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Expérimenter avec les habitants : vers une conception collective et progressive des espaces publics

Expérimenter avec les habitants : vers une conception collective et progressive des espaces publics
Dossier : Espaces publics urbains et concertation Crise économique, crise sociale, crise de la démocratie, crise énergétique, crise de l’éducation, crise du logement... Nous sommes aujourd’hui dans une situation de crise généralisée, globale. Si le retour de la gauche au pouvoir sur l’ensemble du territoire peut être porteur d’un changement, il n’en reste pas moins qu’une refonte structurelle de notre système politique s’impose. Peut-être un peu rêveurs mais bien ancrés dans le réel, le Collectif Etc tente d’inventer les outils pour redonner aux citoyens un rôle moteur dans la vie collective. L’espace public comme « chantier ouvert » Cette modification d’un paysage passe dans un premier temps par la transformation des espaces publics de proximité. Deux chantiers que nous avons menés dans le cadre de notre « Détour de France » sont exposés ici : l’un réalisé à Bordeaux, l’autre à Rennes. Le « café sur place » du quartier Saint-Jean–Belcier à Bordeaux (cc) Collectif Etc Related:  travail anglais, comparaison france/angleterreLes approches participativesespaces créatifs

La démocratie participative en butte à la grande échelle Quartier Fátima, Cordoue ©H. Nez Dossier : Espaces publics urbains et concertation Si l’urbanisme est le principal thème mis en débat dans les dispositifs participatifs qui se multiplient depuis une quinzaine d’années en Europe (Bacqué et al. 2006 ; Sintomer, Herzberg et Röcke 2008), il y est rarement question des grandes transformations urbaines. La comparaison des pratiques participatives à Paris et à Cordoue met en évidence la relation entre niveaux de participation et échelles de projet urbain [1]. Les projets à petite échelle : délégation du pouvoir ou simple consultation ? À Cordoue comme dans le 20e arrondissement de Paris, des budgets participatifs ont été mis en place afin de planifier des aménagements de quartier au cours de la dernière décennie. Si le budget participatif cordouan va plus loin que la démarche parisienne en établissant un lien direct entre participation et décision, il ne porte pourtant que sur de petits projets d’aménagement.

Concevoir l’espace public avec les habitants : la concertation comme gage de « délicatesse urbaine ». Gwenaëlle d'Aboville. Metropolitiques.eu Dossier : Espaces publics urbains et concertation « Venez imaginer ensemble la ville de demain ! » : combien de fois a-t-on pu lire un tel slogan pour annoncer une réunion publique ou un atelier de travail urbain portant sur un projet d’urbanisme ? La participation citoyenne apparaît alors moins-disante, décevante par rapport à ce que l’on en attendait. Des avis pragmatiques et des propositions moins-disantes « On veut garder les bonnes choses : la verdure, les arbres, comme les cerisiers, les jeux pour les enfants, le terrain de football et de basket. « Il faut remettre en état les bosses. « La signalétique avec des lettres bleues a été arrachée. « À quoi servira cette route ? « Pour animer les espaces extérieurs, pourquoi ne pas mettre en place des jardins familiaux dans tout le quartier ? « Ça ne suffit pas de faire des travaux. Ces six remarques ont été entendues récemment de la part d’habitants dans un quartier de la Seine-Saint-Denis. Jardin partagé de Bernon, Épernay (Marne)

La production participative d’espaces publics temporaires en temps de crise Comment produire de nouveaux espaces publics à partir des espaces urbains en friche en temps d’austérité budgétaire ? Barcelone, souvent citée comme un modèle de l’aménagement des espaces publics (Fleury 2004 ; Martí i Casanovas 2004) au service de la transformation urbaine, au point qu’un « modèle barcelonais » (Marshall 2000) a pu être identifié, est confrontée aux enjeux de l’urbanisme en temps de crise (Bourdin 2010). À la faveur de l’alternance politique, avec l’arrivée du centre-droit nationaliste à la tête de la municipalité barcelonaise en 2011 (après plus de trente ans de gouvernement socialiste), un nouveau modèle de réaménagement des espaces publics est expérimenté à partir de 2012, sur le principe d’une gestion temporaire participative. Cet article examine ce nouveau mécanisme de production et de gestion temporaire de l’espace public, entrepris par la mairie de Barcelone entre octobre 2012 et avril 2013. Urbanisme temporaire, expériences internationales Conclusion Bacqué, M.

