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#sansnotes : les conditions du changement

#sansnotes : les conditions du changement
Se passer des notes, c’est bien joli, mais comment faire dans la pratique pour se lancer dans ce projet ? Sous quelle conditions le changement est-il possible ? Claire Krepper, secrétaire nationale du secteur Education du SE-Unsa, et Lionel JeanJeau, proviseur-adjoint en lycée, donnent quelques clés pour changer de système. Claire Krepper L’évaluation doit être d’abord un outil au service des apprentissages et non un outil de sélection des élèves. - Elle entraîne mécaniquement le classement des élèves en « bons », « moyens » et « mauvais » dans le groupe et place donc un certain nombre d’élèves en situation d’échec quel que soit leur niveau réel. - Elle induit un regard négatif sur les « performances » des élèves plutôt qu’une valorisation de leurs progrès, conduisant les élèves à ne pas avoir confiance en leurs compétences, comme l’ont mis en évidence plusieurs enquêtes internationales. Pour mettre en place ces nouvelles pratiques, les enseignants ne doivent pas être livrés à eux-mêmes.

Haro sur les notes ! Notre système scolaire s’appuie sur un mode d’évaluation des élèves, la note chiffrée, qui s’est construit avec le temps et qui remplit plusieurs fonctions. Par le contrôle des apprentissages, elles sanctionnent réussites et échecs des élèves, permettent le classement et déterminent l’orientation. Les notes sont un outil de communication commode envers les familles, à travers le bulletin scolaire notamment. Les notes jouent également un rôle social en certifiant un niveau scolaire atteint à travers les examens. Pourtant… Pourtant, les travaux de docimologie ont montré depuis longtemps que la note est d’une objectivité illusoire concernant la performance des élèves. Malgré ces constats accablants, la note chiffrée (et sur 20 points, héritage des Jésuites) reste encore une référence sociale et institutionnelle qui confine parfois au fétichisme. A lire : Fabrizio Butera, Céline Buchs, Céline Darnon (dir.), L’évaluation, une menace ? Pierre Merle, Les notes. En ligne : Like this:

Supprimer les notes et « gamifier » sa classe : success story dans les facs américaines Seann Dikkers, professeur assistant en technologies éducatives à l'université de l'Ohio, utilise un système d'évaluation par niveau d'expérience, inspiré par les jeux vidéo. Une forme de notation plus motivante pour les élèves. Depuis combien de temps utilisez-vous un système de points d’expérience au lieu des notes ? Auparavant, j’ai pratiqué l’évaluation de portfolio et la pédagogie différenciée pendant dix années d’enseignement. Le vocabulaire du jeu est juste une meilleure façon de véhiculer l’idée que l’apprentissage est réel, personnel, et ancré dans une expérience contextualisée (comme le théorise Piaget). Points d’expérience, késako ? Lee Sheldon, pionner de la classe-jeu vidéo En septembre 2009, le professeur d’université Lee Sheldon commence à organiser un de ses cours comme un jeu vidéo, avec des avatars, des guildes, des missions… et bien sûr, des points d’expérience. Pourquoi les points d’expérience sont-ils plus motivants que les notes habituelles ? Bonne question !

Ils ont abandonné les notes #sansnotes Selon le ministère, plusieurs centaines d’expériences de classes sans notes sont expérimentées actuellement, des expérimentations facilitées par l’article 34 de la loi d’orientation de 2005. Si les chiffres peuvent apparaître faibles au regard du nombre de classes et d’établissement en France, ils ne prennent pas en compte d’une part les enseignants qui évaluent par compétences, sans notes, de manière plus isolée. D’autre part, ils relèvent d’un mouvement de fond que révèle bien notre sondage de rentrée, pour évaluer différemment les élèves. Jusqu’où ira-t-il ? Des expériences de plus en plus médiatisées Les médias se font l’écho de certaines d’entre elles, comme dernièrement au collège Edouard Schuré de Barr en Alsace. "Il n’y a qu’à supprimer les notes!" "C’est une classe exceptionnelle, ils ont tous le sourire", s’enthousiasme Anne Ziegler, en surveillant ses élèves qui regagnent le vestiaire après son cours d’éducation physique. Des expérimentations suivies Like this: J'aime chargement…

