
Le plein emploi, un concept dépassé Dans le passé, cet inestimable trésor a contribué bien davantage que le pétrole du Texas ou les inventeurs de la Silicon Valley aux performances économiques du pays. Et, de nos jours, ça continue. Depuis décembre 2007 (date d’entrée dans la récession au sens du NBER), les employeurs américains se sont débarrassés de 8,4 millions d’emplois (en net). Emplois civils - Une comparaison des différentes récessions Source : Fed de Dallas A 9,7 % (la dernière donnée disponible), le chômage dans la zone euro se situe à 2,5 points de pourcentage au dessus de son niveau le plus bas dans le cycle, il y a deux ans. On va me dire que des destructions de capacités et d’emplois ont lieu malgré tout en zone euro. Emploi (glissement annuel en %) Source : Datastream, Natixis Ce genre de politique permet, dit-on, de protéger le capital humain et d’économiser de l’argent pour les entreprises en évitant les coûts de réembauche. Zone euro - Productivité et salaire réel par tête (base 100 en janvier 2002) 1. 2. 3.
Crise de la dette : et si on nous prenait pour des c… Oui, vous l’entendez partout, tous nos malheurs viennent désormais de cette fameuse dette qui oblige nos gouvernements à encore plus de rigueur, c’est à dire à nous demander de nous serrer la ceinture. S’il n’y avait pas autant de dette, tout irait mieux, nous ne serions pas à l’aube d’une apocalypse économique. Ces fameuses dettes des pays industrialisés les plus riches, on vous l’a assez répété, sont en permanente augmentation : nous vivons au dessus de nos moyens. Ah ! Scélérats de citoyens ! Ils dépensent trop ! Oui, mais il y a des chiffres qui ne trompent pas, et qui peuvent nous intéresser… Par exemple, saviez-vous qu’entre 1993 et 2010, le taux d’imposition moyen des entreprises, calculé sur 80 pays, était passé de 38% à 25% ? Ah, oui, ça fait bizarre…parce qu’il faut rappeler que l’impôt sur les sociétés ce n’est pas comme l’impôt sur le revenu, avec l’impôt sur les sociétés, on ne taxe que les bénéfices. Une dette publique, c’est quoi ? La dette, un problème ?
ECONOMIE • Pourquoi je quitte Goldman Sachs Un directeur général de la célèbre banque d'affaires américaine claque bruyamment la porte. Dans cette tribune virulente, il dénonce le fonctionnement “toxique et destructeur" d'un établissement qui ne pense qu'à plumer ses clients. Aujourd’hui [14 mars], c’est mon dernier jour chez Goldman Sachs. Après douze ans passés dans la société – d’abord comme stagiaire alors que j’étudiais à Stanford, puis à New York pendant dix ans, et maintenant à Londres –, je crois y avoir travaillé assez longtemps pour comprendre l’évolution de sa culture. Et je peux dire en toute honnêteté que l’environnement y est désormais plus toxique et destructeur que jamais. Pour décrire le problème en termes simples, les intérêts du client continuent de passer au second plan dans la façon dont fonctionne la société. Le public, sceptique, en sera peut-être étonné, mais la culture était un élément essentiel du succès de Goldman Sachs. Comment en sommes-nous arrivés là ?
