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L’IVG et les libertés linguistiques du FN

L’IVG et les libertés linguistiques du FN
On parle beaucoup d’IVG depuis quelques semaines, et la plupart du temps, ce n’est pas bon signe pour les droits des femmes. C’est le cas en France, mais aussi aux Etats-Unis, qui sont eux aussi en période pré-électorale et connaissent un durcissement très marqué du discours républicain ainsi qu’une réactivation de ce que les démocrates ont qualifié de "guerre menée contre les femmes" ("War on Women"). Vous pouvez lire à ce propos une synthèse très intéressante sur le blog d’une amie qui vit là-bas. Si les droits des femmes ne semblent malheureusement pas être une priorité pour la plupart des candidats et des candidates à la présidentielle, l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), pourtant, apparaît régulièrement dans les radars médiatiques. Il y a ceux qui, comme François Hollande, en parlent à l’occasion de la journée des droits des femmes (il propose que « que tous les établissements hospitaliers [publics] de notre pays puissent être dotés d’un centre IVG »). L. Like this:

loi IVG 1975 Article premier. La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi. Art. 2. Est suspendue pendant une période de cinq ans à compter de la promulgation de la présente loi, l'application des dispositions des quatre premiers alinéas de l'article 317 du Code pénal lorsque l'interruption volontaire de la grossesse est pratiquée avant la fin de la dixième semaine par un médecin dans un établissement d'hospitalisation public ou un établissement d'hospitalisation privé satisfaisant aux dispositions de l'article L 176 du Code de la santé publique. Art. 3. Après le chapitre III du titre premier du Livre II du Code de la santé publique, il est inséré un chapitre III bis intitulé "Interruption volontaire de la grossesse". Art. 4. La section I du chapitre III bis du titre premier du Livre II du Code de la santé publique est ainsi rédigée : " Art. " Art.

Masculin/Féminin (3): ce que veut dire “homme” Tout d’abord, très belle année à toutes et à tous. Qu’elle vous apporte égalité dans le couple, égalité dans l’entreprise, égalité dans la société, égalité partout. Le magazine Challenges a voulu désigner les personnalités qui ont marqué l’année 2011. Mais se serait-il trompé dans son titre de hors-série? Mais mais mais… Natahalie Kosciusko-Morizet et Eva Joly sont des hommes, et ON NE M’A RIEN DIT? A moins, à nouveau, que ce ne soit une erreur. Ah non, attendez. Quant aux "femmes" [sic], souhaitons-leur d’être dans ces pages, pour la première et la dernière fois, sous une têtière, même qualifiée de puissante, qui leur est spécifique. ??? Mais nous ne sommes pas les seuls à pouvoir encore progresser: en 85 sélections du Times, il n’y a que quatre femmes "Man of the year"! Ah, bah alors, si même le Times n’a pas trouvé de femmes (mais où sont les femmes?) Quand j’ai tweeté à propos de ce titre honteux, quelqu’un m’a répondu: Like this: J'aime chargement…

L'Utah interdit les cours d'éducation sexuelle à l'école Tandis que les candidats aux primaires républicaines rivalisent de pudibonderies pour s'attirer les faveurs des électeurs les plus conservateurs, l'Utah a voté une loi inédite aux Etats-Unis, en fin de semaine dernière, qui interdit l'enseignement de la contraception comme moyen de prévenir les grossesses et de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles. Dans cet état contrôlé par les conservateurs, où vit une forte proportion de Mormons, il sera désormais interdit également de parler d'homosexualité en classe ou des questions sexuelles en général, sauf si cela concerne l'abstinence avant le mariage. Pour les législateurs, l'éducation sexuelle doit être du ressort des parents. Rebecca Wind de l'institut Guttmacher, une association de recherche sur les questions de sexualité et de reproduction, citée par l'agence Reuters, estime que «l'Utah est devenu, de loin, l'Etat avec la politique la plus restrictive». Cette mesure est une vieille lubie des conservateurs.

La vie, les courses (et ta mère) “au féminin” J’ai déjà parlé à plusieurs reprises du genre dans la langue et du fait que le masculin est considéré comme neutre, ou forme non marquée. La règle qui veut que "le masculin l’emporte sur le féminin" est emblématique de ce fonctionnement: le masculin est considéré comme l’universel. Cela explique, par exemple, que le mot homme désigne tour à tour n’importe quel représentant de l’espèce humaine ou un individu de sexe masculin. Pour la romancière et théoricienne Monique Wittig, comme elle l’explique dans "La marque du genre" (publié dans La pensée straight), ce fonctionnement implique que le masculin ne constitue en réalité pas un genre. Il est le général, l’universel; seul le féminin est un genre, car il est défini par l’écart qu’il est censé représenter par rapport à l’universel, la base neutre de la langue. Une expression particulièrement à la mode illustre aussi cette conception: l’expression "au féminin", employée pour qualifier à peu près tout et n’importe quoi. AC Husson Like this:

