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L’utilité de la prostitution (2)

L’utilité de la prostitution (2)
Dans mon dernier article, j’ai évoqué une rupture entre les discours féministes pro/anti prostitution qui parlent beaucoup des prostituées et assez peu des clients, et les discours habituels sur la prostitution qui ne parlent que des clients et occultent totalement l’existence, le ressenti des prostituées, comme si elles n’existaient pas. Or, je le redis, si on veut comprendre le sens de la prostitution, il faut se demander pourquoi elle existe, autrement dit pourquoi certains hommes achètent du sexe. Si on peut facilement dire qu’une prostituée se prostitue « pour l’argent », on ne peut pas dire qu’un client achète du sexe « pour le sexe », du moins en disant ça, on ne dit rien. Certains clients prostituteurs sont mariés et ont une vie sexuelle en dehors des prostituées, beaucoup d’entre eux sont tout à fait intégrés dans la société et pourraient très bien avoir des relations sexuelles sans avoir besoin de payer. Un certain type de sexualité… Il est difficile de trancher avec certitude. Related:  Mythes sur la prostitution

Misère sexuelle mon cul Quand on parle d’abolir la prostitution, on finit toujours par se heurter à la célèbre Misère Sexuelle. La Misère Sexuelle, c’est quoi? Ce sont les hommes qui sont trooooop en manque de sexe, les pauvres, et il faut bien les satisfaire sexuellement, sinon hé bien ils sont trop malheureux. Même si la misère sexuelle existait en ces termes, la prostitution consisterait à coller un mignon petit pansement sur une tumeur de la taille d’une pastèque. Par la suite, la tradition chrétienne considère la prostitution comme un moindre mal. Rien d’étonnant donc à ce que, chaque fois qu’on essaie de justifier la prostitution, cette idée de sacrifice revienne. Mais j’aimerais me pencher un peu plus sur cette fameuse « misère sexuelle ». Partons du principe que nous, humains, nous avons besoin d’un certain nombre d’interactions les uns avec les autres: interactions sociales, vie affective et vie sexuelle. Les clients vont « aux putes » pour avoir du sexe. Ho ho ho. Non, messieurs. Ouais.

L’utilité de la prostitution La prostitution. Il y a les pour, les contres, et y a celles qui savent pas. Il y a celles qui n’en ont qu’une très vague idée, et il y a celles qui le font, ou l’ont fait, et témoignent. Je veux dire par là que, non seulement le client ne s’exprime que très rarement sur le sujet dans ces débats (et quand il le fait, il a souvent un discours très partial, ignorant tout ou une partie du problème, s’imaginant des choses tout à fait fausses sur les prostituées qu’il fréquente), mais surtout qu’on ne parle que très peu de lui. Tout ça est bien trop caricatural. Pourquoi le client est-il client ? Pourquoi vont-ils voir des prostituées, ces gens normalement constituées et parfaitement bien intégrés dans la société ? Ainsi, je pense que quand on se demande pourquoi la prostitution existe, cela ne sert à rien d’épiloguer sur les prostituées pour le savoir. La première chose qu’on constate, c’est que les clients sont des hommes. Et là, pourtant, on en parle, de l’utilité de la prostitution !

effondrement du mythe du "client" esseulé Voici la traduction française d’un excellent article de Meghan Murphy sur son site Feminist Current : Si la prostitution n’est pas l’affaire d’hommes esseulés, carencés au plan sexuel, qu’est-ce donc? (Ou Justin Bieber n’a pas besoin de payer pour du sexe) Meghan Murphy s’appuie sur la récente affaire de Justin Bieber photographié à la sortie d’un bordel brésilien pour démonter le mythe du pauvre « client » esseulé et carencé sexuellement qui n’aurait d’autre choix que de recourir à la prostitution. « Il y a huit jours, le chanteur populaire Justin Bieber a été photographié sortant d’un bordel brésilien. On l’avait recouvert de quelques draps, ce qui semble indiquer que l’achat de sexe n’est toujours pas considéré comme un passe-temps tout à fait acceptable (même si nos camarades du team «le travail du sexe est un travail» font de leur mieux pour changer cela). Ce n’est pas comme si le Bieb manquait d’opportunités au rayon des dames. La prostitution n’est pas une affaire de sexualité.

Prostitution D’un côté y a les pro-sexe, de l’autre des gens qui ne se diront jamais anti-sexe. Un jour, alors qu’on parlait de la prostitution, une amie m’a dit: « je suis pro-sexe ». « Mais moi aussi je suis pro-sexe », ai-je pensé. Qui songerait à être anti-sexe? Seulement, la prostitution, c’est du sexe pour les clients. Pour les prostituées, c’est un peu plus compliqué. C’est à elles de le dire, mais j’ai l’impression que c’est avant tout du travail. Mais pourtant j’ai pensé: mais moi aussi, je suis pro-sexe. Moi je suis pro-sexe, dans la mesure où je pense que la sexualité de chacun devrait lui appartenir, donc ok on devrait avoir le droit de vendre un service sexuel, mais aussi on devrait avoir le droit de ne pas le faire, et ça c’est compliqué dans un monde régi par l’argent.

