logiciel, comme la GNU-GPL de Richard Stallman. c. [...] Related:  Utopie numérique, partage, communs

POC21: la transition écologique, open source (cet article est une traduction française “augmentée” de l’annonce publiée sur la version anglaise de ce magazine en décembre) Réchauffement climatique, épuisement des ressources, inégalités, … alors que ces crises deviennent chaque jour plus urgentes, le modèle “open source” peut-il ouvrir une nouvelle voie, à quelques mois de la conférence Paris Climat 2015 (COP21) ? En décembre dernier s’achevait à Lima la 20ème Conférence des Nations Unies sur le climat, avec une frustration qui rappelle le spectre de “l’échec de Copenhague”. Les mobilisations populaires telles que la Marche Pour le Climat de septembre dernier et Alternatiba semblent chaque jour gagner en ampleur. Mais en 2015, nous avons également besoin de passer “from protest to prototypes”. POC21 (Proof Of Concept 21) est un accélérateur de solutions durables et open source, c’est-à-dire dont les savoirs sont partagés sous licence libre. Vers une fabrication distribuée et open source Les pionniers de la transition, en open source

Le non commercial, avenir de la culture libre La licence NC (non commerciale) des Creative Commons permet à chacun de diffuser la culture librement en se laissant finalement la possibilité d'en faire soi-même commerce. Insupportable pour les libristes orthodoxes. Elle est pourtant indispensable pour réformer le droit d'auteur. Depuis le mois d’avril 2012, la fondation Creative Commons International a annoncé qu’une nouvelle version de ses licences (la 4.0) allait être publiée et un appel à commentaires a été lancé pour inviter la communauté à participer à la réflexion. Des modifications importantes sont envisagées, comme le fait de globaliser les licences pour ne plus avoir à les adapter pays par pays, en fonction des législations nationales. Il s’agit à vrai dire d’un vieux débat qui divise le monde du libre depuis des années. Quand les licences Creative Commons ont commencé à devenir visibles, la communauté du libre, familiarisée avec les problématiques du logiciel, a fraîchement accueilli ces clauses NC.

De l’utopie numérique au choc social, par Evgeny Morozov (Le Monde diplomatique, août 2014) Objets connectés, humains chômeurs Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables... Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley. Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ? Mais il y a mieux. Evgeny Morozov

Les Creative Commons hackent le droit d’auteur ! Toute la semaine, ce sont les dix ans des Creatives Commons. L'occasion pour notre chroniqueur Calimaq de revenir sur le projet : réussites, limites et défis à relever. Les licences Creative Commons vont bientôt fêter les dix ans de leur création ! La fondation Creative Commons a en effet été lancée en 2001, à l’initiative notamment du juriste américain Lawrence Lessig, et les premiers jeux de licences ont été publiés en décembre 2002. Avant de souffler les bougies, fermons les yeux et essayons d’imaginer un instant à quoi ressemblerait Internet si les licences Creative Commons n’existaient pas… Nul doute que quelque chose d’essentiel nous manquerait, car les CC sont devenus un des standards de l’environnement numérique et la clé de voûte de la mise en partage des contenus culturels. C’est sans doute ce qu’il y a de plus spectaculaire avec les CC. Dans une société, il y a des zones de droit et des zones de non-droit. 3 réussites à souligner : 1) L’épreuve du feu de la validité en justice

L’étrange destin du logiciel libre, par Sébastien Broca (Le Monde diplomatique, juillet 2014) Panique sur la Toile : en avril 2014, des informaticiens découvrent qu’une faille rend vulnérable l’un des logiciels de cryptographie les plus utilisés. Ce programme met en œuvre les protocoles de sécurité représentés par le petit cadenas qui apparaît dans la barre d’adresse du navigateur. Il est censé assurer la confidentialité des échanges de données entre un site et ses utilisateurs, par exemple lors des paiements en ligne. Réseaux sociaux, services et sites marchands l’ont intégré afin de prévenir toute interception d’informations de la part de tiers. Or ce programme, nommé OpenSSL, présente une particularité : c’est un logiciel libre. Au-delà de la question de la sécurité, la mise au jour de cette faille (dite « Heartbleed ») soulève une question : comment un logiciel crucial pour la plupart des acteurs du Web commercial — dont certains amassent des centaines de millions de dollars de profits — peut-il être conçu et entretenu par une poignée de développeurs bénévoles (1) ?