L'avortement fait toujours polémique aux Etats-Unis, même en bande dessinée Une célèbre bande dessinée, "Doonesbury", a été soit censurée soit publiée en page Opinion lundi par des journaux américains parce qu'elle se moquait d'une loi anti-avortement, un sujet particulièrement polémique aux Etats-Unis, notamment en période électorale. Les quatre vignettes signées par le célèbre dessinateur, Garry Trudeau, évoquaient de manière grinçante une loi passée au Texas - mais aussi dans d'autres Etats américains - obligeant les femmes désirant une IVG à pratiquer d'abord une échographie. On y voit ainsi, notamment dans le Washington Post qui la publiait lundi, une femme priée par une secrétaire médicale de "prendre un siège dans la salle de la honte" - au lieu d'une salle d'attente - en attendant non le médecin, mais "l'élu, homme d'âge moyen" qui viendra l'ausculter. Le journal consacre toute la semaine une série sur ce sujet.

Ils parlent, elles parlottent Le titre de ce billet est tiré d’une création sonore de l’artiste Louise Bourgeois. Deux lectures m’ont donné l’idée du billet de cette semaine. D’abord, un livre que je vous conseille: Les mots et les femmes, de Marina Yaguello (Petite Bibliothèque Payot, [1978] 2006). Bien qu’écrit par une linguiste (dont j’ai déjà eu l’occasion de citer les travaux sur ce blog), il présente sous une forme vulgarisée, abordable et agréable à lire, les résultats (qui commencent malheureusement à être datés) d’études sociolinguistiques menées sur les femmes et le langage. Ensuite, un article passionnant sur le blog Antisexisme, qui inaugure une nouvelle série consacrée aux "attributs du pouvoir et [à] leur confiscation aux femmes". Cet article s’intitule "L’occupation de l’espace" et s’interroge sur le rapport à l’espace selon le genre. Le lien entre ces deux lectures réside dans la notion d’"attribut du pouvoir". "La langue des femmes est comme une épée, elles ne la laissent jamais rouiller." AC Husson

L'avortement ne cause pas de problème de santé mentale Subir un avortement n'accroît pas les risques des femmes de souffrir de problèmes de santé mentale, notamment de dépression et d'anxiété, selon une étude réalisée par des chercheurs britanniques. Les scientifiques soulignent toutefois que les risques reliés à une grossesse non désirée sont bel et bien réels. «Nos résultats indiquent que les femmes qui ont une grossesse non désirée ont besoin de soutien et de soins, car les risques de problèmes de santé mentale augmentent, et ce, quelle que soit l'issue de cette grossesse», expliquent les chercheurs du National Collaborating Centre for Mental Health, qui ont passé en revue les données de 44 études. Ils ont constaté que la moyenne d'anxiété et de dépression chez les femmes en général est de 11 à 12%, mais que ce taux est trois fois plus élevé chez celles qui ont eu des grossesses non désirées. Le fait que ces femmes aient subi un avortement ou non ne semble pas avoir d'incidence sur leur santé mentale.

Masculin/Féminin (1) L’évidence, pour un locuteur ou une locutrice français.e, de la répartition binaire du masculin et du féminin dans la langue, occulte le fait que ce fonctionnement, si fondamental, ne caractérise pas toutes les langues. En allemand cohabitent les catégories de féminin, de masculin et de neutre, comme c’était le cas en grec et en latin. Mais certaines langues ne connaissent pas la catégorie du genre (bien que des oppositions puissent être marquées par des pronoms): c’est le cas du basque, du finnois, de l’estonien, du hongrois… Le polonais, lui, en connaît cinq: masculin personnel, masculin animé impersonnel, masculin inanimé, féminin, neutre. Pourtant, l’évidence de cette bipartition en français fait écho à l’observation la plus basique de la répartition des êtres animés entre mâles et femelles. partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin. F. Or dans toutes les langues, explique F. Deux conséquences au moins s’imposent alors à nous.

National Abortion Federation: Effets de l'Avortement Un grand nombre de personnes souhaitent explorer la question des effets de l'avortement sur la santé émotionnelle des femmes. Des centaines d'études ont été menées à ce sujet depuis la fin des années 1970. Malheureusement, les résultats d'un grand nombre de ces études prêtent à confusion. Depuis le début des années 1980, des groupes opposés à l'avortement tentent d'établir l'existence d'un «syndrome post-avortement» dont les symptômes rappelleraient ceux du syndrome du stress post-traumatique (SSPT) manifesté par certains vétérans de conflits armés. Le groupe d'experts concluait que «des études effectuées avec divers échantillons, différentes mesures de réaction et différentes périodes d'évaluation avaient toutes mené à des conclusions similaires. Dans le cadre d'une autre étude, les chercheurs ont étudié un échantillon national de 5,295 femmes. Henry P. Voici les conclusions d'une étude de huit ans menée par Russo et Dabul et publiée dans la revue Professional Psychology:

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