
Les attributs du pouvoir et leur confiscation aux femmes. Le genre et l’espace. Partie 1 : l’occupation de l’espace Partie 2 : le temps de parole et le choix des sujets de conversation Partie 3 : l’expression de la colère Dans cette nouvelle série d’articles, nous nous intéresserons à différents comportements qui sont typiques des dominants (occuper beaucoup d’espace, avoir beaucoup de temps de parole et parler fort, exprimer certaines émotions comme la colère…). Brigitte Laloupe aborde ce thème dans son livre « Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ». Occuper beaucoup d’espace : un attribut du dominant Les dominants ont droit à plus d’espace1. Plus précisément, l’espace personnel des dominants est plus grand2. En corrélation avec un plus grand espace personnel, les dominants ont tendance à occuper plus d’espace avec leur corps. L’utilisation de l’espace est donc un très bon indicateur de statut social. Les espaces privés des hommes La plus faible utilisation de l’espace par les femmes est visible dans bien d’autres domaines. public. En conclusion 1. 2.
Etre une femme et savoir s’imposer dans une conversation « G.A.R.Ç.E.S Le langage et la conversation sont des espaces de domination masculine. D’ailleurs G.A.R.C.E.S. est née en 2010 du constat d’une inégalité frappante et récurrente dans la prise de parole entre femmes et hommes, dans les assemblées générales contre la réforme des retraites. La meilleure preuve de cette inégalité de genre face à la prise de parole est la persistance d’un stéréotype extrêmement répandu : l’idée que les femmes sont bavardes, et parlent plus que les hommes. « Ce n’est pas en comparaison du temps de parole des hommes que les femmes sont jugées bavardes mais en comparaison des femmes silencieuses. Les sciences sociales ont montré que les femmes parlaient moins et se faisaient imposer les sujets de conversation – et ce phénomène s’observe indépendamment du contexte et du thème de la discussion. Alors, comment s’imposer dans la conversation quand on est une femme ? Ne pas se laisser interrompre Ne pas se laisser déstabiliser par la manifestation d’un manque d’intérêt Conclusion :
La couverture de l'EXPRESS : condensé de machisme Je réponds au sondage de RUE89. Cette couverture de l'express est machiste. Généralisation : Elle est machiste parcequ'elle ne prend pas en compte les individus mais les regroupe dans une catégorie pour le moins étendue , celle des femmes C'est l'objet d'un paragraphe de mon livre. "Etre un homme est la norme, être une femme est une spécificité. Les femmes sont donc perçues d'abord comme des représentantes de leur genre. C'est ce qu'on fait chaque fois qu'on généralise le comportement d'une femme à toutes les femmes sur le thème "ah ! Amalgame : Elle est machiste parcequ'elle place sur le même plan des femmes politiques importantes et des femmes de sa vie privée Angela Merkel a quand même été désignée comme la femme la plus puissante du monde par Forbes, et si elle gâche la vie de notre président ce n'est pas exactement pour les mêmes raisons que Valérie Trierweiler.
Une remarque au sujet des caricatures "humiliantes" dans Charlie-Hebdo Je vous rassure, je ne vais pas commencer à parler de politique ou de religion ici (enfin, pas plus que d'habitude). Mais je tiens à faire remarquer ceci : les caricatures de Mahomet dans le dernier numéro de Charlie-Hebdo sont régulièrement décrites comme "humiliantes" ou "dégradantes" (une recherche Google sur "caricatures Mahomet humiliantes" nous sort Reuters, le Point, le Nouvel Obs, mais je pensais au traitement de l'info en radio). De quoi parlent les journalistes lorsqu'ils qualifient des images d'humiliantes ou dégradantes ? - De Mahomet montrant ses fesses comme Brigitte Bardot, - De Mahomet en position de levrette. En somme, il est humiliant ou dégradant de se donner à contempler et d'être en position de se faire pénétrer - autant dire, de se comporter comme une femme.
« Et alors, tu l’as niquée ou pas ? » Symptôme d’une langue sexiste. « G.A.R.Ç.E.S Je baignais encore dans l’excitation de la soirée juste achevé quand un groupe de 5 jeunes hommes sont montés dans ma rame de métro, me sortant de ma torpeur béate. J’ai, comme toujours, été subitement fasciné, non pas seulement par la bouffée de testostérone qui emplit d’un coup l’atmosphère, mais aussi et surtout par cette sociabilité masculine aux codes si particuliers et aux conversations si distrayantes. Quelques plans pour la soirée, la journée de travail qui les attend demain, quelques coups de poing quand l’un d’entre eux dit que la sœur de l’autre est « bonne », quelques tentatives en représailles de chopper l’entrejambe de l’attaquant, tout cela, j’avais déjà remarqué. Un groupe de gars sympas qui s’apprêtent à passer une soirée entre potes en boîte. Typique, en somme. « Et alors, tu l’as niquée ou pas ? « Et alors, tu l’as niquée ou pas ? Ma vraie question était de savoir pourquoi il n’a pas dit « alors, vous avez niqué » ou bien « alors, elle t’a niqué ». Mickaël Like this:
Tomb Raider : Lara Croft et le sexisme dans le milieu du jeu vidéo Angelina Jolie en Lara Croft dans l'adaptation du jeu "Tomb Raider" au cinéma en 2003 (Sipa) Hé bien, voilà une belle démonstration de ce que l'on appelle communément la prise de pieds dans le tapis... Et là, bonne chance au rédacteur et à "Joystick" pour s'en dépêtrer. Mais je ne le plaindrai pas le premier... La couverture du numéro incriminé donne le ton, quant à l'image persistante de Lara Croft. Cette couverture donne également le ton quant au contenu de l'article consacré à ce nouveau "Tomb Raider". Article dont vous pouvez lire quelques échantillons dans ce très bon article très énervé, et je comprends la rédactrice. La polémique a débuté en juin, après la diffusion de ce trailer à l'E3 2012. Le fantasme de soumission Sauf que l'article de "Joystick" vient mettre l'accent sur un côté sexuel, SM, et dominé de Lara, sans vraisemblablement parler du jeu lui-même une minute. D'autres qui ont tout l'article sous les yeux parleront bien mieux que moi de la totalité du contenu.
