
Mythologies, Barthes On ne cesse de citer les Mythologies, mais il est rare qu’on explique ce qu’est précisément une mythologie. La Citroën DS est une cathédrale moderne, la viande rouge et les frites sont le signe de la « francité », le catch fonctionne comme le théâtre antique, etc., etc. Mais encore ? Le mythe est une histoire Barthes dit : le mythe est une histoire. En effet, en communauté, les objets renvoient à autre chose qu’eux-mêmes. La particularité des mythologies se situe alors, pour commencer, dans le « type de renvoi ». En d’autres termes, à force de raconter leur histoire, les objets ne renvoient plus à une histoire : elle finit par faire partie intégrante de la nature même des objets. Une histoire collective Un mythe est donc une représentation collective non pas incarnée « par » un objet, mais encrée « dans » les objets eux-mêmes. Ainsi, une mythologie n’est jamais l’histoire effective des objets étudiés (apparition, évolution, etc.). Le mythe est donc un mensonge ? Oui et non. Conclusion
Huitième Partie - La Monarchie de Juillet, 31 juillet 1830 - 24 février 1848. - Encyclopédie de droit politique Les deux dates du commencement et de la fin du nouveau régime sous lequel la France va vivre sont deux dates de Révolutions. La Monarchie de Juillet est née d’une Révolution et c’est d’une Révolution qu’elle est morte. Sa vie d’ailleurs a été plus longue que celle des régimes antérieurs depuis 1789, elle n’en est pas moins brève, puisqu’elle n’a duré que dix-huit ans et que le Souverain qui était monté sur le trône n’a pas pu transmettre sa couronne à son descendant, ce Gouvernement héréditaire n’a été que le Gouvernement d’un homme, et comme un incident dans l’existence de celui qui l’a exercé. — De son origine révolutionnaire le Gouvernement tient une sorte de faiblesse congénitale. Le titre du nouveau Souverain est incertain, on ne peut préciser le fondement de son droit. Ce qui s’avère, c’est que la nouvelle Monarchie est nationale, repose sur la volonté de la Nation. C’est à la fois un principe de force et une cause de faiblesse. [p.123] [p.124]
Edgar Poe | sombres récits, conteur plus sombre encore Je m’en suis expliqué souvent : on n’a pas encore dépassé Edgar Poe. Or, il semble là depuis si longtemps, et avec une si grande évidence, qu’il est cette présence favorable, associée à la naissance du fantastique, associée au trouble de l’horreur, sans qu’on ait plus besoin, nous semble-t-il, d’aller y voir de plus près. Un voyage à Baltimore l’an passé, et pendant un mois ce qu’on vous demande immanquablement, c’est si vous aimez telle série télévisée, probablement très intéressante, qui s’y déroule. Que vous soyez si gravement et respectueusement heureux d’aller sur la tombe de Poe, vous le ravalez et n’en parlez pas. Et combien de fois se retrouver à parler d’Edgar Poe avec des étudiants, parce que, de tout le groupe devant vous, à peine deux ou trois ont le souvenir précis d’un conte. Je ne me lamente pas : le diagnostic est là, pourtant. Et pourtant, qui définissent ce seuil et ce passage par l’imaginaire comme biais étroit pour s’en rapprocher, de la ville, du présent, de la nuit.