Usain Bolt : à qui appartiennent les photos qu'il prend pour un autre ? L'an dernier, nous avions raconté l'histoire de ce photographe américain qui s'est fait voler son appareil photo par un singe. Au delà du côté comique de l'histoire, la question s'était posée de savoir si le photographe et son agence pouvaient revendiquer des droits sur l'auto-portrait pris par l'animal avec l'appareil. En principe, c'est celui qui prend la photo qui est le titulaire des droits, parce que c'est lui qui a choisi notamment le cadrage, et le moment à fixer. Mais le professionnel avait revendiqué des droits sur l'image, et son agence avait même exigé le retrait des photos reproduites sans autorisation. La question se pose à nouveau, mais elle est cette fois (un peu) plus facile à trancher. Evidemment, le journal suédois Aftondablet a publié les clichés, uniques en leur genre, sur son site internet.

Les communs, un projet ambigu, par Sébastien Broca (Le Monde diplomatique, décembre 2016) Le 11 janvier 2016, le secrétaire national du Parti communiste français Pierre Laurent présentait ses vœux pour l’année qui commençait et décrivait « la société que nous voulons » : « Un nouveau mode de développement où social et écologie se conjuguent pour l’humain et la planète, pour une société du bien-vivre et du bien commun. » « Bien commun » ? De l’autre côté de l’échiquier politique, le dirigeant du Mouvement pour la France, M. Philippe de Villiers, se réfère au même concept, mais pour justifier le recul de l’État auquel il souhaite œuvrer : « L’État n’existe plus comme fournisseur du bien commun. Il n’a aucun droit sur nous (1). » En mai 2016, quelques mois après l’annonce du Retour des communs par l’« économiste atterré » Benjamin Coriat (2), le libéral Jean Tirole publiait Économie du bien commun (3). Rarement concept se sera montré aussi malléable. Avril 1985, Annapolis (États-Unis). L’Italie en pointe (2) Benjamin Coriat (sous la dir. de), Le Retour des communs. (6) Cf.

Droit d'auteur : YouTube jugé irréprochable Dans la mesure où YouTube s'occupe des infractions qu'on lui signale et que le site s'efforce d'éviter les récidives futures, il ne peut pas être tenu pour responsable de la (non)conformité, vis à vis du droit d'auteur, des vidéos qu'il héberge. C'est par ce jugement que le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a mis fin, hier, au conflit juridique qui opposait la plateforme vidéo à la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) depuis 2009. Car il y a deux ans tout juste, la SPPF se plaignait par la voix de son directeur général, Jérôme Roger, «qu’un nombre très important de vidéomusiques produites par ses membres étaient de nouveau en ligne en 2009 alors qu'elles avaient été retirées par YouTube suite à sa demande en 2008.» Dès le premier signalement de la SPPF en 2008, YouTube avait rapidement fait disparaître les 233 vidéos en question de ses serveurs. Mais «la SPPF s'est abstenue de donner suite à cette proposition» , a constaté le TGI.

Le commun et les communs Recensé : Pierre Dardot et Christian Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, Paris, La Découverte, 2014. 593 p., 25 €. Pierre Dardot et Christian Laval ont deux ambitions : d’une part, ils cherchent à livrer un état des lieux des pratiques et de la réflexion sur les communs ; d’autre part, ils entendent développer une théorie originale « du commun », faisant de celui-ci une sorte de méta-principe politique orientant les actions de transformation sociale en cours et à venir. Dans ce livre riche et documenté, le « principe du commun » se donne ainsi comme une revendication de démocratie radicale, à laquelle on peut adresser quelques questions que j’essaie de détailler ci-après en m’appuyant notamment sur l’exemple des logiciels libres. Un grand mouvement social opposé au capitalisme Les auteurs abordent plusieurs mouvements sociaux contemporains comme l’esquisse d’une alternative au capitalisme. Un principe politique d’autogouvernement Une norme d’inappropriabilité