Prostitution : Quand le militantisme prohibo- abolitionniste met en danger la vie des putes, et autres considérations... Depuis quelques jours, un nouveau Tumblr créé dans le cadre d'une campagne abolitionniste de la prostitution a fait son entrée dans les internets. Il s'agit du Tumblr "Prostitueurs", dont l'objet est de réunir diverses citations de clients de putes qu'on peut trouver sur des forums spécialisés à cet effet. ( par exemple, Escortfr, Youppie ou 6annonces) Le but de la démarche n'a pas été explicité : on arrive sur le Tumblr, on trouve les témoignages, point. Je suppose que l'idée, c'était que ça ne demandait pas d'argumentation et de développement, que les mots parlaient d'eux même. En l'occurrence, j'imagine qu'il est question de tenter de montrer à la face du monde combien les clients de putes sont barbares et dénués d'empathie, ainsi que de mettre en perspective les nombreux témoignages de viols et d'agressions (sexuelles mais pas seulement) dont ils font preuve (en ne les nommant bien sûr jamais de la sorte, évidemment. "Y" a voulu témoigner pour cette campagne. Aucunement. Woké.

Magazine C4 – Un autre porno est possible Barcelone, début des années 2000. Nombre de lieux culturels commencent à s’ouvrir aux pratiques queer, «transpédégouine» et aux identités non-normatives. Des collectifs post-porno fleurissent. Nous sommes allés à la rencontre de quelques-unes des figures qui construisent cette scène en l’animant. Ces collectifs naissent d’une envie, voire d’un besoin des activistes de remettre en question la représentation de la sexualité dans le porno mainstream en apportant une vision féministe, non-normative et non-catégorisante des relations sexuelles. « Toutes les représentations partent d’une vision de la question, la vision du porno mainstream qui est une vision capitaliste, une vision pour conditionner la sexualité des personnes… le porno est instrumentalisé. À la même époque, d’autres activistes – comme Maria Llopis, bad girs who likes porno et un peu plus tard Quiméra Rosa – commençaient aussi à ouvrir leurs actions à un autre type de public. Diana J. Post-Op Diana J.

Prostitution, "fantasme féminin" François Ozon et Marine Vactch, qui tient le rôle principal de son film "Jeune et jolie", à Cannes, le 18 mai 2013 (ESCHER/SIPA). Si François Ozon n’a aucune légitimité pour parler au nom des femmes (ou de seulement certaines femmes, comme il l’a précisé ensuite en s’excusant), de leur sexualité, de leurs fantasmes, et de ce qu’est la réalité de la prostitution, si ses propos sexistes caricaturaux sont consternants et scandaleux, il n’est, avec son film et ses propos, qu’un des nombreux vecteurs de stéréotypes affligeants sur la sexualité des femmes et – en miroir – sur celles des hommes. Le cinéma, la littérature, les médias, la publicité regorgent de ces stéréotypes sexistes, et la pornographie en fait son fonds de commerce. Selon ces stéréotypes, sexualité et violence sont confondues, de même que désir et addiction au stress. Comme si la sexualité était une zone de non-droit Mémoire traumatique des agressions Représentations sexuelles aliénantes Confusion entre sexualité et violence

12 suggestions pratiques destinées aux hommes qui se trouvent dans des espaces féministes Ceci est une traduction de la compilation produite par kettetastic. Traduction par Janik. Source : Règle #1. Prenez conscience du fait que les discussions ne tournent pas autour de vous. Oui, oui, vraiment! En corollaire à la règle #1 : le féminisme concerne les femmes. Règle #2 : Soyez conscient de vos privilèges. En corollaire à la règle #2 : le «sexisme à l’envers» n’existe pas. Règle #3 : Apprenez à écouter. Corollairement à la règle #3 : Si vous avez des doutes, bouclez-là. Règle #4 : Résistez à la tentation inconsciente de dominer. Règle #5 : Essayez de ne pas être défensif. Règle #6: Sachez que ce n’est pas notre tâche de vous éduquer. Règle #7 : Si des gens vous traitent de trolls, c’est qu’il y a probablement une bonne raison. Règle #8 : N’essayez pas de jouer au Chevalier Servant. Règle #9 : Les femmes ne sont pas un bloc monolithique. Règle #10: Ne laissez pas faire d’autres hommes lorsqu’ils ont un comportement sexiste.

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