Accompagner les projets d’habitat alternatif Hervé Saillet © Bertrand Huet Dossier : Effervescences de l’habitat alternatif On observe depuis quelques années la valorisation d’un échelon d’intervention peu présent dans la production traditionnelle de la ville : une place plus grande donnée à la médiation, à la fonction d’intermédiaire entre, d’un côté, les habitants et les usagers de la ville, et de l’autre, les prescripteurs et producteurs plus directs de la ville. Les projets d’habitat alternatif florissant aujourd’hui constituent l’un des domaines de la construction où se développent largement ces nouvelles professionnalités. Urbaniste et architecte de formation, Hervé Saillet a fait de la posture de facilitateur le cœur de ses activités professionnelles. Elle s’est notamment investie dans une opération de production d’habitat alternatif, la coopérative Le Grand Portail, située dans l’éco-quartier Hoche de Nanterre, dans la zone d’extension de la Défense. 1. 2. 3. 4.

Participatory democracy in France: subsumed by local politics Participatory democracy has in recent years become a standard part of local public action. Local councillors consider it is essential to involve citizens in decisions regularly – and not just at election time – and to make this involvement known. The continual decrease in turnout rates in France, which weakens the legitimacy of elected officials, has further reinforced the pervasiveness of the “participatory fever” that has taken hold of all local tiers of government (municipal, departmental and regional). While the legal requirements incumbent upon councillors to encourage the participation of their constituents are minimal, there has nonetheless been a veritable proliferation of measures of various sorts that have accumulated, often without any real coherence, at multiple territorial levels. Innovation, experimentation and the creation of new tools are the order of the day. Participatory democracy is essentially local How can the success of this new standard be explained?

Espaces publics urbains et concertation : dossier. Antoine Fleury, Stéphane Tonnelat. Metropolitiques.eu Promenade des Bastions, Genève © Stéphane Tonnelat, 2012 ▼ Voir le sommaire du dossier ▼ Pendant plusieurs décennies, l’aménagement et la gestion des espaces publics ont été principalement envisagés sous un angle technique et fonctionnel. Leur conception et leur gestion étaient assurées par des ingénieurs soucieux de questions de circulation, le plus souvent automobile. Il faut attendre les années 1970 pour que ces espaces soient reconnus comme un enjeu à la fois urbain et social dont le succès se mesure aux usages [1]. Ce regain d’attention aux espaces publics va de pair avec l’émergence de nouveaux modes de production [5]. Ces démarches institutionnalisées ne doivent, cependant, pas faire oublier les initiatives plus spontanées, et souvent plus créatives, d’acteurs locaux qui se mobilisent pour leur cadre de vie, que ce soit des associations d’habitants, des commerçants, des artistes ou des professionnels de l’urbain. Au sommaire de ce dossier : Espaces publics et projet urbain

Programmer le jeu dans l’espace public Au cours des dernières décennies, la thématique du jeu a été intégrée de manière affirmée dans les aménagements d’espaces publics des villes occidentales. La mise en scène de pratiques ludiques par les aménageurs pose la question de la marge de manœuvre qu’une planification du jeu peut réellement offrir aux futurs usagers d’un lieu. Un certain nombre de dispositifs ludiques apparus récemment dans nos paysages urbains méritent, à ce titre, d’être examinés de manière détaillée. Pour mener cette critique, nous emprunterons quelques caractéristiques du principe de « ville garantie » énoncé – et dénoncé – par le sociologue Marc Breviglieri (2013). De manière dialectique, nous nous appuierons sur un ouvrage fondamental de la recherche sur le jeu, Les Jeux et les Hommes (Caillois 1967), pour en explorer certains traits fondamentaux, comme la latitude, le risque et le désordre. Lorsque la ville ordinaire devient terrain de jeu Figure 1. © Sonia Curnier. Ville ludique vs ville garantie Figure 2.

L’invention de l’autopromotion à Strasbourg Dossier : Effervescences de l’habitat alternatif Dans la nébuleuse des projets d’habitat alternatif qui émergent dans les années 2000, les initiatives strasbourgeoises se distinguent à plusieurs titres. Alors que les termes désignant ces projets se multiplient, c’est à Strasbourg que celui d’autopromotion s’est imposé, en référence aux Baugruppen allemands. C’est aussi là qu’est sortie de terre en 2010 une des premières réalisations concrètes de cette nouvelle vague participative : l’immeuble Éco-Logis a fait l’objet à ce titre d’une forte médiatisation. Enfin, l’autopromotion bénéficie depuis 2009 d’une politique de réservation de terrains par la ville de Strasbourg, qui favorise ces réalisations et participe à en normaliser le processus. L’autopromotion, de Fribourg à Strasbourg ? Le terme « autopromotion » apparaît à Strasbourg vers 2005-2006, avant de se diffuser plus largement dans l’Est de la France [2], mais les projets qu’il désigne sont plus anciens. Normaliser l’autopromotion ?

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