La fièvre de l'évaluation - Julien Damon, article Organisations L’évaluation est devenue omniprésente, qu’il s’agisse de recherche ou de soins, d’individus ou de lois. Célébrée ou critiquée, elle est érigée en priorité des politiques publiques. Une culture de l’évaluation ? Qu’ont en commun l’enfant en maternelle, le ministre, le chercheur, le médecin ou encore le policier ? Ils peuvent aujourd’hui être « évalués ». Les évaluations, en complément et en développement des traditionnelles notations et appréciations, se sont implantées particulièrement dans l’éducation. Depuis une trentaine d’années, l’évaluation s’est affirmée dans le cadre d’un puissant mouvement de réforme des politiques publiques. On est même passé à une « culture de l’évaluation » répandue dans de nombreux domaines. Qu’est-ce qu’évaluer ? Pour les économistes ou les comptables, évaluer c’est d’abord estimer, sans nécessaire appréciation politique. L’opération d’évaluation consiste, financièrement, à calculer une valeur d’après des données et des critères déterminés. P. Julien Damon
Dette: les “PIGS” vont-ils contaminer l’Europe ? Il y a deux semaines, je décryptais sur le datablog d’OWNI l’exposition des banques françaises au risque de restructuration de la dette de la Grèce. Comme je le concluais : la Grèce à elle seule ne ferait pas tomber le secteur bancaire français, en lui infligeant – dans le pire des cas – des pertes d’environ 30 milliards d’euros. Mais en fait, la grande crainte ne réside pas dans la seule faillite de la Grèce, mais dans le risque de contagion à d’autres pays, et notamment les “PIGS” (acronyme de Portugal, Ireland, Greece, Spain) qui sont les pays les plus en difficulté actuellement. Les déficits publics des PIGS Faisons tout d’abord un petit point sur la situation des comptes publics de ces pays. Les statistiques d’Eurostats nous permettent de tracer l’évolution des déficits publics ainsi que du ratio d’endettement. Portugal Quant à la situation de l’Irlande et de l’Espagne, les courbes semblent suggérer que le scénario est un peu différent. Nous n’avons donc pas tout vu… Espagne monde enggul;
Le MES n'est pas un mécanisme de solidarité européen Le Monde.fr | | Par Claude Debons, Jacques Généreux, Janette Habel, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Marie-Christine Vergiat et Francis Wurtz Dans un point de vue publié dans Le Monde du 25 février ("Mécanisme européen de stabilité : la bourde historique de la gauche"), des députés européens écologistes et des économistes proches d'eux s'en prennent à ceux qui, à gauche, se sont opposés au Mécanisme européen de stabilité (MES). Passons sur l'outrance rhétorique qui consiste à comparer cette opposition à celle des députés de droite sur la loi Veil instaurant le droit à l'avortement et venons-en au fait. Le MES serait "un premier pas vers une Europe fédérale avec son propre Trésor public et un budget conséquent". Au-delà du fait qu'il faudrait discuter précisément des fondements d'une telle Europe fédérale, s'il s'agissait d'"un fonds solidaire", comme ils l'affirment, s'opposer au MES serait effectivement "une bourde historique".
Que cache l’engouement pour les relocalisations ?, par Gérard Duménil et Dominique Lévy La prolongation de la crise ouverte en 2008 a hissé une thématique au premier plan des débats : la désindustrialisation des pays du « centre » du système-monde (Etats-Unis et Europe). Le président américain Barack Obama, qui entame une année électorale, a choisi cette question comme l’une des lignes directrices de sa campagne (avec la lutte contre l’industrie financière, responsable du premier épisode de la crise, et la question des inégalités ). Un mot a fait son apparition : l’insourcing. symétrique de l’outsourcing, c’est-à-dire la sous-traitance. Difficile de mettre en doute l’urgente nécessité d’un retour de l’industrie, après un mouvement massif de la production vers les périphéries. On rappellera d’abord que la désindustrialisation est un processus plus général et ancien que la délocalisation. Taille de l’article complet : 2 038 mots. Gérard Duménil & Dominique Lévy (3) De 36 % (en 1960), pour l’Allemagne de l’Ouest seulement, à 23 %. (7) Cf.