Évaluer différemment les élèves : l’exemple danois Pas de notes avant 15 ans, pas de palmarès des établissements, des examens qui privilégient les projets ou les travaux inédits, l’utilisation généralisé des TIC dans l’évaluation : le Danemark présente une série de caractéristiques susceptible de faire réfléchir sur les relations entre l’apprentissage et les évaluations scolaires. Ce n’est certainement pas un modèle à recopier (les écoles était d’ailleurs ces derniers jours bloquées par un conflit entre les enseignants et les municipalités) mais il a le mérite d’aider à faire bouger les lignes et de considérer différemment des traits de notre système considérés comme naturels voire inhérents à toute situation scolaire. En France, toute réforme des modalités du Bac semble porter atteinte à la civilisation (universelle, cela va de soi), dévaluer les diplômes ou menacer l’équilibre des savoirs. Une école qui n’était pas obsédée par l’évaluation Les résultats restent confidentiels.

Les notes, un débat durable – présentation du dossier #sansnotes Faut-il supprimer les notes à l’école ? Et par extension au collège et au lycée ? La question est posée par de nombreux acteurs du système éducatif, et agite régulièrement la sphère médiatique. C’est d’ailleurs un sondage, organisé par le SE-Unsa auprès d’enseignants de tous niveaux, qui a lancé la polémique scolaire de la rentrée. Serpent de mer diront certains, le débat existait déjà en 1968. Dans notre sondage, à la question posée sur le rôle des notes dans les évaluations scolaires, il apparaît donc que près de 40% des collègues ayant répondu se disent près à leur abandon, et où seuls 31% s’y opposent. Moins médiatisé, mais tout aussi intéressant, le sondage a mis aussi en avant la forte volonté des enseignants à redéfinir les contenus du socle (77%), à mettre à disposition des équipes des outils pédagogiques adaptables, pour suivre les acquis des élèves (74%), ainsi que des banques d’outils pour travailler par compétences (85%). Présentation du dossier Like this: J'aime chargement…

L'évaluation des apprentissages dans une approche par compétences - Gérard Scallon Les classes sans notes sont-elles [bien] fondées ? Mention passable. Peut mieux faire malgré des efforts importants. C’est l’observation que l’on pourrait formuler sur les expérimentations de classes sans notes, dont les premiers bilans viennent d’être dressés par l’inspection générale de vie scolaire d’une part, et par la cardie de l’académie de Poitiers d’autre part, qui vient de réaliser une enquête auprès des acteurs des classes sans notes. D’après le premier rapport, ce sont plus de 400 classes sans notes qui ont été menées en 2012. Pourquoi un tel développement ? Ces expérimentations naissent à la croisée du constat de l’échec de l’évaluation traditionnelle chiffrée, de l’envie de professeurs de faire évoluer leurs pratiques d’enseignement et d’évaluation, de mener un projet collectif. Mais, nous pouvons aussi nous demander si les classes sans notes sont réellement [bien] fondées. On peut aussi s’interroger sur le terme adopté et généralisé de « classe sans notes ». Finalement, ces « classes sans notes » sont plutôt mal nommées.

L'évaluation pour apprendre, apprendre à évaluer - Les classes sans note Une tendance qui s'affirme La tendance des "classes sans note" apparaît de manière explicite dans la base nationale d'Expérithèque (actions déclarées et suivies par les CARDIE en académie) : les actions ou dispositifs centrés sur les modes d'évaluation des élèves (approche compétences ou encore "classes sans notes") se répartissent également entre innovation et article 34. L'inscription administrative n'est donc pas signifiante en elle-même ; elle est facteur souvent du contexte local et de l'autorisation que les acteurs se donnent à changer des routines que formellement rien n'impose, si ce n'est la conformité à des évaluations de sortie de cycle (ex. DNB ou Bac). La plupart s'inscrit dans le collège, en concernant une classe d'âge d'élèves finalement élevés à l'ère du Socle commun entré en vigueur dans le premier degré depuis plus de cinq ans. Une pratique collective et plus réflexive de l'évaluation Quelques exemples

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