Youtube et droit d'auteur Message n°2 Re: Youtube et droit d'auteur Julien Robin le Mar 20 Sep 2011 - 9:27 Quand tu achètes une musique (sur Itunes, en CD, ou autre), tu n'achètes qu'un droit de possession et d'écoute. En aucun cas un droit de rediffusion (par ex sur Youtube). De plus en plus de majors s'opposent à la réutilisation de leurs catalogues, y compris en amateur comme nous, d'où des partenariats avec des hébergeurs comme Youtube pour filtrer et ne pas diffuser ces musiques ...Pour la rediff, ce sont des contrats spécifiques (chers! Pour basculer vers l'aéro et ne pas être total HS : quand tu fais une manifestation publique (typiquement un meeting) avec diffusion de musique, tu dois déclarer et payer à la SACEM. Je crois pas qu'il y aie de solution, sinon passer par un autre hébergeur moins contraignant (par exemple : Vimeo est gratuit, un peu plus lent, mais de meilleure qualité et ne filtre pas à ma connaissance) ...

Les communs urbains. L’invention du commun 1 L’auteur souhaite remercier Claude Raffestin pour ses relectures et ses précieuses recommandations (...) 2 Cette approche a pour origine le tournant spatial (Soja, 1989) qui a investi toutes les disciplines (...) 1La reprise du débat sur les communs (commons) est intimement liée au processus de développement du capital dans sa phase néolibérale actuelle1. En retournant à la logique du laissez-faire, le néolibéralisme ne se contente pas d’un recul de l’État par rapport aux acteurs économiques mais tend plutôt à étendre et diffuser les valeurs du marché à la politique sociale et à toutes les institutions (Brown, 2003). L’État et le marché ne sont plus considérés comme des sphères séparées et données mais plutôt comme des cadres construits, essentiellement voués à la création de profit. 2La ville et les dynamiques de gouvernance urbaine sont rapidement devenues un laboratoire pour le néolibéralisme (Brenner et Theodore, 2002). 3 Loi no 410 du 23 novembre 2001. Communs et espace public

30 ans du Web : « Il n’est pas trop tard pour changer le Web », affirme Tim Berners-Lee Le Web fête, ce mardi 12 mars 2019, son trentième anniversaire. Désormais dominé par des géants avides de données personnelles, parasité par des opérations de manipulation en tout genre, miné par les cyberattaques et sur le point d’être « balkanisé », il n’a jamais été aussi contesté. Pour autant, Tim Berners-Lee, qui a inventé le principe du Web il y a trois décennies dans un laboratoire suisse, est loin d’avoir abandonné tout espoir. Cet homme a déjà inventé le Web. Quand vous avez imaginé le Web, en 1989, anticipiez-vous qu’il allait devenir si important, ou pensiez-vous plus simplement donner naissance à un outil pour scientifiques ? Tim Berners-Lee : Non, ce n’était pas un outil seulement pour les scientifiques. Lire : Article réservé à nos abonnés Les débuts mouvementés de l’Internet en France Quels sont les principaux défis auxquels fait face le Web aujourd’hui ? En 2019, malheureusement, la liste est longue. Certaines tendances pourraient avoir un effet dramatique sur le Web.

Fred Turner, Aux sources de l’utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand un homme d’influence 1Fred Turner revisite l’histoire des origines intellectuelles et sociales de l’internet en suivant le parcours de Stewart Brand, un « entrepreneur réticulaire » (p. 41). L’ouvrage s’ouvre sur une interrogation : comment se fait-il que le mot révolution soit sur toutes les bouches à l’évocation des technologies numériques alors qu’elles étaient le symbole d’un système inhumain qui a mis le monde au bord de l’apocalypse nucléaire ? Pour y répondre, l’auteur s’attache à retracer les origines de l’utopie numérique dans la trajectoire de Stewart Brand, au croisement des mondes sociaux, des idéologies et des objets technologiques. 2Déclinant les « Glissements politiques de la métaphore numérique » (pp. 47-88), le premier chapitre souligne le rôle essentiel de la cybernétique de Norbert Wiener qui conçoit les objets techniques et les humains comme un même système sociotechnique. 7À la fin des années 80, la rhétorique de la nouvelle économie et de la dématérialisation prend de l’ampleur.

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