Le prix de transfert, arnaque légale 60% du commerce mondial serait désormais assuré par les échanges intra-groupe. Une technique qui peut facilement être détournée pour conduire des opérations d'évasion fiscale. Explications. Les comptables seraient-ils devenus les plus grands blanchisseurs de la planète, loin devant les trafiquants en tout genre ? A lire l’analyse du rapport d’audit réalisé sur les mines zambiennes de Mopani, plusieurs méthodes financières appliquées par les actionnaires soulèvent en tous cas des questions sur la qualité de la régulation financière mondiale. En résumé, Glencore International AG et First Quantum Minerals Ltd utilisent les techniques comptables suivantes : Ces trois techniques ont un objectif unique : faire en sorte de payer le moins d’impôt possible, en jouant sur les variations des règles fiscales internationales. 60% du commerce mondial est réalisé intra groupe Une balle (pays A, coût 1 euro, taxé à 30%) – Une balle vendue (pays B, coût 10 euros, taxés à 30%)
L’austérité à marche forcée... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire Le 1er mars 2012, 25 chefs d’État et de gouvernements ont signé un nouveau traité [1], qui devrait entrer en vigueur au début de l’année 2013. Ce Pacte budgétaire a été conçu dans l’urgence, et sous de très mauvais auspices : ses promoteurs avaient initialement prévu de l’adopter sous forme de modification des traités existants, mais le véto de la Grande-Bretagne, lors du Conseil européen du 9 décembre, les a obligés à créer un nouveau Traité ad hoc. Cette procédure permettait en outre une adoption plus « souple » et « simple », c’est-à-dire qu’elle garantissait moins d’« interférences » liées à tout débat public et démocratique, en adoptant un traité de l’Union européenne qui n’en était pas vraiment un. Ce Pacte budgétaire a pour vocation à obliger les États signataires à appliquer des politiques budgétaires très strictes via un renforcement des règles et contrôles. Pourquoi maintenant ? Trois nouveautés Dénouer l’enchevêtrement de ces mesures peut s’avérer compliqué. 1. 2. 3. 4. 5. 6.
I Was a Warehouse Wage Slave Illustration by Mark Matcho "Don't take anything that happens to you there personally," the woman at the local chamber of commerce says when I tell her that tomorrow I start working at Amalgamated Product Giant Shipping Worldwide Inc. She winks at me. I stare at her for a second. "What?" She smiles. Several months prior, I'd reported on an Ohio warehouse where workers shipped products for online retailers under conditions that were surprisingly demoralizing and dehumanizing, even to someone who's spent a lot of time working in warehouses, which I have. So I fretted about whether I'd have to abort the application process, like if someone asked me why I wanted the job. The application process took place at a staffing office in a run-down city, the kind where there are boarded-up businesses and broken windows downtown and billboards advertising things like "Foreclosure Fridays!" Macduff Everton/CorbisIn the center of the room, a video plays loudly and continuously on a big screen.
Les Etats-Unis sont-ils à l’aube d’une décennie perdue ? Je prends les paris, le marché actions américain rebondira lorsque Ben Bernanke — papy Soupline, pour les intimes — annoncera formellement qu’il remet une couche d’assouplissement quantitatif. Ce sera la fête, le patron de la Fed sera enfin le héros qu’il a toujours cru pouvoir devenir. Les cours grimperont pendant six semaines avant de chuter de 30% en quatre mois et de toucher un plancher deux ans plus tard et 45% plus bas. Comment je sais ça ? Car je suis Madame Soleil Levant et je prédis l’avenir des Etats-Unis. Retour sur le Quantitative Easing à la sauce japonaise C’est en effet du côté du soleil levant qu’il faut regarder pour voir le futur. Pour une fois, je ne jouerai pas au cynique, ou si peu… Oui, le succès a été au rendez-vous, je le reconnais. Ensuite, les choses se sont gâtées. C’est ce qui attend les Etats-Unis, dont le futur a des airs de fatalité. Le Quantitative Easing made in Etats-Unis Remarquez, ça finira peut-être par lui porter chance.
Comment UBS organise une fraude fiscale massive à partir de la France C’est un livre explosif que publie aujourd’hui Antoine Peillon, grand reporter au journal La Croix. Bénéficiant d’informations de toute première main il montre comment la banque suisse UBS organise depuis la France un système massif d’évasion et de fraude fiscale vers les paradis fiscaux. A lire absolument. Afin de mettre en contexte les informations incroyables auxquelles il a eu accès, le journaliste a croisé différentes sources bien informées pour estimer à 590 milliards d’euros l’ensemble des avoirs français dissimulés dans les paradis fiscaux, dont 220 milliards appartenant aux Français les plus riches (le reste étant le fait des entreprises). Environ la moitié de ce total (108 milliards) seraient dissimulés en Suisse, la dernière décennie voyant fuir environ 2,5 milliards d’avoirs par an. Comment fait la banque UBS pour mener ses opérations sur notre territoire ? Antoine Peillon lance de nombreuses et graves accusations dans ce livre. Ces 600 milliards qui manquent à la France.
L’obsession de la flexibilité ? Un court-termisme économique dangereux » Article » Ownipolitics, Bilan, débats et enjeux