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Le redoublement n’améliore pas la performance des élèves, en général

Le redoublement n’améliore pas la performance des élèves, en général
Après un premier article sur les inégalités du système d’éducation français et un deuxième sur les rythmes scolaires au primaire, il me semblait important d’aborder le sujet du redoublement. Ce thème est en effet étroitement lié aux deux précédents : les élèves qui redoublent sont ainsi bien souvent ceux dont les parents sont issus de milieux défavorisés et les rythmes scolaires trop condensés ne permettent pas vraiment de faire face à la difficulté scolaire. À cela s’ajoute que le redoublement est considéré en France, mais aussi dans un certain nombre de pays européens, comme la pratique la plus à même de remédier aux problèmes scolaires. La France : championne des pays de l’OCDE pour le redoublement La France est connue pour ses taux élevés de redoublement, mais comment se situe-t-elle par rapport à ses voisins ? Graphique : Pourcentage d’élèves de 15 ans ayant redoublé au moins une fois durant leur scolarité Ces chiffres sont alarmants et pourtant, des progrès ont été réalisés.

JL Auduc : Décrochage scolaire : Ne pas oublier le genre Jean-Louis Auduc intervient dans le débat sur le décrochage en montrant une singularité : les inégalités selon le genre. Le décrochage phénomène masculin ? Il semble y avoir, notamment en Ile de France une mobilisation autour du décrochage scolaire qui ne diminue pas dans notre pays depuis une quinzaine d’années et reste autour de 150000 jeunes concernés. Agir contre cette plaie implique d’en faire un diagnostic sérieux. Le troisième élément, la fracture sexuée, relevé par l’OCDE mérite un développement concernant le décrochage scolaire. Comme le dit le rapport du Conseil économique et social de 2011 : « Ce qui est préoccupant dans le cas de la France est que le différentiel de performance filles-garçons se soit creusé ( +11 points ) depuis 2000 un peu plus fortement que la moyenne de ses partenaires……La représentation par genre des niveaux les plus faibles dans les enquêtes PISA est particulièrement éloquente. Jean-Louis Auduc Lien : Sur le décrochage

Décrochage : Philippe Goémé brandit l'arme de la bienveillance Chaque année 120 000 à 150 000 jeunes quittent l'Ecole sans avoir de formation reconnue. Ces "décrocheurs" sont un immense gâchis pour la société et un défi à la refondation de l'Ecole. Philippe Goémé pilote une structure parisienne pour décrocheurs depuis 10 ans. Vous enseignez actuellement au Pole innovant lycéen de Paris, une structure qui accueille des décrocheurs. Il est basé sur notre expérience professionnelle, Philippe Taburet et moi, qui est soumise à l'analyse d'une universitaire Marie-Anne Hugon. C'est important d'être suivi par un universitaire ? Marie Anne Hugon nous accompagne depuis 10 ans. L'ouvrage souligne l'importance des rapports avec les parents pour aider au raccrochage. Très souvent , après le décrochage, le jeune a rompu avec sa famille. L'école a bien du mal à dialoguer avec les parents. On s'appuie d'abord sur les tuteurs puisque chaque jeune a un tuteur. C'est dans le rôle des enseignants ? C'est fondamental. Mais les enseignants savent faire ? Non. Non.

Décrochage : C. Blaya : "Il n’existe pas un seul type de décrocheur" Tout a-t-il été essayé en terme de décrochage ? "La responsabilité du décrochage scolaire est souvent attribuée à des problèmes de déficience parentale. Parfois également elle se naturalise dans un vision du jeune paresseux... Ces deux visions sont pour nous autant de simplismes qui dédouanent le milieu scolaire de toute influence dans la construction de ce décrochage", écrit Catherine Blaya, professeur à l'Université de Bourgogne et co-fondatrice de l'Observatoire européen de la violence scolaire. Alors encore un livre qui accuse l'école ? A-t-on une idée de l’importance de l’absentéisme et du décrochage ? L’institution scolaire sait mieux recenser l’absentéisme lourd ou chronique que l’absentéisme occasionnel. On a l'impression que l'opinion publique est un peu lasse des efforts vers la partie la plus faible de sa population. Le décrochage est plus qu’un problème de l’école ou le problème de jeunes en difficulté, c’est un problème de société. Catherine Blaya Entretien : F Jarraud

Les écoles de la seconde chance contre le décrochage 15 novembre 2002 : à l'initiative de la Chambre de commerce et d'industrie de Seine Saint-Denis une première Ecole de la seconde chance s'ouvre dans le 93. Aujourd'hui, les écoles ont essaimé dans toutes les régions et tentent de remettre à flot environ 7 000 jeunes chaque année. Ce Samu de la formation s'est construit une culture éducative qui juge sévèrement l'Education nationale. Une raison de plus pour aller y voir... Un projet qui réunit entreprises et élus Invité par l'Observatoire des zones prioritaires (OZP), Georges Guilbert pilote les destinées des 4 écoles de Seine Saint-Denis et est l'inventeur de la formule. Aujourd'hui le réseau des écoles de la seconde chance (E2C) compte 97 sites dans la moitié des départements français. Une école pour les plus démunis "Plus nos jeunes ont galéré, plus c'est facile", explique G Guilbert. Les jeunes sont en alternance avec des entreprises partenaires (pas moins de 3000 en Seine Saint Denis !). Quelle pédagogie ? De la philo en E2C ?

A Pierrefitte, prévenir le décrochage en collège Comment à partir d’un dispositif d’accueil d’élèves temporairement exclus est née une réflexion plus large sur la prévention du décrochage et l’amélioration des relations des élèves avec leur établissement ? Depuis 3 ans, le collège Gustave Courbet de Pierrefitte (93) est l’établissement référent du Fil continu, un dispositif d’accueil d’élèves exclus temporairement ou définitivement du collège ou des collèges voisins Pablo Neruda et Lucie Aubrac. Le dispositif a été conçu en partenariat avec une association, l’AFPAD, la mairie et des intervenants du programme de réussite éducative. Les élèves sont accueillis tous les jours sur le temps scolaire, avec l’accord des parents. Ils suivent des activités de travail scolaire le matin et des ateliers sur la citoyenneté l’après-midi. Cette expérience, Thierry Chenaud, CPE à Gustave Courbet, l’a suivi de près. Le module se décline selon 3 axes, en fonction de la personnalité et du niveau des élèves, nous explique Thierry Chenaud. Françoise Solliec

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