Culture du viol et Lara Croft Dans un de ses articles sur le dernier opus du jeu video Lara Croft, voici ce qu'écrit Joystick Magazine à propos de la tentative de viol de l'héroïne : "faire subir de tels supplices à l'une des figures les plus emblématiques du jeu video, c'est tout simplement génial. Et si j'osais, je dirais même que c'est excitant". Revenons tout d'abord sur l'idée que "violer Lara Craft est une idée géniale". Si géniale que, depuis la Bible, en passant par Angélique marquise des anges, Orelsan et autres, l'idée perdure et est vue et revue. Femme avant un viol (Irreversible, Noé). Parlons ensuite de cette fameuse excitation autour du viol qu'aurait ressentie notre journaliste devant cette scène. Il ne s'agit pas de se demander s'il est mal d'être excité devant un viol mais de comprendre très exactement de quoi on parle. Voir le viol comme excitant c'est se placer, typiquement, dans ce qui a été appelé la culture du viol ; faire d'un acte misogyne et violent un acte normal, banal et excitant.
Tu seras violée ma fille 8 mars ; journée internationale des droits des femmes. Fleurissent les communiqués de presse débiles pour nous honorer, nous la femme, et les réflexions de type "trop débile cette journée, c'est tous les jours les droits de femmes" (sorties de la bouche de celles et ceux qui n'en parlent évidemment jamais). Quand on naît avec un vagin, très vite on t'explique comment les choses vont se passer. Si tu sors tard/avec ces mecs/en boite, il va t'arriver "quelque chose". Ce quelque chose est assez simple ; un inconnu va violemment t'écarter les cuisses et te rentrer son pénis dans le vagin. C'est compliqué de faire comprendre ca. Dans l'espace public, un homme a beaucoup plus de risques d'être tué qu'une femme ; pourtant on ne va jamais lui souligner que s'il sort de chez lui, il risque de finir avec un couteau planté dans la plèvre. Imaginez Messieurs que vous preniez un métro bondé et que vous ne sachiez pas si un mec ne va pas vous coller sa bite contre la cuisse.
Joystick : apologie du viol et culture du machisme Retour de Mar_Lard, pour un coup de gueule contre Joystick, un magazine de référence sur les jeux vidéo. (TRIGGER WARNING : Cet article contient des références explicites au viol et aux agressions sexuelles.) EDIT: le magazine Joystick a publié une réponse sur sa page Facebook. Laissez-moi vous conter une histoire. Hier, alors qu’en route pour visiter sa Mère-Grand elle attendait innocemment son train, la douce et pure @NeukdeSogoul s’aventura dans la forêt obscure du kiosque à journaux. Et elle fut édifiée. Comme elle sait que je kiffe la misogynie et encore plus dans mes jeux vidéo, elle m’a signalé le dossier en question. Ca vous donne une idée si je vous dis qu’en tant que gameuse passionnée ET féministe j’ai une certaine habitude de la misogynie bien enracinée dans le milieu, mais que pour lire ces dix malheureuses pages j’ai dû m’y prendre à plusieurs fois tellement j’avais envie de gerber ? Donc on va en parler. Ouais Joystick tu vas un peu prendre pour tout le monde là. Ouep. J'aime :
Je veux comprendre... le slut-shaming — Publié initialement le 16 juillet 2012 Le slut-shaming, que l’on pourrait traduire par « stigmatisation des salopes », consiste à rabaisser ou culpabiliser une femme à cause de son comportement sexuel (pratiques, nombre de partenaires, vêtements « provocants »…). Concrètement, c’est votre camarade de classe qui raconte à tout le monde qu’unetelle est « une vraie salope » parce que c’est elle qui l’a dragué pour qu’il finisse dans son lit. C’est votre copine qui dit que cette fille est une pute parce qu’elle coucherait avec n’importe qui. C’est cette nana de Tumblr qui a ressenti le besoin de signaler à toutes les femmes que leurs poitrines doivent rester à l’intérieur de leur haut : Réaction de Laci Green (Laci, on t’aime) : Le problème, c’est que ce type d’humour entretient l’idée que le sexe est dégradant pour les femmes. Les méfaits du slut-shaming Commençons par les dommages les plus évidents : le slut-shaming blesse les personnes qui en sont victimes. Cercle vicieux.
Dans un procès de légitime défense, plus l'accusée est belle plus elle serait jugée coupable Une étude menée par des chercheurs de l’université de Grenade, en Espagne, montre que dans un procès d’homicide par légitime défense, plus l’accusée est belle, plus elle sera jugée coupable. Les chercheurs ont inventé deux scénarios dans lesquels une femme victime de violence domestique tue son partenaire. Seule différence : dans l’un, la femme est décrite comme “séduisante”, avec des “lèvres charnues”, des “traits doux et harmonieux”, “mince”, et “élégante”. Dans l’autre, l’accusée est “peu attrayante”, avec “de fines lèvres”, “des traits sévères et peu harmonieux”, “un paquet de cheveux bruns”, et “ni mince ni élégante”. 169 policiers espagnols (153 hommes et 16 femmes) ont lu une des deux versions et rendu leurs verdicts : la femme la moins attrayante est jugée moins responsable que l’autre. Dans l’autre, “Maria est une consultante en finance pour une grosse entreprise.